Le blog de Flora

Bribes de mémoire 57. A travers la Yougoslavie en 1984...

30 Janvier 2010, 16:44pm

Publié par Flora

   Une amie me dit un jour : "Moi, je serais incapable de m'en aller à l'aventure, sans pouvoir retrouver mon lit, mon oreiller habituels le soir!" Quant à nous, eh bien, nous n'attendons que le moment de briser la routine !
   Une grande partie de nos affaires dont les meubles, repart vers Laon, tandis qu'un container prend la route par camion en direction d'Istanbul. Nous trois, nous attendons le feu vert du Ministère des Affaires Etrangères à Laon. Notre fils doit rentrer en CE1 et Gilbert au Lycée Galatasaray. Ma tâche sera de trouver un logement et de m'occuper des formalités dans un pays inconnu, sans parler un traître mot de sa langue. Au lieu de nous déstabiliser, ces incertitudes nous remplissent d'une agréable excitation, nous sommes contents de fermer la parenthèse libournaise et de repartir à l'aventure !
   Notre voiture est bourrée de valises : le déménagement peut mettre des semaines à nous parvenir et il faut assurer la rentrée ainsi que l'arrivée de l'automne. Sans parler des médicaments pour l'année et les cadeaux de Noël de notre fils avancés par la famille et son cartable flambant neuf. Quelques affaires auxquelles nous tenons trop pour les risquer dans un déménagement.
   Nous traversons l'Allemagne, l'Autriche et, sans toucher la Hongrie, nous bifurquons vers la Yougoslavie, encore en entier mais au bord de la faillite  -  nous sommes en 1984... Après la Slovénie, petite annexe verdoyante de l'Autriche voisine, nous longeons la Croatie, la Serbie, sur des "autoroutes" en construction, à voie unique dont il ne fonctionne que les cabines de péage... Le soir, veille de mon anniversaire, exténués, nous atterrissons dans un grand hôtel sur les hauteurs de Belgrad. Nous laissons notre voiture sur le parking éclairé, bien en vue, veillé par un gardien qui exhibe son arme pour nous rassurer. Impossible de tout vider, nous prenons juste le nécessaire pour la nuit. Vers 2 heures du matin, c'est ledit gardien qui nous tire d'un sommeil de plomb : notre voiture a été cambriolée, carreau avant gauche brisé et nos affaires disparues ! Le lendemain, ma sommaire compréhension du serbo-croite aidant, nous passons la journée à errer dans Belgrad pour porter plainte au commissariat, pour déposer la plainte à la délégation de la MAIF, après avoir déniché une traductrice assermentée et enfin, pour trouver une bâche en plastique afin de camoufler le trou béant à la place du carreau. Le gardien nous accompagne avec zèle  -  il nous offre même la bâche  -;  nous sommes persuadés de sa complicité avec les voleurs : plusieurs indices vont dans ce sens. Nous sommes sonnés, exténués, sales et nous n'avons pas le temps de nous attarder plus d'une journée. Le soir même, ainsi rafistolés, nous prenons la route vers la Macédoine grecque.
la suite suivra... 
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L
<br /> c'est vrai que tu as une âme d'aventurière<br /> chère Indiana Flora Jones et une trop grande<br /> confiance en l'être humain.Sachant tous les déboires que tu as eu dans tes voyages avec<br /> ces congénères bipèdes referais-tu le même<br /> chemin....?<br /> <br /> <br />
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F
<br /> En vieillissant, je deviens sans doute un brin plus méfiante... Mais je referais tout et même davantage, si c'était à refaire! Gilbert était souvent plus prudent que moi.<br /> Merci de ta visite, ma chère Magicienne. <br /> <br /> <br />
L
<br /> Coucou un petit tour par ici, pour lire tes aventures qui éveille cette pensée : affronter ensemble l'aventure, sortir d'un terrain connu, et devoir faire face à toutes sorte de difficultés<br /> renforce je crois les liens d'une famille, d'un couple, ou les fait explosé très vite. Savoir que l'on a que l'autre sur qui compter, demande de lui attribuer toute notre confiance, et cela doit<br /> également créer une grande complicité. Tu as eu une vie tellement riche de tout cela... Cela fait de toi une personne rare et extraodinaire, mais aussi c'est parce que tu étais déjà toi que tu as<br /> pu choisir cette vie. J'ai passé un très agréable moment mercredi... je t'embrasse, bon dimanche.<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Merci, ma chère Louve, tu es trop gentille à mon égard, j'en rougis dans mon coin... J'ai bien aimé notre petit "thé" du mercredi dernier aussi : j'aime toujours l'échange, la découverte dont la<br /> plus intéressante reste tout de même celle des humains! <br /> <br /> <br />