Hibernation
Depuis une semaine, je pense souvent aux animaux sauvages qui passent la saison froide au
fond de leurs terriers, en bougeant le moins possible pour économiser leur énergie en veilleuse. Roulés en boule, en attendant le printemps et les rayons bienfaisants du soleil.
Quant à moi, j'attends surtout le retour de la chaleur dans la maison.
Ma chaudière a rendu l'âme il y a une semaine, après avoir montré quelques signes de faiblesse depuis le début de la saison. J'étais loin d'imaginer la gravité de la situation, puisqu'elle se remettait héroïquement en marche, après chaque épisode alarmant. Comme les grands malades qui essaient de garder la face jusqu'au moment ultime.
Depuis une semaine, je suis replongée dans mon enfance des années d'après guerre où le chauffage n'était pas central mais au bois et au charbon, et que l'eau se réchauffait sur la cuisinière, pour la toilette dans une bassine posée sur un tabouret, au milieu de la cuisine où il faisait chaud.
Le matin, en descendant dans le séjour, 14° m'accueillent. Cela ne donne pas envie de bouger. Du moins, à moi. Comment font les sans abris sur les trottoirs, dehors?... Je déteste le froid, je me sens mieux à 30° dehors qu'à 14° dans mon séjour...
Il faudra changer la chaudière. Cela me mènera, au mieux, jusqu'au week end prochain. Je suis de nature optimiste - "Inconsciente!", disait Gilbert. Encore quelques casseroles d'eau chaude à monter à la salle de bain, d'autres pour la vaisselle, se rouler en boule sous deux couvertures devant la télé ou devant l'ordinateur et le tour est joué! On tiendra! Après tout, sans l'électricité et sans le gaz, ce serait bien pire. Je n'aurais même pas accès à Internet!...