Le blog de Flora
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Printemps? Prémisses...

13 Mars 2017, 15:28pm

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Publié par Flora bis

On a tellement envie d'y croire!...

Il me semble qu'à cette période de l'année, immuablement, je pousse le même cri du coeur sur ce blog. Je ne suis pas la seule... Même la nature a l'air de piaffer d'impatience derrière la chape de grisaille qui l'empêche de faire une irruption flamboyante, chaude et parfumée dans notre vie recroquevillée. 

Ce week end, la grisaille a disparu, sans doute provisoirement. Les crocus, jonquilles, violettes parsemaient le vert frais des pelouses, le chat s'étirait au soleil avec volupté. Nous le regardions, envieux: mais comment se relever  -  après?...

Ma petite-fille aînée a eu 11 ans. Je l'observe, émerveillée: comme elle change! Comme elle grandit, devenant une petite ado, avec un pied encore dans l'enfance qui se blottit contre vous cherchant de la tendresse, dans sa tête cependant, des idées de "grande" se bousculent avec celles de l'enfant qui s'éloigne...

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Paroles de migrants

6 Mars 2017, 16:48pm

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Publié par Flora bis

En visitant la Toile, je suis tombée sur l'initiative d'une association rennaise "L'Âge de la tortue" qui m'a séduite d'emblée. 

   Sur la photo, on voit la présentation de leur ouvrage, fruit de 3 ans de travail gigantesque: une "Encyclopédie des migrants" en trois gros volumes, au total 1782 pages... 400 témoignages en forme de lettre adressée à quelqu'un resté au pays... Ces migrants viennent de 104 pays différents. Les lettres sont publiées en leur langue maternelle et aussi en traduction française.

   Les témoins sont recrutés dans huit villes de la façade atlantique française, espagnole et portugaise: de Brest à Gibraltar. Les témoignages nous livrent leur parcours, leur déchirement, leur attachement au pays qui les a vus naître et leur intégration dans un pays d'adoption. Cela ne va pas de soi. C'est aussi un choix qu'il faut ensuite cultiver. Comme le dit une jeune femme nigérienne: un migrant n'est pas forcément "un profiteur du système" mais une source d'enrichissement économique, culturel et humain. 

  Du samedi 4 mars à 18 h, les auteurs ont fait une lecture publique non stop de l'ouvrage à Rennes. Ce marathon de 24 h sera réitéré à travers l'Europe qui a tant besoin d'entendre d'autres paroles que celles de la haine et de la méfiance...

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Camélia consolant...

26 Février 2017, 17:53pm

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Publié par Flora bis

   Février se terminera dans quelques jours.

   Le camélia du jardin a ouvert sa première fleur parmi les centaines qui se préparent.

   Je l'ai prise comme un cadeau de consolation, après les deux semaines passées dans la crispation totale, physique et morale. Depuis la mort clinique de mon ancienne chaudière. 

    Je ne veux pas susciter la pitié: je sais qu'il existe des situations bien plus pénibles que d'avoir 13-14° chez soi  -  puisqu'il y a au moins un chez soi. Que l'eau chaude qui jaillit automatiquement est un petit miracle qui redonne envie de faire la vaisselle!

   Depuis vendredi dernier, j'ai une nouvelle chaudière et l'atmosphère s'est adoucie dans la maison. De nouveau, je goûte aux plaisirs de lire dans mon lit sans finir avec des ongles bleus et deux écharpes autour du cou. 

   Je pourrai enfin, l'étau du stress permanent desserré, me mettre à fignoler mon exposé dont le sujet est le suivant: "Être libre, au dehors et au dedans"

 

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Hibernation

20 Février 2017, 18:47pm

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Publié par Flora bis

Depuis une semaine, je pense souvent aux animaux sauvages qui passent la saison froide au fond de leurs terriers, en bougeant le moins possible pour économiser leur énergie en veilleuse. Roulés en boule, en attendant le printemps et les rayons bienfaisants du soleil.

Quant à moi, j'attends surtout le retour de la chaleur dans la maison.

