Il faut le bon terreau et un peu de soleil pour que la plante ait envie de percer à la lumière. J'imagine la graine soudain réveillée de sa torpeur dans l'abri obscure de la terre, poussée par des forces mystérieuses vers la surface... Dehors, une vie pleine de dangers mais aussi pleine de triomphes possibles l'attendent. IMPERATIF secret d'obéir à des appels inconnus, de quitter son cocon douillet pour affronter le monde extérieur : le vent parfois glacial, le piétinement agressif ou indifférent, mais aussi le soleil ou un regard sensible plein de grâce rendue.
Si je me suis laissée emporter à "broder" cette allégorie avec autant d'ardeur, c'est que la naissance de l'envie de créer (qui précède de loin l'idée du sujet dans mon cas) m'intrigue depuis si longtemps. Certaines personnes m'ont affirmé avec autorité que c'était impossible! Je ne le crois pas puisque je le vis tous les jours. C'est peut-être la raison de mes interminables hésitations, de mes éternelles insatisfactions car j'ai du mal à trouver LE sujet qui serait à la hauteur de cette envie irrépressible.
Après le mois de décembre bruyant et pressé, plein de bulles de champagne et de lumières clignotantes, de papiers cadeaux froissés, de tables et de coeurs en fête, beaucoup d'entre nous - surtout les solitaires - ont l'impression d'être tombés dans le vide. Le contraste est trop brutal. Pour ma part, j'essaie d'opter pour une transition en douceur.
"J'habitue mon coeur au silence, ce n'est pas si difficile..." ces mots du grand poète Attila Jozsef me viennent invariablement en mémoire. J'aime imaginer ce silence accueillant, feutré, habillé de velours... A la place des guirlandes joyeuses, j'allume une seule bougie. Recueillement. Avec moi-même, avec les images souvenirs fugaces, avec les lendemains auxquels il faudra donner un sens.
J'ai envie de plages à marée basse où je pourrais me promener sur le sable dur qui laisse voir les résidus déposés au fond, coquillages vides, cailloux polis par les vagues salées. Envie du vent pénétrant et régénérant de l'hiver qui balaie la pesanteur du passé pour emmener la lente germination d'un futur qui sera, peut-être, encore possible.
Commençons par les traditionnels adieux à l'année 2021. Elle avait suscité tant d'attente de voir la pandémie enfin disparaître! Après une deuxième année éprouvante, nous constatons, vaccinés de multiples fois, que nous devons encore et toujours nous escrimer avec un énième variant du virus qui se lance à l'assaut de notre santé physique et mentale et de notre économie! La majorité des gens, fatigués, blasés mais relativement disciplinés, tiennent bon, comprenant que parfois, se déclarer combattants de la sacro-sainte liberté correspond à une attitude irréfléchie et purement égoïste.
Pourtant, une petite minorité continue à faire du bruit et de la résistance aux vaccins (parfois avec violences non seulement verbales), grâce aux réseaux sociaux souvent irresponsables et plus enclins à gober les facilités des gourous "savants" ou des complotistes obscures que d'écouter les explications scientifiques. Cela demanderait, il est vrai, un minimum d'efforts intellectuels. On a l'impression qu'être "contre", c'est leur façon de se donner l'illusion d'exister.
En dépit des tracas, le nouvel an a bel et bien débuté. J'essaie de ne cultiver aucun espoir, de n'échafauder aucun château en Espagne. J'ai plutôt envie de consolider les quelques fondations bancales sur lesquelles repose ma vie. Drôle de vie, en tension éternelle entre le physique qui, progressivement, lâche la rampe, et le mental qui refuse d'abdiquer : avec obstination, la jeune femme de jadis dédaigne de céder la place à celle de maintenant. Le mental tente de s'accrocher à la vivacité de l'esprit, à la curiosité inextinguible, à l'émotion parfois débordante mais contrôlée la plupart du temps, à l'autodérision comme remède à la tentation de se prendre trop au sérieux... En un mot, à écouter avec Modération les injonctions de la Sagesse qui vous pousse à la Résignation...
Nous pataugeons dans la morne saison des jours qui semblent ne s'être levés qu'à moitié, gardant leur pyjama et le lit ouvert, au cas où l'envie d'y replonger serait la plus forte... Nous traînons les pieds du fauteuil au canapé et inversement. D'un oeil blasé, nous balayons le jardin déplumé: il a l'air endormi, lui aussi, avec ses quelques fleurs fanées qui frissonnent dans le vent, en attente du printemps. Même les chats des voisins deviennent rares: ils ont cessé leur procession permanente sur la crête du mur mitoyen et ne guettent plus les oiseaux dans les branches du prunier.
D'habitude, je déteste les dimanches où la vie s'arrête et la solitude paraît encore plus profonde. On a l'impression que tout le monde a une famille, un(e) amoureux(se), des amis dont la compagnie vous enveloppe de sa chaleur vivifiante - tous, sauf nous! Hier, le coup de fil de Martine m'a sauvée de la déprime du dimanche. Nous avons décidé d'aller au cinéma vers 17h pour découvrir le "West Side story" de Spielberg qui vient d'arriver sur nos écrans.
