Le blog de Flora

ressenti

Panique et bain délicieux

28 Octobre 2019, 10:36am

Publié par Flora bis

   Difficile de retrouver l'autre univers, celui de la solitude, du silence, d'une certaine liberté aussi, après 10 jours intenses en famille... J'ai l'impression de débarquer sur une autre planète. Ma souplesse légendaire face aux changements fulgurants ne serait-t-elle qu'un lointain souvenir?... Face à moi-même comme unique interlocuteur, je m'observe, je note la panique qui m'envahit lorsqu'il faut retrouver en urgence un énième mot de passe pour communiquer, pour commander, payer en ligne  -  je m'essouffle, la gorge serrée, en apnée, je fouille et je ne trouve rien... Paysage apocalyptique qui ne fera que s'étoffer au fur et à mesure que le temps passera, me signifiant les preuves d'un déclin inévitable...

   Heureusement, il reste les mots, dévoués qui viennent à l'appel pour me plonger dans ce bain délicieux dont je ne comprends pas encore l'entière signification : d'où vient l'effet immédiat de bien-être qui m'envahit lorsque je les laisse affluer, ondoyer autour de moi pour en choisir ceux qui approchent le plus fidèlement la pensée... Une pensée qui, elle-même, la plupart du temps, se laisse modeler au contact des mots telle l'argile sous les doigts du sculpteur. C'est ainsi qu'ils m'amènent souvent vers des paysages que je n'ai pas choisis et ils m'ouvrent des horizons parfois surprenants. Comment s'ennuyer avec un jeu aussi mystérieux?...

 

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Anniversaire et nuage rose

13 Octobre 2019, 11:17am

Publié par Flora bis

   Je constate souvent que la semaine précédant mon anniversaire devient très mouvementée, pleine de surprises bonnes  -  et mauvaises aussi. Cette fois-ci, les mauvaises dominaient, la plus traumatisante étant une chute nocturne dans ma cuisine entre 3 et 4 heures du matin... Mon ange gardien a repris du service, m'a rattrapée au dernier moment, empêchant ainsi des dégâts plus sérieux ou définitifs... Je m'en suis sortie avec une bosse douloureuse sur le front, les genoux meurtris mais pas cassés... Le plus dur était de me relever: après une demi-heure d'essais vains, j'ai du me résoudre à appeler les pompiers...

   Le spectacle prévu pour le soir du 11 octobre ("lecture scénique" de mon texte "Nos étés indiens"), auquel je me raccrochais en pensées, tel le naufragé à une bouée de sauvetage, a été la consolation, le plaisir partagé qui a effacé le tunnel noir des deux semaines précédentes. Evelyne a généreusement accueilli la quarantaine de spectateurs (dont la plupart m'était inconnus), poussant les meubles de son beau salon. Dès le début, le public, très réceptif, a réagi au moindre mot, changement d'intonation des comédiennes, ce qui leur a donné des ailes et la lecture scénique d'une heure s'est terminée en feu d'artifice!... Je n'en revenais pas! Et j'étais très heureuse, il faut bien l'avouer.

   Nous avons longuement discuté autour de la table chargée de victuailles. Le plaisir de partage des mots et des émotions flottait dans l'air comme une onde toute puissante qui réchauffaient les coeurs dans ce monde menacé du blizzard de l'égoïsme et de l'isolement...

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Semaine noire... ça existe?

5 Octobre 2019, 13:31pm

Publié par Flora bis

   Il y a des moments où les planètes sont, de toute évidence, en opposition totale les unes avec les autres. Ou alors, ont-elles du mal à supporter leur propre image dans le miroir cosmique?... 

