Trophées et cérémonies aux temps du Covid
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Marina Foïs a assuré le rôle ingrat de l'hôtesse, à sa façon, avec son humour cru et mordant habituel. Je comprends bien l'intention de se débarrasser de tout ce qui crée l'ambiance guindée et la bienséance raide, parfois hypocrite de ces remises de trophées pour ôter la chape d'ennui qui menace... Mais là, "on est tombé de l'autre côté du cheval" (traduction du hongrois), d'un bout à l'autre on nageait dans une ambiance amère, inutilement agressive (même envers ceux ou celles qu'on avait sollicités pour remettre la statuette), volontiers scatologiques... Le strip-tease de Corinne Masiero ôtant sa peau d'âne et sa robe ensanglantée nous a offert l'image de son corps sculptural, rappelant celle de l'actrice victime de l'avidité d'un père (d'un metteur en scène) abusif... sans oublier les intermittents "à poil". Pour moi, la vraie émotion est née - et m'a maintenue jusqu'au bout - des extraits des films sélectionnés, de ceux aussi, et surtout, qui ont ressuscité pour un bref instant les personnes qui nous ont quittés cette année... Claude Brasseur, Michael Lonsdale, Guy Bedos, Juliette Gréco, Jean-Pierre Bacri, Annie Cordy, Michel Piccoli etc, ils sont très nombreux. Jean-Claude Carrière, l'érudit, l'incroyable et le merveilleux raconteur d'histoires, avec Jean-Loup Dabadie et son humour qui vire au drame... Ils font partie de notre imaginaire à jamais. Sans ces artistes, notre vie serait - EST - plus pauvre. Ils sont essentiels.