Le blog de Flora

ressenti

L'exposition de Marcoville - un enchantement

19 Août 2022, 19:45pm

Publié par Flora bis

    Le soir approche. D'habitude, c'est l'heure d'arroser avec rapidité et parcimonie mon jardin mouchoir de poche. Cela fait deux jours que la fine pluie m'en dispense. Je me sens soulagée. 

   Jeudi après-midi, avec quatre amies, nous avons visité une exposition extraordinaire à Cambrai. Je n'avais jamais entendu parler de l'artiste original qui l'a créée: Marcoville (Marc Coville). Il utilise des matériaux de récupération en verre et en ferraille qu'il découpe, plie, colorie ou non, selon ses envies et ses rêves, pour donner vie à ses univers joyeux et consolants. 

    Il faut que je voie cette exposition! Cambrai n'est pas loin, la décision est prise entre amies.

   Par goût personnel, je ne suis pas une grande fan des installations. Pourtant, dès le parvis de la Chapelle des Jésuites, le spectacle visuel géant m'attire irrésistiblement. Une forêt d'arbres magiques, colorés, démesurés qui s'avèreront être le jardin d'Eden! Nous nous promenons parmi les troncs rugueux qui attirent nos mains pour les toucher comme des enfants: ils sont en petits éclats de verre, découpés façon mosaïque, colorés ou non, avec des cimes proportionnellement minuscules, ce qui les rend encore plus hauts et inaccessibles. Comment cueillir alors le fruit défendu?...

   Plus loin, un banc géant de poissons, en verre transparent, suspendus très haut sous la coupole de la chapelle: des milliers de poissons qui descendent jusqu'à nous, et s'entrecliquettent aux mouvements de l'air, des ondes de la musique ou du chant!... Des angelots les suivent gaiement, comme pour rendre ce paradis attirant et joyeux. Sans oublier des groupes de vierges découpées en morceaux de verre teinté qui longent les deux côtés.

   L'exposition s'intitule "Lumières célestes". La belle façade et l'intérieur baroques (1678-1694) de la chapelle constitue un écrin idéal pour l'accueillir. Croyant ou non, le spectateur est touché par un souffle invisible de spiritualité, suggérée par la transparence sans cesse changeante des morceaux de verre qui bougent au rythme de ce souffle, généré à la fois par le lieu et par les visiteurs. 

L'exposition de Marcoville  -  un enchantement
L'exposition de Marcoville  -  un enchantement
L'exposition de Marcoville  -  un enchantement
L'exposition de Marcoville  -  un enchantement
L'exposition de Marcoville  -  un enchantement

Voir les commentaires

Eté 2022, très chaud

13 Août 2022, 11:01am

Publié par Flora bis

   Je regarde le paysage presque désert de la blogosphère et moi-même, je deviens muette... Où sont les décisions de publier au moins 4 articles par mois?... Les inspirations, les résolutions retombent comme les branches fatiguées des fleurs de mon jardin, écrasées par les vagues successives de la canicule. Comme tout cela est fragile, dépendant très fort des échos alentours!

   Pourtant, je me dis que d'ici quelques semaines, nous allons geindre aussi intensément à cause de la grisaille, de la fraîcheur précoce, de l'absence du soleil qui séchait le linge en quelques heures, sur le fil, à deux pas de la porte de la cuisine ouverte sur la terrasse. De la disparition du parasol vert, remisé dans la cabane pour un an, avec le tuyau d'arrosage jaune citron qui tentait  -  avec peu de résultat  -  de rafraîchir les parterres de fleurs assoiffées, au soleil couchant...

   Remisés aussi, les souvenirs des dîners sur la terrasse avec amis et famille, le petit café du matin avant que le soleil brûlant ne sonne le repli derrière le volets baissés. Je voyage depuis mon fauteuil, grâce aux centaines de photos reçues presque tous les jours du fond des canyons de l'Ouest américain, des pentes rafraîchissantes des Alpes, des vagues étincelantes de la côte d'Opale...

