Le blog de Flora

ressenti

Ambiance de décembre

8 Décembre 2016, 16:05pm

Publié par Flora bis

   Comment faire pour happer l'instant, le fugace, l'insaisissable qui serait capable de refléter l'ambiance de cet après-midi de décembre où la pénombre envahit le coin de la commode dès quatre heure de l'après-midi?... Les vagues d'angoisses s'estompent et se figent tels ces insectes épinglés pour l'éternité dans leur boîte, sans pouvoir s'en échapper... La paix survient, fragile.

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Pierre Alechinsky dans le Musée Matisse dans le Nord

4 Décembre 2016, 17:43pm

Publié par Flora bis

   

   Hier, j'ai visité l'exposition "Marginalia" consacrée à Pierre Alechinsky. Je le connaissais depuis au moins 20-25 ans mais je n'ai vu, je crois bien, que des reproductions de ses oeuvres. Cette vaste exposition, organisée au Musée Matisse au Cateau-Cambrésis, m'a enchantée... J'en ai encore plein les yeux, plein la tête... 

   Le peintre enchanteur, né le 19 octobre 1927, travaille toujours. Il est né à Bruxelles, d'un père juif russe émigré et d'une mère wallonne. Eclectique, il étudie la clarinette, l'architecture et peint d'abord des tableaux à l'huile mais rapidement, il abandonne le matériau lourd et laborieux pour la légèreté de l'acrylique et de l'encre de calligraphie, la gravure et la lithographie.

   Au lieu de recopier ici les appréciations des catalogues (on les trouvera facilement ailleurs), je voudrais plutôt essayer d'exprimer pourquoi il me fascine tant, pourquoi cette expo où je pouvais "toucher des yeux" ses oeuvres, m'a fait tant de bien. Que l'on veuille bien me pardonner mon immodestie, je le sentais si proche de mes propres aspirations!... En quoi donc? Avant tout, l'aspiration à la légèreté, à la spontanéité... Se débarrasser des carcans des règles pesantes, s'autoriser à suivre l'intuition  -  inspiration  -  du moment, laisser libre cours à son imagination, à sa curiosité éclectique... S'autoriser la LIBERTE du Geste. En écriture autant qu'en dessin.

   Sa phrase sur l'ivresse de la sensation d'avoir trouvé le trait juste m'a fait très plaisir: combien de fois ai-je déjà radoté sur la même jouissance, que ce soit au sujet des mots ou des traits!

   Les films (de P. Dumayet, excellent, discret) projetés dans la petite salle m'ont scotchée sur place comme à chaque fois où l'on montre un artiste en train de travailler, permettant de pénétrer son univers, sa façon de voir, d'exercer l'acte de création. Approcher le mystère. Le Geste! PRIMORDIAL! Je lui laisse la conclusion:

"A la pointe de mon pinceau, il m'arrive  -  je vis pour ces moments-là  -  d'inventer un trait. Douceur, partage: reconnaître un trait!"

(à cliquer sur les images pour les agrandir!)

Pierre Alechinsky dans le Musée Matisse dans le NordPierre Alechinsky dans le Musée Matisse dans le NordPierre Alechinsky dans le Musée Matisse dans le Nord
Pierre Alechinsky dans le Musée Matisse dans le Nord

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Ambiance d'étés si lointains...

11 Octobre 2016, 10:44am

Publié par Flora bis

Ambiance d'étés si lointains...

Sur mon blog hongrois, je viens de publier cette photo ancienne, prise dans les années quarante où je n'étais même pas née, quelque part en Transylvanie où je ne suis jamais allée...

Pourtant, l'ambiance de la photo ne m'a pas lâchée depuis le moment où je l'ai découverte des le flot interminable qui défile sur Internet. Je l'ai mise de côté pour les jours difficiles, ceux qui veulent vous entraîner vers le fond...

C'est cette lumière qui m'a clouée sur place, celle du jour naissant, au beau milieu de l'été de mes vacances d'enfance. (Signe incontestable du temps qui s'enfuit: on se réfugie de plus en plus dans un passé sans doute embelli, qui nous a laissé son goût éternel, inimitable de douceur...)

