Le blog de Flora

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Qu'ai-je en commun avec Lady Jane?

21 Juillet 2023, 12:30pm

Publié par Flora bis

    Une véritable obsession, celle de perdre mon temps, me tourmente (taraude, tenaille, tarabuste, turlupine, tracasse, torture etc  -  tiens, bizarrement tout me revient en "t"!...), m'empêche d'avoir l'esprit détendu et de profiter du soleil, écoutant mes envies. Mais en ai-je encore, vraiment?... Les temps ont bien changé.

   La mort de Jane Birkin a suscité une avalanche de réactions, bien plus que l'on n'aurait imaginé à propos de la disparition d'une chanteuse et actrice de son envergure. Sa vie, publique et privée  confondues, libre et inspirante s'est déroulée devant les yeux des spectateurs. Ce que la nostalgie ressuscite à travers sa figure est plus que l'artiste : c'est toute une époque qui semble avoir été un véritable âge d'or à nos yeux d'aujourd'hui. Comme d'habitude, le bonheur ne devient palpable que dans le rétroviseur. 

   "La ballade de Jane B. s'enracine évidemment dans tout ce qu'elle a incarné à ses débuts et continue à charrier dans nos imaginaires : la décontraction iconoclaste du Swinging London; un érotisme longiligne qui a renversé sur son passage les canons pulpeusement établis de la beauté; le couple scandaleux et passionné qu'elle a formé avec Serge Gainsbourg. Gainsbourg, dont sa voix toujours jeune et toujours au bord de se briser a si bien interprété les chansons." (éditorial de L'Obs du 20 juillet 2023, G. Leménager)

   Nous sommes à un an de près de la même génération. Tout le reste nous sépare. Elle, fille d'un Occident qui brise les carcans de la société engoncée dans la bien pensance conformiste de l'après-guerre, suivie de l'ère d'une consommation triomphante et abondante. Moi, je vis de l'autre côté du "rideau de fer", dix ans après la révolte d'octobre 1956 et son écrasement dans le sang, suivis de la consolidation du régime. Je suis étudiante à la fac et les échos lointains du Mai 68 et du Printemps de Prague nous arrivent, même filtrés par le pouvoir.

   Le régime est obligé de desserrer l'étau. Nous commençons à respirer un peu. Bien sûr, la censure  -  et même une certaine auto-censure  -  régnent, nous savons jusqu'où nous pouvons aller trop loin pour préserver les maigres mais précieux acquis. C'est ainsi que nous pouvons communier maintenant dans la (presque) même nostalgie de cet "âge d'or" si court qu'était notre jeunesse partagée...

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La toile de notre vie

30 Juin 2023, 12:35pm

Publié par Flora bis

   Il ne reste plus qu'un jour de ce mois de juin si chaud, dans le sens propre et figuré. Je me prépare à un été plutôt solitaire que je redoute, tout en ayant envie de m'immerger dans un sentiment de quiétude (que j'imagine mais qui ne se réalise jamais). 

   Dans une semaine, ce blog atteindra son quinzième anniversaire... De nos jours, cela semble presque canonique pour un genre qui se fait dépasser allègrement par de nouvelles modes de communication, tendant vers encore plus de narcissisme, plus d'images et moins de mots... Moi, j'en ai besoin, sans doute bien plus que mes rares mais d'autant plus précieux lecteurs. Il m'offre la discipline de m'exprimer dans ma langue d'adoption, un exercice régulier de faire le point, de plonger dans la mémoire, d'échafauder une réflexion qui permet de laisser une trace éphémère, encore plus fragile qu'un journal de bord en papier. Une trace pour qui? Avant tout, pour moi-même. J'ai bien retenu le choc et le regret d'une prise de conscience soudaine au début de ma solitude: quel avait été le tissu de mon quotidien AVANT, ces événements "sans importance" qui constituaient pourtant l'essentiel de mon histoire? J'avais bien des souvenirs aigus des moments saillants, heureux ou tragiques, mais une somme de décennies entières était tombée dans les oubliettes!... Je me souviens des époques mouvementées, des voyages, des souffrances et des joies, chaque étape ayant une couleur différente. Ce sont pourtant des aplats presque invisibles qui constituent la couleur de fond de notre vie, celle qui s'efface avec humilité devant les pigments éclatants des figures et des volumes des émotions dominant la toile...