(photos: ALFA)

Eté 2022, très chaudEté 2022, très chaud

Voir les commentaires

Entre deux mois d'été

30 Juillet 2022, 10:35am

Publié par Flora bis

   Bientôt le mois d'août. Malgré la chaleur insupportable du juillet, je n'attends pas le suivant avec impatience. Il sera caniculaire, fatalement. Avons-nous d'autre choix que le stoïcisme?... J'essaie, au moins, de gagner un peu de temps de vie. Qui file inexorablement, entre les doigts, comme le sable de mes belles plages de l'Océan. C'est en partie cette sensation d'impuissance à retenir le temps, qui m'empêche  -  avec le doute, tenace  -  de plonger dans le travail, au lieu de me laisser couler dans l'engourdissement. 

   Pourtant, le travail agit comme un aphrodisiaque! Si l'on réussit à saisir l'inspiration par la queue, elle peut vous transporter dans des endroits inattendus, vous faire décoller du sol ou au contraire, vous faire creuser jusqu'aux profondeurs inconnues qui font à la fois du mal et du bien... Ce travail vous laisse une satisfaction intense mais fugace, jusqu'au surgissement de la question fatidique: "A quoi bon?..."

 

Nous en avons longuement discuté hier soir avec mon amie M., autour d'un dîner improvisé dans un restaurant. M. faisait partie de l'équipe de notre revue, elle s'occupait plus particulièrement de la rubrique "poésie". Poète elle-même, une très bonne poète, à mon humble avis (et pas que le mien). Elle a 9 ans de moins que moi, je connais des chapitres de sa vie, passionnée, courageuse. Je l'admire à plus d'un titre, mais surtout pour son audace inébranlable: j'ai rarement entendu le mot "impossible" de sa bouche. Enthousiaste, elle se lance dans des projets qui, rien qu'à leur énoncé, me feraient fuir, incrédule. Et avec elle, ça marche! Son énergie chaleureuse entraîne tout le monde derrière elle.

    On a l'impression qu'elle ne connaît pas la peur. 

Voir les commentaires

Un samedi soir au cinéma

24 Juillet 2022, 18:15pm

Publié par Flora bis

   Entre 16 et 17 heures, j'ai passé rapidement la tête par la porte de la cuisine. Une chaleur insoutenable m'a coupé le souffle et j'ai vite fait marche arrière. L'après-midi, le soleil tape de toute sa vigueur sur ma terrasse et le parasol que j'ouvre avant midi, ne fait qu'atténuer tant bien que mal sa force dévastatrice. Les plantes cherchent à respirer, elles aussi mais pas la moindre brise... Les oiseaux se taisent, se planquent comme ils peuvent dans les branches.

   Pour apporter un peu de fraîcheur à l'ambiance suffocante, je me réfugie dans le souvenir de la soirée d'hier. Il faut dire qu'il faisait au moins 10° de moins et cela se sent! Quelques jours plus tôt, mon amie Martine a eu la bonne idée de proposer une sortie cinéma pour le weekend. Nous avons eu du mal à dénicher un film tentant: le choix estival est maigre entre les bagarres violentes et gratuites à l'américaine, les comédies éculées ou les dessins animés...  

   Finalement, notre choix s'est arrêté sur "La nuit du 12"  de Dominik Moll (dont j'ai beaucoup apprécié en 2000 le premier grand succès, " Harry, un ami qui vous veut du bien"!). Nous étions une dizaine dans la salle  -  déjà, le parking clairsemé détonnait pour une séance de 19h30 de samedi soir! Est-ce que la moitié de a ville serait partie en vacances?... 

   J'aime ce genre de faux-policier, son rythme par moment alangui, subitement accéléré puis retombé, entre espoir et abattement, indifférence raisonnée et obsession envahissante... Il s'intéresse plus aux hommes qu'à l'énigme à résoudre. Les plus légers frémissements des visages en gros plan en racontent davantage que les rebondissements spectaculaires, ils renferment plus de tension que les mots (Bastien Bouillon et surtout, l'extraordinaire Buli Lanners!).  A la fin, nous restons scotchés sur nos fauteuils, regardant défiler le générique mais à sa place, ce sont les images du film qui reviennent nous hanter. 

 

Voir les commentaires

Positiver

18 Juillet 2022, 10:03am

Publié par Flora bis

   Cela va faire une semaine que la solitude m'a retrouvée.

