Le blog de Flora

ressenti

Retrouvailles

9 Mai 2019, 19:30pm

Publié par Flora bis

   J'ai été gâtée cette semaine! Des visiteurs dès lundi ! A commencer par mon fils qui a fait une apparition éclair avec le train du soir pour repartir dès le lendemain midi. Nous avons dîné dans un restaurant, avec une bonne conversation comme d'habitude et qui me fait toujours beaucoup de bien. Des miettes de bonheur mais tellement bonnes à prendre!

   Après son départ, je me suis mise à préparer l'arrivée d'un couple d'amis d'un lointain passé d'Istanbul... Nos enfants étaient inséparables et les parents aussi: Noël, Nouvel An, week end et voyages à travers la Turquie et Chypre... Nous avons gardé le lien, mais la distance dans le temps et dans l'espace raréfie les rencontres. Nos enfants sont devenus adultes, nous avons des petits-enfants mais à l'intérieur, aucun changement! Ne vous fiez pas aux cheveux blancs et les quelques kilos en trop  -  ce sont les mêmes personnes qui s'étreignent pour retrouver les souvenirs communs, pour combler les hiatus du temps...

   Plus de 20 ans nous séparent de notre dernière rencontre. Deuil, maladies mais aussi bonheurs, voyages se mélangent et se racontent. Les conversations se poursuivent quasi sans interruptions, mon passe-temps favori et qui ruine ma réputation de cuisinière en me faisant régulièrement brûler les plats en préparation...

   Ces 24 h pleines du bonheur des retrouvailles vont me nourrir pour les jours à venir!... Et si le soleil s'y mettait en plus?...  

(ill. les 3 premières photos: hier à Valenciennes; les 3 dernières: réveillon à Istanbul 1989)

 

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Mois de mai chamboulé

3 Mai 2019, 11:05am

Publié par Flora bis

   Les saints de glace s'annoncent alertes, le chauffage est en marche en plein mois de mai. Autour de nous, un tourbillon de jours fériés qui mettent à mal nos habitudes, en temps ordinaire, nos béquilles. Ces pauses, pain béni pour les "actifs", sont plutôt sources d'angoisse pour nous, les autres, les solitaires, les éclopés de la vie, les vieux: magasins fermés, rues désertées, la solitude est encore plus sensible, plus palpable. "Ai-je suffisamment de pain pour tenir?..." Ridicule, au fond. "Ces vieux, ils se noient dans un verre d'eau!..." pensent tout haut les forces vives.

   Pour les actifs  -  dont nous faisions partie il y a peu  -  ces jours de fêtes avec, parfois, leurs ponts bienfaisants, interrompent le flot des corvées quotidiennes, le réveil bougon et ensommeillé, les préparatifs pressés avant de se lancer dans la circulation, avec les bouchons à l'air empoisonné, avachis dans leur bulle de fatigue... Aller et retour. Ils envient parfois les "hors-circuits" qui "n'ont que ça à faire" : profiter du temps qui passe... Qui passe trop vite, d'ailleurs, et sur une pente savonneuse...

   Alors, je me dois de trouver la note optimiste: rapprochons nos points de vue! Ralentissons, autant qu'il se peut, le flot débridé du temps pour profiter de l'instant d'un regard, d'une main à toucher, d'un sourire complice...

 

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Connexion secrète

25 Avril 2019, 15:54pm

Publié par Flora bis

                  "Én megőrzöm titkos vágyaid, mindig, mindig.
                   Én ismertem minden álmodat, mindet, mindet.
                   Gondolj rám, ha egyszer nem leszek. Sokszor, sokszor."  (Magda Szabó)
 

"Je garde tes désirs secrets, à jamais, à jamais. 

 Je connaissais tous tes rêves, chacun, chacun.

  Pense à moi quand je ne serai plus. Souvent, souvent."  (trad. R.T.)

   Je suis tombée sur ces trois lignes de Magda Szabó (que je connaissais et appréciais en tant que romancière) tout à fait par hasard. "Pense à moi quand je ne serai plus. Souvent, souvent."  : cette dernière ligne résonnait en moi, curieusement, en apprenant la nouvelle de la mort de Jean-Pierre Marielle. Malade, 87 ans, rien d'anormal à ce qu'il ait rejoint Jean Rochefort et Philippe Noiret, ses amis depuis le conservatoire. Toutefois, le public apprend la nouvelle avec le choc d'avoir perdu un proche.

   A chaque fois qu'un personnage familier  -  écrivain, chanteur, comédien ou autre figure proche du public  -  disparaît, un sentiment de perte s'empare de nous. Ces personnes nous étaient à la fois lointaines et intimes, nous accompagnant depuis des décennies, par l'intermédiaire des oeuvres dont ils étaient les créateurs ou les transmetteurs, les incarnations. Ils faisaient partie de notre vie et, suscitant des émotions profondes, participaient aux métamorphoses mystérieuses qui s'opéraient en nous.

