Le blog de Flora

Gilbert * Oeuvres

20 Juillet 2008, 19:59pm

Publié par Flora


" ...Le fauteuil vide dans le studio témoigne du drame qui vient de se jouer. Le présentateur larmoie : du sang sur le trottoir, le chloroforme, la fillette prostrée, Adam Eve enlevé. Dernière trace de sa présence, les pantoufles narguent Elsa, en travers du couloir, à deux mètres de la porte d'entrée. Les ranger reviendrait à enterrer l'absent, les pousser sur le côté, pour que les visiteurs ne trébuchent pas, à le marginaliser, le reléguer. Elle opte pour l'hommage, un cercle de fleurs autour des chaussons usés jusqu'à la corde, comme s'il s'agissait d'une dépouille. Après tout, si l'écrivain ne s'aimait pas, il adorait ses pantoufles. Elles représentaient le sous-marin du professeur Tournesol, un requin de métal. La pression des doigts de pied, la vieillesse ont eu raison de chaque pointe : les extrémités la bâillent en gueules démesurées.
   Il était incollable sur les aventures de Tintin, savait que le "Djebel Amilah" et le "Karaboudjan" ne sont qu'un seul bateau, que Foudre Bénie a des visions bien que myope comme une taupe de Weï- Pyiong, que le marquis di Gorgonzola est une identité postiche de Rastapopoulos, que la fusée lunaire se pose au centre du Cirque Hipparque où les Dupond-Dupont ne seront jamais clowns, que dans le cauchemar d'Haddock un innocent pic-vert peut devenir la Castafiore. Zorrino, Wolff, Lampion, le Maharadja de Rahajpoutalah faisaient partie  de ses intimes. Aux yeux d'Elsa, cette passion constituait une preuve suplémentaire de sa fragilité d'enfant, une raison de plus de l'épauler, le protéger.
   Elsa le dorlotait, cajolait ses rêves d'immortalité, collectionnait les articles dans la presse, allant jusqu'à en inventer, avec la complicité de son frère, imprimeur. Le soir, pour endormir son écrivain, elle imaginait ses phrases traduites en films, en images tridimensionnelles, en opéras virtuels, inscrites dans le ciel par des lasers, portées jusqu'aux confins des galaxies par des acteurs-robots, scandées dans le vocabulaire rudimentaire d'une langue unique, l'américain des prochains siècles. Le doute, cependant, refusait de le quitter : et s'il n'était qu'un gratouilleur de pages, voué à la fosse commune de l'oubli?"...


extrait de Gilbert Millet : "Pour la bonne case" , in  Le Déchant, éd. Nestiveqnen, 2005

   

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Imre Kertész * Discours de Stockholm 2.

19 Juillet 2008, 17:13pm

Publié par Flora


   "Affaire personnelle : naturellement, cela n'exclut pas le sérieux, même si ce sérieux semblait un peu ridicule dans un monde où seul le mensonge était pris au sérieux. L'axiome était le suivant : le monde est une réalité objective qui existe indépendamment de nous. Un beau jour du printemps 1955, moi, j'en suis soudain arrivé à la conclusion qu'il n'existait qu'une seule réalité et qui n'était autre que moi-même, ma vie, expropriée, déterminée et tamponnée par des forces étranges et inconnues, ce cadeau fragile et précaire que je devais reprendre à l'histoire, à ce Moloch effroyable, car elle m'appartient à moi seul et c'est ainsi que je dois la maîtriser.
   Tout cela m'a radicalement opposé à la réalité environnante qui, si elle n'était pas objective, elle n'en était pas moins indubitable. Je parle de la Hongrie communiste, du socialisme "en construction et en embellissement". Si le monde est une réalité existant indépendamment de nous, alors la personne humaine n'est autre  -  y compris pour soi-même  -  qu'un objet; le déroulement de sa vie est une série de hasards historiques sans rapport entre eux et qui peuvent l'étonner à la rigueur mais qui n'ont rien à voir avec lui. Il n'a aucun intérêt à les rendre cohérents car il peut y avoir des épisodes qui sont beaucoup plus objectives que ce que son Moi subjectif pourrait supporter en responsabilité.
   Un an plus tard, en 1956, la révolution hongroise a éclaté. Pour un instant, le pays est devenu subjectif. Cependant, les chars soviétiques ont rapidement rétabli l'objectivité.
    Si vous avez l'impression que j'ironise, je vous prie de considérer ce qu'est devenue la langue, ce que sont devenus les mots au vingtième siècle. J'estime plausible que la première et la plus bouleversante découverte des écrivains de notre époque revient à constater que la langue, comme léguée par des cultures d'avant notre ère, est devenue inapte à dépeindre les processus réels, à incarner les notions jadis évidentes. Songez à Kafka, songez à Orwell qui font tout simplement fondre l'ancienne langue comme s'ils la faisaient chauffer à blanc pour montrer ensuite ses cendres dans lesquelles apparaissent des figures nouvelles jusqu'alors inconnues."
  