Ma génération a encore en tête la version originale de R. Wise et de J. Robbins, sortie en 1961 et couronnée 10 Oscars. La nouvelle version est plus âpre, plus ancrée dans la réalité de son époque, faisant écho en même temps aux problèmes d'aujourd'hui: racisme, tensions entre groupes ethniques et la conscience naissante que les bandes rivales qui s'affrontent sont finalement à la merci, à titre égal, d'un même système vorace qui fait de leur scène de vie un champ de ruine... (le survol du quartier de West Side en démolition, par le hasard des événements de la semaine, m'a rappelé les images tragiques de la tornade du Kentucky). En revoyant quelques scènes de la première version, les anciens Jets et Sharks paraîssent bien peignés, tirés aux quatre épingles comparés à ceux de Spielberg, hirsutes, se roulant dans la poussières de leurs rues démolies... Les bagarres chorégraphiées avec beaucoup de forces et de réalisme (qui restent quand-même de la danse!) soufflent une énergie époustouflante, celle du désespoir... Tout cela, sur fond de la musique de Léonard Bernstein: que des "tubes" éternels qui hantent nos oreilles!
Deux heures et demie intenses plus tard, nous avons terminé la soirée très agréablement, à la table d'un petit resto. En voilà un dimanche bien sympathique!
Nous sommes en décembre, au mois des journées raccourcies à l'extrême, dans l'attente du solstice d'hiver qui fera renaître patiemment, minute par minute, la lumière - celle de l'espoir aussi - selon les incurables optimistes. En attendant, nous avons en pénitence les jours couleur de plomb, le vent humide et pénétrant et le calfeutrement bien au chaud dans nos abris.
Décembre, mois festif dans ce monde anxiogène... Nous essayons de recréer l'insouciance d'un monde révolu, entre deux "vagues" que nous n'arrivons même plus à compter, ni à retenir la dernière apparue des lettres de l'alphabet grec pour nommer le variant nouveau du virus désormais familier. Les piqûres se multiplient sur nos bras et nous devons nous considérer chanceux de les avoir.
Sapin de Noël, amoncellement de cadeaux, foie gras arrosé de Sauternes, de Loupiac, de Jurançon ou de Monbazillac, à la rigueur d'un château Yquem si vous avez 800 € à négliger... Sinon, on peut se la jouer plus modeste et miser davantage sur les sentiments que sur le matériel achetable. Sur le plaisir de sentir la proximité des êtres que nous aimons, sur les regards complices échangés, sur les mots qui touchent et que nous essayons de prononcer sans avoir peur de nos émotions... Suis-je gnangnan, dégoulinante de bons sentiments, mièvre, bref: "mémérisante" même, en empruntant le vocabulaire des "influenceuses" écervelées? Elles utilisent le terme pour désigner la dégaine définitivement démodée d'une femme qui n'est pas dans dans la sacro-sainte "tendance". Tant pis, j'assume être d'un autre âge, pas "stylée" du tout!
Je me couche de plus en plus tard, par conséquent, ma journée débute de plus en plus tard aussi. Je sens bien que c'est contre nature, nocif même pour ma santé bancale. Mon horloge biologique m'envoie ici ou là des signaux faibles pour m'avertir mais je la fais taire comme on arrête une sonnerie de réveil gênante.
Cela dure depuis plus de 15 ans. Les derniers mois de la vie de G. m'ont habituée à une vigilance de chaque instant, à un état de veille quasi permanent. Ne dormir que d'un oeil, par intermittence, prête à bondir au moindre soupir, au moindre frémissement... Jusqu'à la dernière nuit de veillée, avec ses cendres à côté de moi sur la petite table près de l'ordinateur sur lequel j'étais en train de formuler inlassablement les avis de décès. Dans cette ambiance devenue étonnamment calme, l'état d'alerte permanent a disparu, laissant la place au silence profond, à la pénombre paisible, je dirais même: à la quiétude s'il n'y avait pas eu partout, autour de moi ce vide béant...
Depuis, je retarde le moment de monter dans ma chambre pour affronter l'abîme de sommeil qui nous engloutit sans crier gare, sans assurer qu'il nous relâcherait au lever du jour. Je veille, souvent par pure perte de temps, juste pour m'accrocher au sentiment d'être encore vivante...
Après une nuit en demi-teinte, j'essaie d'arrimer ma barque à la clarté du jour.
Jour des Morts. Les cimetières sont en fleurs. Je me demande à chaque fois quelle décision prendre concernant les futures traces éphémères de mon parcours terrestre que je considère comme le seul qui compte.