   Cette première semaine d'octobre a eu sa ration de mauvais coups du sort. Avec une constance rare: comme s'il en pleuvait... Résultat: le stress montait dans un corps noué qui tentait de résister en vain à la douleur croissante. Sans rentrer dans les détails, voici un épisode de l'avalanche:

Les escrocs ont besoin de pigeons. J'en suis un exemplaire désigné et je les attire comme le miel attire les mouches. J'ai beau jurer sur tous les saints que l'on ne m'y reprendra plus, ma naïveté congénitale succombe à la gentillesse, à l'assurance convaincante des prédateurs affutés. Moi-même étant incapable de rouler quelqu'un, j'ai sans doute du mal à supposer cette vilenie venant d'un autre...

   Sous l'effet d'un discours crédible et bien rôdé, je signe, comme envoûtée, trois chèques de 665 € chacun, à débiter 3 mois de suite, pour une commande de travaux dont je n'ai, de toute vraisemblance, pas besoin. Pour un tarif généreusement réduit (mais sans doute gonflé préalablement) qui s'ajoute à l'appât.

   Souvent, l'envoûtement se dissipe rapidement et je n'ai plus que mes yeux pour pleurer. Jusqu'à la prochaine occasion...

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De la photo, tout simplement

17 Septembre 2019, 19:03pm

Publié par Flora bis

   La photo naît de l'envie de fixer l'instant et de le voler au temps qui s'enfuit. Du moins, c'était ainsi aux temps désormais lointains où nous nous laissions surprendre par l'émerveillement d'une fraction de seconde et nous ne faisions pas des clichés en rafale : juste quelques images, soigneusement choisies, car le plaisir instantané était exclu à l'époque des pellicules et de l'attente des clichés sur papier. 

   Sur notre blog hongrois commun, le sujet de réflexion a été la photo dans tous ses états. Cela a donné lieu à de savants traités sur les appareils, les méthodes ou à des flots de nostalgie. Quant à moi, je cherche la nature de la pulsion profonde, commune à tant de gens, qui nous pousse à nous arrêter, à emprisonner l'humeur d'un instant, pour le métamorphoser en un fragment d'éternité. Dérober une parcelle de présent. Y revenir encore et encore, pour ressusciter l'émotion initiale.

   Le sujet? Paysage, nature morte, portrait, le corps humain  -  que cherchons-nous, en découpant dans notre vision du monde un petit rectangle dont nous choisissons les limites? La beauté? A chacun sa définition. Pour moi, c'est certainement la vérité de l'instant, dans laquelle se reflète l'émotion et l'illusion de l'éternité.

   

De la photo, tout simplementDe la photo, tout simplementDe la photo, tout simplement
De la photo, tout simplementDe la photo, tout simplementDe la photo, tout simplement

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Entre-deux

30 Août 2019, 18:23pm

Publié par Flora bis

   Je ne peux pas m'empêcher de repasser sans cesse, grâce aux belles photos des enfants, le souvenir des lieux magiques de cet été... Ai-je fait ma rentrée véritablement ou suis-je encore  -  grâce au soleil magnifique  -  quelque part entre les Alpes, la Lagune encombrée de bateaux de toute sorte et de toute taille et la Grande Plaine hongroise écrasée par la canicule?...

   A en juger par mon petit désordre familier installé autour de moi, je suis bel et bien rentrée. Mes articulations convalescentes me le rappellent aussi tous les jours, surtout en montant, tant bien que mal, les escaliers... Le coin intime de mon bureau, le silence qui peut être aussi riche que son contraire me poussent à reprendre mes habitudes, sans précipitation.

   Le coup d'oeil vers mon jardin sous le soleil radouci où les rosiers s'épanouissent après les deux nuits d'averse, me confortent définitivement dans la sensation que les vacances sont finies. Enfin, ce que les "forces vives", ceux qui se lèvent tôt tous les jours, appellent les vacances. Pour moi et d'autres -  qui sommes sur les rails plus reposants (menant au garage...)  -  la différence réside essentiellement dans le silence qui remplace le bruissement incessant de la "vraie" vie... Un bruissement plein de rires, de mots, de regards complices, de larmes refoulées et de gestes de tendresse...