Ma chaudière a rendu l'âme il y a une semaine, après avoir montré quelques signes de faiblesse depuis le début de la saison. J'étais loin d'imaginer la gravité de la situation, puisqu'elle se remettait héroïquement en marche, après chaque épisode alarmant. Comme les grands malades qui essaient de garder la face jusqu'au moment ultime. 

Depuis une semaine, je suis replongée dans mon enfance des années d'après guerre où le chauffage n'était pas central mais au bois et au charbon, et que l'eau se réchauffait sur la cuisinière, pour la toilette dans une bassine posée sur un tabouret, au milieu de la cuisine où il faisait chaud.

Le matin, en descendant dans le séjour, 14° m'accueillent. Cela ne donne pas envie de bouger. Du moins, à moi. Comment font les sans abris sur les trottoirs, dehors?... Je déteste le froid, je me sens mieux à 30° dehors qu'à 14° dans mon séjour...

Il faudra changer la chaudière. Cela me mènera, au mieux, jusqu'au week end prochain. Je suis de nature optimiste  -  "Inconsciente!", disait Gilbert. Encore quelques casseroles d'eau chaude à monter à la salle de bain, d'autres pour la vaisselle, se rouler en boule sous deux couvertures devant la télé ou devant l'ordinateur et le tour est joué! On tiendra! Après tout, sans l'électricité et sans le gaz, ce serait bien pire. Je n'aurais même pas accès à Internet!...

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Le jour des amoureux

13 Février 2017, 19:30pm

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Publié par Flora bis

   Cette année, on a l'impression que l'offensive "Saint-Valentin" est moins mordante... Les pubs ont démarré plus tard, plus discrètes et les exclus du cercle magique des couples heureux se sentent moins agressés par le rappel à l'ordre des annonceurs: le 14 février, au moins pour un jour, il faut être A-MOU-REUX! Et démontrer avec force gestes, mots et accessoires que la flamme est vivante! Par bonheur, cela peut aussi refléter la réalité.

   Flamme naissante encore timide et maladroite ou rassurée et dévorante, voire tiédie par le nombre d'années passés ensemble, à l'image de la braise de la cheminée en fin de soirée  -  l'essentiel est qu'elle reste présente et qu'elle nous réchauffe encore...

   Son souvenir, du moins.

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Les trésors de Sars-Poteries

4 Février 2017, 11:31am

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Publié par Flora bis

   Qui connaît la petite commune de Sars-Poteries, 1500 habitants, au creux de l'Avesnois? J'y suis allée avec ma belle-mère il y a quarante ans, pour acheter un service de table en grès, très en vogue à cette époque... Il y a deux jours, j'y suis retournée en compagnie de deux amies.

   Dans ma mémoire, il ne restait pas de souvenir précis de ce jour torride de juillet. Alors, je redécouvre les lieux. Le département du Nord vient de rouvrir le Musée du Verre: bâtiment aux lignes épurées, tout en verre et en pierres bleues de la région. Une collection permanente illustre l'histoire de la tradition verrière du village. Les "bousillés", notamment. Ce sont des objets que les verriers étaient autorisés de fabriquer pendant la pause du déjeuner, pour leur plaisir, pour jouer avec leurs talents créatifs. 

   Sur un autre niveau, plusieurs grandes salles blanches au plafonds démesurés présentent la collection contemporaine. L'initiative appartient à l'abbé Mérieux qui, aux années 1970, a beaucoup oeuvré pour ressusciter les traditions verrières du village. Des symposiums internationaux sont organisés, des rencontres et des résidences d'artistes tchèques, polonais, danois, belges, canadiens etc. leur permettent d'échanger, de s'enrichir et de s'inspirer mutuellement au contact d'univers différents, dans des ateliers aux équipements les plus modernes.

   J'aime beaucoup les objets en verre. Objets usuels ou décoratifs. Ils existent grâce à la lumière qui les traverse. Ainsi, ils sont perpétuellement changeants, selon l'éclairage frontal ou à contre-jour, naturel ou artificiel. Ajoutons à cela l'effet de la matière, de la couleur qui les composent, filtrant la lumière toujours insaisissable... 

