Le blog de Flora

Attila József (1905-1937) : Moi si heureux... (Én, ki emberként...)

1 Décembre 2009, 16:09pm

Publié par Flora

MOI SI HEUREUX...

Moi si heureux en tant qu'homme vivant,
Moi tels les mots parlant pour l'éternel,
Ah ! que je crie au ciel, comme toujours :
            Ô ma Flóra, je t'aime !

Un souffle doux et mille sortilèges
De toi m'ont fait ton chien obéissant ;
Tes sages doigts, le signe qu'ils m'adressent
            Me font être homme enfin !

Toi, belle et large coupe, tu es là,
Le ciel en toi est un bouquet de fleurs.
Fleurs de soleil, nuages, feuilles vives
             Contre le soir se penchent.

Mon âme, destrier, tu la chevauches :
Les eaux, les champs, à peine il les effleure !
De tes beaux yeux couvrant herbes, insectes,
             Jaillit la raison pure.

C'est le soir, tout autour sont les étoiles,
Vois l'univers, cette cage dorée...
Et comme elle t'enferme, ô mon petit
              Oiseau emprisonné !
                                      
traduction : Lucien Feuillade



ÉN, KI EMBERKÉNT...


Én, ki emberként vagyok, élve, boldog,
mint olyan dolgok, mik örökre szólnak,
hadd kiáltom szét az egeknek újból  -
         Flóra, szeretlek !


Ajkaidról lágy lehü, száz varázslat
bűvöl el, hogy hű kutyaként figyeljem
könnyű intését okos ujjaidnak,
         mint leszek ember.

Flóra, karcsú, szép kehely, állsz előttem,
mint csokor van tűzve beléd a mennybolt,
s napvirág felhők, remegő levél közt
          hajlik az estnek.

Lelkemen szöktet, paripán, a képed,
épp csak érintvén vizeket, mezőket.
Két szemedből fűre, bogárra, tiszta 
          érzelem árad.

Este van, mindent körüláll a csillag,
lásd, a mindenség aranyos kalitka,
benne itt vagy, én csevegőm, óh, itt vagy,
          rabmadaracskám !
                                                    
1937
                                          



 

 

Commenter cet article
M
<br /> Amies et amis...Bien sûr !<br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> Ah la la ! la trahison...Euh ! la traduction !<br /> Ce qui compte, n'est-ce pas la poésie. Laissons aux lecteurs le droit d'être sensibles et intelligents ! A moins d'être polyglotte...ou encore d'avoir une ouie miraculeusement fine qui filtrerait<br /> la voix du poète à travers les mots. Et puis, chaque poète n'a-t-il pas sa langue à lui, sa parole de vie unique. Pensée pour Verlaine qui disait :"La poésie ne se comprend pas, elle se<br /> ressent"...Alors, ne lisons pas, sentons de nouveau ! Bisous à tous mes amies qui sont passés par là. Mu<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> Merci de ta visite, chère Mu! C'est un poète qui parle! N'oublie pas notre projet de traductions à 4 mains...<br /> <br /> <br />
A
<br /> Je n'aime pas trop les traductions de poésie...<br /> A l'inverse d'un texte qui repose sur le sens du message transmis, je trouve que l'essence même de la poésie est justement le rythme et la résonnance des mots ; si l'on change ceux-ci pour leurs<br /> homonymes dans une autre langue, on dénature le poème, on change sa musique, sa couleur, son âme... ?<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> Tu as sans doute raison pour l'essentiel. "Traduction = trahison". Mais comment priver totalement les lecteurs d'une langue, de tout un pan de la littérature mondiale?<br /> Une petite rectification : la traduction de la prose ne doit pas non plus se limiter au "sens du message transmis"... <br /> <br /> <br />
J
<br /> Comment dire, je n'aime pas trop la poésie ellégiaque mais comme je ne suis pas sectaire, ce poème me plait.<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> Ce poème est écrit en "strophes grecques", fortement cadencées mais non rimés  -  un des derniers, un instant de bonheur trompeur, quelques mois avant la mort tragique, sous un<br /> train. <br /> <br /> <br />
J
<br /> Je ne dirai pas que c'est la poésie que j'aime, mais le poème si.<br /> Amitiés<br /> José<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> Ta réponse est quelque peu énigmatique, mon cher Ami.<br /> <br /> <br />