 

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Une histoire d'assiette

17 Juillet 2019, 11:10am

Publié par Flora bis

   "Je ne suis pas dans mon assiette..." Inutile de dire que cette phrase ne fait pas partie du vocabulaire, des expressions de la langue française que j'ai étudiés sur les bancs du lycée ou à la fac. Je l'ai apprise, parmi tant d'autres, savoureuses, avec ma belle-famille qui parlait, dans le nord de la France, à Laon, une langue châtiée de gens cultivés, dans laquelle se glissaient, de temps en temps, des mots et expressions plus colorés de leurs ancêtres picards. Moi, évidemment, je me les suis appropriés avec avidité. C'est ainsi que j'ai mis de côté parmi tant d'autres, dans ma boîte aux trésors, "wassingue" (serpillère), "papinette" (cuillère en bois), retenu que le "dîner" se prenait à midi, tandis que le repas du soir s'appelait le "souper".

   Après cette introduction, vaste détour dont je suis coutumière, je reviens "à mon assiette" que j'ai tant de mal à atteindre. Je suis crucifiée dans un choix cornélien et celui qui connaît la Balance sait que je n'exagère point. A chaque instant, je "balance" douloureusement entre l'envie irrépressible de prendre la route avec les enfants pour un grand périple estival de trois semaines, à travers l'Europe jusqu'en Hongrie  -  et la sagesse de rester à la maison pour souffler, tenter de rassembler les morceaux de puzzle secoué de mon état physique, après un premier semestre éprouvant. Etat parfois pitoyable de faiblesse, douleurs constantes qui empêchent la récupération, c'est ainsi que je paye à chaque fois les moments de bonheur des rencontres avec amis et famille... 

 

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Le pouvoir des mères

25 Juin 2019, 18:34pm

Publié par Flora bis

“Avec l'amour maternel, la vie vous fait, à l'aube, une promesse qu'elle ne tient jamais. Chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son coeur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d'amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. (...)"

Romain Gary, La promesse de l'aube

   Ah, les mères!... Quel pouvoir exorbitant détiennent-elles... Elles peuvent vous donner des ailes tout comme les couper; vous anéantir, vous adorer tout en vous enchaînant. Pendant longtemps, leur regard est le seul miroir dans lequel se reflète le monde.

   Romain Gary a dressé un monument de mots à la sienne, tout comme Albert Cohen et beaucoup d'autres. La "mère juive" est devenue l'archétype de possessivité, d'intrusion, d'exclusivité, de dévouement sans bornes dans la vie de ses enfants (surtout les fils). Souvent, elle réalise ses propres ambitions impossibles à travers eux.

   "Vipère au poing" d'Hervé Bazin est le portrait terrible de la mère cruelle incapable d'émotion que le fils doit tuer, du moins symboliquement, pour survivre: "Je te cause, Folcoche, m'entends-tu ? Oui, tu m'entends. Alors je vais te dire : T'es moche ! Tu as les cheveux secs, le menton mal foutu, tes oreilles sont trop grandes. T'es moche, ma mère. Et si tu savais comme je ne t'aime pas. Je pourrais te dire que je te hais, mais ça serait moins fort.

   Le lien d'amour démesuré n'a d'égal que celui de la haine destructrice... Entre les deux, une infinité de variantes. Je ne cesse d'interroger ma propre histoire afin de comprendre mon héritage, puis le chemin parcouru (et que je parcours encore) avec ce pouvoir immense dans les mains, cette responsabilité non moins grande sur les épaules...

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Point lumineux

10 Juin 2019, 10:54am

Publié par Flora bis

Annette, Cathy, Godelieve et Annie

    Quelle conclusion à une semaine mouvementée, commencée pour moi, physiquement et moralement, au ras des pâquerettes!... RDV médicaux, pharmacies, douleurs et découragements, sous un ciel changeant, entre averses et soleil opaque, sans oublier le vent violent: le cocktail parfait pour secouer les rares moments de quiétude de ces derniers temps. Ce vendredi 7 juin représentait le point lumineux que je fixais comme un naufragé, pour pouvoir tenir jusque là, coûte que coûte!

