Pâques au tison

Les mètres carrés de mon jardinet qui reçoivent le soleil parcimonieux sont couverts d'un tapis de violettes. Au début, il fallait regarder attentivement la pelouse à peine dégelée sous ses pieds pour ne pas écraser les minuscules taches bleuâtres... Quelques jours plus cléments, un semblant de printemps, frisquet, sans feuilles et sans fleurs ont suffi pour que les violettes s'affirment. Je fais le tour du jardin, rapidement, sans m'attarder dans le vent mordant. A quand les matins doux et ensoleillés qui invitent à prendre son déjeuner sur la terrasse?...
Dimanche de Pâques. Les croyants fêtent l'événement le plus important, fondement de la foi chrétienne: la résurrection du Christ. En effet, à l'image des sacrifices païens très anciens, l'Agnus Dei se sacrifie pour racheter les péchés du monde et vaincre ainsi les forces du Mal. Sa résurrection au troisième jour est censée de donner l'espoir d'une vie éternelle à tous les croyants, les rassurant en même temps qu'avec la mort, tout n'est pas fini; bien au contraire: la vraie vie, libre et immatérielle commence avec elle.
J'admets que cette conviction doit être une consolation profonde contre la grande peur de l'homme, sans doute le seul être doué de la conscience de sa disparition, de sa finitude, du Néant. Ceux qui ne possèdent pas ce remède, doivent faire avec cette angoisse métaphysique en se réconciliant peu à peu avec leur condition d'humain si fragile et - grâce à cette conscience - si puissant à la fois.