Top articles
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Trou noir
J'ai peur du noir. A la cinquantaine bien sonnée, cela semble risible mais c'est plus fort que moi. Un homme si costaud qu'on lui demanderait plutôt protection! Dans le noir, je redeviens petit garçon de deux ans, effrayé par l'énorme couverture qui m'enveloppe...
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Simone au Panthéon
Hier matin, j'ai suivi la cérémonie de la "panthéonisation" de Simone Veil. C'était une belle et émouvante cérémonie, solennelle et sobre à la fois, digne de cette grande dame si aimée et respectée par la majorité des Français jusqu'à la fin de sa vie,...
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László NAGY (1925-1978) * Qui portera l'amour?
QUI PORTERA L'AMOUR ? Une fois mon existence à jamais absorbée, Qui donc vouera un culte au violon du grillon ? Qui soufflera du feu sur les branches frappées de givre ? Qui donc ira s'écarteler sur l'arc-en-ciel ? Qui donc en pleurs enlacera des hanches...
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Yvette Moret, une vie de sage-femme au siècle dernier (extraits)
Dans notre revue littéraire "Hauteurs" n° 13 (mars 2004), j'ai recueilli et retranscrit le témoignage d'une sage-femme qui a commencé ses activités à domicile, juste après la deuxième guerre mondiale. En relisant l'entretien (j'ai supprimé mes questions),...
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yvette Moret, une vie de sage-femme au siècle dernier (extraits) 4.
Il n'y avait qu'un médecin qui acceptait d'y aller. Un jour, en arrivant, il tombe en plein milieu d'une scène de ménage. La femme allait balancer un pot de crème à la figure du mari, et en ouvrant la porte, c'est le médecin qui l'a reçu. Furieux, il...
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Attila József (1905-1937) * "Ma mère"
Ma mère Je la vois, tenant son bol à deux mains. Le soir tombait, c'était dimanche. Elle souriait en silence, Assise un peu dans la pénombre. Elle apportait, de chez Son Excellence, Une assiettée, tout son dîner. Nous nous couchions et je songeais Qu'eux...
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L'hymne national de la Hongrie * Magyar himnusz
Lors des événements solennels, à la radio et plus tard à la télé ou dans la "vraie vie", j'ai souvent entendu et même chanté l'hymne national, jamais galvaudé. Ce qui reste cependant le souvenir le plus vif de mon enfance, c'est le moment après le douzième...
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Endre Ady (1877 - 1919) * La statue d'or de Léda
Par jeu ne me trompant jamais Coulée en or, tu sourirais A mon chevet. Diamants verts seraient tes yeux, Roses d'opale tes seins, deux Rubis tes lèvres. Belle statue d'or immortelle, Tu me serais enfin fidèle, O maléfique. En quelque lieu que soit ton...
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János Pilinszky : La passion de Ravensbrück
LA PASSION DE RAVENSBRÜCK Il sort du rang. Dans un carré de silence il s'arrête. Comme une image projeté vacillent Une casaque, une tête de forçat. Il est effroyablement seul, On voit les pores de sa peau : De ce qui est lui tout est immense, De ce qui...
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Arpád Tóth (1886-1928) * Aube sur les boulevards
Aube sur les boulevards Le petit jour était gris sale. Les boutiques Dormaient encore, les yeux vitreux. Mal réveillés, Les concierges poussaient, d'un balai lymphatique, Djinns de mauvaise humeur et lutins lunatiques Dans le désert pierreux, poussière,...
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Attila József (1905-1937) * "Contre ton sein..." (Ha nem szoritsz...)
CONTRE TON SEIN. .. Contre ton sein oublie un jour de me serrer, Moi qui suis à toi tellement !... Aussitôt les voleurs me viendront enlever Et toi qui rêvais, l'air content, Tu t'effondreras en pleurs sur ce canapé. Songeant au fol orphelin si loin échappé....
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Miklós Radnóti (1909-1944) * "Bien longtemps..."
Bien longtemps je t'ai celée Bien logtemps je t'ai celée, comme l'arbre en son feuillage le fruit lentement mûri ; et, lucide fleur de glace sur le miroir de la vitre, dans mon esprit tu fleuris... Et je sais ce que veut dire ta main dans ta chevelure...
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Miklós Radnóti * Décembre (December)
DECEMBRE (in " Calendrier") A midi le soleil Est une pleine lune argentée Qui perce à peine les nuages. Et la brume est un oiseau lent. Pendant la nuit la neige tombe. Il y a dans le noir le frôlement d'un ange. Toujours plus près, toujours sans bruit,...
