Le blog de Flora

ressenti

Où sont passés les Pâques d'autrefois?...

7 Avril 2023, 12:05pm

Publié par Flora bis

   Dimanche et lundi de Pâques approchent. Pour moi, ce seront des jours ordinaires que je passerai probablement seule, les ami(e)s occupé(e)s avec leurs familles, mes enfants en voyage. Je suis contente pour eux, ils avaient grand besoin de se changer les idées. La solitude ne me chagrine pas : heureusement, en bientôt 17 ans, j'ai appris à occuper le temps agréablement en ma compagnie aussi.

   C'est bien loin, il est vrai, des effervescences d'autrefois, des préparatifs joyeux dans la maison de mon enfance, préalablement rafraîchie sous le soleil printanier, remplie des effluves du jambon et des saucisses maison qui cuisent doucement, en compagnie des oeufs, dans une énorme marmite qui ne sert qu'à cette occasion. Le défilé des "arroseurs" dont mon père tient à être le premier, à l'aube, versant une bonne rasade d'eau fraîche sous ma couette pour me tirer du sommeil... C'est pour la bonne cause : pour assurer ma bonne santé pour le reste de l'année! Les garçons qui sonneront à la porte jusqu'à midi, utiliseront de l'eau de Cologne de parfums divers dont le cocktail donnera un mélange lourd et inextricable... En échange, ils recevront un oeuf coloré et une pièce qui gonflera leur argent de poche. 

   Ici, en France, ce coutume n'existe pas. Cela fait bien longtemps que personne ne "m'arrose" plus et cela se ressent à ma petite santé... Là-bas, les parents reposent au cimetière. Je me rends compte avec stupeur que c'est à mon tour de prendre leur place, en première ligne du barrage contre la mort. Le soleil est présent mais ne réchauffe plus la maison de l'enfance, à part les rares moments d'été où nous y allons. A Pâques, les effluves alléchantes du jambon fumé et de la brioche vanillée me manquent... Irrémédiablement.

  

Où sont passés les Pâques d'autrefois?...Où sont passés les Pâques d'autrefois?...

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Semaine très riche

31 Mars 2023, 13:20pm

Publié par Flora bis

   Peut-on se sentir comme un puzzle de 5000 pièces terminé avec soin, pendant des heures innombrables de travail  -  et que l'on secoue soudain pour qu'il se retrouve en morceaux?... C'est l'effet que je me fais.

   Quelle semaine pour ma petite vie frileuse mais somme toute confortable  -  en temps normal! Une chaudière en panne juste pendant les jours et les nuits les plus froids du mois, sans chaleur et sans eau chaude... On s'habitue vite à ces éléments indispensables de notre vie qui deviennent invisibles. Comme l'air que l'on respire: on ne prend conscience de son existence que lorsqu'il vient à manquer... 

   Deux rendez-vous chez le dentiste, quatre réunions et deux sorties culturelles, sans compter les courses pour la nourriture: n'en jetez plus! Heureusement que c'est une semaine exceptionnelle! Je m'étais habituée à ma petite vie étriquée qui se contentait d'une ou deux événements hebdomadaires de la sorte. Ils suffisaient à mon bonheur qui, le reste du temps se réfugiait dans un monde virtuel que je côtoie ou que je crée...

   Ce matin, je suis "en vrac" comme ledit puzzle et la semaine est loin d'être finie. La chaudière est réparée, c'est essentiel. Une des réunions, hier soir à Lille, a été particulièrement enrichissante, aussi bien mentalement qu'émotionnellement. Nous sommes pourtant arrivées en retard, épuisées par les bouchons tout à fait mémorables à l'entrée de la ville et même dans les petites rues pavées du Vieux Lille, sous les bourrasques et des giboulées. L'ambiance et le sujet de la réunion ont agi sur notre épuisement comme un baume apaisant. Le repas qui suivait a déclenché des conversations très intéressantes et stimulantes, à bâtons rompus jusqu'à minuit passé. J'ai presque oublié ma grosse fatigue...

 

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Printemps au crépuscule...

