Le blog de Flora

Oeuvre de Gilbert * La Trilogie Armstrong (inédit et inachevé) 11.

27 Janvier 2010, 11:51am

Publié par Flora

III

Les unes... c'est de la jambe... les autres... du bras... les autres... tout le monde souffre ici.
Edmond et Jules Goncourt, Soeur Philomène

   L'épigraphe ! Séverine la haïssait et ne pouvait l'oublier. La phrase la hantait à toute heure du jour, comme inscrite au coeur de chaque cellule. Tout l'accusait dans ce message stupide que la pierre perpétuait. Plus obsédant encore : il y avait neuf chances sur dix pour que l'épouse fidèle, incapable de se remarier, s'éternise, un jour, pourrissante, sous ce message indigne. Qu'est-ce qui lui avait pris de respecter jusqu'à l'humiliation les dernières volontés d'un malade ? Elle espérait périr dans l'estomac d'un requin, après une croisière achevée en naufrage, se dissoudre dans l'explosion en vol de l'avion des vacances ou, plus banal, se laisser inviter dans une autre tombe par un ami, un vieil oncle ou par Ariane à qui la solitude pesait tant. "Une vie sans éclat", "une envolée" unique ! Elle n'avait donc offert à Philibert aucun relief, aucun bonheur ?
   Chaque soir, seule dans un lit trop grand, la lampe allumée par peur des craquements de la vieille maison laonnoise ou de l'appartement parisien, elle concoctait une réplique, l'épitaphe cinglante qui clouerait le bec au mort ingrat. Dans un premier temps, elle avait envisagé le mimétisme :

Dans une vie sans éclat, elle ne connut qu'une envolée : le 2 février 2007,
Philibert Tique descendait dans la tombe.
  
Elle avait renoncé. Outre que l'affirmation était mensongère, elle risquait de la faire passer, aux yeux de sa fille, pour un monstre absolu. Elle explora d'autres pistes.
 
 
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F
<br /> Je suis estomaquée encore par sa faculté -justement- à se mettre à la place des autres!<br /> <br /> <br />
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F
<br /> C'est peut-être cela aussi d'être écrivain... En tout cas, il me surprenait par l'acuité de ses observations, toujours "mine de rien", en affirmant délaisser le roman psychologique comme genre<br /> dépassé, et préférer l'imaginaire.<br /> <br /> <br />
L
<br /> quelle insoutenable recherche!!! :celle de la<br /> dernière phrase qui résume toute une vie!<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Oui, terrible. Je n'en ai jamais eu envie... peut-être parce que j'estimais ma vie ordinaire et ma pierre tombale devait la refléter, ou bien je ne voulais même pas envisager la tombe comme<br /> perspective!<br /> <br /> <br />
J
<br /> Parce que j'étais maîotre d'internat pour payer mes études et que ce poème m'est venu alors que je controlais l'entrée des élèves.<br /> <br /> <br />
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L
<br /> Lorsque la peine mène à l'injustice vis à vis de l'autre et de soi-même.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Difficile de se mettre à la place de l'autre...<br /> <br /> <br />
J
<br /> Le 26 janvier 1966, j'ai écris ceci:<br /> <br /> Le 26 janvier mil neuf cent soixante six<br /> mourut José Le Moigne, poète jeune.<br /> Certes, il ne se croyait pas fils éclairé d'Isis<br /> ce 26 janvier mil neuf cent soixante six<br /> où une croix au terme de sa vie rempla l'X.<br /> Avant qu'il eût trouvé une pauvre rime en eune;<br /> le 26 janvier mil neuf cent soixante six<br /> mourut José Le Moigne, poète jeune.<br /> <br /> Je t'envoies cela en amical écho<br /> José<br /> le<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Pourquoi cette date si précise, cher Ami?...<br /> <br /> <br />