   Je regarde, j'écoute, je lis les réactions dans les média. J'ausculte mes propres sentiments. Quelle chance nous avons de les avoir côtoyés! Ils nous ont beaucoup donné. Ils nous ont fait frôler les profondeurs insondables tout comme le rire doux-amer qui guérit. Quelle chance ils ont de pouvoir susciter la vague d'émotion qui les accompagnera au début du chemin de la mort... J'aimerais croire à l'idée d'une connexion secrète qui permettrait aux défunts de profiter de ce cortège de gratitudes qui rendrait l'éloignement plus léger...

 

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Bûcher

18 Avril 2019, 18:46pm

Publié par Flora bis

   Je ne voulais pas en rajouter aux innombrables commentaires et images qui circulent sur les écrans à propos du tragique incendie de Notre Dame. De plus, je préfère ne pas réagir à chaud, laissant la grande vague d'émotion commune descendre et me questionner sur mes propres sentiments de citoyenne d'adoption, chrétienne car baptisée, sans demander mon consentement, puis émancipée des religions.

   J'ai appris la tragédie lundi vers 21 h, à l'appel de mon fils sur le chemin de la maison. Depuis trois heures, j'étais abîmée dans le travail sur un texte et son coup de fil m'a désorientée; j'étais à mille lieux d'imaginer le drame... En témoigne ce petit dialogue: "Tu as vu la catastrophe?" - "Non, mais je l'ai entendue à la radio. Ca fait la troisième fois qu'ils se font battre piteusement; veulent-ils prolonger le suspens du championnat jusqu'au bout pour susciter un peu d'intérêt?" - "Je ne parle pas du PSG, je parle de Notre Dame!" - "Quoi, Notre Dame? Qu'est-ce qu'elle a?" -  "Elle brûle!"

image Internet

   J'ai couru ouvrir la télé et j'ai continué à regarder les images jusqu'à une heure tardive de la nuit, sidérée, incrédule, plongée dans la tristesse. J'ai regardé les gens sur les quais, sensiblement dans le même état d'esprit, silencieux. Les lances à incendie semblaient dérisoires face aux flammes toutes-puissantes. La flèche et la toiture ont disparu.

   Pendant longtemps, Notre Dame était pour moi un rêve, un fantasme, une lecture et un film. Je l'ai visitée pour la première fois vers 1973, avec Gilbert comme guide, fier de me montrer ce joyau national. Je me souviendrai toujours du sentiment de ma petitesse, lorsque j'ai arpenté la nef et les bas-côtés pour la première fois. J'ai ressenti une grande émotion, semblable à ce que l'on éprouve à la vue d'un tableau, d'une sculpture ou d'un paysage dont on a longtemps rêvé. Par la suite, j'ai visité celles de Reims, d'Amiens, de Beauvais, de Bourges et surtout, celle de Laon.

   Notre Dame de Paris demeure la plus célèbre, bien qu'elle ne soit ni la plus ancienne, ni la plus grande, ni peut-être pas la plus belle. Elle est simplement unique, familière, résistante aux tempêtes, appartenant à nous tous. Un symbole qui réunit, elle nous suggère l'illusion de l'éternité. Elle ne peut pas disparaître... Que deviendrait Paris sans elle?...

 

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La Saint-Valentin

14 Février 2019, 19:09pm

Publié par Flora bis

   La Saint -Valentin... Je pense que même si j'avais eu l'occasion de la fêter encore (comme nous n'en avions pas l'habitude), j'aurais dû refuser restaurant et autre rituel dans l'état de fatigue qui est le mien. Cela ne me réjouit point...

   Néanmoins, je suis allée jusqu'à la boulangerie du coin pour acheter du pain frais. A la vue de la foule de gâteaux de toutes tailles, en forme de coeur comme il se doit, j'ai succombé à celui-ci, avec une délicieuse mousse de poire et glaçage caramel (j'ai un faible pour le caramel sous toutes ses formes...). 

   Alors, j'ai une pensée réjouie pour tous les amoureux! Ce sentiment est un vrai cadeau de la vie mais qui est aussi source de tant de tourments!... Je plains sincèrement les personnes qui constatent, au crépuscule de leur vie, qu'elles ne l'ont jamais rencontré. Leur existence en a été surement plus tranquille mais moins accomplie. 

   Avec le temps, lorsque l'incandescence laisse sa place à la braise, les vieux amoureux se tiendront la main devant la cheminée pour se réchauffer encore à la chaleur apaisée du souvenir... 

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Connaissez-vous l'acrasie?

