Le blog de Flora

Nu de dos * sanguine (1999)

18 Février 2009, 17:42pm

Publié par Flora










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Bribes de mémoire 27. Les yeux dans les yeux

15 Février 2009, 17:17pm

Publié par Flora

Et voilà!  Prise d'une bouffée de narcissisme et faisant fi de la réserve que je m'étais imposée à ce jour, je publie ma photo (un peu usée par les aléas du temps et de nombreux déménagements sans ménagements), prise à l'âge de trois ans environ (pas tout à fait car c'est l'été et je suis de mi-octobre)  - sans aller jusqu'à vous dire il y a combien d'années... Comme je ne cesse de faire des allers et retours vers un passé de plus en plus lointain dans le souci de le ressusciter, j'ai eu soudain l'envie de me "regarder" dans les yeux, dans ces yeux d'enfant dont il doit rester quelque chose... Et je m'y retrouve effectivement un peu ! Surtout depuis que j'ai découvert la première nécessité d'être indulgeant avec nous-même...

   Je vois les trois noeuds artistiquement confectionnés par ma mère : aux épaules de la petite robe brodée par elle-même et dans les cheveux, indispensable pour faire joli... Nous sommes chez le photographe car posséder un appareil-photo demeure un luxe inaccessible à l'époque pour beaucoup. Que puis-je pressentir à ce moment de ce qui m'attend dans la vie ? Les voyages, les séjours et les langues diverses, le long cortège de connaissances et d'amis qui demeurent fidèles depuis de longues années, l'amour, la maternité, les deuils, les souffrances aussi et l'art d'être grand-mère... Ce que je vois dans mes yeux d'enfant - et j'en suis certaine - c'est la curiosité, la soif de découvertes, une confiance naïve et inébranlable en ce qu'elles peuvent m'apporter et cette source n'a jamais tari...

  J'aime cette petite fille confiante qui me demande parfois des comptes. Ai-je trahi sa confiance ? Pas trop, je l'espère.

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Touchée... Taguée...

14 Février 2009, 19:59pm

Publié par Flora


http://teresatelier.over-blog.com

Thérèse Debay a eu la gentillesse de me "taguer" sur son blog.
A mon tour, je suis la chaîne et je vous recommande 7 liens vers les blogs que j'aime fréquenter:
    * http://lebretonnoir.over-blog.fr
    *
 http://cahierdemu.over-blog.com.over-blog.com/
    * http://cbx41.over-blog.com
    * http://www.sans-pitre.com
    * http://cameleondesneiges.blogspot.com
    * http://mes-dessins-perso.over-blog.fr
    * http://dubretzelausimit.over-blog.com

Il y en a d'autres mais normalement, on se restreint à 7!
Je prie les "tagués" d'avoir la gentillesse de suivre la chaîne sur leur page, en copiant le logo ci-dessus puis le lien vers le blog qui les a sélectionnés (le mien en l'occurence) et enfin, leur propre sélection de 7 liens!
A vos marques! amicalement: flora

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Endre Ady (1877 - 1919)

14 Février 2009, 16:10pm

Publié par Flora

Héja-nász az avaron

Utra kelünk. Megyünk az Öszbe,
Vijjogva, sirva, kergetözve,
Két lankadt szárnyù héja-madár.

Uj rablói vannak a Nyárnak,
Csattognak az ùj héja-szárnyak,
Dùlnak a csókos ütközetek. 

Szállunk a Nyárból, üzve szállunk,
Valahol az Öszben megállunk,
Fölborzolt tollal, szerelmesen.

Ez az utolsó nászunk nékünk :
Egymás hùsába beletépünk
S lehullunk az öszi avaron.
1906


Noces d'éperviers

Nous partons en voyage vers l'automne,
Toujours criant, pleurant, nous pourchassant,
Deux éperviers aux ailes fatiguées.

Le ciel d'été voit de nouveaux brigands,
Et claquent d'autres ailes d'éperviers, 
D'autres baisers s'acharnent au combat.

Nous, traqués, nous volons loin de l'été, 
Nous ferons halte dans l'automne, ailleurs,
Amoureusement, plumes hérissées.