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Fort Mahon Plage, 2012


 

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La nostalgie des étés bleus

15 Juin 2023, 10:19am

Publié par Flora bis

   J'en ai marre de cet état de mollesse à regarder défiler les jours torrides, incapable de bouger, avachie derrière les volets clos, tandis que la vie s'échappe vers le large. Préserver ma petite existence devenue fragile, surveiller température et hydratation. Mon impuissance m'enserre, je suis prise au piège d'algues invisibles et visqueuses...

    De plus, j'en ai rêvé, de ces jours clairs, sous le soleil immobile, des lessives qui sèchent en une heure, sans avoir besoin de les programmer tout en scrutant le ciel d'un oeil inquiet. Des heures alanguies sur la terrasse, petite brise sous le parasol... A la place? Le point le plus chaud de France: Lille plus torride que Perpignan! Le jardin suffoque de la chaleur et du MANQUE d'EAU ! Un monde, décidément, à l'envers.

   Cette posture de "jamais contente" me gêne et j'entends déjà les reproches: "Faudrait savoir!" Printemps, étés dans la goutte froide, sous un ciel toujours maussade à regarder le défilé des nuages lourds de pluie  -  ou les canicules de plus en plus précoces et de plus en plus prolongées durant tout l'été... Faut-il tomber dans les extrêmes? Au fond, ce dont j'ai l'envie et la nostalgie, ce sont les étés bleus, chaudement équilibrés de mon enfance et adolescence, tapis quelque part dans mon ADN... Et la jeunesse avec.

La nostalgie des étés bleusLa nostalgie des étés bleus

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Sol invictus - pour le moment... et toujours ça de pris!

4 Juin 2023, 10:47am

Publié par Flora bis

   Je n'en reviens pas... IL🔆 est toujours là, sur la toile bleue immaculée, atténué par une petite brise qui rend sa chaleur tout à fait supportable à 25° -  26°! A des rares moments semblables, je cherche immanquablement le bouton à arrêter le temps!...

C'est la Fête des Mères. Quoi qu'on en pense : commerciale? (il faut bien que les commerçants vivent aussi!), obligatoire, formelle, forcée? (pas nécessairement, cela dépend de la sincérité de nos sentiments!). Elle donne l'occasion de nous pencher un instant sur notre sort de mère, les plaisirs immenses, les liens très intimes et indestructibles qui nous lient à notre progéniture. Sur le pouvoir démesuré que ce lien nous donne ou fait subir. Nous l'avons vécu en tant que l'enfant d'une femme et nous avons connu cette place privilégiée à notre tour. Je ne cesse de l'explorer sous ses formes multiples et passionnantes. 

   Je la fêterai toute seule (mais est-on vraiment seul dans l'écriture?) car nous avons pris de l'avance le week-end dernier chez les enfants qui nous ont gâtés. Hier, j'ai prolongé la semaine agréable en compagnie de mon amie E. pour une sortie cinéma qui s'est terminée dans un petit resto très agréable, profitant des jours de plus en plus longs. 

