Le blog de Flora

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Au milieu de la tempête en plein été

22 Juillet 2016, 10:53am

Publié par Flora bis

Au milieu de la tempête en plein été

Peut-on s'habituer à l'horreur à l'état pur, essayant de la mettre à distance tant qu'on n'est pas directement touché?... Se résigner presque comme à une fatalité... Se courber sous la tempête, en attendant qu'elle se calme et disparaisse et que le beau temps ancien revienne.

Les forces extrêmes sonnent les clairons guerriers, appelant à plus de fermeté, à des mesures énergiques qui protègeraient efficacement les citoyens du pays. Surtout les bons citoyens, ceux qui méritent d'être Français, le prouvant par la pureté de leur origine, arbre généalogique à l'appui. Sans parler des racines chrétiennes...

L'ennemi est invisible. Il peut être le voisin paisible et discret, trop discret peut-être?... On dévisage sous cape le passant dont l'allure pourrait devenir un indice à suspicion. Dans les transports, on se regarde encore moins, pourtant, le métro ressemble déjà depuis des années à un bocal avec des individus mornes isolés dans leurs bulles hermétiques.

Et tous ces miséreux qui frappent à nos portes, qui risquent leur vie pour fuir une mort certaine ou pour le mirage d'un mieux être... L'instinct de survie...

Avons-nous mangé notre pain blanc ou y a-t-il un espoir pour le retour de la vie paisible, au milieu des menaces et des pronostics funestes: surpopulation, réchauffement, manque d'eau, d'énergie et de nourriture et des conflits violents inévitables qui en résultent?...

De réels espoirs et non pas des discours lénifiants...

(illustration: dessin de Lucie, 10 ans: "Feu d'artifice du 14 juillet 2016")

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A propos du Scorpion

23 Juin 2016, 17:27pm

Publié par Flora bis

A propos du Scorpion

Quelqu'un m'a demandé, dans la série zodiacale, le Scorpion, le signe qui fait peur... Pauvres Scorpions qui n'y peuvent rien, innocents d'être nés sous telle ou telle étoile, ils doivent régulièrement essuyer le recul méfiant: "Ah bon, vraiment? Mon (ma) pauvre...! Pas évident!" Je voudrais les réhabiliter... un peu.

De plus, l'Ascendant peut atténuer ses côtés obscurs.

Que dit mon petit bouquin érudit? Le Scorpion se fait remarquer par son regard magnétique (Picasso, Delon, De Gaulle) qui voit tout, s'impose, joue de son pouvoir. Il peut être très beau ou très laid, mais d'une laideur très attirante. Il a une santé de fer et, même s'il est malade, cela ne freine pas ses activités. Ses problèmes sont liés au sexe ou à la face (sinusite, rhinite, blessures).

Tendances auto-destructrices, fascination pour la mort. Sports d'endurance, de concentration: boxe, judo, karaté, tir à l'arc. Ses problèmes sont plus souvent psychologiques que physiques, les secondes ayant leur origine dans les premiers. C'est un anxieux.

Il peut être jaloux, intransigeant, agressif, manipulateur (n'en jetez plus!). Mais lorsqu'il abandonne sa "peau de serpent" pour devenir un "aigle", pour se dépasser, il peut aller plus loin que quiconque. Il peut tout donner, y compris sa vie, pour une cause exaltante. Il a une intelligence pénétrante, capable de deviner le point faible ou l'intention cachée de l'autre, détectant la faille avec une efficacité redoutable. Goût du secret; il est difficile à déchiffrer. Les obstacles le stimulent, le danger lui donne des ailes. Il n'accepte jamais la défaite. Orgueilleux.

Comment aime-t-il? Jeu subtil du bourreau à victime... entre abîme du désespoir et exaltation amoureuse! Montagnes russes: affrontements successifs, déchirements, cris de haine et de passion! Il cherche obscurément la femme initiatrice et sublime qui lui permettrait de rejoindre Dieu. Il la veut pure. Si elle cède, il devra l'en punir, il la méprisera, l'avilira. Seule une femme de sa trempe pourra y résister.

