Le blog de Flora

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Attirances et psychanalyses

19 Février 2016, 17:56pm

Publié par Flora bis

Attirances et psychanalyses

J'ai déjà pensé que je serais une proie facile pour la psychanalyse... J'y arrive presque moi-même, admettant qu'il doit y rester quelques zones d'ombres à explorer. J'aimerais même que l'on en éclaire quelques unes pour comprendre d'où viennent les menus mystères. Mais ai-je vraiment envie de découvrir tous les arcanes du destin?... Il en faut, des coins de voiles à soulever...

On pourrait, par exemple, examiner pourquoi on se sent soudain très attiré par l'univers de tel ou tel écrivain ou peintre... Attirance qui disparaîtra pour laisser la place à un autre univers avec lequel on se sentira plus en adéquation. Cela doit refléter des changements mystérieux survenus en nous, plus ou moins à notre insu.

Je me souviens des étapes successives de mes attirances en peinture. Lycéenne, El Gréco me fascinait, avec ses figures étirées dans l'exaltation mystique (alors que moi-même, je me détachais de la foi), ses couleurs vives et contrastées. Sans doute, la tension dramatique qui s'en dégageait faisait résonner une corde sensible en moi. Suivait Modigliani avec ses portraits et ses nus sensuels et en même temps simplifiés jusqu'à l'essentiel. Je me dis que cela devait correspondre dans ma vie à une époque dominée par l'envie d'aller à l'essentiel en supprimant les détails inutiles. Par la suite, j'ai découvert Egon Schiele qui me subjuguait par son courage et sa ténacité d'explorer l'humain jusqu'à l'extrême, sans oublier son prodigieux talent de dessinateur. Un besoin de lucidité dans l'apprentissage de la vie... mais à l'âge adulte bien entamé. Il me laisse toujours éblouie.

Et maintenant? Je n'ai plus un seul "élu" pour admirer. J'en ai plusieurs, des univers disparates, parfois hétéroclites, sans être forcément "adoubés" par un renom universellement reconnu. Serais-je arrivée à me détacher de toute injonction pour assumer enfin mes désirs et mes contradictions?

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Frémissement d'avant les fêtes...

21 Décembre 2015, 18:49pm

Publié par Flora bis

Frémissement d'avant les fêtes...

Il y a un frémissement dans l'air... Un frémissement secret, insaisissable qui annonce l'approche des fêtes. Sur la table, les cadeaux s'amoncellent, dans l'attente des papiers brillants et multicolores qui finiront déchirés au fond des poubelles... Peu importe: pendant l'instant qui compte, ils auront fait leur effet!

Les listes se multiplient: listes de cadeaux, de courses à faire pour les préparatifs, d'une multitude de choses à ne pas oublier! Stressant.

Ce samedi, à 7 h du matin, je monte dans un bus pour une journée de respiration que je m'autorise dans la course. Direction Paris, pour visiter deux musées. C'est l'association des Amis du Musée de ma ville qui organise la sortie.

Le premier, en bordure des Bois de Boulogne, je ne le connais pas. Le Musée de Marmottan, joli hôtel particulier accueille l'exposition d'une partie de la collection d'un couple suisse, les Hahnloser. Impressionnistes et quelques post-impressionnistes éblouissent les visiteurs. C'est toujours le même choc émotionnel lorsqu'une oeuvre apparaît devant moi "en vrai" pour la première fois, me permettant d'entrer dans le monde de l'artiste, d'approcher ses couleurs et ses touches de pinceau...

Notre bus nous dépose ensuite près du Jardin du Luxembourg, pour visiter l'exposition "Fragonard amoureux". Sa peinture respire le bonheur, l'esprit libertin, frivole et précieux à la fois, aboutissant à la fin de sa vie dans l'allégorie moralisatrice, annonçant le 19ème siècle.

