Récital * esquisse ancienne
quatre catégories menées parallèlement : extraits des oeuvres de Gilbert Millet, traductions d'auteurs hongrois, réflexions et mémoires, dessins
Miklós RADNÓTI : ODE A PEINE
Depuis quand je me prépare pour te révéler
la galaxie secrète de mon amour
je cherche une seule image, l’unique, l’essentielle.
Tantôt bruissante, déferlante en moi, tu es comme l’existence
tantôt immobile et éternelle
tel un fossile dans la pierre, pétrifié.
L’opacité soyeuse de la lune frémit au-dessus de ma tête
la nuit reste à l’affût de rêves minuscules qui s’échappent.
Et je ne peux toujours pas te dire
cette sensation en moi provoquée
par ton regard protecteur sur ma main qui écrit…
Les images ne valent rien. Elles surgissent, je les jette.
Et demain, je recommence tout
car je n’ai que le verbe
et ce que vaut mon poème en moi
d’une poignée de cheveux au dernier de mes os.
Tu es fatiguée, je le ressens aussi, la journée fut longue -
que dire de plus ? le regard des objets s’entrecroise
et chante ta louange, un morceau de sucre
résonne, la goutte de miel retombe
sur la nappe comme une perle d’or,
le verre à eau vide tinte seul.
Heureux de partager ta vie. Aurai-je encore le temps
de dire sa joie dans l’attente de ta venue?
L’obscurité floconneuse du songe te frôle
elle s’envole puis se pose sur ton front.
Tes yeux mi-clos me font signe encore
tes cheveux se dénouent, se répandent comme une flamme,
et tu t’endors. L’ombre allongée de tes cils frémit.
Ta main s’alanguit sur mon oreiller, branche assoupie de saule,
et par toi, je m’endors aussi, habitant du même monde.
Et j’entends venir jusqu’à moi la métamorphose
de toutes les lignes mystérieuses, fines et sages
de ta paume fraîche.
(Traduction : Rozsa Tatàr et Muriel Verstichel
Je ne suis pas une habituée de Paris Match, pas même dans les salles d'attente de dentistes ou sous les ciseaux d'un coiffeur.
Tout en assumant sereinement ma dose de futilités qui m'incitent, de temps en temps, à quitter les pages savantes ou poétiques, pour m'abîmer dans un Marie Claire ou une revue de déco pour une
bouffée de légèreté, une page de prévisions planétaires auxquelles je ne crois pas du tout, mais qui me redonnent la pêche si elles sont favorables !... Mais Paris Match me rebute par sa soif du
sensationnel qui transforme le malheur en scoop, flattant notre voyeurisme malsain... même s'il y a pire sur le marché.