Le blog de Flora

ressenti

…

Echanges...

29 Juin 2014, 18:08pm

| 

Publié par Flora bis

Echanges...

Cartésienne assez convaincue, j'ai du mal à adhérer à l'idée de la communion des esprits, celui des vivants avec celui des morts... J'ai vu la matière vivante produire des idées, des émotions grandioses et j'ai vu également cette matière devenir un amas inerte que l'esprit lumineux a déserté à jamais... Alors, j'en ai conclu que l'esprit n'était autre que le fonctionnement de la matière vivante et dès la mort (la transformation) de cette matière, l'esprit (le fonctionnement) cessait de même.

Hier, nous étions une bonne douzaine à entourer la tombe de Gilbert: des amis qui l'avaient connu, avec qui il avait partagé de grands moments d'émotions et d'idées. Petit à petit, instinctivement, nous avons resserré le cercle autour de la plaque de marbre, évoquant nos souvenirs communs. La pluie tombait, petit crachin insistant d'abord, puis de plus en plus dru. Les parapluies n'étaient plus de grand secours. Pourtant, personne n'avait envie de rompre la magie des échanges... Un instant, nous avions l'illusion que l'absent se mêlait à la conversation, du moins, il la suivait avec un petit sourire en coin... Pour la première fois, j'ai regretté de ne pas croire à l'existence réelle des esprits des défunts qui pourraient communiquer avec les vivants, encore en sursis...

Voir les commentaires

…

Plage de liberté

11 Juin 2014, 18:04pm

| 

Publié par Flora bis

   Ce matin, j'ai ouvert la fenêtre sur un ciel bleu, tendu comme une toile immaculée au-dessus du jardin. Après les jours orageux, il annonce une plage de liberté si longtemps désirée.

   Empêtrée dans les contraintes que je me crée de mon plein gré, je ne cesse de languir après cette liberté qui me laisserait faire ce que je voudrais - à l'image de la plage infinie et ensoleillée qui ressurgit pour me hanter... Et je tourne autour des précieuses heures qui fuient, stériles.

   Les mots de Pilinszky me reviennent en mémoire. Ils sont tirés d'une lettre adressée à P. Emmanuel en 1967. Pilinszky se retrouve devant le dilemme de la tentation de rester en France ou de rentrer en Hongrie. Son effroi devant le vertige de la liberté m'est familier, en dépit du contexte différent:

"...Comme quelqu'un qui a trop longtemps désiré une chose et lorsqu'il peut enfin tendre la main pour l'atteindre, il s'aperçoit que sa main est inerte. (...) ...ce luxe me remplit d'effroi - du vertige paralysant de la liberté. Est-il possible que je ne puisse plus circuler que dans des couloirs de prison ?"

(traduction: moi-même)

Plage de liberté

Voir les commentaires

…

Éveil

29 Avril 2014, 19:41pm

| 

Publié par Flora bis

Éveil

Avec la fin du mois d'avril, tout semble se réveiller: les lilas embaument le jardin, en passant leurs têtes, dans tous les tons du mauve, à travers les clôtures. J'adore humer l'air à la rosée du matin, tout comme au crépuscule... Les premiers boutons des rosiers éclosent, les oiseaux chantent, enivrés par le soleil, les parfums de l'air et l'appel des instincts à prolonger la race...

Et nous, au début de la pente descendante, plus du tout préoccupés par les urgences de la procréation? Le renouveau du printemps est un cadeau, nous jouons des prolongations, jouissons de la beauté de la vie, comme ça, gratuitement, sans autre obligation que de saisir cette manne tardive...

Un jour, quelqu'un m'a demandé ce qui provoquait en moi le sentiment de gratitude. La personne étant très croyante, je suppose qu'elle attendait de moi une référence à Dieu. Ma première pensée a été le spectacle du soleil levant sur mon jardin...

Voir les commentaires

…

Un dimanche matin fait de petits riens...

9 Février 2014, 18:46pm

| 

Publié par Flora bis

Un dimanche matin fait de petits riens...

Parfois, le soleil risque un coup d'oeil frileux sur le jardin, trempé, balayé par des coups de vent violents. J'y ai même accroché du linge à sécher: j'aime bien l'odeur de fraîcheur qui en émane lorsque je le rentre dans la maison calfeutrée.

Le camélia est couvert de boutons... Si l'hiver, le vrai, le glacial se décide à s'installer tardivement, il n'y aura pas de fleurs, pour la troisième année consécutive. Les boutons tomberont, noircis, stériles.

Je traîne en pyjama jusqu'à pas d'heure dans la matinée, comme les lève-tard aux nuits raccourcies... Je n'ai plus de compte à rendre à personne. Consolation appréciable qui devient rapidement une parcelle de liberté jalousement gardée.

Je suis en train de décrire un week end solitaire, fait de petits riens. Dans un rythme qui me rappelle certains films tournés au ralenti, comme dans un brouillard voulu poétique... mais il est peut-être seulement lugubre.

Parfois, l'étroitesse apparente de cette petite vie m'effraie... Pourtant, je m'y sens installée comme dans un repos réparateur après une vie trépidante et épuisante. Je savoure le calme, les caresses des rares rayons de soleil sur des détails familiers.

J'ouvre mon frigo pour me laisser tenter par un carrelet fraîchement acquis. Pendant que les petits légumes mijotent doucement "à l'étouffée", je monte à la salle-de-bains et j'ouvre la fenêtre de ma chambre sur l'avenue bruyante pour humer la couleur du jour...

Voir les commentaires

…

Le premier jour du mois d'août, déjà...

1 Août 2013, 09:39am

| 

Publié par Flora bis

Le premier jour du mois d'août, déjà...

Le paradis ressemble sans doute à l'image que nous en créons dans la tête: chacun selon ses désirs, ses plaisirs... Ce matin, en ouvrant la porte de ma cuisine qui donne sur le jardin, avant que la grosse chaleur n'envahisse le monde, obligeant les humains à se cloîtrer derrière leurs volets baissés, voilà à quoi ressemblait un coin du paradis à mon goût...

Le paradis, on le voudrait éternel. Il faut donc en élaborer le décor avec soin: pour très-très longtemps... Oui, à ce moment précis, j'ai l'impression que je pourrais éternellement supporter cette douceur, cette lumière et ce ciel bleu immaculé...

Voir les commentaires

<< < 10 20 30 31 32