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Attila József (1905-1937) : Pose ta main (Tedd a kezed)
POSE TA MAIN Là sur mon front Pose ta main Comme si ta main Etait ma main Serre-moi fort Comme à la mort Comme si ma vie Etait ta vie Et aime-moi Comme à bonheur Comme si mon coeur Etait ton coeur traduction: Francis Combes POSE TA MAIN Là, sur mon front,...
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Ágnes Nemes Nagy (1922-1992): Le soleil s'est couché (Lement a nap)
LE SOLEIL S'EST COUCHÉ Le soleil s'est couché. Non. Il est là. On dit qu'il s'est couché mais le firmament tient encore dans le creux de sa main cet autre soleil, qui lui ressemble à s'y méprendre, tel ce corps de verre du sablier d'où s'est déjà écoulé...
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Sándor Weöres (1913-1989) : Pastorale
PASTORALE L'ombre glisse à ta peau un reflet vert, Tout enténébrés deviennent tes yeux, Ton haleine chavire à mon épaule, Ta bouche-papillon est sur mon cou. Le battement de ton coeur dans le mien, Des sarments tendus enlacent ma taille, Tu es autour...
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György PETRI (1943-2000) : Curriculum mortis
CURRICULUM MORTIS Qui ceci, qui cela, on panique, on rangeotte. Qui l'eût su, qui l'eût cru, on dévide sa vie comme le fil à quenouille. J'avais l'espoir, dans mon jardin d'un beau semis de poésie ; je bricole comme un vieux, comme un vieux dans l'appenti....
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Miklós Radnóti (1909-1944) : Extraits de son journal (Napló)
Je lis et relis le journal de Radnóti. Outre mon attirance pour le genre journal intime, le destin de ce poète me fascine dans son irrépressible soif de la beauté à une époque où la barbarie triomphait. Il est docteur en philologie et n'a pas le droit...
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János Pilinszky (1921- 1981) * TROIS COURTS POÈMES
DÉTRÔNEMENT Nous passons à ton cou, écrite sur une pancarte, ton histoire. traduction: Maurice Regnaut TRÓNFOSZTÁS Táblára írva nyakadba akasztjuk történeted. FINAL Moi, je me tiens peut-être au milieu. C'est peut-être le soir. Peut-être le crépuscule....
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Krisztina TÓTH (1967 -) : Amoureux (Szerelmesvers)
AMOUREUX Effet trompe-l'oeil du filtre du feuillage, jet lumineux. Tout est gorgé de cette lumière qu'émet son être. S'il se retourne, il regarde à travers mes yeux. Début d'automne, fatigué de sa propre lumière. Toujours il me fascine par le rayonnement...
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Miklós Radnóti (1909-1944) : Ta main droite sous ma nuque (Tarkómon jobbkezeddel)
TA MAIN DROITE SOUS MA NUQUE Ta main droite sous ma nuque, cette nuit j'étais couché. J'avais du souffrir hier... : "Reste ainsi!" t'ai-je imploré... J'écoutais dans tes artères le sang, le sang circuler. A l'approche de minuit le sommeil soudainement...
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Ágnes Gergely (1933 - ) * Femme stérile (Meddő asszony)
FEMME STÉRILE Elle ne connaît pas la gestation. Sa chair ne s'ouvre qu'à la passion. Dans les éclats d'instants du partage elle en ignore le prolongement, les étoiles lui parlent autrement, elle trébuche, trébuche sur le méridien, se lève puisqu'elle...
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Ágnes Nemes Nagy (1922-1991) : Nuit
NUIT Je n'avais vu pareille nuit Vu rien de plus noir que ce noir Un fouet qui cingle est cette pluie Délivrez-nous du mal ce soir Délivrez-nous du mal ce soir Je n'avais vu pareille nuit Du ciel monte un grand cheval noir Le haut du ciel s'épanouit....
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Sándor Márai * Fin de semaine (Hétvége)
Juste après les trois jours passés à Venise, comme un fait exprès, je suis tombée sur un petit volume, dans une librairie hongroise où je suis entrée glaner quelques lectures pour l'année à venir. "Une nuit à Venise", nouvelles vénitiennes d'écrivains...
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Sol invictus
Les livres savants nous apprennent que la lumière intense, le soleil déclenche dans notre cerveau la sécrétion d'une hormone, la sérotonine, un neurotransmetteur qui se met à booster tout d'un coup nos énergies somnolentes par des mois interminables passés...