Ambiance de Toussaint...
Hier après-midi, je suis allée au cimetière St-Roch. Vingt minutes de marche de chez moi, sous le soleil exceptionnellement clément pour un 1er novembre. Des tombes aux bouquets multicolores à l'orgie des arbres automnaux, le cimetière flamboyait, exalté par le soleil...
J'avançais avec mon pot de chrysanthèmes "pompons jaunes" comme il les aimait, sans être un amateur de fleurs. Tandis que je m'échinais, coupée en deux, à tailler les bosquets miniatures autour de la plaque de marbre qui, envahissants, masquaient l'inscription: "Si la réalité existait, il faudrait s'empresser de la faire disparaître", je me suis dit que ces efforts me sont destinés en premier lieu. La dette du survivant, tentative dupe de créer un lien aussi ténu que ce soit avec un passé vivant, avec un mort ressuscité par la mémoire... Vague remords de s'émerveiller encore du soleil qui réchauffe votre solitude...
Les croyants se préparent à la rencontre dans l'au-delà où il faudra répondre aux reproches en cas de négligence. Ils vont au cimetière pour accomplir leur devoir, en vue de la résurrection tant attendue. Je n'ai pas cet espoir-là.
Il ne reste que le souvenir qui vous niche, pour un instant, dans la chaleur d'antan, dans l'étreinte depuis longtemps refroidie...