Un dernier geste de clémence...
En hongrois, l'été indien s'appelle "été des vieilles"... Les rayons du soleil se font rares et caressants, histoire de réchauffer les articulations grinçantes... Ce n'est plus la peine de fouetter leurs instincts vitaux, elles ne se lanceront plus dans la grande course triomphale pour conquérir, acquérir, désirer et souffrir...
Elles se résignent à vivre à petit feu, lumière et chaudière en veilleuse, tout à l'économie... Pour prolonger une existence étriquée, loin de leur jeunesse fiévreuse... Cet appétit-là n'est plus qu'un souvenir opaque qui, de temps à autre, revient encore les hanter par bribes, redonnant pour un instant fugace, le goût lointain du sel de la vie... Ou de celui, délicieux, du fruit défendu...