Soleil de printemps
Dehors, le soleil nous gâte, il embellit le jardin même si la nuit, la température avoisine les 2°. J'essaie de tailler, de nettoyer, j'achète des petites fleurs timides pour éveiller les jardinières - et avec elles, mon regard fatigué de la grisaille de l'hiver.
Cultivons nos jardins! Jouissons des plaisirs - toujours modérés, me concernant - qu'une vie renaissante nous propose! La jeunesse est passée, reste la maturité qui n'oublie jamais de nous rappeler les échos lointains des expériences vécues. Freins puissants et parfois douloureux. Nous réfrénons nos envies, nous réduisons nos flammes. L'enthousiasme de croquer la vie à pleines dents se mue tout doucement en un sourire plein de regret et d'indulgence...
Impossible d'oublier qu'à quelques centaines de kilomètres de notre vie paisible, la guerre fait des ravages... Cependant, comment vivre dans la peur permanente de ce qui pourrait nous arriver à nous aussi? Cela n'empêche pas la compassion et les actions de solidarité à notre portée. Il faut, à tout prix, éviter de rentrer dans une dangereuse escalade. Ce n'est pas de la poltronnerie, je crois, de ne pas céder aux provocations poutiniennes. La destruction de notre continent ne ferait qu'accélérer la destruction de la planète. Et oui, j'avoue que je tiens à ce qui reste de ma petite vie et à celle des personnes que j'aime. Et même à celle de tous les hommes de bonne volonté.