Et là nous aurons nos dernières noces,
Là, chacun prendra de la chair de l'autre,
Nous tomberons sur la lande d'automne. 

traduction : Guillevic

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Oeuvre de Gilbert * "Aquarelles"

12 Février 2009, 10:16am

Publié par Flora

[...] Les couleurs ont fondu en une nuit, ne laissant à sa vue qu'un ruissellement blanc, des ombres et des lumières, une succession moelleuse de courbes que le pinceau épouse en glissements liquides. Le silence est total dans cette combe éloignée que ne souillent pas les skieurs, un silence propice aux mouvements de la matière, à la peinture que le froid crispe en filaments nerveux. Sur l'aquarelle glacée, transparaissent des corps, deux bosses soudées  à la montagne. Malgré l'engourdissement des doigts, les gestes se font précis, les lignes fines. Une vision se met en place : sur la neige molle, en glacis, une femme rigide, un homme. Un vernis de gel translucide couvre la chair. On distingue cependant l'esquisse d'un crucifix, des boucles d'oreilles en rang de trois.

[...] Au pied du lit le tableau aligne ses crucifiés et ses prairies désertes, sans susciter le moindre rire. Aux effervescences des pistes, Odette et Christian ont préféré la chambre 412. Ils fixent le plafond, incapables de le déchiffrer. La fenêtre s'est ouverte, poussée par une rafale ou par un vent plus anodin. Ils ne sentent pas le froid raidir leurs jambes, pénétrer leur peau nue, coaguler le sang issu de leurs blessures. Livides, ils n'entendent pas le vase qui se brise sous la pression de la glace, ne voient pas le large éclat qui tombe. A leur chevet, Germain peint le spectacle. Le couteau qui a tué est posé sur le lit.

extrait et fin de la nouvelle "Aquarelles"  publiée dans le recueil  Ennemis très chers  éd. Le Manuscrit  2001
illustration : R.T.

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Mosquée d'Ortaköy * encre 1988

10 Février 2009, 11:16am

Publié par Flora






Nous avons habité Istanbul de 1984 à 1990.

J'aimais m'installer partout, avec ma petite chaise pliante et mon sac à outils,

pour saisir les paysages si attachants de cette ville bien-aimée,

pour laquelle je garde une indéfectible nostalgie...

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Bribes de mémoire 26. La vache et la sorcière

9 Février 2009, 20:00pm

Publié par Flora

 
   Dans mon enfance, je suis bercée d'histoires de sorcières, racontées par mes grands-parents et par de vieilles voisines comme des expériences vécues, par conséquent, qui ne souffrent pas de doute. Je me souviens de ma première longue (plus de 3 heures) conversation téléphonique avec Claude Seignolle : le grand sorcier devant l'éternel évoque les histoires extraordinaires liées à son Périgord natal et tout d'un coup, je me rends compte que mes souvenirs entrent en résonance, quelques infimes nuance mises à part, avec l'imaginaire des paysans de l'autre bout de l'Europe ! Sorciers de tous les pays, unissez-vous ? ! Soudain, une merveilleuse compréhension, un langage commun.

   "De mes yeux vu..."  C'est ainsi que tous les témoins, tous les protagonistes éveillent votre confiance, ébranlent votre incrédulité de rationaliste endurcie. Vous ne pouvez pas y croire et pourtant...
 
   J'ai à peu près six ans. Nous avons une vache, source précieuse de notre consommation en lait, fromage frais et crème fraîche (bien que je ne puisse rien avaler de tout cela, leur seule odeur me soulève le coeur). Nous en vendons aussi à quelques voisins qui viennent le chercher vers les 6 heures du soir. Il y en a une parmi eux dont on murmure qu'elle a "le mauvais oeil". Je la vois encore, tout de noir vêtue comme la plupart des femmes ayant passé la quarantaine, le foulard noué sous le menton et le tablier de tous les jours, son pot au lait dans la main. Elle veut à tout prix passer le seuil de l'étable où ma grand-mère est encore occupée à tirer sur les pis, assise sur un petit tabouret et le front appuyée contre le flanc rassurant de la bête qui est reconnaissante d'être ainsi soulagée. Ma grand-mère repousse la voisine vers la maison : "Attends-moi dans la cuisine!" Cependant, celle-ci parvient à glisser un pied dans l'étable et le mal est fait. Le lendemain, à l'heure de la traite, ma grand-mère n'obtient qu'un mince filet sanguinolent à la place du flot épais quotidien. Heureusement, elle sait  ce qui lui reste à faire dans ces cas-là, elle connaît le remède. A l'aube, elle tire quelques gouttes du liquide ensorcelé dans une petite auge qu'elle place sur le seuil de l'étable, puis elle le frappe violemment avec un maillet. Vers le soir, les choses rentrent dans l'ordre : la vache est guérie mais ma grand-mère veut vérifier les effets jusqu'au bout. Elle rend visite à la voisine pour constater qu'elle gît au fond de son lit, couverte de bleus...
De mes yeux vu...
la suite suivra...