   Le film? "Jeanne Du Barry" de Maïvenn Le Besco, projeté en ouverture du festival de Cannes de cette année. Il divise les critiques que j'ai évité de lire pour ne pas être influencée. A part les dialogues maigres et pauvres, l'éclairage fatiguant à la bougie qui transformait les scènes intérieures en jeux d'ombres, j'aimais bien les images de Versailles, le palais, les jardins, la cour dont l'étiquette dénuée de naturel mais gorgée d'hypocrisie, de raideur, de mépris et de jalousies mesquins rendaient la figure de Jeanne plus singulière et plus humaine. Et j'aimais bien Maïwenn dans le rôle. Johnny Depp, roi vieillissant, se déplaçait comme sa propre statue raide et poudrée, le regard à peine vivant pour exprimer le moindre sentiment  -  et cela jusqu'à son dernier soupir qui lui a permis de prononcer enfin les seuls mots sincères... Notre Jeanne, après avoir connu le faste, a dû retrouver son "extraction modeste" et mourir à 50 ans.

   Le petit dîner nous a permis de déguster avec gourmandise un menu digne d'un restaurant gastronomique! (du bar avec des petits légumes à peine croquants et accompagné d'une sauce divine et légère, en dessert, un pain perdu généreusement arrosé d'une sauce encore chaude de caramel au beurre salé et une boule de glace au même caramel...) Une perdition!...

   

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Incroyable!

31 Mai 2023, 09:40am

Publié par Flora bis

   Incroyable! J'ai peur de le crier sur tous les toits : le SOLEIL est toujours là, comme si c'était un vrai été  -  sans qu'il nous étouffe par des canicules à nous rôtir à petit feu!... Souvent, ce genre de cri de joie poussé par un bonheur subit fait partir le soleil pour des semaines! Alors, la plupart du temps, on l'observe en ouvrant les volets, on calcule avec parcimonie si on peut mettre en route une lessive, tout en écoutant les miaulements déchirants des ébats amoureux des chats du voisinage.

   Bref, un beau temps comme j'aime, clément pour les vieilles dames qui s'activent dans leur jardin en bravant les pollens invisibles qui voltigent dans l'air et qui les feront tousser, larmoyer sans pitié, des heures durant... Mais les caresses du soleil sur la peau, ça n'a pas de prix, surtout que d'autres caresses se sont évanouies dans un passé lointain, mettant en péril la production des hormones du bonheur...

   J'ai passé presque 5 jours chez les enfants, sous un soleil identique, noyée dans la verdure envoûtante des arbres centenaires de leur jardin, du marronnier qui perd ses derniers pétales, de l'acacia qui résiste encore, du cerisier gigantesque dans lequel une nuée d'étourneaux a élu domicile pour voler les cerises dans les branches inaccessibles. 

   Nous avons assisté au spectacle de fin d'année de la troupe des élèves du lycée de ma petite-fille aînée, une pièce du Musset exigeante, jouée avec un succès considérable et mérité! Nous avons réitéré les plaisirs du spectacle samedi soir à Paris, en famille, en allant voir "Chers parents" au Théâtre de Paris, un pur amusement dont nous avions grand besoin, en guise de cadeau de fête des mères et de pères  -  que nous étions nous-mêmes, presque tous...

   

Incroyable!
Incroyable!Incroyable!

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La saison du parasol vert a débuté!

18 Mai 2023, 20:45pm

Publié par Flora bis

      Après des jours et des semaines gris sous une petite pluie assidue, nous reprenons enfin notre respiration, tournant nos visages pâles vers un soleil encore timide. Il permet toutefois de tondre la pelouse et de sécher les draps. La météo nous fait miroiter l'arrivée de la vraie douceur printanière. Bientôt. Enfin! Ce ne sera pas trop tôt!

   Hier soir, j'ai assisté à une énième réunion associative très chaleureuse, bien que la saison des longs weekends ait clairsemé nos rangs. Des exposés originaux, suivis des échanges intéressants et des anniversaires à fêter ont réchauffé l'atmosphère et nous nous sommes quittés à minuit passé. De tels moments laissent des traces réconfortantes, réparatrices, dans l'âme éprouvée par la solitude, par les découragements passagers dûs aux vicissitudes de l'âge et de l'époque anxiogènes.