Le jour se lève plein de promesses et sous mes pieds nus, la rue en terre garde encore la fraîcheur de la nuit. Le soleil aveuglant va bientôt effacer le contraste aigu des ombres. Les maisonnettes blanchies à la chaux entrouvrent leurs jalousies. Est-ce le lait du matin ou de l'eau fraîche da la fontaine que cette femme porte à la main au coin de la rue?...

On lâche les vaches qui trouveront toutes seules le chemin de la pâture.

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Les messages de Ben

20 Septembre 2016, 20:19pm

Publié par Flora bis

Les messages de Ben

Je relis mes notes, ici ou là, au jour le jour, dans les cinq cahiers de 240 pages dont trois créés par Ben (une grande exposition lui est consacrée au Musée Maillol, de septembre 2016 à janvier 2017). Je regarde mes cahiers à spirales, couvertures noires avec les inscriptions manuscrites de Ben, un des représentants du début de l'art conceptuel. Je considère ces mots comme des messages un peu hasardeux, un peu aléatoires à mon adresse, je les choisis dans cet esprit, selon l'humeur du moment: "les mots ont une vie", "Pouvoir tout dire", "sois ce que tu es", "j'existe!", " je veux être heureux", "résiste"... Des mots simples, messages basiques; c'est sans doute la raison de leur succès.

Je replonge ainsi dans ma vie depuis 2007. Des centaines de pages remplies serrées, des balbutiements incertains, parfois fiévreux des débuts de l'apprentissage de la solitude. Des blancs aussi, car je ne pouvais pas savoir que cette "comptabilité du quotidien" me sera rapidement indispensable, pour ne pas dire vitale.

Une vie quelque peu étriquée, terne, du moins à mes yeux, comparée aux années précédentes.

En veilleuse.

Mais quel bouillonnement intérieur! Invisible aux regards extérieurs car toute ma vie, j'ai appris et su "mettre un couvercle" sur des éruptions volcaniques, même modestes... La maîtrise en tout et avant tout! Cela m'a permis de gouverner ma vie tant bien que mal, même quand elle tanguait...

Ces cahiers sont témoins (pour moi, bien sûr car je lis aussi entre les lignes...) d'une longue gestation sous l'apparence anodine, naissance d'une envie, d'une nécessité de regarder enfin ma vie en face. Comme quelqu'un qui n'a plus d'échappatoire.

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Entre-deux

14 Septembre 2016, 09:31am

Publié par Flora bis

Entre-deux

Sentiment d'entre deux... Comme cette fin d'été...

Nous sommes encore dans la chaleur, caniculaire parfois, avec le pressentiment de sa fin proche.

Le jardin est beau, les roses s'épanouissent juste avant les adieux.

Je voudrais suspendre le temps mais, dépourvue de l'élan poétique de Lamartine, je souhaite seulement, très fort, un sursis...

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Sept moments de bonheur

5 Septembre 2016, 10:38am

Publié par Flora bis

Sept moments de bonheur

Sur mon blog hongrois, j'ai répondu à la proposition de rassembler sept "choses" (sensations, habitudes, phénomènes etc) rencontrées dans la vie quotidienne, qui nous rendent heureux, qui nous arrêtent pour un instant d'émerveillement pour nous réchauffer de l'intérieur... Choses qui pourraient laisser d'autres personnes parfaitement indifférentes, demeurant invisibles, inodores, inexistantes...

Les psychologues s'efforcent, par ce détour, de guider leurs patients vers la découverte de la psychologie positive, de les débarrasser de la léthargie en les poussant vers des émotions positives.

Sept choses... De premier abord, le nombre me semble restreint, et c'est plutôt bon signe: je ne suis donc pas un cas désespéré! Et puis, il faut bien poser une limite.

