Le blog de Flora

Trophées et cérémonies aux temps du Covid

14 Mars 2021, 10:15am

Publié par Flora bis

Je fais partie des rares personnes qui ont regardé vendredi soir la remise des Césars sur Canal+, et jusqu'au bout, SVP.! (3h et demie, oui, je l'avoue, je suis un peu mazo!) Une grande salle de théâtre, l'Olympia, clairsemée, faisant à peine illusion, peuplée juste des personnes nommées par l'Académie "new look", fraîchement "rénovée", sélection féministe, diversité-iste, jeuniste, bref, exit le mâle blanc dominant patriarcal! (Attention tout de même de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain!...) Ajoutons à cela les aléas du COVID qui ont fermé les salles de cinéma, laissant brièvement entrevoir quelques films de la production riche et variée, pendant la brève ouverture de l'été.

Marina Foïs a assuré le rôle ingrat de l'hôtesse, à sa façon, avec son humour cru et mordant habituel. Je comprends bien l'intention de se débarrasser de tout ce qui crée l'ambiance guindée et la bienséance raide, parfois hypocrite de ces remises de trophées pour ôter la chape d'ennui qui menace... Mais là, "on est tombé de l'autre côté du cheval" (traduction du hongrois), d'un bout à l'autre on nageait dans une ambiance amère, inutilement agressive (même envers ceux ou celles qu'on avait sollicités pour remettre la statuette), volontiers scatologiques... Le strip-tease de Corinne Masiero ôtant sa peau d'âne et sa robe ensanglantée nous a offert l'image de son corps sculptural, rappelant celle de l'actrice victime de l'avidité d'un père (d'un metteur en scène) abusif... sans oublier les intermittents "à poil". Pour moi, la vraie émotion est née - et m'a maintenue jusqu'au bout - des extraits des films sélectionnés, de ceux aussi, et surtout, qui ont ressuscité pour un bref instant les personnes qui nous ont quittés cette année... Claude Brasseur, Michael Lonsdale, Guy Bedos, Juliette Gréco, Jean-Pierre Bacri, Annie Cordy, Michel Piccoli etc, ils sont très nombreux. Jean-Claude Carrière, l'érudit, l'incroyable et le merveilleux raconteur d'histoires, avec Jean-Loup Dabadie et son humour qui vire au drame... Ils font partie de notre imaginaire à jamais. Sans ces artistes, notre vie serait - EST - plus pauvre. Ils sont essentiels.

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A
Quelle triste image cela doit-il donner du cinéma français à l'étranger. Quoique cette hystérie semble, elle aussi, bien internationale. <br /> J'ai envie de rêver lors de ces cérémonies. Grâce à vous je ne regrette pas de ne pas avoir regardé. Et curieusement, votre commentaire de ce médiocre évènement est, lui, plaisant.
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F
Bonjour, chère Aude, oui, beaucoup d'agressivité, d'inutiles vulgarités ont assombri l'ambiance festive que l'on attendait... Même si le monde de l'art a quelques raisons d'être las et amère, nous, le public avons du mal à soutenir ce spectacle: nous avons besoin de rêve éveillé, de transmission de richesses qui nous viennent en aide...