   Dans l'intervalle, j'ai fait le plein à ras bord de la conversation, de plus, dans ma langue maternelle, ce qui m'arrive, en temps normal, très rarement. Cette gymnastique m'a fait du bien, secouant mes cellules grises depuis trop longtemps alanguies, la canicule aggravant leur cas.

   La canicule! Je sais qu'il faut me mettre désormais à l'abri, et cela me fait miroiter la perspective peu joyeuse du rétrécissement progressif de mes plates-bandes déjà relativement modestes... D'accord, je suis une grande résiliente dont je suis la seule à connaître les vraies capacités et performances. Mais ces perspectives, déjà bien écornées par les nouvelles catastrophistes du monde qui pleuvent sur nous des média, finissent par entamer le moral.

   Pourtant, je lutte! J'essaie de trouver du réconfort, du plaisir même dans le moindre petit détail qui me tombe sous les yeux, sous la main, non sans remarquer la supercherie: suivre les conseils des gourous modernes qui s'emploient à nous inculquer de nous contenter du minimum, laissant le plus gros à ceux qui en ont déjà trop!... A nous, les plaisirs minuscules, nous avons la capacité de les voir, de les mériter... Ils sont à notre portée, il suffit de... Sinon, tant pis pour nous, ce sera de notre faute!...

   Je regarde les fleurs sur ma terrasse. Je les place du côté nord-ouest, dans l'ombre, je les arrose soigneusement. Je regarde les rosiers en train de griller du côté opposé, malgré les soins que j'essaie de leur apporter. Certes, je peux encore dîner sous le parasol, regarder les paysages du Tour de France... Grâce à la canicule, je ne suis pas appelée irrésistiblement dehors par le beau temps d'habitude si rare dans notre Nord...

Positiver
Positiver
Positiver

Voir les commentaires

Une visite familiale qui fait du bien

13 Juillet 2022, 11:38am

Publié par Flora bis

   Plus de quinze jours sans pouvoir revenir sur mon blog! La raison de mon absence a été la visite de ma nièce et de son mari, venus de Hongrie pour une dizaine de jours. Ce n'était évidemment pas pour la première fois mais c'est toujours un plaisir renouvelé. Même si physiquement, ils peuvent constater d'année en année mon glissement progressif sur la pente fatidique, la joie, les rires et les conversations plus approfondies, sérieuses, touchant à l'essentiel, les émotions à fleur de peau et les éclats de rire valent une cure de vitamines! Chaque fois que nous nous sommes mis autour d'une table, ne serait-ce que pour un café, un rafraîchissement ou un repas improvisé sur la terrasse, sous le parasol ou pendant nos promenades, c'était l'occasion d'échanger des choses et d'autres, du passé et du présent, de la politique, de notre vie personnelle et des souvenirs... Des idées, des principes à l'aide desquels nous essayons de gouverner, tant bien que mal, nos vies... Echanger pour mieux connaître, mieux comprendre l'autre. 

   Ildikó, très sympa se demandait sans cesse comment me soulager, Győző étant un fieffé bricoleur, a réglé un tas de problèmes dans ma maison qui traînaient parfois depuis des années, faute de pouvoir les régler moi-même et qui m'empoisonnaient la vie, rien qu'en tombant sous mes yeux... Bref le bonheur pendant plus d'une semaine! 

   Sans parler du week end que nous avons passé à Paris chez mon fils, très attaché à sa cousine. Ils nous ont reçus chaleureusement, dans leur nouvelle maison. Samedi, ils se sont promenés toute la journée dans Paris. Je suis restée à la maison avec une de mes petites-filles, patraque comme moi, pour souffler... Dimanche, nous avons visité ensemble le superbe château de Vaux-le-Vicomte et son jardin conçu par Le Nôtre. Un souvenir exquis!...

(quelques photos pour illustrer le week end)

   

 

Une visite familiale qui fait du bienUne visite familiale qui fait du bienUne visite familiale qui fait du bien
Une visite familiale qui fait du bienUne visite familiale qui fait du bien
Une visite familiale qui fait du bienUne visite familiale qui fait du bienUne visite familiale qui fait du bien

Voir les commentaires

Retrouvailles

26 Juin 2022, 12:15pm

Publié par Flora bis

   Hier soir, notre association fermait la saison annuelle, avant les départs en vacances pour ceux qui le feront, avec un repas. Nous avons rempli la grande salle d'une auberge à la campagne. 