 

traduction : Rózsa Tatár 

la suite suivra...

 

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Communiant * lavis d'encre

19 Juillet 2008, 00:02am

Publié par Flora

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Bribes de mémoire 1. Hiéroglyphes mystérieux

18 Juillet 2008, 19:48pm

Publié par Flora

   Comment faire pour que le monde ressuscité très personnel ait un intérêt quelconque pour autrui? Qui plus est dans une langue d'adoption, capable de traduire les sensations premières de l'enfance, le parfum très particulier des acacias en fleur un soir de printemps ou celui de l'herbe folle au bord du chemin, après l'averse... Ce parfum est celui d'un pays, celui d'une enfance. Et chaque pays, chaque enfance a le sien comme nulle part ailleurs.
   Europe Centrale... Petit pays entouré de toutes parts. La mer est si loin, un rêve si lointain que finalement, on se fait une raison : on n'en a pas besoin, on s'en passe. D'autant plus qu'à cette époque, on ne peut guère espérer voyager pour approcher l'océan.
   Je suis issue du petit peuple démuni, d'une famille de chair à canon. Chaque génération a eu sa guerre mondiale : la première pour les grands-pères, la deuxième pour le père à qui on demande de prouver jusqu'à la quatrième génération en arrière qu'il n'y a pas de juifs dans la famille, sinon, au lieu d'être envoyé au front, il aurait atterri directement dans un camp de travail, antichambre des camps de concentration. Le choix est, certes, d'un avantage tout relatif... mais il en est revenu.
   Une année, j'ai fait des recherches dans des archives poussiéreuses du presbytère. Remontant au 18e siècle  -  plus avant, les incendies, les guerres permanentes contre l'envahisseur ottoman avaient tout réduit en cendres  -  je suis tombée sur mes ancêtres lointains, qualifiés avant 1848 de "serfs", "servus" en latin. J'ai eu un curieux serrement de coeur. Aurai-je été gonflée d'une secrète satisfaction si j'avais découvert du sang bleu dans mes veines? Ce n'est pas que j'avais tellement d'illusion avant d'entamer ces recherches, mais ce mot "serf" m'a quand-même explosé à la figure. Ces pages jaunies ont concrétisé le sentiment flou que j'avais depuis toujours : dans mes gènes, la lignée de mes ancêtres est inscrite quelque part en hiéroglyphes mystérieux ; leur physique trapu de laboureurs sans terre, leur misère, leur résignation, avec, peut-être quelques apports exotiques dus aux multiples invasions. Mon patronyme même ne serait-il pas cadeau  d'un obscur Mongol, aventurier traînant avec les hordes de Batou, fils de Djenguiz khan qui ont devasté le royaume de Hongrie au treizième siècle? Ou alors plus tard, durant le siècle et demie d'invasion ottomane? Il avait dû s'y plaire tellement qu'il a engendré ma lignée paternelle, une lignée de serfs...


début d'un autre feuilleton...

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Imre Kertész * Discours de Stockholm 1.

17 Juillet 2008, 17:57pm

Publié par Flora


Si je reviens avec une certaine envie obsédente à vous reparler de cet écrivain, c'est parce que je suis à peu près persuadée que beaucoup de gens ne le connaissent pas assez, voire pas du tout. Malgré le Nobel. Malgré le fait que ses livres sont visibles partout grâce aux excellentes éditions Actes Sud. A chaque fois que je replonge dans son Discours de Stockholm, je me dis : il faut que je le traduise entièrement pour ceux qui se perdent jusqu'à mon petit blog sans prétention, qu'ils puissent profiter de ces idées brillantes d'intelligence, de sincérité et de lucidité douloureuse.
    Je reviens un instant au début de l'article quej'ai écrit en décembre 2002 pour la revue Hauteurs :
"La nouvelle tombe, accueillie avec stupeur : un inconnu ou presque. Est-ce encore un Nobel politique, au rabais, fouillant dans les pays qui ne l'ont pas encore eu? Recherche frénétique chez Actes Sud, son éditeur en France : quatre titres disponibles. Etre sans destin, le plus significatif, le premier écrit, au parcours le plus cahotant. Plongée dans ce texte dense, déroutant et soulagement émerveillé, immédiat : c'est un vrai
Prix Nobel."
    A ma connaissance, ce texte n'a pas été traduit en français; si je me trompe, tant pis... En le traduisant, j'espère en approcher toute la profondeur et vous en donner un certain goût. Voici le début d'un étrange feuilleton :