1) Le matin doux et ensoleillé, mon regard parcourt le jardin par la porte ouverte de la cuisine et s'attarde sur les roses rouges embrasées par le soleil

2) Trouver le mot "juste" en écrivant, celui qui désigne - incarne - exactement ce que je voudrais exprimer

3) Le grand soupir de soulagement, après avoir accompli une tâche pénible qui traînait depuis longtemps

4) Une bonne conversation avec des amis pour approfondir des choses essentielles, ou à découvrir des personnes jusque là inconnues et qui s'avèrent passionnantes

5) Les regards et les rires tendres et complices avec mes petites-filles

6) Me sentir en adéquation avec le monde alentour

7) Plonger et fondre dans l'univers d'un bon film, livre ou tableau, un autre monde de création, pour le ressentir et comprendre

Tout le monde peut tenter cette expérience. Sept - est-ce trop ou insuffisant?

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Rencontres

31 Août 2016, 12:30pm

Publié par Flora bis

Au milieu du mois d'août, j'ai rencontré quelques uns de mes anciens élèves dans la petite ville du sud-est hongrois, scène des débuts de ma courte vie d'enseignante (les trois premières années) et aussi, de ma rencontre avec Gilbert.

J'enseignais le russe dans le groupe d'une quinzaine d'élèves de la section de russe. Cinq heures par semaine. Petit groupe enthousiaste, avec des niveaux différents mais avec le même élan sympathique de leur quinze ans. Je suis restée avec eux deux ans, jusqu'à notre départ pour l'Algérie.

Je sortais de la fac et d'un stage linguistique d'un an et demi en URSS. Evidemment, le programme officiel du lycée me semblait très étroit, ainsi l'ai-je complété abondamment avec des récits, des chansons, des poésies (Pouchkine, Lermontov, Jessenine surtout), des nouvelles et des contes, afin de rendre l'apprentissage de la langue, de la grammaire le moins rébarbatif possible. J'ai réveillé quelques vocations, paraît-il...

En Algérie, je recevais leurs longues lettres: ils m'écrivaient à tour de rôle. J'ai organisé une correspondance (en russe!) entre eux et mes élèves algériens, afin de "booster" l'envie de ces derniers à apprendre le russe...

Quarante ans sont passés... Il y a peu, ils m'ont retrouvé grâce aux réseaux sociaux. Mes adolescents de jadis à l'âge de grands-parents! Miroir cruel du temps qui passe... pour moi aussi. Ils ont accourus des quatre coins du pays pour ces quelques heures. Chargés de cadeaux. Leur regard n'a pas changé: le même enthousiasme y brille, celui qui m'a rendu nostalgique à vie pour le métier d'enseignant.

Rencontre - instant lumineux dans l'existence fugace... Il en reste dans la mémoire des sédiments de bonheur qui, parfois, nous aident à vivre.

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Chocs visuels et émotionnels du mois d'août

26 Août 2016, 12:34pm

Publié par Flora bis

J'aimerais revenir sur les deux grands chocs émotionnels, artistiques, visuels des vacances, subis avec un bonheur intense, au mois d'août. J'ai même ressenti un certain rapprochement entre les deux vécus cathartiques bien que de nature, d'époque et de genre très différents.

Le premier, la visite du Leopold Museum de Vienne, contenant la plus grande collection particulière des oeuvres d'Egon Schiele, un de mes peintres préférés. Au départ grand admirateur de son aîné Gustav Klimt (1862-1918), Schiele ne cesse de le défier, de l'interpréter à sa façon, révolutionnant la peinture du début du vingtième siècle. Plutôt qu'une palette foisonnante, Schiele exploite son génie de dessinateur. Ses paysages découpés, tranchés, ses figures crispées dans une angoisse profonde, dramatique suggèrent l'ambiance du début du siècle, celle des années de guerre qui entraîneront l'écroulement de la monarchie habsbourgeoise, l'effondrement d'un monde crépusculaire, ainsi que la mort des deux grands peintres.

Une nuit d'orage, le seul qu'on a eu en trois semaines, j'ai visionné avec mon fils le film hongrois, primé à de nombreuses fois dont à Cannes et aux Oscars, Le Fils de Saul. Il n'est pas resté assez longtemps sur les écrans des cinémas "grand public" pour que je puisse le voir à sa sortie. Je n'ai pas voulu lire les comptes-rendus élogieux afin de garder un regard vierge. J'étais plutôt méfiante à cause des choeurs des louanges: j'avais peur que le film ne soit pas à la hauteur des attentes suscitées.