18 Mars 2023, 20:28pm

Publié par Flora bis

   Le soleil reprend des forces. Nous l'attendons avec avidité, après la longue saison d'hibernation mi-figue, mi-raisin, ciel de plomb, grisaille et humidité sans fin. Pour faire patienter mon ardeur, la pousser vers la mesure et la nuance, je ressuscite dans la mémoire les jours suffocants de la canicule des derniers étés où je ne profitais guère des bienfaits du soleil, fuyant les rayons mortifères, la plus grande partie de la journée... C'en est-il fini pour toujours avec le souvenir de nos étés tempérés d'antan, avec les bains de soleil en maillots de bain et le léger halo chocolat au lait sur la peau?...

   Comment vivre la période actuelle  -  et les autres  -  trouble de la vie politique et sociale du pays quand on a 75 ans?...  Je suis à peu près sûre que je ne battrai plus les pavés : je suis contente si je peux encore faire mes courses alimentaires sur mes jambes, parmi les gens. Il est bien connu que les vieux sont frileux, repliés sur leurs plates-bandes de plus en plus rabougries, laissant la bagarre aux forces vives. Cela ne veut pas dire qu'ils s'en désintéressent mais le font par procuration.

   Certes, ils préféreraient vieillir en paix, jouissant des beautés grandes ou minuscules de la vie, du moins de leur observation, de près mais plus souvent de loin... Plutôt dans leurs souvenirs. Si possible, chassant les réminiscences douloureuses car ils fuient la souffrance... A quoi bon réveiller ce fantôme sournois et tenace tapi au fond de la mémoire pour mieux attaquer le rêveur imprudent?...  Le laissant ensuite dévasté et anéanti, parmi les fragments violents du souvenir.

Rodin, "Hiver"

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Cri du coeur de la majorité invisible

10 Mars 2023, 12:21pm

Publié par Flora bis

    Il m'arrive de gamberger sur le premier hasard (la course folle des spermatozoïdes vers le but) qui a décidé de mon sort d'être née femme et de partager ce destin particulier. Contrairement à notre époque bouleversée qui remet tant en question les identités, la mienne m'a toujours été familière dans laquelle je me glissais avec plaisir et sans la moindre frustration. Cette identité me semblait séduisante et avantageuse à certains égards : pas de service militaire ni de bagarres violentes, les tâches les plus lourdes épargnées pour mon frêle physique. Et puis, il nous reste les études où les filles  -  c'est bien connu  -  occupent le terrain pendant longtemps. Pour l'équité, l'idéal est loin d'être atteint.

   Je suis pour l'égalité mais pas pour l'uniformité. J'observe avec une certaine perplexité antédiluvienne l'effacement de la différence entre hommes et femmes, dont certains stylistes font leurs choux gras, jusqu'à dégrader l'image des mannequins, filles ou garçons, pour satisfaire leurs fantasmes... Au nom de la liberté de création. Pour, soi-disant exprimer leur ressenti concernant notre époque (ET dans dans la lutte sans merci d'attirer l'attention...). Après tout, les filles se sont depuis longtemps approprié les accessoires du vestiaire masculin, c'est  le tour des hommes de s'habiller en femmes, pour pulvériser l'image du macho dominant. Certes. Mais les ressentis ainsi épinglés et imposés dans la lumière  ne sont pas  -  heureusement!  -  partagés par l'écrasante majorité. Suis-je pour autant une épouvantable réactionnaire?...

   Aujourd'hui, dans le narcissisme ambiant, nourri par le rouleau compresseur des réseaux sociaux, la normalité n'a pas bonne presse. On ne veut surtout pas fondre dans la masse (dite grise) des "invisibles". On grimace, se tortille, se déshabille, assène ses vérités, ses sagesses creuses, ses provocations devant sa petite caméra, les lâchant sur le Net pour exister un court instant. Du moins, s'en donner l'illusion.

 

   

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Court intermède avec mes petits-enfants

4 Mars 2023, 10:33am

Publié par Flora bis

   Depuis une semaine, je me suis instauré de nouveaux réflexes. Toute ma vie solitaire et plan-plan s'en est trouvée bouleversée, plutôt dans le bon sens : me coucher avant minuit, me lever avant 9 heures avec beaucoup de sommeil en plus! Cuisine et vaisselle incessantes mais tellement plus de rires, de conversations et de jeux ! Il ne faut pas oublier les heures de révisions, de devoirs pour les enfants car l'école revient vite avec ses cortèges "d'évale's" et d'autres bacs blancs. Le bilan est positif, cela va sans dire! Le tout dans une ambiance paisible, sans un mot plus haut qu'un autre. 