"Avant tout, je vous dois une confidence, une sans doute étrange, mais sincère confidence. Depuis que je suis monté dans l'avion pour recevoir ici, à Stockhom, le prix Nobel de littérature de l'année, je sens en permanence dans mon dos, le regard perçant d'un observateur; en cet instant solennel qui me place soudain au centre de l'attention publique, je m'identifie davantage à cet observateur distant qu'à l'écrivain lu tout d'un coup dans le monde entier. Et j'ose espérer que le discours que je peux prononcer à cette occasion distinguée, m'aidera pour concilier enfin cette dualité, ces deux personnes qui vivent en moi.
  Pour l'instant, je ne comprends pas clairement moi-même l'aporie que je ressens entre cette haute distinction et mon oeuvre, ma vie. Est-ce parce que j'ai trop longtemps vécu sous des dictatures, dans un environnement intellectuel hostile et désespérément étranger  pour me procurer quelque conscience littéraire : tout simplement, cela ne valait pas la peine d'y réfléchir. De plus, on m'a fait comprendre de toutes parts que le sujet de ma réfléxion, "le thème" qui me préoccupe n'est ni actuel ni attractif. Ainsi, pour cette raison et aussi par une conviction toute personnelle, j'ai toujours considéré l'écriture comme mon affaire le plus stictement personnelle."


la suite suivra...

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Miniatures

16 Juillet 2008, 13:47pm

Publié par Flora

Pour contrer - un peu - l'effet des pages précédentes à la mémoire de Gilbert pour ceux qui fuient l'idée de la mort la trouvant sinistre (cependant la date du 2e anniversaire de la sienne imposait le thème...), je publie ici quelques extraits du recueil de textes courts "Miniatures".

HEMATOME
   Les policiers, la famille, le juge d'instruction, personne ne voulait en démordre. Si l'on retrouve un corps couvert d'hématomes, il ne peut s'agir d'une simple crise cardiaque. C'était pourtant ce que prétendait l'autopsie. On finit par délivrer le permis d'inhumer.
   Dans le quartier, la chasse à l'assassin se poursuivit pendant six mois, jusqu'à ce que l'épouse avoue ce qui avait causé les bleus. Son mari décédé n'accédait au plaisir que lorsqu'elle le frappait avec un ours en peluche dont le corps dissimulait un vieux fer à repasser.

TRIPTYQUE
   Sur le panneau central, il m'a représenté en goéland. Le jour de mon mariage, je survole un naufrage, dans toute la splendeur de mes vingt-sept ans.
   A droite, il m'a rogné les ailes. Chômeur et divorcé, je piétine, ridicule albatros de Baudelaire, la quarantaine usée.
   A gauche, je n'ai plus de bec. Je me nourris avec une paille, à moins que les gardiens du zoo ne préfèrent me gaver. La foule aime ce spectacle d'un vieil oiseau déchu.
    Si l'on referme le triptyque, la vérité éclate. Je suis poulet fermier, raté sans envergure qui va passer à la casserole.

THALASSOTHERAPIE
   Depuis qu'on lui a greffé un coeur de cochon, Joël passe ses vacances dans un centre de thalassothérapie, par amour des bains de boue.

extraits de Miniatures de Gilbert MILLET, éditions Editinter, 1999

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Bain de soleil

16 Juillet 2008, 00:25am

Publié par Flora

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Emotions - piège ou nécessité?

11 Juillet 2008, 19:39pm

Publié par Flora

Un sujet qui demande quelques réfléxions :

De nos jours, les émotions sont omniprésentes, à tel point que les média font passer la moindre information dans cet emballage, que les politiques préfèrent s'adresser à elles plutôt qu'à notre jugement libre et réfléchi, et nous sommes en droit de nous demander si elles ne servent pas à la manipulation massive.

Personnellement, je m'en suis souvent méfiée, par tempérament sans doute, par une vraie aversion pour le trop plein de larmes et la dissolution totale du jugement dans ce déluge.
 
Ceci dit, tenter de maîtriser ses émotions ne veut pas dire en être incapable. La maîtrise permet de les formuler, de les comprendre et par conséquent, les vivre en profondeur plutôt que de les dissoudre dans une hécatombe lacrimale.
J'avoue qu'il m'est arrivé de pleurer même au cinéma, à certains moments du Cercle des poètes disparus (les adieux du professeur à sa classe), Le choix de Sophie (la mère obligée de désigner un de ses enfants pour l'envoyer dans une famille allemande et l'autre dans le camp de la mort).