24 Janvier 2019, 16:59pm

Publié par Flora bis

   Lorsque mardi dernier j'ai entendu Alexandre Jollien expliquer cette notion, j'ai sursauté: voilà ce qui manquait à mon vocabulaire! J'avais déjà récolté la "procrastination" avec le même "eurêka!" il y a quelques années, voici sa soeur jumelle qu'il faudra éclaircir...

   En préambule, notre philosophe explique que la "liberté intérieure", c'est de s'affranchir de tout ce qui nous tire vers le bas. Et "l'acrasie" fait partie justement de ces éléments qui entravent notre liberté intérieure. 

   Qui ne connaît pas de moment où il sait très précisément ce qui serait bon pour sa santé physique ou mentale et il fait exactement le contraire? Comme si une inertie déraisonnable et lourde le poussait à désobéir à toute sage résolution... Combien de fois nous prenons ces bonnes décisions en les regardant échouer aux épreuves du quotidien! A tel point que nous finissons par renoncer à les prendre, pour éviter l'humiliation de l'échec. Cependant, un vague sentiment de culpabilité continue à flotter dans notre mental.

 Je vais faire 30 minutes (disons, au moins 15, pour commencer...) de vélo

d'appartement tous les matins... Je ferai une demi-heure de marche quotidienne (ou 2-3 fois par semaine, pour commencer...) Je me coucherai à 23 h au plus tard, tous les soirs... Je sais  -  on me l'explique souvent de façon très convaincante  -  que c'est indispensable pour préserver une bonne santé, pour prolonger ma vie en bon état. Sans parler d'une sveltesse relative retrouvée! 

   Chacun(e) de nous peut énumérer tout ce qui serait bon pour lui (elle) et ce qu'il (elle) a déjà juré de faire mille fois, en vain!... Nous contemplons le paysage de désolation de notre état en ruine, au lieu de retrousser les manches: "de toute façon, c'est déjà trop tard! fichu, irrécupérable... ", soupirons-nous, "d'ailleurs, à quoi bon? cela ne transformera pas le désert de ma vie en jardins de Babylone..." Le héros du roman d'Ivan Gontcharov: "Oblomov" est devenu un archétype de ce personnage inerte, lascif, paresseux qui finit par renoncer à quitter son lit. C'est un grand roman, relativement méconnu en France que je vous recommande chaudement.

   

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Rides et cicatrices

12 Janvier 2019, 11:04am

Publié par Flora bis

   Au début de l'année, nous nous retournons sur la précédente, comme au moment du départ, devant la porte, avec un dernier regard sur la maison: avons-nous laissé du désordre derrière nous? Avec le cumul des années, ce regard remonte de plus en plus loin pour embrasser finalement toute une vie.

   "Le coeur n'a pas de rides; il n'a que des cicatrices" disait Colette. J'aime beaucoup cette phrase, je la tourne dans la tête, dans la bouche, je la goûte, je l'essaie sur moi comme un nouveau vêtement, me regardant dans un miroir imaginaire: mon coeur a-t-il des rides? Quand-même... Du moins, il est enrobé par les années, protégé par la peur de souffrir, bouclier efficace. 

   Quant aux cicatrices, cela va sans dire... Je passe les doigts sur leurs traces. Elles sont palpables au toucher, pareilles aux collines douces de mon pays d'origine où il n'y a pas vraiment de montagnes dignes de ce nom. Des bosses, plus ou moins grandes, plus ou moins sensibles aux souvenirs, aux regrets. A quoi bon y revenir? Tentatives stériles de revivre le passé. Elles n'effaceront ni les rides ni les cicatrices du coeur.

 

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Heureuse nouvelle année à tous mes fidèles lecteurs!

1 Janvier 2019, 12:49pm

Publié par Flora bis

   Ca y est, nous y sommes arrivés! 

   Cette date si chargée d'espoirs, est-elle un jour comme un autre,  sommes-nous

les seuls à en faire une page (presque) blanche sur laquelle nous pourrons corriger les ratages de l'année passée?...

   Je traîne les pieds... Je tarde à mettre en musique (joyeuse) les activités et obligations qui m'attendent. Je jette un coup d'oeil mou sur la vaisselle qui  patiente dans la cuisine... Elle ne semble pas me presser outre mesure, elle non plus. Peut-être un peu de vélo d'appartement, avant, pour que mon genou gauche soit un brin plus musclé et qu'il me supporte pour le reste des tâches...

   On a beau se dire qu'on n'est pas dupe, que rien ne change fondamentalement et que le fleuve tranquille ou violent qu'est notre vie ne change pas de lit pour la seule raison que nous avons tourné une page du calendrier... Dans notre existence d'habitant des régions tempérées du globe, notre vie composée de cycles immuables nous suggère que les minutes, heures, jours et semaines, les mois et les saisons, toutes ces tranches plus ou moins artificielles que nous nous sommes créées, rythment notre petite existence et impriment cette sensation de périodicité. Elles insinuent en nous cet espoir aussi (souvent  déçu et ressuscité avec obstination) de pouvoir corriger le brouillon non abouti ou truffé de maladresses, de faux pas ou même de contresens. Sans parler de la sanction impitoyable, soulignée de rouge: "Hors sujet!"  On y revient quand-même, avec un entêtement admirable.