Non seulement il l'a été, mais le choc s'apparentait à une véritable déflagration émotionnelle. Au-delà de la photo, du son, de la mise en scène qui ne vous lâchent pas pendant une heure et demie, vous êtes happés dans cet univers déshumanisé. J'ai noté à la hâte dans mon carnet de bord:

"...lumière blafarde, vie de cloportes qui courent dans tous les sens pour survivre. Prolonger une vie misérable. On ne "voit" pas les horreurs, on les "devine" ce qui est sans doute pire. La force de la suggestion. Bribes des voix, bruits incessants d'usine en marche, claquement des machines qui vous broient, celui des portes qui se referment sur vous. Silhouettes hagardes de cloportes en survie souterraine. La fuite obsessionnelle avec l'enfant mort sur l'épaule: en lui offrant un enterrement digne au lieu du four crématoire, il se rachèterait un lambeau d'humanité... La couleur apparaît avec la vision finale de l'enfant polonais, juste avant la rafale des mitrailleuses. Les arbres élancés, jeunes, verts se referment comme un rideau..."

Grande respiration, après 90 minutes en apnée.

Tuer le maître... Klimt: "Le Baiser" ,  Schiele: Le cardinal et la nonne" ,  "Le Fils de Saul" (à cliquer sur les images pour les agrandir)Tuer le maître... Klimt: "Le Baiser" ,  Schiele: Le cardinal et la nonne" ,  "Le Fils de Saul" (à cliquer sur les images pour les agrandir)Tuer le maître... Klimt: "Le Baiser" ,  Schiele: Le cardinal et la nonne" ,  "Le Fils de Saul" (à cliquer sur les images pour les agrandir)

Tuer le maître... Klimt: "Le Baiser" , Schiele: Le cardinal et la nonne" , "Le Fils de Saul" (à cliquer sur les images pour les agrandir)

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Pensées vagabondes

23 Août 2016, 18:06pm

Publié par Flora bis

Pensées vagabondes

Dehors, chaleur caniculaire. Il faut noter ce fait rarissime, ici, dans le nord: il y a deux jours seulement, ce n'était que la moitié!... Un vent fiévreux souffle sur le linge épinglé dans le jardin, le séchant en moins d'une heure. Quel plaisir! Même que je reste prudemment cloîtrée à l'intérieur: difficile de se faire aux montagnes russes du thermomètre d'un jour à l'autre!

Mes pensées reviennent avec obstination vers les semaines passées. Elles vagabondent au bord du Balaton, dans les montées raides du mont Badacsony, dont la bosse volcanique expose des rangées de vignes à la douce réverbération de l'eau couleur émeraude... Partout, les buvettes et des caves proposent la dégustation du célèbre vin du pays.

A Tihany, le panorama enchanteur concurrence les marchands de souvenirs. J'encourage les enfants à revenir plus longuement, dans une location, car le Balaton se vit à toute heure du jour: sa couleur change avec celle du ciel, du lever au coucher du soleil, et la douceur de son eau se déguste même à minuit!...

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Escapades

30 Juillet 2016, 09:20am

Publié par Flora bis

 Escapades

L'été, c'est deux mois dans des valises: remplir, vider, fouiller... Je déteste ça.

Prix à payer pour le dépaysement (dans une autre vie, en hongrois, nous disions: changer d'air), pour les retrouvailles familiales, amicales... Une pérégrination à travers l'Europe que j'effectue depuis 42 ans, au moins une, sinon plusieurs fois par an, seule ou avec les enfants. Cinq pays à traverser en une fois, 1650 km.

Les premières nuits, les autoroutes continuent à serpenter sous nos paupières fermées.

L'acclimatation se fait tout doucement, à la musique différente de la langue, au rythme alangui de la province hongroise sous la chaleur écrasante.

Puis le départ, avec la question secrète, silencieuse: nous reverrons-nous?...

Retour vers le pays qui est désormais le mien, bouleversé, tourmenté mais dont je me sens solidaire...

Heureuses et belles vacances à tous!

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