Le blog de Flora

Coussin en forme de coeur...

10 Novembre 2017, 18:52pm

Publié par Flora bis

Ce petit coussin en forme de coeur m'accompagne, depuis deux semaines, jour et nuit. Surtout la nuit. Serré sous le bras droit, il amortit avec bonheur, la douleur brûlante.

Savez-vous, qui étaient les Amazones? Selon la légende, elles étaient des guerrières qui bannissaient les hommes de leur société et qui coupaient leur sein droit, afin d'être moins gênées pour tirer à l'arc en chevauchant.

Je n'ai jamais eu de velléité guerrière, ni d'animosité envers les hommes, pas plus que d'attirance pour le tir à l'arc. Même que j'ai une certaine méfiance pour approcher de près un cheval. Et pourtant, depuis le 27 octobre, je suis devenue une Amazone...

"C'est pour la bonne cause", m'a-t-on dit. Une question de vie ou de mort. Je le sais depuis bien plus d'un an.

Le plus difficile, c'est de faire face à ma nouvelle image. Je n'en ai pas encore eu le courage. 

Les accessoires trompe-l'oeil sont là pour duper le regard des autres, pour ne pas choquer, pour ne pas inspirer de la compassion teintée de frayeur. Ils ne peuvent pas tromper le mien. 

Je dois affronter un deuil. 

Deuil de quoi, deuil de qui?... De cette jeune femme qui restait si obstinément, si insensément ancrée dans ma tête...

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Un dimanche matin ensoleillé

23 Octobre 2017, 16:22pm

Publié par Flora bis

   J'aime les matins de dimanche qui s'étirent comme des chats paresseux au soleil... On prend son temps pour tout: pour quitter lit et pyjama, pour se réunir autour de la table du petit déjeuner où le café et le chocolat chaud donnent le premier coup de fouet à la conversation effervescente. Grands-parents, parents et enfants y contribuent, partageant impressions et tartines au beurre, baguette croquante et croissants frais qui arrivent miraculeusement, encore tièdes et parfumés...

   Après le déjeuner  -  et comme le repas est prêt à l'avance  -  chacun choisit la détente à sa guise: lecture ou mots croisés, premiers messages à déchiffrer sur son téléphone, tour de vélo dans la forêt  -  ou la prise de cette photo qui me rappellera toujours ce dimanche ensoleillé de fin d'octobre, anniversaire de ma petite-fille Alice...

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Début d'automne, ambiance...

19 Octobre 2017, 10:45am

Publié par Flora bis

   Je chauffe le bouilloire pour mon premier café, celui qui va m'ancrer dans la réalité, après un sommeil agité à la frontière de l'inexistence. 

    Premier regard sur le jardin qui commence à se déplumer. Soleil pâlissant. Je cueille ces derniers gestes de clémence d'un été qui s'en va, emportant avec lui les caresses du soleil sur la peau, les couleurs revigorées, les clairs-obscurs finement sculptés qui donnent vie à l'existence. Ou de l'existence à la vie.

 

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Quelle semaine!

13 Octobre 2017, 18:46pm

Publié par Flora bis

   Elle n'est pas encore finie mais depuis lundi, j'ai vécu un véritable tourbillon qui me met passablement sur les genoux, de fatigue... Physiquement et émotionnellement. 

   Je ne m'en plains pas, c'est moi-même qui l'ai provoqué. Un anniversaire rond, un nouveau palier dans mon parcours qui sera assurément différent dans peu de temps. Nouvelles expériences, périlleuses, risquées, nécessaires. 

   Tout cela valait bien quelques remous dans mon quotidien plutôt paisible. Deux réunions avec des amis qui demandaient une mobilisation inhabituelle de mes jambes: courses, préparatifs, stress de bien faire et excitation des rencontres attendues pour ce plaisir ultime qui est la CONVERSATION. 

   Il y a peu de temps, sur des blogs amis hongrois, il était question de cet art bien français. Je me souviens, il y a plus de quarante ans, au début de ma vie avec des Français, j'ai trouvé étrange de passer des soirées entières, très agréables où l'on a beaucoup ri mais qui m'ont souvent laissé une curieuse sensation de vide: on n'a parlé de rien d'important... Il est vrai que j'étais habituée aux ambiances hongroises ou russes où rapidement, on en venait aux questions qui bouleversaient la vie de fond en comble, qui n'hésitaient pas à toucher au plus intime de l'existence. C'était souvent des secousses émotionnelles qui, plus tard, laissaient une sensation de tornade bienfaisante, une clarification nécessaire...

    Cela arrive rarement dans les soirées françaises où le souci principal est la bienséance, l'ambiance agréable qui évite les sujets qui fâchent, sèment la discorde, heurtent les sensibilités... La discrétion est une règle de base. Il y a des questions à ne pas poser, des sujets intouchables. Chacun tient à briller plutôt par l'humour qu'en mettant grossièrement "le pied dans le plat" au risque de provoquer le malaise que tout le monde fuit.