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Noëls, Noël...

18 Décembre 2018, 19:21pm

Publié par Flora bis

    Sur la plupart des blogs hongrois que je fréquente, une ambiance de solennité discrète règne; les quatre bougies de l'Avent s'allument les unes après les autres, une par semaine jusqu'à Noël.

   Etonnante ferveur chrétienne dans mon pays natal! Je l'ai quitté à 26 ans, en plein régime communiste. Je n'ai jamais connu cette habitude, pas de couronne d'Avent, ni même de messe de minuit le 24 décembre. Pourtant, ma grand-mère m'obligeait à suivre une éducation religieuse avec catéchisme (je garde l'image du curé qui venait à l'école à vélo, en soutane attachée avec des pinces pour ne pas se la faire prendre dans les rayons), confessions et messes, jusqu'à mes 14 ans où j'ai eu le courage de dire non. Il faut dire que ma grand-mère elle-même n'allait presque jamais à l'église  -  est-ce la grande distance à pied qui la rebutait  -  toujours est-il que le sauvetage du salut des six âmes de la famille reposait sur mes frêles épaules. 

   Enfants, avec mon frère, nous avions des idées assez confuses de ce que nous attendions de Noël. Il était vaguement question de la naissance d'un bébé dans une étable parmi les bêtes, un petit Jésus qui, à peine né devenait adulte et nous apportait le sapin décoré et les cadeaux. Un enfant, finalement, ne s'étonne de rien, il remplit les cases vides à sa façon et accepte fort bien le flou artistique. Pas de crèche dans la maison, je l'ai connue bien plus tard, dans ma belle-famille, en France.

   

 

Je tiens beaucoup à cette fête qui ne revêt pour moi aucun aspect religieux. Je célèbre l'amour qui réunit la famille, la conscience de l'importance des liens qui nous rassemblent, qui sont parfois fragilisés, qui perdent des chaînons remplacés par d'autres, qui s'enrichit des "pièces rapportées" soudées aux autres de façon que l'on souhaite éternelle.

   

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Une sorte de sagesse forcée

5 Décembre 2018, 20:12pm

Publié par Flora bis

   Ces derniers jours, plusieurs personnes désemparées, ébranlées m'ont posé la même question simple: "Dans ce monde incertain, difficile, qu'est-ce qu'il nous reste pour espérer, pour vivre décemment, pour tenir, tout simplement?..."

   Une sorte de pudeur, de politesse nous incite à ne pas nous plaindre en public. Garder la face. Il y a toujours pire ailleurs, sous nos yeux. Et nous évitons de regarder vers d'autres paysages où ça va incomparablement mieux: pourquoi nous faire du mal avec des comparaisons, des frustrations inutiles?... Le sens, le bonheur sont ailleurs, nous consolons-nous! Et nous nous lançons à la recherche de ce sens vers des territoires peu onéreux. 

   Petit à petit, nous nous habituons au renoncement permanent dans tous les compartiments de la vie, par pur réflexe de défense, nous fabriquant des raisons parfaites pour l'accepter. Pour nous résigner. Après tout, le plus long du chemin est fait, il est derrière nous. Ce qui est encore devant, nous le parcourrons bien, à petit feu, en gardant la parcelle de dignité qui nous reste, ce que le vieillissement, la maladie, la déchéance inévitable nous laisseront.

    Ceux qui se débarrassent sans problème d'un vêtement de marque dans leur poubelle par lassitude, ne peuvent pas imaginer ce que veut dire de s'habiller au supermarché, réservant le Monoprix (!) pour les grandes occasions, en guise de summum du luxe, et de garder le même manteau 15 ans. De devenir une ombre effacée, élimée, qui se confond avec un décor modeste mais qui choquerait dans les beaux quartiers... Alors, on les évite. 

   La beauté du luxe? Les métiers d'art, trésor du savoir-faire national, on les admire de loin et on prend soin de ses propres affaires bas de gamme pour qu'elles durent le plus longtemps possible. Veillant à ce qu'il y ait des traces de la beauté quand même, autant que possible à peu de frais. 

   Que veut dire "vivre décemment"? Manger à sa faim, avoir un toit, être chauffé par temps froid. Renoncer au superflu, même minuscule, celui qui peut donner, de temps en temps, une saveur inimitable à la vie.

   Je me garde bien de me prendre pour un gourou qui dispense ses bons conseils comme d'autres des hosties. Moi-même, je suis souvent à la recherche d'une branche salvatrice.

 

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