   Mes quatre lectrices talentueuses, généreuses et joyeuses ont conquis le public, une fois de plus. C'est une chose étrange d'entendre son texte approprié, porté, partagé  -  faire vivre  -  par des interprètes qui y ajoutent leur propres couleurs... L'écouter comme s'il n'était pas votre créature, enfin, pas tout à fait: un peu comme regarder son enfant devenu adulte vivre sa vie; le fil qui vous attache reste indestructible mais assez distendu pour le laisser mener sa barque en pleine autonomie.

   Les échanges qui ont suivi étaient riches d'amitié, d'accueil chaleureux et spontané de la part du public que je ne connaissais pas. Mais ici, dans le Nord, une telle ambiance n'a rien d'étonnant! Et d'autres "points lumineux" sont nés pour continuer l'aventure à la rentrée...

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Epuisement

3 Juin 2019, 18:40pm

Publié par Flora bis

   Ces derniers jours, j'ai passé très peu de temps devant mon ordinateur: tout juste ce qu'il faut pour la chasse aux RDV médicaux... C'est une occupation sans joie, pleine de stress et de découragement. Dès que j'ai un problème, même minime, famille et amis se jettent sur moi avec le même cri d'assaut: "Tu as vu un médecin?" (oui, j'en ai vu énormément ces dernières années...) Variante: "Tu as pris RDV chez un médecin?" (j'essaie...)

   Ces questions m'épuisent, bien qu'elles reflètent les meilleures intentions du monde, parfois une vraie inquiétude à mon égard. Mais mon moral étant déjà au plus bas, je dépense énormément d'énergie pour garder la face, et pour éviter de susciter l'apitoiement sur mon triste sort, je préfère l'humour parfois teinté de noir en essayant de tourner mon angoisse en dérision. Ces questions sonnent à mon oreille comme des cris de guerre (on veut me passer dans des mains médicales pour se soulager, se décharger  -  en même temps, que faire de mieux?...)

   L'âme humaine insondable est faite de contradictions.

   Pourtant, c'est simple: JE VOUDRAIS DESCENDRE!... Descendre de cette "montagne russe" faite de consultations, de passages réguliers dans des tunnels de machines savantes, de bilans, de tournures inattendues des résultats qu'il faudra digérer, accepter, combattre (mais comment? alors qu'on a l'impression d'être une feuille jaunie en train de tomber de sa branche...) Je voudrais me réveiller de ce cauchemar et atterrir dans une prairie ensoleillée, paisible et fleurie... 

   Comme je n'en ai pas connu depuis longtemps.

 

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Fête des Mères

26 Mai 2019, 19:19pm

Publié par Flora bis

   La Fête des Mères... Est-elle galvaudée, aussi bien que les autres, devenues obligations commerciales sans véritable continu: un devoir à accomplir ou un oubli sans âme qui passe sous silence... Pour certains, c'est même un résidu pétainiste réactionnaire qu'il faudrait supprimer. J'aimerais que ce soit autre chose.

   Pour moi, c'est l'occasion de susciter le souvenir de la mienne. Cela fait 6 ans

qu'elle ne vit plus que dans des traces se reflétant dans ma mémoire : une photo qui réveille des sensations anciennes, l'odeur de cannelle et de clous de girofle du placard de la cuisine, les multiples rideaux sur les portes et fenêtres, les pétunias du jardin... Un perpétuel désir de beauté qui, pour la plupart du temps, restera inassouvi...

   On est souvent injuste avec sa mère... Pour une fille, elle est à la fois une référence, un modèle à copier et à combattre pour devenir soi-même... Une mère parfaite peut être paralysante : comment atteindre une telle perfection?... Nous nous débattons dans nos contradictions, nos révoltes, nos offenses car nous sommes sûrs d'une chose : son amour restera, en dépit de tout, inébranlable. A toute épreuve. A nous acquis pour l'éternité.

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