   Mes rencontres de cette semaine ont été chaleureuses, pleines d'émotions à fleur de peau, avec cet art à la française de les laisser plutôt deviner que de les exprimer clairement. Au bout de quarante ans et plus, je parviens à les décoder sans peine.

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Aménité

3 Octobre 2017, 18:10pm

Publié par Flora bis

   Je sais bien que l'on n'est pas censé tout dévoiler sur un blog. Au bout de 9 ans, votre pseudo ne vous dissimule que devant les nouveaux-nés! Vous vous êtes sculpté une image à laquelle vous êtes plus ou moins tenu de vous conformer. Devient-elle une prison? Prison non, un carcan plutôt. Une sorte de politesse.

   De tempérament, je préfère le règne de l'harmonie autour de moi. Pour me réparer, pour estomper des angoisses rampantes et inexorables, je m'immerge dans ce bain bienfaisant. Tout en sachant avec lucidité  -  qui a la clémence de fermer un oeil de temps en temps  - que l'existence, en général, est loin de cet accord suave qui vous berce...

   Puis-je infliger des notes discordantes à ceux qui échouent sur mes pages et qui n'attendent pas à être plongés dans les secousses des événements de ma vie et qui en ont déjà suffisamment à supporter les leurs? Ils préfèrent légitimement trouver une réparation plutôt qu'un face-à-face impitoyable avec une réalité qui les enverrait dans le mur...

   Alors, j'évoque les éléments de mon harmonie personnelle, ils sont bien réels. Je les ai déployés ce matin devant une parfaite inconnue qui est passée pour une affaire très officielle, dans un contexte on ne peut plus administratif. Le soleil éclatant traversant mes rideaux immaculés, tout neufs, tout propres, fraîchement repassés m'y a aidée. Sous le charme, elle est partie persuadée que malgré tout, je suis quelqu'un de forte et que j'ai beaucoup de chance...

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Hommage

30 Septembre 2017, 11:30am

Publié par Flora bis

RODIN, je l'admire depuis mon adolescence. Tout de suite, j'ai perçu la force, l'énergie hors du commun qui émanent de ses sculptures. Mais cela ne suffirait pas à mon admiration, cela m'intimiderait plutôt. Etonnamment, c'est une fragilité qui m'a saisie et conquise avant tout. Une faille délicate, une beauté tourmentée et rude à la fois, un déferlement tragique des émotions, mêlées à cette force tellurique qui cherche à s'envoler, tout cela fait que Rodin demeure LE Maître.

Ses écrits touchent à sa vérité intime, en parfaite adéquation avec son oeuvre:

"On croit que nous ne vivons que par nos sens et que le monde des apparences nous suffit. On nous prend pour des enfants qui s'enivrent de couleurs chatoyantes et qui s'amusent avec des formes comme avec des poupées... L'on nous comprend mal. Les lignes et les nuances ne sont pour nous que les signes de réalités cachées. Au-delà des surfaces, nos regards plongent jusqu'à l'esprit, et quand ensuite nous reproduisons des contours, nous les enrichissons du contenu spirituel qu'ils enveloppent."  

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Sérénité

24 Septembre 2017, 19:51pm

Publié par Flora bis

   J'ai écrit sur ce blog il y a peu, avec Aznavour: "Je hais les dimanches..." Me voici au soir de celui-ci, presque sereine. Sereine... Je prends mes précautions. Je freine mes ardeurs avant d'écrire "heureuse"...

   Le bonheur me semble un état si fragile, lointain, inatteignable... Tellement fugace qu'il est accompagné, la plupart du temps, par une sourde angoisse de le perdre... Peur qu'il ne se dérobe, juste après avoir laissé échapper quelques gouttes de son nectar, de ce breuvage des dieux... Contentons-nous de la "sérénité", précieuse et moins violente que le bonheur.

   Que faut-il pour vous saupoudrer de ce bien-être soudain, après une semaine oppressante derrière des volets presque entièrement baissés à cause de vulgaires tringles à rideaux effondrées qui vous exposent en vitrine au regard des passants? Justement, je crois que ces jours vécus en apnée contribuent au soulagement ressenti grâce à l'intervention de sauvetage des enfants qui ont raccroché  -  provisoirement  -  les voilages blanc immaculé, laissant ainsi passer un soleil radieux toute la journée! Le dernier, peut-être, avant la grisaille. J'ai comblé le manque de toute la semaine. Chacune de mes cellules s'est gorgée de particules de soleil.

 

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Montaigne à Tournai (Belgique)

18 Septembre 2017, 18:55pm

Publié par Flora bis

  

   Le festival "Les (rencontres) Inattendues" de Tournai, entre le 31 août et le 3 septembre m'a épatée avec la richesse de sa programmation, autour du thème des héros, en musique, en réflexions philosophiques, scientifiques, artistiques. La belle ville de Tournai a servi d'écrin à ces manifestations, entre la Cathédrale, L'Evêché et la Halle aux Draps... Nous étions trois à franchir la frontière invisible entre la France et la Belgique pour y goûter, pour écouter et regarder un spectacle inattendu: "Montaigne" de Koen de Sutter.