Avant le départ, en guise de cadeau de Noël, notre chauffeur nous offre une promenade sur l'avenue des Champs Elysées illuminée, noire de monde... Défi aux terroristes qui voulaient mettre à genou l'esprit des fêtes: pendant la journée printanière, au soleil tiède digne d'un mois d'avril, les terrasses des cafés ne désemplissent pas...

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Ciel de plomb, décembre...

2 Décembre 2015, 19:21pm

Publié par Flora bis

Ciel de plomb, décembre...

Ce sont des jours de transition: ni chauds, ni froids, ni tension, ni relaxation totales... Le ciel est lourd, tout se teinte de gris et de toutes ses nuances. Deux semaines après la tragédie, les gens se tassent: la morne routine revient car bien obligée, mais sans la soupape de la fête. Comme une gueule de bois.

On prépare Noël sans y penser - sans y croire? C'est si loin, demain...

Anesthésiés? Peut-être. Besoin de rassembler les pièces éparpillées du puzzle. Mettre un peu d'ordre dans nos pensées, dans nos vies. Pour y croire de nouveau, encore et encore. Car sans carburant, le moteur est définitivement mort. Et cela, on ne peut pas se le permettre. Pour les générations futures que nous mettons au monde et qui ne l'ont pas demandé. La responsabilité pour elles nous incombe entièrement.

Je regarde mes petites-filles, magnifiques, intelligentes, sensibles, innocentes. Elles ont tous les talents, détiennent toutes les promesses, même celles de nos rêves morts-nés.

Elles nous font confiance. Nous n'avons pas le droit de les décevoir.

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Pour la paix

15 Novembre 2015, 17:14pm

Publié par Flora bis

Pour la paix

Même pas un an après le grand choc émotionnel du 7 janvier dernier... Nous sommes de nouveau plongés dans l'effroi des massacres, aveugles, fanatiques, obscures. Chacun de nous aurait pu être parmi ces gens profitant de la douceur d'un été indien tardif sur la terrasse d'un café, dans la chaleur d'un concert de rock ou dans la ferveur d'un match de foot.

Que se passe-t-il dans la tête de ces tueurs aveuglés, endoctrinés par des esprits mortifères, à tel point qu'ils préfèrent donner et se donner la mort au lieu de profiter de la beauté unique de la vie?

Cette fois-ci, ils ne se sont pas attaqués à une autre religion ni à l'humour en liberté. C'est une façon de vivre, une façon d'être et de concevoir la vie, avec ses joies et ses légèretés qu'ils voulaient anéantir. La musique, une sortie au restaurant - manifestations coupables et tentations diaboliques à leurs yeux fanatisés... Dans leur aveuglement égaré, ils ne peuvent le supporter. Ce sont des combattants de la mort car ils n'espèrent leur salut que des légendes douteuses d'un paradis hypothétique!

Ils espèrent également allumer le feu sournois de la suspicion entre les gens, contre cette mixité parfois si difficile à réussir. Surtout par temps de crise où celui qui vient d'ailleurs, qui transporte avec lui ses racines, sa langue, ses croyances - sa différence - représente non pas un enrichissement mais un danger: il vient pour manger mon pain...

Bien sûr, chacun doit faire un pas vers l'autre. Celui qui vient d'ailleurs doit s'acclimater avec un certain respect pour ceux qui le reçoivent. Inversement, l'hôte en place doit tendre la main pour que la rencontre demeure harmonieuse. Pour que tout le monde puisse se sentir chez soi, en paix.

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Ambiance de Toussaint...

2 Novembre 2015, 18:47pm

Publié par Flora bis

Ambiance de Toussaint...

Hier après-midi, je suis allée au cimetière St-Roch. Vingt minutes de marche de chez moi, sous le soleil exceptionnellement clément pour un 1er novembre. Des tombes aux bouquets multicolores à l'orgie des arbres automnaux, le cimetière flamboyait, exalté par le soleil...

