Noëls, Noël...
Sur la plupart des blogs hongrois que je fréquente, une ambiance de solennité discrète règne; les quatre bougies de l'Avent s'allument les unes après les autres, une par semaine jusqu'à Noël.
Etonnante ferveur chrétienne dans mon pays natal! Je l'ai quitté à 26 ans, en plein régime communiste. Je n'ai jamais connu cette habitude, pas de couronne d'Avent, ni même de messe de minuit le 24 décembre. Pourtant, ma grand-mère m'obligeait à suivre une éducation religieuse avec catéchisme (je garde l'image du curé qui venait à l'école à vélo, en soutane attachée avec des pinces pour ne pas se la faire prendre dans les rayons), confessions et messes, jusqu'à mes 14 ans où j'ai eu le courage de dire non. Il faut dire que ma grand-mère elle-même n'allait presque jamais à l'église - est-ce la grande distance à pied qui la rebutait - toujours est-il que le sauvetage du salut des six âmes de la famille reposait sur mes frêles épaules.
Enfants, avec mon frère, nous avions des idées assez confuses de ce que nous attendions de Noël. Il était vaguement question de la naissance d'un bébé dans une étable parmi les bêtes, un petit Jésus qui, à peine né devenait adulte et nous apportait le sapin décoré et les cadeaux. Un enfant, finalement, ne s'étonne de rien, il remplit les cases vides à sa façon et accepte fort bien le flou artistique. Pas de crèche dans la maison, je l'ai connue bien plus tard, dans ma belle-famille, en France.

Je tiens beaucoup à cette fête qui ne revêt pour moi aucun aspect religieux. Je célèbre l'amour qui réunit la famille, la conscience de l'importance des liens qui nous rassemblent, qui sont parfois fragilisés, qui perdent des chaînons remplacés par d'autres, qui s'enrichit des "pièces rapportées" soudées aux autres de façon que l'on souhaite éternelle.