Le blog de Flora

Cadeau d'anniversaire

15 Octobre 2016, 19:12pm

Publié par Flora bis

sur l'Acropole

sur l'Acropole

   Tous les ans, je m'offre un cadeau "de la part de Gilbert" pour mon anniversaire, comme pour perpétuer les habitudes de 33 années... Ou alors, pour prêter un peu plus de solennité à la chose: se l'offrir tout simplement banaliserait le geste.

   Cette fois-ci, je devais attendre deux jours de plus: l'objet de ma convoitise n'est sorti en librairie que le 14 octobre. Il s'agit des deux volumes imposants des éditions Gallimard: "Lettres à Anne" (1962-1995), 1276 pages et "Journal pour Anne" (1964-1970), 493 pages... Un poids conséquent qui vous découragera de les lire dans votre lit, sous peine d'être assommé en cas d'assoupissement fortuit...

   François Mitterrand aurait cent ans. Il était le président le plus secret, le plus intrigant, controversé, séducteur, cultivé de la cinquième république: les adjectifs ne sont pas exhaustifs. Les livres qui tentaient de déchiffrer ses multiples facettes sont nombreux. Aucun de ceux qui l'ont approché ne connaissait sans doute l'homme en son intégrité. Celle qui en a l'image la plus intime est probablement Anne Pingeot, son amour secret durant 33 ans. Jusqu'à sa mort.

   J'ai eu l'occasion de lire quelques extraits avant la parution du recueil. La beauté de l'écriture, la profondeur des sentiments m'ont surprise. Cela dépasse les premières réticences devant l'aspect voyeur de jeter un regard sur l'intimité des gens. Si la discrète Anne Pingeot, secrète jusqu'à l'effacement, me suis-je dit, a pu donner son accord à ce dévoilement, le livre ne va pas me plonger dans le malaise... 

   1217 lettres au total. Un extrait:

"... Je t'ai rencontrée et j'ai tout de suite deviné que j'allais partir pour un grand voyage. Là où je vais je sais au moins que tu seras toujours. Je bénis ce visage, ma lumière. Il n'y aura plus jamais de nuit absolue pour moi. La solitude de la mort sera moins solitude. Anne, mon amour."

   

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Ambiance d'étés si lointains...

11 Octobre 2016, 10:44am

Publié par Flora bis

Ambiance d'étés si lointains...

Sur mon blog hongrois, je viens de publier cette photo ancienne, prise dans les années quarante où je n'étais même pas née, quelque part en Transylvanie où je ne suis jamais allée...

Pourtant, l'ambiance de la photo ne m'a pas lâchée depuis le moment où je l'ai découverte des le flot interminable qui défile sur Internet. Je l'ai mise de côté pour les jours difficiles, ceux qui veulent vous entraîner vers le fond...

C'est cette lumière qui m'a clouée sur place, celle du jour naissant, au beau milieu de l'été de mes vacances d'enfance. (Signe incontestable du temps qui s'enfuit: on se réfugie de plus en plus dans un passé sans doute embelli, qui nous a laissé son goût éternel, inimitable de douceur...)

Le jour se lève plein de promesses et sous mes pieds nus, la rue en terre garde encore la fraîcheur de la nuit. Le soleil aveuglant va bientôt effacer le contraste aigu des ombres. Les maisonnettes blanchies à la chaux entrouvrent leurs jalousies. Est-ce le lait du matin ou de l'eau fraîche da la fontaine que cette femme porte à la main au coin de la rue?...

On lâche les vaches qui trouveront toutes seules le chemin de la pâture.

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Ambiance

3 Octobre 2016, 12:06pm

Publié par Flora bis

Chaâlis
Chaâlis

Dans la blogosphère hongroise, du moins dans le petit cercle que je fréquente, l'ambiance est morose. Beaucoup de mes "fréquentations" laissent leurs blogs en sommeil, d'autres attendent des semaines avant d'y revenir et toutes se plaignent de "l'assèchement" de la source de leur envie d'antan de partager, de communiquer...

Serait-ce la loi des cycles de nos activités: début enthousiaste dû à la nouveauté, chevauchée triomphante du plaisir plein, puis lente et progressive "blasitude" jusqu'à l'extinction?... De la part du visiteur autant que du blogueur.