Comment est le Scorpion au féminin? Elle est l'incarnation de la femme fatale, elle a beaucoup de présence. L'oeil est souvent bridé, allongé. La voix surtout est reconnaissable: une voix de "gorge" ou de "sexe", un peu rauque (Piaf, Bacall, Casares etc.). Elle a d'étranges pouvoirs envoûtants. Parfois très belle, mais même "laide", elle a de nombreuses conquêtes, à faire pâlir des vraies beautés.

Sa santé pose les mêmes soucis que celle de l'homme, liés au sexe (règles douloureuses, stérilité, fausses couches, déséquilibre hormonal, inflammations).Tempérament anxieux, tendances auto-destructrices, transformant ses conflits intérieurs en maladie. Elle doit éviter l'alcool, les drogues - et les personnes qui la vampiriseraient. Elle est dans la démesure, aussi bien dans l'altruisme que dans l'adversité. Ses rancunes sont aussi tenaces que ses attachements, elle impose sa volonté, elle ignore la tiédeur.

Elle est intelligente, voit au-delà des mots et des évidences. Elle détecte le mensonge, devine l'intention cachée de l'autre. Elle ferait une espionne idéale, réussit dans les métiers médicaux et para-médicaux.

Comment aime-t-elle? Avec passion mais aussi avec un côté "mante religieuse" qui effraie un peu les hommes. Celui qui est aimé d'elle, trouvera toute autre relation fade! Elle le fera vivre sur des montagnes russes, entre crises de dépression et moments d'exaltation. Lorsqu'elle rencontre l'homme digne de son admiration, elle devient une compagne exceptionnelle: elle le secondera, aplanira les obstacles sur son chemin, le conseillera usant de son intuition, sans jamais faiblir, avec une rare dévotion. Si l'homme réussit, il le lui devra, sans aucun doute.

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Fête des Pères

20 Juin 2016, 18:07pm

Publié par Flora bis

Fête des Pères

Qu'est-ce qui fait qu'un seul week end, tout d'un coup, défroisse les plis de nos éreintements accumulés durant les semaines monotones et pluvieuses?...

La chaleur puisée auprès de mes enfants. Mon fils et sa famille.

Fête des pères. Les petites, excitées, vont chercher leurs cadeaux confectionnés en cachette, pleins d'amour et d'attention pour un papa dont je ne cesse de m'étonner et de m'émerveiller: comme il a grandi vite! Ma seule création qui vaille. J'en suis fière, très fière. Il est comme je l'ai rêvé avant sa naissance: beau, grand, intelligent, il a de l'humour et du coeur. Même à une époque sans échographie, j'ai toujours su que ce serait un garçon... Une certitude intime. Sans être particulièrement obsédée par l'idée d'avoir un garçon: j'aurais été tout aussi émerveillée par une petite fille.

Pour autant, je pense ne pas être une mère possessive. Je n'ai jamais considéré ma belle-fille comme une rivale. Je suis heureuse de leur vie et je ne souhaite qu'une chose: qu'elle continue ainsi jusqu'à la fin des temps!

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Questions insidieuses

6 Juin 2016, 17:54pm

Publié par Flora bis

Questions insidieuses

J'ai tondu la moitié du jardin, dans l'euphorie du soleil revenu, mais un énorme nuage noir et menaçant, arrivé d'on ne sait où, m'a fait rebrousser chemin et incitée à mettre à l'abri dare-dare la tondeuse électrique!

Le rythme tendu des dernières semaines m'a obligée de laisser maison et jardin à l'abandon. La pelouse arrive aux genoux, la maison crie après l'aspirateur et moi, après le repos!...