J'avançais avec mon pot de chrysanthèmes "pompons jaunes" comme il les aimait, sans être un amateur de fleurs. Tandis que je m'échinais, coupée en deux, à tailler les bosquets miniatures autour de la plaque de marbre qui, envahissants, masquaient l'inscription: "Si la réalité existait, il faudrait s'empresser de la faire disparaître", je me suis dit que ces efforts me sont destinés en premier lieu. La dette du survivant, tentative dupe de créer un lien aussi ténu que ce soit avec un passé vivant, avec un mort ressuscité par la mémoire... Vague remords de s'émerveiller encore du soleil qui réchauffe votre solitude...

Les croyants se préparent à la rencontre dans l'au-delà où il faudra répondre aux reproches en cas de négligence. Ils vont au cimetière pour accomplir leur devoir, en vue de la résurrection tant attendue. Je n'ai pas cet espoir-là.

Il ne reste que le souvenir qui vous niche, pour un instant, dans la chaleur d'antan, dans l'étreinte depuis longtemps refroidie...

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A la frontière...

13 Octobre 2015, 18:22pm

Publié par Flora bis

A la frontière...

Je viens de publier une note sur mon blog hongrois, encore sous l'empreinte du jour de mon anniversaire. On a beau se dire que tout cela se passe dans a tête, que c'est un jour comme un autre, que sa solennité dépend en grande partie de nous et de notre entourage. Nous ne recevons pas d'un coup douze mois sur la tête, non: notre lente décrépitude est presqu'imperceptible, du moins pour celui ou celle qui nous aperçoit tous les jours - nous-mêmes...

Nous sommes à mi-octobre: hier, grand soleil, aujourd'hui 7° à peine, accompagné d'un vent glacial. Le moment où nous venons au monde a-t-il vraiment de l'influence sur notre caractère comme les astrologues l'affirment depuis toujours? En dépit de mon cartésianisme rassurant, je suis tentée d'y croire un peu... A la frontière de l'été indien où la saison froide fait des incursions brèves et inattendues pour nous habituer au frimas à venir, nous avons encore la mémoire de l'été dans la peau, tout en nous tournant déjà vers les jours raccourcis. Nous nous préparons à hiberner et guettons les derniers rayons tièdes pour nous requinquer... Je suis un peu ainsi: gaie et optimiste dès que le soleil revient, en proie à la mélancolie sous le ciel gris de plomb. Je me calfeutre avec la nostalgie de l'été autour du cou...

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Des temps troubles

6 Septembre 2015, 19:27pm

Publié par Flora bis

Des temps troubles

La torpeur paisible des vacances est loin derrière nous. La Toile bruit des mouvements migratoires hors normes qui secouent l'Europe.

Cela concerne plus particulièrement mon pays d'origine, la Hongrie qui, depuis un certain temps, a mauvaise presse. Campagne d'affichage contre les "migrants" invités à s'abstenir de prendre le travail des Hongrois, distillation des rumeurs de dangers divers (épidémies, viols, terroristes dissimulés dans la foule des réfugiés), érection d'un mur de barbelés, au demeurant inefficace, à la frontière serbe, porte d'entrée de l'espace Schengen... L'hypocrisie de Bruxelles rencontre l'hostilité du gouvernement hongrois qui tente de ménager son aile d'extrême droite.

L'opinion publique est tiraillée entre ses peurs ancestrales devant le déferlant musulman qui éveille en lui les réminiscences de 150 ans d'occupation ottomane, et ses sentiments de compassion à la vue des foules épuisées des périples en bateau et à pied...

Tout cela mène à un cafouillage sans nom. La fameuse photo de l'enfant noyé - on se demande pourquoi les milliers de cadavres d'avant ont laissé tout le monde de marbre - crée un électrochoc. Les barrières autrichiennes et allemandes, jusque là baissées se lèvent pour offrir un accueil chaleureux aux milliers d'immigrés. Tant mieux pour eux. La vague de solidarité spontanée générée par des initiatives de simples particuliers hongrois contrebalance quelque peu l'image de honte que le gouvernement - et les dirigeants de l'église, oubliant toute miséricorde chrétienne - ont laissé devant le monde, qui lui même n'est pas exempt de pharisaïsme...