   J'y allais en traînant les pieds (dans le sens propre et figuré). Depuis les mois de l'enfermement dû à la Covid, auquel j'ai eu tant de mal à me plier, je suis devenue casanière, véritable et tenace. Dominée par une inertie triomphante, j'ai du mal à me motiver pour mettre le nez dehors. "Tiens, ne serait-ce pas une façon de préparer ma demeure éternelle et reposante?... Bah, de toute façon, il faudra s'y résigner un jour, tant qu'à faire, préparons le terrain..." Voici un des méfaits des deux dernières années sur moi qui adorais les sorties et l'improvisation. Je deviens une petite vieille qui redoute toute bousculade de ses petites habitudes, de ses frontières minuscules. Une vie en veilleuse, en somme.

   Finalement, je suis contente de m'être laissée convaincre d'y aller. J'ai retrouvé des ami(e)s que je n'avais pas vu(e)s depuis longtemps. Nous nous sommes pris dans les bras, geste oublié et même interdit pendant les longs mois de l'épidémie. Maintenant encore, impossible de ne pas marquer une petite hésitation avant l'étreinte serrée (qui devient de plus en plus rares, de toute façon, avec l'âge et qui condamne les vieux solitaires à s'étioler comme les plantes oubliées sans arrosage...) Aux temps désormais lointains, nous nous embrassions (cette habitude d'embrassades abondantes à la française que j'ai trouvée à l'époque exagérée), nous nous serrions la main, geste pour beaucoup remplacé par le poing fermé tendu vers vous comme une menace... Ou par le coude, à la façon d'une intention de vous tourner le dos, de vous éloigner... L'un comme l'autre pour moi impossibles à accomplir.

"Oiseau" de Andrea Vertel, céramiste hongroise

"Oiseau" de Andrea Vertel, céramiste hongroise

Voir les commentaires

Histoire de blogs

21 Juin 2022, 17:23pm

Publié par Flora bis

   Ce blog aura bientôt 14 ans. Le genre me convient, même si bientôt, je serai la dernière à m'y attacher. Il m'a beaucoup donné.

   L'idée d'en ouvrir un autre, totalement secret et anonyme, m'effleure de temps en temps.

   Oui, je sais, c'est le poids de l'image initiale, celui de l'obligation d'y correspondre, qui me pèse parfois. Me conformer à l'attente que j'ai suscitée moi-même en instaurant ses contours que je m'interdis de dépasser. Depuis bientôt 14 ans que je la lisse sur mon blog, d'abord avec une certaine fébrilité, puis avec plus de routine. Je ne peux même pas dire qu'elle soit fausse... Simplement, elle me serre un peu aux entournures... C'est aussi moi. Mais pas que...

   Alors, je crois, un jour je le ferai. Je n'ai plus beaucoup de temps à gaspiller pour quelques audaces même minuscules. Seulement, il faudra bien choisir mon pseudo, ma carapace, mon armure étanche. Car, je crois, je ne serai jamais un héros véritable. Mais au moins, je me défoulerai en secouant le carcan de l'autocensure. Quitte à perdre quelques plumes au passage.

Histoire de blogs

Voir les commentaires

Un orage bienfaisant

18 Juin 2022, 16:51pm

Publié par Flora bis

   Pour commencer par une constatation fort peu originale : il fait CHAUD!  Je suis barricadée à l'intérieur de ma vieille maison de 100 ans, derrière ses murs épais. J'ai du mal à m'imaginer dans un appartement HLM en préfabriqués (je sais de quoi je parle : j'étais alors jeune et résistante et la canicule semblait plus clémente!) A présent, je rentre peu à peu dans la catégorie des vieilles dames qu'il faut surveiller et arroser par temps de grosses chaleurs comme des plantes rares et fragiles.