Je suis retournée à notre expo samedi et dimanche. Environ 200-250 visiteurs ont fait le tour des tableaux et des sculptures pendant les après-midi du week-end. Je serai encore de permanence du 8 au 12 juin presque tous les jours.

Souvent, je prends des ustensiles pour travailler un peu pendant l'attente, au lieu de compter les heures sur place. Il m'arrive aussi d'échanger avec les collègues et les visiteurs, ce qui est souvent intéressant.

Un sujet me tarabuste souvent, révélé par Mehmet Güleryüz, éminent peintre turc dont je fréquentais l'atelier durant 4 ans. Il m'a dit un jour: "Toi, tu n'es pas prête à sauter dans le ravin!" Sur le coup, sa phrase m'a troublée mais en y réfléchissant, je lui donne raison. Celui qui, doté d'un peu de talent, s'essaye à la création - quel qu'en soit le domaine - se confronte tôt ou tard à la nécessité de se pencher sur le précipice. Des génies y ont même basculé (Van Gogh, Schumann, Faulkner et la liste est encore longue) car l'abîme a un grand pouvoir d'attraction. Pour créer quelque chose de grand, de vrai et de hors norme, il faut descendre très profondément en soi pour pouvoir remonter le précieux minerai dont on peut extraire le chef-d'oeuvre. Au risque de rester au fond.

Sinon, on peut continuer à gratouiller la surface, créer même d'honnêtes oeuvres routinières, sans se mettre en danger.

Avec ce sentiment insidieux de lâcheté au fond de soi.

Ce matin, mon calendrier de sages citations me jette ce proverbe chinois à la figure:

" Les grandes âmes ont la volonté; les faibles n'ont que des souhaits."

(un de mes dessins exposés)

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Altérité

1 Juin 2016, 11:07am

Publié par Flora bis

Altérité

Dix jours se sont envolés depuis ma dernière note. J'ai tout de même terminé deux troncs d'oliviers, plusieurs fois centenaires, à l'encre de Chine, rehaussée de fusain et d'autres techniques mixtes. J'aime mélanger les divers apports techniques. Au fond de moi, c'est la même démarche que de mélanger les gens, les races, les couches sociales, les envies et les occupations. Pas de ségrégation, pas même par la pureté. Curiosité envers l'altérité, en tout.

Mon autre terreur, c'est l'enfermement. J'ai besoin de respirer: j'ai horreur d'être cloisonnée dans une doctrine, une conviction - politique, religieuse ou autre - sans la moindre question, sans la plus petite ouverture qui laisserait entrer un filet d'air, une pincée de doute... Sans la possibilité d'approcher l'autre, de peser le pour et le contre...

Malédiction de la Balance.

Malédiction ou chance infinie.

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Soirée littéraire: "La correspondance"

13 Mai 2016, 12:13pm

Publié par Flora bis

Soirée littéraire: "La correspondance"

Mercredi soir, la pluie n'a pas découragé les participants de notre soirée littéraire. Ils sont arrivés passablement trempés, chargés de victuailles et des textes à partager! J'en suis toujours très touchée: il faut avoir envie d'affronter le temps orageux, la fatigue, le froid ou le verglas en hiver, de faire des kilomètres en pleine nuit, rien que pour écouter et lire des mots!

Le thème était "la correspondance" (j'y ai consacré une note sur ce blog en février dernier).

J'ai commencé avec une assez longue introduction, m'appuyant sur une conférence de Gilbert donnée en 2000 à Maubeuge. En hommage, redonnant vie à ses mots qui se sont éteints il y a bientôt 10 ans, le 7 juillet 2006.

Pendant plus de 2 heures, les lectures se succédaient... Lettres des poilus, Sartre et Beauvoir, Kathrin Kressmann Taylor, Georges Sand, Céline, Aragon... Vers 22h30, nous avons partagé la montagne de nourriture terrestre salée et sucrée, arrosée de bon vin et d'eau à bulles, dans un brouhaha joyeux, jusqu'à minuit passé!