   L'artiste met en scène et "joue" les "Essais" de Montaigne pendant près de 2 heures. Une performance. Il nous convainc de l'actualité toujours aussi réjouissante des pensées de ce philosophe humaniste du XVIe siècle qui ne cesse de nous apporter la démonstration à quel point il ne se prend pas tragiquement au sérieux: il est un "honnête homme" tout simplement, comme vous et moi, portant en lui "la forme entière de l'humaine condition". 

   Humilité, doute... Les maîtres-mots de Montaigne. D'ailleurs, ne vont-ils pas bien ensemble? Pourquoi écrit-il? A l'en croire, pour chasser l'ennui... "Ai-je perdu mon temps, de m'être rendu compte de moi, si continuellement; si curieusement? (...) Combien de fois m'a cette besogne diverti de cogitations ennuyeuses?"

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Consigne

6 Septembre 2017, 17:56pm

Publié par Flora bis

   Parallèlement à l'alimentation hebdomadaire de mes deux blogs (français et hongrois), j'ai entrepris un travail d'Hercule (junior !): j'ai décidé de recopier les articles les plus intéressants  -  du moins pour moi  -  dans un fichier, dans le but de les imprimer. La version numérique m'inspire une sourde angoisse: et si un jour, un bug mystérieux effaçait 9 ans de ma vie?... Car mon blog est une sorte de journal de bord public qui enregistre l'essentiel de ces 8-9 années, des débuts naïvement enthousiastes à ces derniers temps plus posés, plus lucides  -  et plus désabusés aussi...

   Au départ, plus de 400 pages! Impossible d'envisager de les imprimer. Je n'avais pourtant gardé que mes propres textes et traductions, éliminant ceux de Gilbert qui existent, de toute façon, dans des livres, effaçant les images aussi. J'ai diminué la taille des polices jusqu'à la limite de la lisibilité (Garamond 11), tout en conservant scrupuleusement le titre de chaque article et la date de publication. Il reste 240 pages. Pour mesurer le chemin parcouru. 

   Cela explique le but de l'opération. Un document papier ne garantit pas sa préservation (ni la nôtre... ) même s'il est plus rassurant, palpable dans sa matérialité. Pourquoi vouloir le sauvegarder à tout prix? Serait-ce une si grande perte pour l'humanité si elle s'évaporait d'un coup dans le néant? Je ne le crois pas. Une perte pour moi, assurément. Il consigne 8-9 années de ma vie; sans cette preuve, j'aurais l'impression de les avoir rêvées... 

 

 

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"Je hais les dimanches..." (Aznavour)

2 Septembre 2017, 19:52pm

Publié par Flora bis

   

   Je viens de réécouter la chanson d'Aznavour: "Je hais les dimanches"...  A la fin de la séance, on part à la recherche d'une corde bien solide (cependant pas d'arbre ou poutre à l'horizon qui résisteraient), un tube de somnifère (je n'en prends pas) noyé dans un gros verre de whisky pour assurer la route vers le grand sommeil dans un halo chaud et réconfortant...

   Oui, je "hais" les week end solitaires, abîmes sans fond au milieu des bruissements de la "vraie vie"... Dans une petite ville de la province somnolente, où la matinée mobilise les croyants endimanchés vers le parvis de l'église voisine, pour le réconfort de leurs âmes dans des volutes d'encens, bercées par les notes de l'orgue, des chants et des génuflexions à l'unisson.

   D'autres se retrouvent au "Rallye" d'en face, pour l'apéro et le tiercé que l'on espère gagnant. Il y a toujours un café en face de l'église... Sans parler du boulanger du coin qui voit défiler ce jour-là des hommes endimanchés invisibles en semaine. 

   Plus loin le fleuriste fait des affaires spéciales dimanche: on va au repas chez papa-maman, belle-famille. J'imagine la table déjà dressée avec la fraîcheur du matin, la nappe repassée, le service des grandes occasions et le père ayant remonté de la cave les bouteilles précieusement gardées. La petite table à l'ombre de la terrasse recevra les coupelles pour les grignotages de l'apéritif mais les bouteilles (de champagne, d'anisette, de porto ou d'autres) attendent encore au frais. Branle-bas de combat à la cuisine mais tout sera prêt à temps: opération bien rodée par des décennies de dimanches...

   La vie s'arrête. La circulation aussi: le silence gagne les rues jusqu'au milieu de l'après-midi au moins. Il faut bien une petite sieste après un repas de dimanche bien arrosé... Il n'y a que l'écran de la télé qui vibre devant les enfants ainsi occupés pour garder le sommeil des braves...

   Et les solitaires, au milieu du désert de leur silence, attendent que la semaine recommence...

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