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Trac

23 Mai 2015, 11:15am

Publié par Flora bis

Trac

Je me sens comme une collégienne avant sa première boum (comment disent-ils de nos jours? mes petites-filles n'y sont pas encore...), en proie à un trac étrange, indigne de mon âge qui frôle les frontières de la sagesse...

Inexplicable? Pas tant que ça: dans peu de temps, je m'apprête à retrouver mes anciens camarades du lycée que je n'ai pas revus depuis quelques décennies. Nous avons passé le bac en 1966.

Ils se réunissent tous les ans, au mois de mai, pour le plaisir de se retrouver. Constatés année après année, les ravages du temps leur semblent atténués, pour ne pas dire familiers. Ce qui n'est pas mon cas: partie à l'étranger depuis 1974, je n'ai assisté qu'à deux rencontres, en 1971 et au début des années 90.

Et c'est bien là que le chien est enterré. Au deuxième rendez-vous, j'ai eu un vrai choc émotionnel: je n'ai pas reconnu certains de mes camarades. Je me suis demandé si pour eux aussi, la secousse était identique. Plus de vingt ans après, je le crains. C'est ce changement insidieux et en même temps brutal que je n'arrive pas à assumer.

En moi, principalement.

J'ai donc décidé de l'affronter. Même avec le trac.

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Week end de Pâques

7 Avril 2015, 15:45pm

Publié par Flora bis

à la recherche des oeufs de Pâques
à la recherche des oeufs de Pâques

Le week end de Pâques vient de passer, effervescent, en famille. Précédé des préparatifs, courses, nettoyage, changement des draps, cuisine, afin que tout soit (presque) parfait, irréprochable - je reconnais bien le message atavique maternel trimballé probablement par elle-même de loin - qui nous met à genou bien avant l'événement. Soigner le moindre détail, stresser d'avoir oublié quelque chose de crucialement important (dont tous les autres se ficheront...) Ajoutons les trois jours dynamiques qui cassent singulièrement notre rythme plan-plan habituel, le rangement et re-nettoyage qui suivent et vous avez sous les yeux mon paysage actuel, avec, au milieu, moi-même raplapla...

Le plaisir est ailleurs... Le plaisir ne fait pas de calcul sur l'investissement, il est désintéressé et se prend dans l'étreinte très-très serrée avec mes petites-filles, des regards complices échangés, dans la gourmandise des "grands" à croquer les gaufres maison légères comme un soupir de satisfaction...

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Lignées de femmes

9 Mars 2015, 11:43am

Publié par Flora bis

Lignées de femmes

Dans cette lignée de transmission, je n'ai pas pu remonter bien loin... Je n'ai connu personnellement que mes deux grand-mères. Nous nous sommes même côtoyées plus de vingt ans... Quant à ma mère ou ma tante, elles ont pu connaître les 20 ans de leurs arrières-petits-enfants!

Avec la naissance de plus en plus tardive des enfants de nos jours, ce sera bientôt une prouesse.

J'ai toujours été très sensible à la notion de lignée, telle une chaîne de transmission d'ADN qui nous relierait à travers les âges. Je scrutais les visages, les particularités physiques et psychiques, les gestes, les comportements hérités des aïeuls. Et si je reconnaissais tout d'un coup une grand-mère dans ma façon de m'assoir ou de plier mon pouce à l'intérieur de mon poing fermé, j'étais contente: j'éprouvais la solidité des liens...

Avec une mère, les liens sont encore plus intimement noués, enchaînés parfois... Jusqu'au mimétisme. Arrive le moment - souvent à l'adolescence - où nous éprouvons le besoin de reconnaître, d'affirmer notre différence comme une condition de survie.

Les propos d'un psychologue dans les média, parlant des secrets de famille comme des destins transmissibles m'ont marquée. Je sais très peu de choses de la jeunesse de mes grand-mères, elles ne se racontaient guère. Avec mes petites-filles, je compense mes propres regrets afin que, plus tard, elles n'en aient pas sur mon compte...

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