Le blog de Flora

Avant Noël

19 Décembre 2017, 10:36am

Publié par Flora bis

   Presque 2 semaines sans écrire sur mon blog... Pour les quelques irréductibles qui reviennent

quand-même jour après jour pour laisser un petit caillou devant ma porte close, je voudrais noter que tous les jours, j'y pense, que j'essaie de m'y mettre mais le geste demeure suspendu avant de retomber, impuissant.

   Certains prétendent que c'est Mercure contrarié qui nous met des bâtons dans les roues et cela, jusqu'à mi-janvier. C'est mieux ainsi, au moins, nous savons que les contrariétés seront momentanées! Cela nous permet de patienter.

    Il y a tant à faire! Devant la montagne de plans à réaliser avant Noël, les stressés de mon espèces qui ont tendance à se noyer dans un verre d'eau (en hongrois, on dit même dans une cuillerée d'eau!) arrivent sous le sapin exténués, harassés, perclus de douleurs... Il faut donc d'urgence réaliser le miracle de la métamorphose en un être souriant, radieux, détendu, à l'aide d'une coiffure fraîchement arrangée, d'un maquillage léger mais efficace, d'un chemisier dernier cri ou sorti des mémoires ou d'un accessoire qui fera son effet. Tout en gardant un oeil discret sur les fourneaux, l'apéritif, la bonne température du vin et la table mise. 

   Et on y arrive! Car l'important n'est-il pas l'ambiance, l'excitation des enfants à ne pas décevoir, celle des adultes qui remiseront leurs ressentiments passés, leur fatigue à plus tard pour redevenir enfants pour une fraction du temps... Pour que l'ambiance soit celle des Noëls d'antan quand ils y croyaient encore... Cela vaut la peine. La magie fera son effet et laissera dans les coeurs une petite traînée de poudre dorée...

Joyeuses fêtes à tous!

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La déferlante Johnny...

7 Décembre 2017, 11:33am

Publié par Flora bis

    Sortir, faire un tour sur le Net, ce Forum moderne où tout le monde se sent légitime pour donner son avis sur l'état du monde, sur le sien aussi car il n'y a pas de raison... Une rapide incursion et je rebrousse chemin. 

   Je me perds dans l'avalanche Johnny. Je comprends les milliers de pauvres gens qui voyaient en lui le baume au coeur, le défouloir, la source du catharsis.  Des intellectuels austères dont Johnny était tout de même assez éloigné  -  même si j'admets qu'il était bien moins "simplet" que les caricatures le laissaient voir  -  des politiques parfois adeptes de fraîche date ou simplement de circonstance n'osent pas la fausse note car on n'a pas intérêt à se faire remarquer dans le choeur de l'émotion unanime. Hier, la journée entière, les média ont changé leur programmation pour ne diffuser que des témoignages sur le chanteur défunt : on voit, petit à petit, s'ériger le monument au héros national, englobant aussi tous ceux qui ne l'aimaient pas. Obsèques nationales, Notre Dame, défilé du cercueil sur les Champs-Elysées: finira-t-il au Panthéon?... La vague d'émotion grossit, se nourrissant d'elle-même.

    J'ai tendance à croire plus à la sincérité des anonymes qui racontent les bribes de leurs "rencontres"  -  perdus dans la foule immense d'une messe de Johnny  -  de loin, ou parfois de près, jusqu'à une poignée de main parmi des milliers, ceux qui se ruinaient pour suivre leur idole à travers les tournées... Ils ont perdu quelque chose, ils se consoleront par la mémoire et les chansons qui ne meurent pas.

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D'Ormesson, le séducteur irrésistible

5 Décembre 2017, 12:36pm

Publié par Flora bis

   Ce matin, la nouvelle de la mort de Jean d'Ormesson a éclipsé le bébé Panda du zoo de Beauval qui occupait le devant de la scène toute la journée d'hier, remplissant le creux médiatique.

   D'Ormesson avait 92 ans et tout amoureux de la vie qu'il était, n'en finissait pas d'écrire ses livres-testaments depuis quelques années. Bon client des plateaux télé qui se l'arrachaient, il distillait son humour pétillant, ses anecdotes et citations inépuisables. Avec le style élégant qui rappelait l'art de la conversation du Grand Siècle. Narcissique, séducteur, il s'ébrouait dans l'ambiance ainsi créée, sous le regard de ses nombreux admirateurs.

   Ce grand succès publique le desservait aux yeux des critiques comme si la joie de vivre ne pouvait pas aller de paire avec le talent littéraire. Le Grand Ecrivain doit tremper sa plume dans son propre sang, sinon dans la bile de sa souffrance!... Non dépourvu du sens de la dérision, de l'autodérision même, il laissait poindre un filet d'angoisse concernant la valeur littéraire de son oeuvre. Grand connaisseur  -  et admirateur éperdu  -  des grands auteurs et de leurs textes, il demeurait critique lucide des siens et les reconnaissances ne le rassuraient qu'à moitié.