   Aujourd'hui, jour de l'Ascension, je me suis offert une journée de détente dont j'avais grand besoin. J'ai remis à plus tard des courses-corvées, préférant de loin l'après-midi sur la terrasse, à l'ombre du parasol vert (oui, à l'OMBRE, vous l'avez bien lu: le soleil a cessé enfin de jouer à cache-cache avec les nuages!), en compagnie d'une amie chère. Nos thés et cafés partagés nous donnent, la plupart du temps, beaucoup d'inspiration pour évoquer des anecdotes, pour confronter nos idées et pour échafauder des projets pour l'avenir.

 

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Le sabot de cheval finit toujours par dépasser!...

11 Mai 2023, 09:56am

Publié par Flora bis

   Dehors, la pluie tombe avec douceur et constance. Depuis que l'on nous effraie avec des pronostics catastrophistes  -  qui se réaliseront peut-être, je ne suis pas "climatosceptique"  -  je n'ose même plus critiquer ce printemps pourri qui m'enfonce dans la gadoue de la déprime... On agite le spectre de la désertification, de la bagarre pour l'eau, de la disparition des insectes, donc, petit à petit, de la vie...

   Je cherche désespérément des sujets qui pourraient me revigorer, non pas au prix des efforts de faire-semblant qui, de toute façon, n'arriveraient pas à dissimuler "le sabot de cheval qui dépasse".*.. (*l'expression courante que j'utilise, traduite du hongrois - "kilóg a lóláb" - signifie qu'on a beau faire semblant, on n'arrive pas à cacher la vérité. Elle fait allusion à l'apparition du diable déguisé en humain mais démasqué par les sabots de cheval à la place des pieds humains qui dépassent de sous sa cape.) En un mot, j'aurais du mal à cacher que j'ai le moral dans les chaussettes!

 

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Une pile rouge

23 Avril 2023, 12:06pm

Publié par Flora bis

      Depuis samedi midi, une pile rouge attend sur ma table, une trentaine de bouquins de taille moyenne, plutôt minces. J'y jette un coup d'oeil rapide en passant, sans m'attarder, je les effleure au plus, sans les ouvrir. Une foule de sentiments contradictoires m'envahit. J'ai du mal à les canaliser, trier, décortiquer.

   Ce sont mes premiers livres. J'ai attendu leur livraison avec une certaine impatience. Cela semble toujours très long, peut-être pour estomper la fébrilité et prolonger le plaisir, apaisé, semblable à la naissance d'un enfant.

   Pendant longtemps, l'écriture ne faisait pas partie de mes quêtes, de mes douces obsessions. C'était le terrain de jeu naturel de Gilbert, un jeu de vie ou de mort, devenu peu à peu celui de la survie à une mort de plus en plus menaçante. Implacable, annoncée, certaine. Que l'on maintient à distance à l'aide des mots. J'ai été étroitement associée à ces sortilèges magiques et désespérés.

   Mes infinis questionnements ont débuté après sa mort, avec son urne et la petite boîte secrète contenant un peu de cendre quémandée pour moi, les deux si chaudes encore dans mes mains. Comment déchiffrer le grand mystère qui s'est joué sous mes yeux?... Les mots affluaient, comme un torrent libéré et commençaient à remplir des cahiers à spirale, des pages virtuelles des ordinateurs. Essentiellement en français, ma langue d'adoption. Gilbert s'ennuyait-il dans l'au-delà, coupé des mots, voulait-il prolonger l'acte d'écrire en me tenant la main?... Mon esprit cartésien résiste. Il m'a peut-être simplement autorisée à reprendre l'écriture que j'avais abandonnée à 17 ans, sous l'effet d'une phrase critique de mon professeur préféré. Cette pile rouge serait-elle enfin le symbole de ma légitimité dont la quête remonte, peut-être bien, encore plus loin?... 

