Attila József (1905-1937) : Rosée (Harmatocska)
Après des pages oppressantes de ces derniers temps, sur mon blog, tournant involontairement autour du thème de la mort (le suicide de R. Kriszta y est sûrement pour quelque chose : il fallait apprivoiser, évacuer le chagrin...), j'ai envie d'une petite respiration - et mes fidèles lecteurs aussi, je suppose !
Je publie un poème de Attila József qui savait être lyrique, aussi bien que grave, la plupart du temps. Parmi plusieurs traductions existantes, je vous livre ici deux versions de la traduction d'un même poème, ainsi que l'originale, pour ceux qui peuvent les comparer. Cela illustre aussi les énormes difficultés de la traduction dans le domaine de la poésie. Aussi réussie que soit la traduction, le poème y échappe...
ROSÉE
Un framboisier accroupi
Se balance et, sur la branche,
En boule dort à demi
Un papier gras qui se penche.
Soir de perle, doux tableau,
Les feuillages s'entrelacent ;
Avec la brume plus haut,
Mon chant tremble dans l'espace.
Bourdonnant comme le pré,
J'ai travaillé sans relâche.
Que le ciel est donc léger !
L'atelier sombre à la tâche.
Je suis las, un peu béat,
Ou bon seulement peut-être.
Je bats comme l'herbe bat,
L'étoile qui vient de naître.
1929 Adaptation : Guillevic
ROSÉE
Accroupi, se balance
Un framboisier. Sur lui,
Un papier gras poursuit
Sa douce somnolence.
Feuillages s'enlaçant !
Beau soir de perle fine !
Brume sur la colline
Où plane aussi mon chant !
Bourdon dans la prairie,
Sans trève j'ai trimé.
Que le ciel est léger
Sur ma forge assombrie !
Je suis las, un peu sot...
- Ou bon, que vous en semble ? -
Comme l'herbe je tremble
Et l'étoile, là-haut...
Adaptation : Jean Rousselot
HARMATOCSKA
Guggolva ringadoz
a málnatő, meleg
karján buggyos, zsiros
papiros szendereg.
Lágy a táj, gyöngy az est ;
tömött, fonott falomb.
Hegyek párája rezg
a halmokon s dalom.
Hát dolgoztam hiven,
zümmögve, mint a rét.
Milyen könnyű a menny !
A műhely már sötét.
Fáradt meg együgyű,
vagy tán csak jó vagyok
s reszketek, mint a fű
és mint a csillagok.
Je publie un poème de Attila József qui savait être lyrique, aussi bien que grave, la plupart du temps. Parmi plusieurs traductions existantes, je vous livre ici deux versions de la traduction d'un même poème, ainsi que l'originale, pour ceux qui peuvent les comparer. Cela illustre aussi les énormes difficultés de la traduction dans le domaine de la poésie. Aussi réussie que soit la traduction, le poème y échappe...
ROSÉE
Un framboisier accroupi
Se balance et, sur la branche,
En boule dort à demi
Un papier gras qui se penche.
Soir de perle, doux tableau,
Les feuillages s'entrelacent ;
Avec la brume plus haut,
Mon chant tremble dans l'espace.
Bourdonnant comme le pré,
J'ai travaillé sans relâche.
Que le ciel est donc léger !
L'atelier sombre à la tâche.
Je suis las, un peu béat,
Ou bon seulement peut-être.
Je bats comme l'herbe bat,
L'étoile qui vient de naître.
1929 Adaptation : Guillevic
ROSÉE
Accroupi, se balance
Un framboisier. Sur lui,
Un papier gras poursuit
Sa douce somnolence.
Feuillages s'enlaçant !
Beau soir de perle fine !
Brume sur la colline
Où plane aussi mon chant !
Bourdon dans la prairie,
Sans trève j'ai trimé.
Que le ciel est léger
Sur ma forge assombrie !
Je suis las, un peu sot...
- Ou bon, que vous en semble ? -
Comme l'herbe je tremble
Et l'étoile, là-haut...
Adaptation : Jean Rousselot
HARMATOCSKA
Guggolva ringadoz
a málnatő, meleg
karján buggyos, zsiros
papiros szendereg.
Lágy a táj, gyöngy az est ;
tömött, fonott falomb.
Hegyek párája rezg
a halmokon s dalom.
Hát dolgoztam hiven,
zümmögve, mint a rét.
Milyen könnyű a menny !
A műhely már sötét.
Fáradt meg együgyű,
vagy tán csak jó vagyok
s reszketek, mint a fű
és mint a csillagok.
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