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Attila József (1905-1937) * "Flóra"

3 Février 2009, 13:16pm

Publié par Flora


Hexamètres

Croulent les tas de vieilles neiges,
           le zinc de la gouttières fuit,
Fondent les blocs de gel noircis
             que le jus de l'hiver délave
Avant de gonfler d'abondance
             le gargouillis des canivaux.
En-allés les jours si légers,
             ah, le pauvre azur en frissonne !
Mais déjà un rouge désir
             vers l'aube lance sa chemise :
Vois combien je t'aime, inquiet
             de cet éveil, ô ma Flóra !
Ô ravissant dégel, tu as
             arraché le deuil de mon coeur
Comme on libère du bandage
             la plaie, et je prends mon essor !
Me revient le flux de ton nom
             tout de beauté, tout de douceur,
et je tremble songeant aux jours
             d'hier, à ma vie loin de toi ! 
(traduction : Georges Kassai et Jean-Pierre Sicre)

Hexaméterek

Roskad a kásás hó, cseperészget a bádogeresz már,
elfeketült kupacokban a jég elalél, tovatünik,
buggyan a lé, a csatorna felé fodorul, csereg, árad.
Illan a könnyü derü, belereszket az égi magasság
s boldog vágy veti ingét pirral a reggeli tájra.

Látod, mennyire, félve-ocsùdva szeretlek, Flóra !
E csevegö szép olvadozásban a gyászt a szivemröl
mint sebröl a kötést, te leoldtad  -  ùjra bizsergek.
Szól örökös neved árja, törékeny báju veröfény,
és beleborzongok, látván, hogy nélküled éltem. 

1937

 

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Oeuvre de Gilbert * "Soumission" (extrait)

31 Janvier 2009, 10:59am

Publié par Flora

 [...] L'ouverture des sceaux, les cavaliers de l'apocalypse, les anges porteurs de trompettes, le questionnaire s'accéléra. Véronique répondit, avec un stoïcisme digne de l'antique. La justesse de ses répliques n'atténuait en rien le sadisme du tortionnaire,  mais l'amphithéâtre avait basculé du côté de la victime. Les figures hostiles du réveil applaudissaient chacune de ses réponses, un désaveu cinglant pour l'inquisiteur au cheveu rare. Soudain, les jambes se dérobèrent. La femme en blouse blanche abandonna les caresses pour allonger la blessée dans la travée. Une position inconfortable. Les marches striaient le dos, cassaient la nuque. Comprendre les questions qui montaient de la chaire exige maintenant une concentration au-delà de la douleur. Que va dire Philibert ? Véronique s'affole. Jamais elle n'obtiendra sa licence. Pourquoi avoir pris tant de retard ? Sa mère n'aurait pas apprécié qu'elle lui raccroche au nez mais il y avait moyen  d'expliquer, de rappeler plus tard. Elle n'a pas osé. Elle le paye. Un masque à oxygène est posé sur son visage. Va-t-elle, de nouveau, sombrer dans l'inconscience? Qu'est devenu le devoir qu'elle devait rendre ce matin ? En charpie comme la voiture, comme ses jambes ? Sans cette nuit passée à parfaire la dissertation, ses réflexes auraient-ils été mieux aiguisés, au moment où le camion a quitté sa ligne ? Véronique ne veut pas le savoir. La douleur est trop forte. Demain, dans L'Union, on annoncera sa mort :

"L'épouse d'un universitaire rémois succombe dans un tragique accident de la circulation."

L'article insistera sur les mérites de Philibert Mogue, sa réputation flatteuse à l'étranger, ses ouvrages savants. Véronique ne sera, comme toujours, qu'un appendice de son mari.

Un sursaut agita les muscles de Philibert. Son esprit peinait à se remettre en branle, écartelé entre la honte, tous ces regards fichés dans sa direction, et le dégoût : que de laideur dans ces visages, des pommettes embourbées dans une barbe folle, des canines cariées, un nez obtus, une oreille tranchante, des sourcils effilés ! Quelle sélection perverse poussait vers les études de lettres les étudiants les plus laids ? Au premier rang, comme pour mieux le narguer, un rire et une tignasse brune, essaim de pellicules :

 "Vous parlez au mur, monsieur ?" [...] 
extrait de la nouvelle "Soumission" in Le Déchant  éditions Nestiveqnen 2005

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"Cantatrice" * encre (2000)

29 Janvier 2009, 09:44am

Publié par Flora




illustration publiée dans la revue Hauteurs pour le texte de Léa Silhol "Le lied de l'intransigeance"

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