   Mal au dos, mal aux jambes mais ce n'est que l'écume de ces jours heureux! J'aimerais bien que la semaine qui vient y apporte le repos réparateur.

grands-parents sur le quai, dans les reflets de la fenêtre du train en partance

 

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Dialogue intime

19 Février 2023, 14:45pm

Publié par Flora bis

Aucun dessin n'est irréprochable. Je parle, bien sûr, essentiellement des miens! Leurs imperfections font partie de mes faiblesses.

A moins que Leonardo et quelques autres de mes idoles n'aient réussi l'exploit de la perfection. D'autres ont "tordu" les règles académiques, afin d'exprimer leur vision du monde alentour. Un tableau de Modigliani, avec ses inspirations de masques africaines, avec les orbites vides qui enferment le regard à l'intérieur, pour mieux s'offrir, peut-être, à celui du spectateur... Qui sait? Une oeuvre échappe nécessairement à son créateur pour que le spectateur puisse ressentir librement ce qu'elle lui offre. Par un dialogue muet, mystérieux et secret.

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Escapade brève dans le passé

11 Février 2023, 13:07pm

Publié par Flora bis

   Tant de fois je m'installe, je me réfugie dans ma bulle devant mon ordinateur, à la recherche du réconfort, de la consolation que seule l'envie lancinante d'écrire peut m'offrir. Ressusciter les souvenirs du passé ou de humer les plaisirs (rares) et les tracas (plus courants) du présent. Plonger dans la "nostalgie d'un ravissement", avec les mots de Yasmina Reza qui qualifie ainsi l'écriture. Définition qui me convient parfaitement. 

   Le passé, pour moi, ne représente pas seulement un refuge, ni un désintéressement stérile du présent mais une mine de grâces pour mieux comprendre ce dernier. Egrainer le chapelet des générations précédentes, les images des fantômes familiers, j'en ai constamment besoin pour vivre pleinement le présent. Questionner le socle sur lequel ma vie s'appuie. 

   J'ai eu de la chance de connaître mes quatre grands-parents, de vivre avec eux, d'être bercée, nourrie de leurs histoires qu'ils racontaient avec le talent des conteurs d'autrefois. Les grands-pères seulement. La première guerre mondiale a fait d'eux de grands voyageurs : le front russe, la captivité dans une ferme du Caucase pour l'un, dans une usine sucrière en Crimée pour l'autre. Je les écoutais jusqu'à plus soif, en projetant sur l'écran blanc de mon imaginaire les images suscitées par leurs mots, leurs expressions, mon cinéma sur les murs chaulés de la maison.

   Mes grands-mères ont gardé leurs histoires profondément enfouies en elles. Cela reste mon éternel regret : je ne sais presque rien de leur jeunesse. Les rares photos les montrent fières et belles. J'aimerais connaître leurs rêves  -  en ont-elles seulement eu? Et les tourments de leur vie amoureuse?...  Je les ai toujours connues vieilles, ridées à l'ombre des foulards immanquables. Ensevelie aussi l'envie de raconter. On disait à l'époque : "La femme s'appelle "Tais-toi"...

Escapade brève dans le passéEscapade brève dans le passé
Escapade brève dans le passéEscapade brève dans le passé

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Avec ou sans neige...

27 Janvier 2023, 18:10pm

Publié par Flora bis

   Nous sommes en fin de janvier, en plein hiver. Sans neige. Personnellement, elle ne me manque guère : elle fait partie des choses qui me rendraient la vie plus difficile... Je me vois marcher en équilibre laborieux vers le boulanger, sur les trottoirs en pente de notre quartier, transformés en patinoire par les couches successives de neige gelée... Tenter d'atteindre la poubelle sur la terrasse sans déraper...  Gratter la givre sur les carreaux de la voiture et démarrer en grelottant, les mains gelées... Devrai-je me résigner désormais à avancer à petits pas, navigant à vue (en baisse) parmi les obstacles, essayant d'éviter celui qui compliquerait mon quotidien. Tout un travail, sachant qu'une seule chute peut changer radicalement mon existence. Sans compter la chape de plomb du ciel d'hiver qui, dans notre région, distribue très rarement quelques rayons de soleil furtifs.