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Magie blanche

29 Janvier 2017, 17:45pm

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Publié par Flora bis

    Il y a 2 semaines, une amie très chère m'a apporté une magnifique rose blanche, en échange de ma carte de voeu. Subrepticement, elle lui a même prodigué quelques soins Reiki, afin qu'elle résiste mieux à la température de la maison.

   

   

   Hélas, au bout de quelques jours, la fleur splendide a baissé la tête, feuilles gondolées... J'ai coupé un bout de la tige et je l'ai posée dans un verre d'eau, à la cuisine, sans but précis... Quelque temps plus tard, deux petites pousses ont fait leur apparition sur la tige. J'ai donc tenté un sauvetage.

   

   Le gel s'est adouci dans le jardin. Soudain, je me suis souvenue d'une petite démo vue sur Facebook (preuve qu'il n'y a pas que des bêtises sur ces pages tant décriées!): "comment multiplier facilement vos rosiers?" J'ai pris une pomme de terre moyenne et j'ai enfoncé la tige dans sa chair tendre...

 

 

 

 

 

   Je suis descendue dans le jardin encore assoupi du manque de soleil et engourdi des températures basses, et, ni une, ni deux, j'ai enterré ma patate destinée à permettre à mon futur rosier de s'enraciner entre le thym et la menthe. 

   

 

 

   L'espoir peut-il prendre racine une fois encore dans mon jardin? L'avenir seul le dira.

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Autour d'une tasse...

27 Janvier 2017, 16:00pm

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Publié par Flora bis

      Voilà, le café est bu, son effet attendu me sortira de la somnolence du début d'après-midi, privilège que je m'accorde en compensation d'un sablier qui se vide... C'est le deuxième de la journée; il me donnera de l'énergie et de l'inspiration jusqu'au soir. A chacun sa drogue...

   Il suffit de laisser tourner les pensées autour du liquide noir que je déguste lentement, gorgée après gorgée, à la bonne température: moins que brûlante, cependant bien plus que tiède... Sans l'hérésie du lait ajouté, ni du sucre qui lui ôterait son petit goût amer se prolongeant agréablement dans la bouche.

   Pourtant, il a fallu quelques efforts, pour que j'y prenne goût. Comme à la première cigarette: il est rare que l'on trouve la chose d'emblée irrésistible! Je pense même que j'ai toujours préféré à son goût son effet "coup de fouet"... sans être masochiste!

   Je bois du Nescafé. Je sais qu'aux yeux des vrais connaisseurs, c'est une autre hérésie. J'y ai pris goût étudiante: il était plus facile de réchauffer un peu d'eau que d'avoir sa machine à café. En Russie, le café était rare: tout le monde buvait du thé, en quantités astronomiques. Plus tard, dans la salle des profs en Hongrie, nous buvions des espresso à l'italienne, à la vapeur, dans des tasses minuscules, très denses, très forts, aux effets fulgurants. Il va de soi qu'au début, le café à filtre de ma belle-famille en France me faisait l'effet de somnifère...

   L'Algérie et la Turquie... Le café est serré, bouilli, il oblige à l'attente, à ce que le marc se dépose au fond de la tasse. Temps propice à la conversation, si capitale, et la tasse renversée peut même révéler les secrets de l'avenir...

   Et maintenant... Le matin, dans un état semi-comateux, en pyjama et robe de chambre, je descends les dix-huit marche qui mènent à la cuisine. J'ouvre les volets sur le jardin dénudé d'hiver et je constate que le ciel est une fois de plus gris et bas. Le geste d'allumer la flamme sous la bouilloire est déjà la promesse du petit noir qui me sortira de ma torpeur! Je prépare la  tasse du matin qui attend, rouge pimpant, en directe de Rome, cadeau des enfants. Je verse l'eau à peine frémissante et, la tasse à la main, je pars vers l'ordinateur qui m'attend, fenêtre ouverte sur le monde entier!