Certains se taisent pour un temps, puis reviennent sous une autre forme, une autre identité, histoire de muer, de se métamorphoser, dans l'espoir aussi de renouveler leur expression, leur auditoire...

Pourtant, la vie ne s'arrête pas, nous offrant sans cesse de nouvelles facettes à explorer.

J'espère que le genre du blog résistera encore au déferlement des modes, toujours plus rapides, toujours plus réactives - et toujours plus superficielles...

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Petites méchancetés entre écrivains

28 Septembre 2016, 11:53am

Publié par Flora bis

Petites méchancetés entre écrivains

J'avais envie d'un article un peu plus détendu, un peu moins mélancolique...

J'ai déjà cité le petit livre d'Eric Momus: "Je hais les écrivains" (éditions du Rocher, 2008), collection de citations au vitriol d'auteurs plus ou moins célèbres à l'adresse des critiques, des éditeurs et... des confrères!

En voici un autre petit bouquet:

* "Un livre posthume est presque toujours une oeuvre que l'on a eu tort de ne pas enterrer avec son auteur." (Henri Jeanson)

* "Vous venez voir l'écrivain? Méfiez-vous, c'est décevant... C'est comme si après avoir mangé le foie gras, vous rencontriez l'oie en personne." (Arthur Koestler)

* "Une autobiographie révèle généralement que tout va bien chez son auteur, sauf la mémoire." (Franklin P. Jones)

* "Il y a des chefs d'oeuvre si fastidieux qu'on admire qu'il soit trouvé quelqu'un pour les écrire." (Jean Rostand)

* "Le Goncourt, c'est la seule distraction annuelle de ces vieux messieurs si heureux de recevoir un coup de projecteur sur leur figure oubliée." (Paul Morand)

* "Huit fois sur dix, on arrive aux honneurs déshonoré. Il a trop fallu ramper pour les obtenir. (Gabriel Chevalier)

* "Il m'a fallu quinze ans pour découvrir que je n'avais aucun talent d'écrivain, mais je n'ai pas pu renoncer car j'étais déjà devenu trop célèbre." (Robert Benchley)

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Les messages de Ben

20 Septembre 2016, 20:19pm

Publié par Flora bis

Les messages de Ben

Je relis mes notes, ici ou là, au jour le jour, dans les cinq cahiers de 240 pages dont trois créés par Ben (une grande exposition lui est consacrée au Musée Maillol, de septembre 2016 à janvier 2017). Je regarde mes cahiers à spirales, couvertures noires avec les inscriptions manuscrites de Ben, un des représentants du début de l'art conceptuel. Je considère ces mots comme des messages un peu hasardeux, un peu aléatoires à mon adresse, je les choisis dans cet esprit, selon l'humeur du moment: "les mots ont une vie", "Pouvoir tout dire", "sois ce que tu es", "j'existe!", " je veux être heureux", "résiste"... Des mots simples, messages basiques; c'est sans doute la raison de leur succès.

Je replonge ainsi dans ma vie depuis 2007. Des centaines de pages remplies serrées, des balbutiements incertains, parfois fiévreux des débuts de l'apprentissage de la solitude. Des blancs aussi, car je ne pouvais pas savoir que cette "comptabilité du quotidien" me sera rapidement indispensable, pour ne pas dire vitale.

Une vie quelque peu étriquée, terne, du moins à mes yeux, comparée aux années précédentes.

En veilleuse.

Mais quel bouillonnement intérieur! Invisible aux regards extérieurs car toute ma vie, j'ai appris et su "mettre un couvercle" sur des éruptions volcaniques, même modestes... La maîtrise en tout et avant tout! Cela m'a permis de gouverner ma vie tant bien que mal, même quand elle tanguait...

Ces cahiers sont témoins (pour moi, bien sûr car je lis aussi entre les lignes...) d'une longue gestation sous l'apparence anodine, naissance d'une envie, d'une nécessité de regarder enfin ma vie en face. Comme quelqu'un qui n'a plus d'échappatoire.

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Entre-deux

14 Septembre 2016, 09:31am

Publié par Flora bis

Entre-deux

Sentiment d'entre deux... Comme cette fin d'été...

Nous sommes encore dans la chaleur, caniculaire parfois, avec le pressentiment de sa fin proche.

Le jardin est beau, les roses s'épanouissent juste avant les adieux.