   Aussitôt, les souvenirs affluent des hivers mémorables d'antan. Comment est-ce possible que lesdits obstacles n'existaient pas alors? Pourtant, les hivers étaient incomparablement plus sévères! Et ma mère qui avait des principes impitoyables en vue de préserver notre santé, nous mettait dehors, mon frère et moi, après l'école, pour prendre l'air frais, jouer dans la neige, pendant un temps qui me semblait interminable... Nous rentrions à moitié congelés, pieds et mains douloureux (pourtant protégés par des gants et chaussettes chauds), les joues roses et du givre collé sur les cils! J'ai le souvenir réconfortant que l'on me frotte les mains et les pieds endoloris par le froid... Le soir, trois générations s'installaient autour du poêle pour raconter des histoires, écouter un match ou une retransmission théâtrale à la radio, les mains occupées à égrainer le maïs, à tricoter ou à raccommoder, à piler le piment séché dans un mortier en cuivre...

   Il est vrai, c'était encore des années sans télévision.

(illustration: image du Net, Fortepan)

 

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Escapade courte

16 Janvier 2023, 10:26am

Publié par Flora bis

   Le nid me lassait car je ne l'ai pas quitté depuis longtemps, je manquais d'air frais et libre, végétant prisonnière des habitudes pesantes et paralysantes pour mes neurones fatigués. Rien de mieux qu'une petite escapade de presqu'une semaine pour réveiller le plaisir de retrouver le train-train ancien, les petites manies rassurantes. Le retour me plonge dans leur chaleur familière, celle du nid protecteur où je connais la place des choses les yeux fermés.

   J'ai passé une petite semaine avec une de mes petites-filles, privée d'école pour des soucis de santé. Plaisir de retrouver un tête-à-tête devenu rare car les enfants grandissent très vite! Occasion de grandes discussions, de rires et de parties de cartes, de plats à préparer ensemble, de brèves télés qui me plongent immanquablement dans la sieste... Tout cela pour essayer de créer de courts intermèdes dans le flot des souffrances et des angoisses. 

    Le soleil nous accompagnait pour la plupart du temps, les grandes baies vitrées par deux côtés nous plongeaient dans la nature à portée de main, parmi les arbres centenaires qui hésitaient encore à succomber à l'appel d'un printemps précoce et trompeur.

   

 

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Au seuil du Nouvel AN

2 Janvier 2023, 11:11am

Publié par Flora bis

   Il est difficile de se défaire de la perception, ancrée en nous depuis une éternité, d'un 1er janvier chargé de nos illusions! Nouvelle année, page blanche, début d'un nouveau cycle qui revient tous les ans, renforçant la certitude sinon l'espoir d'avoir une chance de corriger les ratages de l'année précédente. Les bonnes résolutions du janvier, essoufflées d'année en année au bout de quelques mois, voire de semaines, ne nous empêchent guère de récidiver.

   Arrivés en décembre, au terme d'une année fourbue, épuisés nous-mêmes à franchir les obstacles de la vie quotidienne qui demandent de plus en plus d'efforts, au fur et à mesure que notre énergie se consume, il nous reste l'épreuve ultime des festivités: à la fois 3000 m steeple et 110 m haies  -  et la récompense au bout. Notre médaille est le plaisir de réunir famille et amis, autour d'une table de fête, ressentir la chaleur de l'amour et de l'amitié, quitte à enfouir un temps l'angoisse tapie au fond de nous.

   Aussi loin que je me souvienne, le 31 décembre, j'attends minuit debout, et j'imagine vraiment la nouvelle année en train de franchir mon seuil. Cela fait du bien de sentir arriver le renouveau qui apporte avec lui le vent frais qui balayera ma maison, ma vie, qui est plein de promesses d'effacer l'harassement, la lassitude, l'usure du "vieil homme" du passé. C'est aussi l'occasion de fêter l'événement en compagnie amicale, Noël étant réservé à la famille.

    La soirée du 31 a tenu ses promesses: nous avons accueilli la nouvelle année avec deux amies proches, dans les réminiscences à la fois gaies et mélancoliques, les rires et les gourmandises. L'esprit grand ouvert l'un vers l'autre et vers le monde.

Au seuil du Nouvel ANAu seuil du Nouvel ANAu seuil du Nouvel AN

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