Ai-je quitté vraiment ma peau d'enseignant de jadis quand je me lance dans ce genre de présentation?... Je crains que non. Dans le sens noble du terme. Il n'y a pas de leçon à donner ou à recevoir, pas de jugement, pas d'obligation de réciter quoi que ce soit. Dans mes propos, pas de déclaration "ex cathedra" d'une Vérité, unique et inébranlable, de ce qu'il faut penser. Que le plaisir du partage de ce que j'aime, de ce que j'estime être de la bonne nourriture qui ferait du bien à tous. A convaincre par l'exemple...

Partager le bonheur que les grands textes nous offrent.

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Aux Visiteur - Visiteuse de ce blog...

8 Mai 2016, 11:34am

Publié par Flora bis

Aux Visiteur - Visiteuse de ce blog...

J'essaie de me mettre dans la peau du visiteur de ce blog... Il y a ceux qui sont fidèles depuis les débuts (Merci!), ils savent donc ce qu'ils vont y trouver. S'ils restent, c'est par consentement, qu'ils n'étaient pas trop déçus...

D'autres arrivent par hasard, souvent des réseaux sociaux, ils passent en coup de vent, parfois sans jamais y revenir. C'est le droit de la légèreté poids-plume de la blogosphère: on ne signe pas de charte de fidélité à l'entrée. L'offre est immense, pourquoi perdre son temps pour s'arrêter?

Depuis bientôt 10 ans, ce blog est devenu un peu ma maison. Un genre de "journal de bord" public. Un peu plus sélectif, un peu moins spontané que l'autre, écrit à la main dans des cahiers à spirales, journalier. Je n'ai pas "des quantités" de visiteurs mais ils sont "de qualité". Je déplore seulement le peu de commentaires que je leur inspire...

Je n'ai pas la prétention de figurer dans les têtes de classement des blogs les plus fréquentés; je ne fais pas grande chose pour ma publicité (G. m'a toujours reproché de manquer d'ambition: je le reconnais sans en être particulièrement fière).

Mon seul but est le partage des émotions, des événements petits et grands, individuels ou communs, de quelques réflexions et de souvenirs, de mon plaisir personnel des mots pour dessiner un murmure perdu dans le tintamarre...

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Petite récompense

19 Avril 2016, 18:08pm

Publié par Flora bis

Petite récompense

Vers la fin de l'après-midi, aux alentour de 17 h, le ciel se découvre, le soleil inonde la terrasse et la moitié du jardin. Je m'installe à la petite table rouge avec mon café, mon journal de bord et le téléphone: il faut absolument que je m'accorde ce premier moment tant désiré au soleil, sur la terrasse! Les fleurs embaument l'air, les oiseaux chantent à tue-tête. Moment presque solennel tellement chargé de nostalgie, des mois de langueur sous un ciel de plomb, sous des crachins portés par des vents pénétrants...

J'ai terminé mon exposé sur le "nu", écrit et posté des lettres de réclamation recommandées purgeant 1 heure de queue à la poste, évacué des quantités de déchets verts, rien que pour vivre ce moment de plénitude exposant mon visage - que le visage, le vent est encore frisquet - aux caresses chaudes du soleil... Comme une récompense pour les jours de travail en apnée, pendant lesquels le stress me tenait sous pression...

Les contraintes que je m'impose... Je pourrais couler des jours tranquilles, accomplir quelques menues corvées indispensables, sans me mettre la pression... Ai-je besoin de préparer ma participation à l'expo du groupe dès le début de juin? Faut-il que je prenne une part active dans d'autres associations encore, ce qui m'impose de jongler avec des délais qui approchent dangereusement?...

La pression, oui. Celle de me sentir encore vivante.

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Le nu, mon "paysage" préféré...

7 Avril 2016, 17:41pm

Publié par Flora bis

Le nu, mon "paysage" préféré...