Je voudrais suspendre le temps mais, dépourvue de l'élan poétique de Lamartine, je souhaite seulement, très fort, un sursis...

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Sept moments de bonheur

5 Septembre 2016, 10:38am

Publié par Flora bis

Sept moments de bonheur

Sur mon blog hongrois, j'ai répondu à la proposition de rassembler sept "choses" (sensations, habitudes, phénomènes etc) rencontrées dans la vie quotidienne, qui nous rendent heureux, qui nous arrêtent pour un instant d'émerveillement pour nous réchauffer de l'intérieur... Choses qui pourraient laisser d'autres personnes parfaitement indifférentes, demeurant invisibles, inodores, inexistantes...

Les psychologues s'efforcent, par ce détour, de guider leurs patients vers la découverte de la psychologie positive, de les débarrasser de la léthargie en les poussant vers des émotions positives.

Sept choses... De premier abord, le nombre me semble restreint, et c'est plutôt bon signe: je ne suis donc pas un cas désespéré! Et puis, il faut bien poser une limite.

1) Le matin doux et ensoleillé, mon regard parcourt le jardin par la porte ouverte de la cuisine et s'attarde sur les roses rouges embrasées par le soleil

2) Trouver le mot "juste" en écrivant, celui qui désigne - incarne - exactement ce que je voudrais exprimer

3) Le grand soupir de soulagement, après avoir accompli une tâche pénible qui traînait depuis longtemps

4) Une bonne conversation avec des amis pour approfondir des choses essentielles, ou à découvrir des personnes jusque là inconnues et qui s'avèrent passionnantes

5) Les regards et les rires tendres et complices avec mes petites-filles

6) Me sentir en adéquation avec le monde alentour

7) Plonger et fondre dans l'univers d'un bon film, livre ou tableau, un autre monde de création, pour le ressentir et comprendre

Tout le monde peut tenter cette expérience. Sept - est-ce trop ou insuffisant?

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Rencontres

31 Août 2016, 12:30pm

Publié par Flora bis

Au milieu du mois d'août, j'ai rencontré quelques uns de mes anciens élèves dans la petite ville du sud-est hongrois, scène des débuts de ma courte vie d'enseignante (les trois premières années) et aussi, de ma rencontre avec Gilbert.

J'enseignais le russe dans le groupe d'une quinzaine d'élèves de la section de russe. Cinq heures par semaine. Petit groupe enthousiaste, avec des niveaux différents mais avec le même élan sympathique de leur quinze ans. Je suis restée avec eux deux ans, jusqu'à notre départ pour l'Algérie.

Je sortais de la fac et d'un stage linguistique d'un an et demi en URSS. Evidemment, le programme officiel du lycée me semblait très étroit, ainsi l'ai-je complété abondamment avec des récits, des chansons, des poésies (Pouchkine, Lermontov, Jessenine surtout), des nouvelles et des contes, afin de rendre l'apprentissage de la langue, de la grammaire le moins rébarbatif possible. J'ai réveillé quelques vocations, paraît-il...

En Algérie, je recevais leurs longues lettres: ils m'écrivaient à tour de rôle. J'ai organisé une correspondance (en russe!) entre eux et mes élèves algériens, afin de "booster" l'envie de ces derniers à apprendre le russe...

Quarante ans sont passés... Il y a peu, ils m'ont retrouvé grâce aux réseaux sociaux. Mes adolescents de jadis à l'âge de grands-parents! Miroir cruel du temps qui passe... pour moi aussi. Ils ont accourus des quatre coins du pays pour ces quelques heures. Chargés de cadeaux. Leur regard n'a pas changé: le même enthousiasme y brille, celui qui m'a rendu nostalgique à vie pour le métier d'enseignant.

Rencontre - instant lumineux dans l'existence fugace... Il en reste dans la mémoire des sédiments de bonheur qui, parfois, nous aident à vivre.

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Chocs visuels et émotionnels du mois d'août

26 Août 2016, 12:34pm

Publié par Flora bis

J'aimerais revenir sur les deux grands chocs émotionnels, artistiques, visuels des vacances, subis avec un bonheur intense, au mois d'août. J'ai même ressenti un certain rapprochement entre les deux vécus cathartiques bien que de nature, d'époque et de genre très différents.

