Quelle semaine!

Elle n'est pas encore finie mais depuis lundi, j'ai vécu un véritable tourbillon qui me met passablement sur les genoux, de fatigue... Physiquement et émotionnellement.
Je ne m'en plains pas, c'est moi-même qui l'ai provoqué. Un anniversaire rond, un nouveau palier dans mon parcours qui sera assurément différent dans peu de temps. Nouvelles expériences, périlleuses, risquées, nécessaires.
Tout cela valait bien quelques remous dans mon quotidien plutôt paisible. Deux réunions avec des amis qui demandaient une mobilisation inhabituelle de mes jambes: courses, préparatifs, stress de bien faire et excitation des rencontres attendues pour ce plaisir ultime qui est la CONVERSATION.
Il y a peu de temps, sur des blogs amis hongrois, il était question de cet art bien français. Je me souviens, il y a plus de quarante ans, au début de ma vie avec des Français, j'ai trouvé étrange de passer des soirées entières, très agréables où l'on a beaucoup ri mais qui m'ont souvent laissé une curieuse sensation de vide: on n'a parlé de rien d'important... Il est vrai que j'étais habituée aux ambiances hongroises ou russes où rapidement, on en venait aux questions qui bouleversaient la vie de fond en comble, qui n'hésitaient pas à toucher au plus intime de l'existence. C'était souvent des secousses émotionnelles qui, plus tard, laissaient une sensation de tornade bienfaisante, une clarification nécessaire...
Cela arrive rarement dans les soirées françaises où le souci principal est la bienséance, l'ambiance agréable qui évite les sujets qui fâchent, sèment la discorde, heurtent les sensibilités... La discrétion est une règle de base. Il y a des questions à ne pas poser, des sujets intouchables. Chacun tient à briller plutôt par l'humour qu'en mettant grossièrement "le pied dans le plat" au risque de provoquer le malaise que tout le monde fuit.
Mes rencontres de cette semaine ont été chaleureuses, pleines d'émotions à fleur de peau, avec cet art à la française de les laisser plutôt deviner que de les exprimer clairement. Au bout de quarante ans et plus, je parviens à les décoder sans peine.