Cela fait presque 40 ans que je dessine des nus. J'ai rencontré cet exercice lors de notre séjour à Berlin (1976-82), dans l'atelier d'un peintre que j'ai fréquenté pendant 3-4 ans. Jusque-là, le visage humain a été mon sujet de prédilection mais le corps restait habillé, chargé de nombreux tabous de notre éducation. Le corps qu'il fallait cacher, au risque de se couvrir de honte...

Quelle découverte extraordinaire libératrice! J'ai trouvé mon "paysage", ma "nature morte" bien plus intéressants: l'Humain. Les corps sans fard, sans déguisement, sans masque: rien pour dissimuler les imperfections, les ravages de l'âge... Une école extraordinaire de la vie.

Mes "nus" n'ont rien d'érotique ou provocateur. Cela ne m'intéresse pas. Ce que je voudrais transmettre, c'est une certaine vérité, la mienne, de tolérance et de respect ou même, au cas échéant, de compassion envers l'humain, dans sa diversité et parfois dans sa déchéance. Avec un peu de sérénité teintée par moments de mélancolie, qui me donnerait envie de vivre encore un peu...

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Journée des Femmes

9 Mars 2016, 11:44am

Publié par Flora bis

Journée des Femmes

Il serait peut-être temps de descendre de mon petit nuage où j'étais perchée depuis lundi soir...

L'invitation à cette soirée de bienfaisance d'une association de femmes actives, je la connaissais depuis quelques mois. A l'occasion de la Journée Internationale des Femmes, j'ai été censée, en compagnie d'une autre peintre et d'une écrivain-historienne et de cinq musiciennes, agrémenter le cadre et illustrer le programme, représentant des femmes qui créent...

J'ai donc accroché huit de mes dessins sur les cimaises de l'Avant-Scène de notre théâtre le Phénix (habitué à faire des expositions). Cependant, comme les organisateurs avaient estimé à l'époque mon parcours "atypique", j'ai été invité à l'exposer également, en 10 min. maximum, afin de pas fatiguer l'attention du public qui de toute façon, lâcherait l'affaire au-delà de ce délai.

Pas de problème, ayant l'habitude de prendre la parole en public depuis longtemps, je peux improviser, calibrer mon discours selon l'auditoire. Comme j'ai été présentée partageant mon temps entre l'écriture et dessin, j'ai décidé au dernier moment d'imprimer 2 pages pour illustrer et terminer mon propos.

Une bonne soixantaine de personnes remplissaient la salle. J'ai pris la parole dans le discret bruissement des conversations et des couverts. Progressivement, un silence palpable s'est installé.

Ces deux pages ont été écrites il y a une bonne dizaine d'années. Le début de l'écriture pour moi, peut-être bien. Je me souviens vivement de mes sensations d'alors, de m'être abandonnée avec confiance au pouvoir des mots: "Comment faire pour qu'un monde ressuscité très personnel ait un intérêt quelconque pour autrui? Qui plus est dans une langue d'adoption, invitée à être capable de traduire les sensations premières de l'enfance, le parfum particulier des acacias en fleurs un soir de printemps ou celui de l'herbe folle au bord du chemin, après l'averse... Ce parfum est celui d'un pays, celui d'une enfance. Et chaque pays, chaque enfance a le sien comme nulle part ailleurs."

Submergée des impressions ressuscitées alors, les mots affluaient irrésistiblement pour traduire le plus justement possible les strates enfouies des commencements... J'ai le souvenir d'une certaine ivresse première des mots, il y a dix ans.

J'ai dépassé le temps initialement imparti. Le silence profond, l'émotion à fleur de peau m'ont surprise. J'ai vite regagné ma place sous les applaudissements généreux.

Beaucoup de monde sont venus me parler après. Non seulement ils n'ont pas trouvé l'intervention trop longue mais ils ont regretté qu'elle ait prit fin...

(illustration: mon portrait par ma petite-fille Lucie, 10 ans)

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