Le premier, la visite du Leopold Museum de Vienne, contenant la plus grande collection particulière des oeuvres d'Egon Schiele, un de mes peintres préférés. Au départ grand admirateur de son aîné Gustav Klimt (1862-1918), Schiele ne cesse de le défier, de l'interpréter à sa façon, révolutionnant la peinture du début du vingtième siècle. Plutôt qu'une palette foisonnante, Schiele exploite son génie de dessinateur. Ses paysages découpés, tranchés, ses figures crispées dans une angoisse profonde, dramatique suggèrent l'ambiance du début du siècle, celle des années de guerre qui entraîneront l'écroulement de la monarchie habsbourgeoise, l'effondrement d'un monde crépusculaire, ainsi que la mort des deux grands peintres.

Une nuit d'orage, le seul qu'on a eu en trois semaines, j'ai visionné avec mon fils le film hongrois, primé à de nombreuses fois dont à Cannes et aux Oscars, Le Fils de Saul. Il n'est pas resté assez longtemps sur les écrans des cinémas "grand public" pour que je puisse le voir à sa sortie. Je n'ai pas voulu lire les comptes-rendus élogieux afin de garder un regard vierge. J'étais plutôt méfiante à cause des choeurs des louanges: j'avais peur que le film ne soit pas à la hauteur des attentes suscitées.

Non seulement il l'a été, mais le choc s'apparentait à une véritable déflagration émotionnelle. Au-delà de la photo, du son, de la mise en scène qui ne vous lâchent pas pendant une heure et demie, vous êtes happés dans cet univers déshumanisé. J'ai noté à la hâte dans mon carnet de bord:

"...lumière blafarde, vie de cloportes qui courent dans tous les sens pour survivre. Prolonger une vie misérable. On ne "voit" pas les horreurs, on les "devine" ce qui est sans doute pire. La force de la suggestion. Bribes des voix, bruits incessants d'usine en marche, claquement des machines qui vous broient, celui des portes qui se referment sur vous. Silhouettes hagardes de cloportes en survie souterraine. La fuite obsessionnelle avec l'enfant mort sur l'épaule: en lui offrant un enterrement digne au lieu du four crématoire, il se rachèterait un lambeau d'humanité... La couleur apparaît avec la vision finale de l'enfant polonais, juste avant la rafale des mitrailleuses. Les arbres élancés, jeunes, verts se referment comme un rideau..."

Grande respiration, après 90 minutes en apnée.

Tuer le maître... Klimt: "Le Baiser" ,  Schiele: Le cardinal et la nonne" ,  "Le Fils de Saul" (à cliquer sur les images pour les agrandir)Tuer le maître... Klimt: "Le Baiser" ,  Schiele: Le cardinal et la nonne" ,  "Le Fils de Saul" (à cliquer sur les images pour les agrandir)Tuer le maître... Klimt: "Le Baiser" ,  Schiele: Le cardinal et la nonne" ,  "Le Fils de Saul" (à cliquer sur les images pour les agrandir)

Tuer le maître... Klimt: "Le Baiser" , Schiele: Le cardinal et la nonne" , "Le Fils de Saul" (à cliquer sur les images pour les agrandir)

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Pensées vagabondes

23 Août 2016, 18:06pm

Publié par Flora bis

Pensées vagabondes

Dehors, chaleur caniculaire. Il faut noter ce fait rarissime, ici, dans le nord: il y a deux jours seulement, ce n'était que la moitié!... Un vent fiévreux souffle sur le linge épinglé dans le jardin, le séchant en moins d'une heure. Quel plaisir! Même que je reste prudemment cloîtrée à l'intérieur: difficile de se faire aux montagnes russes du thermomètre d'un jour à l'autre!

Mes pensées reviennent avec obstination vers les semaines passées. Elles vagabondent au bord du Balaton, dans les montées raides du mont Badacsony, dont la bosse volcanique expose des rangées de vignes à la douce réverbération de l'eau couleur émeraude... Partout, les buvettes et des caves proposent la dégustation du célèbre vin du pays.

A Tihany, le panorama enchanteur concurrence les marchands de souvenirs. J'encourage les enfants à revenir plus longuement, dans une location, car le Balaton se vit à toute heure du jour: sa couleur change avec celle du ciel, du lever au coucher du soleil, et la douceur de son eau se déguste même à minuit!...

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