   Paraître dans la Pléiade au printemps 2015 réalise son rêve véritable: mieux que l'Académie, mieux qu'un prix Nobel, siéger de son vivant parmi les plus grands noms de la littérature mondiale! A nous le plaisir de garder l'homme délicieux dans notre mémoire.

« tant qu’il y aura des livres, des gens pour en écrire et des gens pour en lire,
tout ne sera pas perdu dans ce monde
qu’en dépit de ses tristesses et de ses horreurs nous avons tant aimé ».
 

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Fins de novembre festives

28 Novembre 2017, 19:42pm

Publié par Flora bis

   Activités, festivités intenses... Les derniers jours de novembre, les 27-28, sont respectivement les jours d'anniversaire de Gilbert et de notre fils. Ce dernier a failli venir au monde le soir où nos amis s'étaient réunis pour fêter l'anniversaire de son père. Le champagne a dû rester au frais et nous, avec un léger trac au ventre, partis vers l'hôpital militaire français des forces alliées  d'occupation de Berlin-Ouest... Il est né le lendemain, en début d'après-midi.

   C'était il y a quarante ans. Pour moi, le sentiment d'un petit miracle demeure.

 

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Rupture

17 Novembre 2017, 18:22pm

Publié par Flora bis

   Notre relation à notre corps... Drôle d'histoire. Ce corps qui change en permanence, depuis sa conception jusqu'à sa mort. En interaction perpétuelle avec l'esprit, substance immatérielle impalpable et si présente pourtant, jusqu'à ce que la mort du corps n'entraîne son extinction.

   Nous nous habituons aux changements continuels, à peine perceptibles de notre enveloppe, à son harmonie relative: deux yeux, deux oreilles, une paire de bras et de jambes. Une paire de seins...

   Combien de fois je les ai dessinés, ces corps jeunes et vieux dont j'ai tenté de suggérer l'harmonie, dans une attitude souvent mélancolique. Rarement dans la souffrance. En abandon, à la recherche de l'accord, d'une sorte d'adéquation.

   Comment faire la paix avec la rupture survenue dans cet accord relatif? Comment accepter la dissonance monstrueuse que votre propre corps vous jette à la figure?

   Pourtant, il n'y a pas d'autre chemin, aussi tortueux soit-il. Apprivoiser. Accueillir l'enfant prodigue qui rentre au bercail, si dépareillé de la fratrie... Accepter que ce nouveau corps soit désormais le vôtre.

 

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Coussin en forme de coeur...

10 Novembre 2017, 18:52pm

Publié par Flora bis

Ce petit coussin en forme de coeur m'accompagne, depuis deux semaines, jour et nuit. Surtout la nuit. Serré sous le bras droit, il amortit avec bonheur, la douleur brûlante.

Savez-vous, qui étaient les Amazones? Selon la légende, elles étaient des guerrières qui bannissaient les hommes de leur société et qui coupaient leur sein droit, afin d'être moins gênées pour tirer à l'arc en chevauchant.

Je n'ai jamais eu de velléité guerrière, ni d'animosité envers les hommes, pas plus que d'attirance pour le tir à l'arc. Même que j'ai une certaine méfiance pour approcher de près un cheval. Et pourtant, depuis le 27 octobre, je suis devenue une Amazone...

"C'est pour la bonne cause", m'a-t-on dit. Une question de vie ou de mort. Je le sais depuis bien plus d'un an.

Le plus difficile, c'est de faire face à ma nouvelle image. Je n'en ai pas encore eu le courage. 

Les accessoires trompe-l'oeil sont là pour duper le regard des autres, pour ne pas choquer, pour ne pas inspirer de la compassion teintée de frayeur. Ils ne peuvent pas tromper le mien. 

Je dois affronter un deuil. 

Deuil de quoi, deuil de qui?... De cette jeune femme qui restait si obstinément, si insensément ancrée dans ma tête...

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Un dimanche matin ensoleillé

23 Octobre 2017, 16:22pm

Publié par Flora bis

   J'aime les matins de dimanche qui s'étirent comme des chats paresseux au soleil... On prend son temps pour tout: pour quitter lit et pyjama, pour se réunir autour de la table du petit déjeuner où le café et le chocolat chaud donnent le premier coup de fouet à la conversation effervescente. Grands-parents, parents et enfants y contribuent, partageant impressions et tartines au beurre, baguette croquante et croissants frais qui arrivent miraculeusement, encore tièdes et parfumés...