Pourquoi certaines choses les provoquent et pas d'autres?
Il paraîtrait qu'elles font appel à des souvenirs lointains, tellement enfouis que nous n'en avons plus aucune conscience. Un événement les fait remonter à la surface, telle une éruption volcanique... Les émotions conscientes et souvent inconscientes dirigeraient nos choix et nos comportements.

On dit parfois "être submergé d'émotion". Je me suis toujours méfiée de cette expression. Qui dit "submergé", n'est pas loin de "coulé"...

On peut porter un jugement de valeur sans émotion, mais la révélation de nos propres valeurs passe obligatoirement par l'émotion.

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Magda Szabó, un début de présentation

10 Juillet 2008, 08:46am

Publié par Flora

Magda Szabó, grande dame de la littérature hongroise contemporaine, vient de s'éteindre en novembre 2007, à l'âge de 90 ans, en douceur, un livre à la main.
Elle est née au nord-est de la Hongrie, à Debrecen, haut lieu du protestantisme en Hongrie. Ce fait est maintes fois souligné par elle-même, jouant un rôle primordial dans la rigueur de son éducation, de sa vie et de son écriture.
Elle commence son parcours comme professeur de lettres classiques. Elle écrit de la poésie puis des romans mais la répression stalinienne des années cinquante la condamne au silence. Elle peut enfin paraître après 1956 : l'étau se desserre...
Sa renommée internationale débute en Allemagne en 1960, pour devenir l'écrivain hongrois le plus traduit (42 langues et des centaines d'éditions).
A la fin des années 70, l'intêret s'assoupit pour ses romans en Allemagne et en France, puis rebondit en 2003 lorsqu'elle obtient le Prix Femina avec son roman : La Porte  (les éditions Viviane Hamy prennent le relais du Seuil des années 70 et continue à sortir ses romans un par un, dans une riche collection d'auteurs hongrois).
Comment résumer cette histoire qui, comme la plupart des romans de Magda Szabó, instaure un suspens sans rebondissements spectaculaires où les méandres de la psychologie des personnages sont plus complexes que les événements qui leur arrivent? La narratrice, écrivain, engage une femme déjà âgée comme gouvernante, aide ménagère. Emerence, paysanne quasi illettrée, échouée dans la grande ville , prend peu à peu une dimension d'héroïne de tragédie antique, avec son intransigeance, sa droiture impitoyable, ses principes difficilement compréhensibles. Sa stature imposante renferme des blessures de la même dimension et qu'elle garde jalousement condamnées à triple tour comme l'intérieur de son logement dont personne ne doit franchir le seuil. De leur relation complexe naît une affection sauvage et pudique pour la femme de lettres  -  occupation jugée puérile au demeurant  -,  Emerence la considérant comme l'enfant qu'elle n'a pas eu. Sa tendresse reste cependant dissimulée sous une carapace rugueuse, construite avec tant d'efforts et que la moindre fissure réduirait en poussière.
Le roman est aussi l'histoire d'une trahison : a-t-on le droit de sauver quelqu'un contre sa volonté, en risquant de le détruire par le sauvetage même?
Voici un extrait de La Porte, paru en Hongrie en 1987 et chez Viviane Hamy en 2003, dans la belle traduction de Chantal Philippe:

...Pour  la première fois, la toute première fois depuis que nous nous connaissions, je vis Emerence sans foulard. Elle sentait bon le propre, la magnifique chevelure blanche de sa mère brillait devant moi, je retrouvais dans les contours de sa tête la parfaite harmonie de cet autre crâne qui n'existait plus depuis bien longtemps. Plus près de la mort que de la vie, Emerence devenait sa mère comme par magie, sans le savoir. Lors de notre première rencontre, tandis qu'au milieu des roses je cherchais quelle fleur elle pourrait être, si on m'avait dit que la vieille femme était un camélia blanc, un laurier blanc ou une jacinthe, cela m'aurait fait rire, mais à présent elle ne pouvait plus faire de mystères, rien ne dissimulait son intelligent front bombé, même usée par l'âge, sa beauté rayonnante s'offrait à nos yeux. Ce qui reposait sur le lit n'était pas son corps nu ou peu vêtu, mais la tenue conséquente, enfin dépouillée de toute apparence trompeuse, d'une grande dame qui était allongée devant nous, pure comme les étoiles. [...]

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Hammam

9 Juillet 2008, 01:33am

Publié par Flora

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