Paysage lascif
Si je relis mes notes de l'an passé, le printemps et une partie de l'été se sont déroulés dans la fraîcheur, dans la "goutte froide" selon une expression pour moi nouvelle. Cette fois-ci, le printemps mérite son nom, à tel point que beaucoup réclament de la pluie, craignant la sécheresse caniculaire précoce. 32° au mois de mai n'est pas banal; heureusement, une petite brise rend l'extérieur supportable.
Je me délecte de mon jardinet mouchoir de poche, de loin, du haut de la terrasse, faute de pouvoir descendre sur la pelouse. J'attends la livraison des trois marches de l'escalier. Le merle noir au bec jaune me rend visite tous les jours, sans se soucier vraiment de ma présence : tout juste s'il jette un coup d'oeil distrait en ma direction. Il est très occupé : les insectes abondent sur les fleurs du pivoine envahissant. Je ne me lasse pas des moments sous le parasol vert, à lire ou à écrire, à dessiner des arbres aux branches tourmentées. Elle n'est pas belle, la vie?... Attention, pas d'emballement, m'avertit aussitôt la petite voix intérieure qu'il convient, paraît-il, d'écouter en toute circonstance. Elle s'appuie sur bon nombre de mes expériences douloureuses !
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