  C'est ma routine quotidienne matinale, à peu de variations de près.

   

   

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Fils invisibles

23 Janvier 2017, 12:01pm

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Publié par Flora bis

Hier, je suis tombée sur deux photos, prises à peu près à 20 ans d'écart l'une de l'autre...

en haut, 5e de gauche, moi

L'une, la photo de classe de mes 10 ans est prise sous les grands arbres de la cour de l'école. Nous terminons la section élémentaire, je tiens fièrement mon bulletin de fin d'année. Tout d'un coup, le parfum de ce jour d'été m'envahit: la sensation de la petite robe blanche amidonnée et fraîchement repassée sur le corps et l'immanquable ruban dans les cheveux... Juin 1958.

Je regarde mes camarades de classe et leurs noms ressuscitent un par un, collés à leurs images... Parmi eux, un blondinet souriant aux yeux bleus et aux irrésistibles fossettes qui me plaisait tant... Ce qui me permet de ressentir une parfaite compréhension pour les peines de coeur de ma petite-fille qui a exactement le même âge maintenant...

2e rang du bas, 5e de droite, ma mère

L'autre photo de groupe a été prise à la fin des années trente, réunissant les participants d'un spectacle amateur. Parmi eux, une petite blonde d'à peu près 10 ans, au regard rêveur et fière de faire partie de l'événement. Ma mère. Nous aurons 19 ans d'écart.

Ils ne le savent pas encore mais quelques années plus tard, la guerre va passer par là, d'abord l'armée allemande reculant, puis l'ouragan de l'armée russe. Et, avec l'armée hongroise déchiquetée, un soldat perdu qui deviendra mon père...

( moi: photo du haut. 5e de gauche dans le rang du haut. Ma mère : photo du bas. 2e rang du bas, 5e de droite)

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Bilan

14 Janvier 2017, 17:00pm

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Publié par Flora bis

"Savoir se contenter de ce que l'on a, c'est être riche"

   Cette phrase de Lao Tseu, contemporain de Bouddha au VI-V s. av. J-C, je l'aimais bien dans ma jeunesse idéaliste et désintéressée... Certes, c'est une phrase pour les pauvres, pour leur consolation, afin qu'ils cherchent leur bonheur ailleurs que dans la possession des biens, qui leur sont, de toute façon, inaccessibles. Alors, au lieu de se révolter contre l'injustice de leur sort, on leur fait miroiter la chance qu'ils ont de pouvoir trouver un bonheur immatériel, tellement plus élevé!...

   G. pestait contre ce genre d'intimation, ainsi que contre tout immobilisme, tout passéisme ("ah les bons vieux temps!" "Tout était mieux avant..."), et, en bon Sagittaire qui se respecte, il voulait toujours avancer, aller plus loin, peu enclin à jouir de ce qu'il a déjà obtenu. Lorsque son nouveau livre arrivait de chez l'éditeur, sentant bon le papier frais et l'encre de l'imprimerie, il le regardait à peine, pensant déjà au suivant. J'avais l'impression de faire une course en avant permanente en sa compagnie, ce qui était à l'exact opposé de mon tempérament indolent de Balance alourdie d'un ascendant Taureau... Autant dire que j'aspirais vainement à la contemplation, ma détente favorite... D'un autre côté, je reconnais que mon tempérament nonchalant avait grand besoin de booster pour vaincre le poids de l'inertie! 

   Dix ans sont passés depuis qu'il m'a laissé la liberté de toute décision. Au début, je continuais sur la lancée de son rythme mais peu à peu  -  les années aidant  -  j'ai ralenti... Son regard s'éloigne, s'estompe sans disparaître et je m'étonne parfois comment j'ai pu accomplir tant de choses il y a 10 ans à peine!...

   Je suis très riche, certes, selon Lao Tseu, mais dans mon immobilisme nouveau, sans booster désormais, je devrais tenir compte du temps qui passe à la vitesse vertigineuse et qui me laissera choir sans pitié!...

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