Dimanche maussade, 18 h...

Dehors, il pleuviote. C'était prévu. Il n'empêche que c'est insupportable. Tout en sachant que la pluie manquait à mes rosiers. Il y a la raison, si raisonnable!... Et il y a la réalité, ce ressenti des dimanche soirs tellement sinistres que cela ressemble à une condamnation.
La grisaille accentue la désolation, les couleurs s'estompent, jusqu'à disparaître. Le ciel bas recouvre le monde - du moins le mien - qui s'étiole à l'étouffée. On se calfeutre, volets fermés, à la bougie. Il n'y a que sa flamme vacillante qui s'entête à rester verticale...
Je me souviens de deux de mes amies d'antan. De l'une en particulier, pétillante, brillante, de grands yeux noirs qui vous fixaient tantôt étonnés, tantôt rieurs ou scrutateurs, sa voix rauque, ses rires qui secouaient l'inertie de la salle des profs. Qu'est-elle devenue?... A-t-elle résisté aux dimanche soirs lugubres où la vie se terre?...