 

Editions Le texte et la parole, 2023

 

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Bouquet multicolore

20 Avril 2023, 10:19am

Publié par Flora bis

   Comment traduire en français l'expression hongroise "százágra süt a nap"? Je connais bien sa signification : "le soleil brille" mais c'est succinct, il manque l'image mentale de la grande roue de feu, avec ses centaines de rayons qui fusent! Pas la petite boule pâlotte, entourée d'un halo indécis qui diffuse, au mieux, une tiédeur parcimonieuse, prompte à se cacher derrière les nuages. En regardant la terrasse de ce matin, l'expression refait surface des lointains de mon enfance, le plus souvent de la bouche de ma mère que le soleil dope généralement d'une énergie puissante et inépuisable qu'elle essaie d'insuffler vainement à la maisonnée, à l'exception de mon père qui n'a guère besoin de dopage.

   C'est de cette énergie dont j'avais envie depuis le début de la semaine pour recevoir des amies de longue date. En général, l'essentiel de mon énergie passe dans la cogitation autour du menu même si c'est la conversation que j'attends avec le plus grand intérêt. Cette fois-ci, apparemment, je me suis sortie honorablement des défis culinaires, à en juger aux réactions des convives.

   Lucienne et Yana, je les connaissais d'abord indirectement : c'est mon mari qui avait le contact régulier avec elles par son travail. Après son décès, ce contact est devenu plus personnel pour se transformer en amitié.

   Yana est d'origine bulgare, ce passé constitue un point commun entre nous, certaines de nos références sont semblables. Lucienne est romancière et notre revue avait accueilli quelques uns de ses textes courts. Nous nous sommes revues assez régulièrement, lors des salons du livre ou chez les unes et les autres, même si les années Covid ont provisoirement stoppé ces retrouvailles. Je suis son oeuvre attentivement. Elle-même a commenté mes premières publications avec des encouragements, ce qui a fait du bien à mon indécrottable pusillanimité. Elles font partie du bouquet multicolore et précieux de mes amitiés qui m'aident à vivre.

Bouquet multicolore

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Où sont passés les Pâques d'autrefois?...

7 Avril 2023, 12:05pm

Publié par Flora bis

   Dimanche et lundi de Pâques approchent. Pour moi, ce seront des jours ordinaires que je passerai probablement seule, les ami(e)s occupé(e)s avec leurs familles, mes enfants en voyage. Je suis contente pour eux, ils avaient grand besoin de se changer les idées. La solitude ne me chagrine pas : heureusement, en bientôt 17 ans, j'ai appris à occuper le temps agréablement en ma compagnie aussi.

   C'est bien loin, il est vrai, des effervescences d'autrefois, des préparatifs joyeux dans la maison de mon enfance, préalablement rafraîchie sous le soleil printanier, remplie des effluves du jambon et des saucisses maison qui cuisent doucement, en compagnie des oeufs, dans une énorme marmite qui ne sert qu'à cette occasion. Le défilé des "arroseurs" dont mon père tient à être le premier, à l'aube, versant une bonne rasade d'eau fraîche sous ma couette pour me tirer du sommeil... C'est pour la bonne cause : pour assurer ma bonne santé pour le reste de l'année! Les garçons qui sonneront à la porte jusqu'à midi, utiliseront de l'eau de Cologne de parfums divers dont le cocktail donnera un mélange lourd et inextricable... En échange, ils recevront un oeuf coloré et une pièce qui gonflera leur argent de poche. 

   Ici, en France, ce coutume n'existe pas. Cela fait bien longtemps que personne ne "m'arrose" plus et cela se ressent à ma petite santé... Là-bas, les parents reposent au cimetière. Je me rends compte avec stupeur que c'est à mon tour de prendre leur place, en première ligne du barrage contre la mort. Le soleil est présent mais ne réchauffe plus la maison de l'enfance, à part les rares moments d'été où nous y allons. A Pâques, les effluves alléchantes du jambon fumé et de la brioche vanillée me manquent... Irrémédiablement.

  

Où sont passés les Pâques d'autrefois?...Où sont passés les Pâques d'autrefois?...

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