Le blog de Flora

Enfantement

17 Avril 2011, 16:57pm

Publié par Flora

Main.gif Devant son clavier, ramassé sur lui-même, il invoque l'intense concentration comme d'autres entrent en prière. Il en appelle au pouvoir mystérieux des mots pour qu'ils lui viennent en aide. Un besoin sourd et impérieux qu'il ressent dans tout son corps et qui demande à être mis au monde... Que va-t-il enfanter? Un monstre raté, éloigné de ses attentes sortira-t-il de ses entrailles? Ou alors, une créature avec toutes les promesses du sublime? Les femmes ressentent-elles la même douleur, la même envie de se débarrasser du poids oppressant, afin de regarder, de toucher enfin la vie qu'elles couvaient au plus profond d'elles-mêmes, pendant si longtemps?

   Dans un premier temps, il n'existe que le besoin. Sous quelle apparence va-t-il s'incarner? Les images se télescopent dans sa tête pour faire surgir le désir. Des sensations, des émotions profondes jaillissent comme des blessures douloureuses ou délicieuses: il a besoin de ces entailles pour faire sourdre du sang frais qui nourrira l'insatiable rapace, dans l'espoir que celui-ci lui prête une de ses plumes. Il trie parmi ces fulgurances. Il goûte les mots, si évocateurs. Lequel va enclencher la magie créatrice?

   Il a faim, il a soif, il a froid et chaud en même temps. La concentration le ligote, il ne peut pas bouger. Il a envie de se libérer, de plonger dans l'instant insouciant, de s'évader de cette force impitoyable et fragile à la fois. Cependant, il n'est pas dupe: c'est lui qui en a désormais un besoin vital. Il avance à tâtons, il se fraie un sentier étroit en cueillant les mots au passage, les triant, les goûtant, les humant.

   Qu'espère-t-il au bout de ce cheminement si éprouvant? Rien d'autre qu'un instant de plénitude, si éphémère.

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L
<br /> pour enfanter ,il faut le "matériel pour..."et l'envie de délivrer au<br /> monde et aux autres une suite de nous -mêmes...<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Je suis entièrement d'accord! Cette "envie" me gène parfois, de peur de la prétention!<br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> beau texte! le point ? s'est substitué à !<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Belle évocation, beau texte? tu ressens un peu le processus de création comme une sorte d'engourdissement dont on essaie de sortir? (l'engourdissement donné parfois par un trop plein de<br /> sensations…) Est-ce l'attente et le questionnement de la feuille blanche?<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Pas tellement la feuille blanche, puisque la sensation est présente même quand tu "sais" ce qui va suivre... Pour moi, souvent la peur de mes propres limites devant la tâche, très stimulante...<br /> <br /> <br /> Mais ça m'intéresse beaucoup, comment les autres "accouchent" leurs chefs d'oeuvres!<br /> <br /> <br /> <br />
N
<br /> Oui !<br /> <br /> <br />
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N
<br /> Je ne sais pas trop... Il se repose sur un élan, un désir dont je ne connais pas l'origine. Cet élan est alimenté par le vécu, douloureux ou heureux. L'enfanter, serait le créer à nouveau, comme<br /> pour le comprendre en profondeur, il est l'inverse à mon sens de ce qui est superficiel ou de la fuite. ;)<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> D'accord avec toi sur le créer à nouveau, comme pour le comprendre en<br /> profondeur...<br /> <br /> <br /> L'envie de fuite vient du poids insupportable de cette quête, à la fois désirée et douloureuse, impérieuse et<br /> captivante dont on ne peut se défaire que par l'enfantement...<br /> <br /> <br /> <br />