   Je continue l'article commencé hier soir, par la matinée rafraîchie du lendemain, avec une petite laine sur les épaules! Soulagée sous le ciel gris, humant l'odeur de la pluie nocturne qui monte du jardin. Il était temps! Les oiseaux se remettent à chanter, eux aussi. Le soleil commence à briller, timide, radouci pour le moment, tel comme nous l'aimons. C'est la Fête des Pères. Ni mon fils, ni moi n'en avons plus. Le mien aurait 100 ans, celui de mon fils 72... En ce qui concerne le second, je suis sûre qu'il détesterait cette phrase, lui rappelant le temps qui file, impitoyable! Il est mort à 56 ans et à la quarantaine déjà, il supportait mal l'idée de vieillir, de subir le "naufrage" en marche de l'individu. Bien loin du sentiment de "la maturité triomphante" dont je me délectais, au même moment... 

(photo: Chypre, 1990)

 

   

Voir les commentaires

De l'âge

5 Juin 2022, 12:17pm

Publié par Flora bis

   L'administratrice de notre blog commun (en hongrois, animé depuis 2010 par une bonne dizaine de graphomanes) nous a proposé le thème du mois: époques, âges (le même mot en hongrois), avec l'interprétation libre du sujet. 

   Je cède à la tentation de faire le tour du sujet en français aussi. Après tout, j'ai vécu deux-tiers de ma vie "en français"... Pour canaliser les idées, pour y instiller un peu d'organisation, je choisis l'approche qui semble la plus simple : ma vie. Je la découpe en périodes, "époques" pour revenir au mot du sujet, car dans ma tête, ma vie est bel et bien divisée en périodes successives qui se juxtaposent, s'enrichissent, signifiant que j'avance dans l'âge, en un mot : que je mûris. Bien sûr, ces périodes n'ont pas de frontières bien définies, cependant on sent bien distinctement vivre quelque chose de différent.

   L'enfance... Inconscience, légèreté, du moins dans mes souvenirs, nourries par la confiance illimitée en mes parents qui font en sorte que, en dépit des difficultés bien réelles des années 1950, mes souvenirs restent toujours, toujours ensoleillés, sur fond de ciel bleu immaculé. (Je garderai l'allégorie météorologique pour la suite aussi.)

   L'adolescence... C'est le réveil de la conscience. J'ai un appétit sans borne pour la lecture, première porte ouverte sur le monde. Le cordon ombilical de la confiance infinie en les parents se rompt : on a besoin de voir, de juger par soi-même. De résister, de contredire. Besoin de solitude  aussi, pour réfléchir, pour formuler en écrivant, en dessinant, ce que je traverse au fond de moi. Le soleil alterne avec les nuages, quelques orages somme toute modérés traversent mon ciel bleu.

   La jeunesse... Entre 18 et 35 ans (oui, je suis assez généreuse avec moi-même!) Commençant aux années 1960-70... Mes années d'étudiante, elles sont très importantes, surtout l'année et demie passée en stage linguistique en Russie. La vie d'adulte nous attend. Avec mes amies, nous en discutons énormément, nous avons beaucoup de rêves et très peu d'expériences... C'est mon premier séjour à l'étranger, je dois me débrouiller seule en toute circonstance, loin de la famille. Puis le travail nous accueille. Ensuite, le grand saut dans l'inconnu : mon mariage avec G. et le début des longues années à travers des pays et parfois des continents. Parallèlement, c'est aussi l'apprentissage de la vie à deux, avec ses rapports de force et ses compromis nécessaires, les illusions naïves quelque peu malmenées pour les deux... L'allégorie météorologique raconte des vents printaniers, des étés torrides et quelques passages de fronts...

   L'âge adulte... Entre 35 et 65 ans. Ce n'est pas un voyage sans secousse et nous apprenons les difficultés de la vie, les maladies et les deuils. Des soleils des naissances aussi. Le destin nous soumet à des épreuves très lourdes. En y repensant, je ne sais pas comment j'ai fait pour les traverser, pour faire face... Rester debout malgré tout, cela révèle des forces insoupçonnées en nous. Et laisse des traces indélébiles, aussi bien des jours ensoleillés que des tempêtes dévastatrices.

   La vieillesse maintenant... Je chemine vers elle ou j'y suis déjà? Parfois, je surprends sur une photo plus récente, un visage fatigué dont l'ovale s'est effacé, la peau défraîchit lentement, encadré des cheveux de plus en plus grisonnants... Serait-ce moi? Il me reste à faire la paix avec l'inéluctable et à marchander avec le destin quelques concessions pour que le chemin devant moi soit le plus riche et le moins humiliant possible.

De l'âge

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 > >>