   Après le déjeuner  -  et comme le repas est prêt à l'avance  -  chacun choisit la détente à sa guise: lecture ou mots croisés, premiers messages à déchiffrer sur son téléphone, tour de vélo dans la forêt  -  ou la prise de cette photo qui me rappellera toujours ce dimanche ensoleillé de fin d'octobre, anniversaire de ma petite-fille Alice...

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Début d'automne, ambiance...

19 Octobre 2017, 10:45am

Publié par Flora bis

   Je chauffe le bouilloire pour mon premier café, celui qui va m'ancrer dans la réalité, après un sommeil agité à la frontière de l'inexistence. 

    Premier regard sur le jardin qui commence à se déplumer. Soleil pâlissant. Je cueille ces derniers gestes de clémence d'un été qui s'en va, emportant avec lui les caresses du soleil sur la peau, les couleurs revigorées, les clairs-obscurs finement sculptés qui donnent vie à l'existence. Ou de l'existence à la vie.

 

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Quelle semaine!

13 Octobre 2017, 18:46pm

Publié par Flora bis

   Elle n'est pas encore finie mais depuis lundi, j'ai vécu un véritable tourbillon qui me met passablement sur les genoux, de fatigue... Physiquement et émotionnellement. 

   Je ne m'en plains pas, c'est moi-même qui l'ai provoqué. Un anniversaire rond, un nouveau palier dans mon parcours qui sera assurément différent dans peu de temps. Nouvelles expériences, périlleuses, risquées, nécessaires. 

   Tout cela valait bien quelques remous dans mon quotidien plutôt paisible. Deux réunions avec des amis qui demandaient une mobilisation inhabituelle de mes jambes: courses, préparatifs, stress de bien faire et excitation des rencontres attendues pour ce plaisir ultime qui est la CONVERSATION. 

   Il y a peu de temps, sur des blogs amis hongrois, il était question de cet art bien français. Je me souviens, il y a plus de quarante ans, au début de ma vie avec des Français, j'ai trouvé étrange de passer des soirées entières, très agréables où l'on a beaucoup ri mais qui m'ont souvent laissé une curieuse sensation de vide: on n'a parlé de rien d'important... Il est vrai que j'étais habituée aux ambiances hongroises ou russes où rapidement, on en venait aux questions qui bouleversaient la vie de fond en comble, qui n'hésitaient pas à toucher au plus intime de l'existence. C'était souvent des secousses émotionnelles qui, plus tard, laissaient une sensation de tornade bienfaisante, une clarification nécessaire...

    Cela arrive rarement dans les soirées françaises où le souci principal est la bienséance, l'ambiance agréable qui évite les sujets qui fâchent, sèment la discorde, heurtent les sensibilités... La discrétion est une règle de base. Il y a des questions à ne pas poser, des sujets intouchables. Chacun tient à briller plutôt par l'humour qu'en mettant grossièrement "le pied dans le plat" au risque de provoquer le malaise que tout le monde fuit.

   Mes rencontres de cette semaine ont été chaleureuses, pleines d'émotions à fleur de peau, avec cet art à la française de les laisser plutôt deviner que de les exprimer clairement. Au bout de quarante ans et plus, je parviens à les décoder sans peine.

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Aménité

3 Octobre 2017, 18:10pm

Publié par Flora bis

   Je sais bien que l'on n'est pas censé tout dévoiler sur un blog. Au bout de 9 ans, votre pseudo ne vous dissimule que devant les nouveaux-nés! Vous vous êtes sculpté une image à laquelle vous êtes plus ou moins tenu de vous conformer. Devient-elle une prison? Prison non, un carcan plutôt. Une sorte de politesse.

   De tempérament, je préfère le règne de l'harmonie autour de moi. Pour me réparer, pour estomper des angoisses rampantes et inexorables, je m'immerge dans ce bain bienfaisant. Tout en sachant avec lucidité  -  qui a la clémence de fermer un oeil de temps en temps  - que l'existence, en général, est loin de cet accord suave qui vous berce...

   Puis-je infliger des notes discordantes à ceux qui échouent sur mes pages et qui n'attendent pas à être plongés dans les secousses des événements de ma vie et qui en ont déjà suffisamment à supporter les leurs? Ils préfèrent légitimement trouver une réparation plutôt qu'un face-à-face impitoyable avec une réalité qui les enverrait dans le mur...

   Alors, j'évoque les éléments de mon harmonie personnelle, ils sont bien réels. Je les ai déployés ce matin devant une parfaite inconnue qui est passée pour une affaire très officielle, dans un contexte on ne peut plus administratif. Le soleil éclatant traversant mes rideaux immaculés, tout neufs, tout propres, fraîchement repassés m'y a aidée. Sous le charme, elle est partie persuadée que malgré tout, je suis quelqu'un de forte et que j'ai beaucoup de chance...

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