Les tombes matérialisent les souvenirs, la mémoire a sans doute besoin, ici et là, de ces appuis palpables pour ressusciter une existence devenue évanescente avec le temps. Oui, c'est bien l'être cher qui se cache sous la pierre ou le marbre, parfois humblement sous terre. L'être que nous avons passionnément aimé, haï parfois, jamais quitté... A tel point qu'il est inutile de faire ce pèlerinage sur sa tombe puisque nous l'avons intégré en nous. Nous sommes inséparables, et ce n'est même pas une question de volonté.
Je ne fais pas partie de ceux qui se consolent avec l'idée des retrouvailles après la mort. Faute de preuve tangible, chacun doit se débrouiller avec son éducation, ses convictions, son imaginaire... Reste à cultiver les souvenirs qui aident à baliser le chemin.
(ill. Tombe arménienne, île d'Akdamar, lac de Van, Turquie, dessin encre, plume T. R..)
Semaine survoltée, sur la crête des émotions qui montaient en crescendo jusque tard dans la nuit du vendredi. J'ai fini par me demander comment descendre du manège emballé. Ma petite vie tranquille, en veilleuse, n'était plus habituée à de telles secousses.
Mercredi matin, les fondations en titane de deux implants ont été posées dans ma bouche, une semaine après une première paire. Plus d'une heure et demie sans interruption, la bouche ouverte et fortement anesthésiée, cette fois-ci "nous sommes passés aux choses sérieuses", dixit mon dentiste, précis, rapide mais minutieux. Par rapport à la semaine d'avant, j'ai senti la différence: j'ai repris deux antalgiques jusqu'à mon coucher.
Mais le point culminant de la semaine s'est présenté vendredi. A midi, une invitation chaleureuse de notre amie E. dans un restaurant. Délaissant mon régime fluide "soupe-yoghourt-purée", j'ai opté pour un steak tartare que j'adore de longue date et que j'ai mangé avec un peu de mie de pain, la bouche encore sensible des innombrables piqûres reçues. Aucune importance, le soleil brillait avec faste et générosité et l'ambiance était délicieuse dans un cadre grandiose.
Après un court repos, j'ai enchaîné les préparatifs pour la soirée littéraire prévue quelques heures plus tard chez Muriel. Evénement de taille: le redémarrage de nos soirées mensuelles que nous étions quelques uns à attendre avec nostalgie, après 19 mois d'interruption! La solitude, les restrictions, les enfermements successifs ont peu à peu sapé, puis éteint le désir... J'avais du temps mais il manquait l'envie, la perspective, la motivation.
Les retrouvailles ont suscité non seulement de la joie mais du bonheur. Muriel a présenté son dernier recueil de poésies paru, puis elle a invité les participants à lire des textes apportés sur le thème de l'enfance. Thème refuge par des temps ingrats, source de renaissance aussi. Pour ma part, j'en ai préparé 3-4, écrits ces dernières années. Je dois avouer - en dépit de ma grande pudeur qui a du mal à se défaire d'un sentiment d'illégitimité face aux grands textes - que j'ai été très touchée par leur accueil. Je plonge dans la mémoire à la recherche des images et des sensations, des émotions qui explosent souvent en sourdine (j'aime abuser des oxymores...) et j'essaye de transmettre ces empreintes impalpables ressuscitées en moi, par les mots d'une langue d'adoption. Si j'y arrive, c'est le nirvana...
J'ai écouté à la radio une discussion intéressante et actuelle sur le "syndrome du nid vide", moment délicat où les enfants quittent la maison familiale dont ils étaient le centre d'animation, d'angoisses diverses, de joies et de contrariétés innombrables durant plus de vingt ans. Cela provoque beaucoup de bouleversements et de remises en questions. J'ai eu envie d'ajouter quelques réflexions personnelles, d'après ce que j'ai pu observer autour de moi ou vécu en partie par moi-même.
"Les enfants, on ne les fait pas pour soi. Il faut se préparer, les préparer à l'autonomie car le but ultime est qu'ils puissent prendre leur envol."Nous entendons ce bon conseil tout au long de notre vie de jeunes parents, nous l'écoutons d'une oreille attentive ou agacée car au fond, nous voulions cet (ces) enfant(s) bel et bien pour nous, viscéralement, en le(s) fantasmant pour que notre vie soit accomplie, prolongée au-delà même de la mort... Et ce conseil frappé du coin du bon sens, gâche notre plaisir. A peine arrivé(s), faudrait-il déjà songer à s'en séparer?...
De nos jours, la place des enfants dans la famille est très différente, comparée à l'époque des générations précédentes. Des armées de psychologues nous enjoignent à abandonner la méthode de dressage à l'ancienne où, à la place de l'ouverture d'esprit, du respect, de la conversation réconfortante, ils avaient droit au silence, aux règlements rigides ("baisse les yeux!", "si tu ne finis pas ton assiette, tu pars à l'école avec!" ou bien pire), sans un geste de tendresse pour les endurcir face aux difficultés de la vie d'adulte qui les attendaient. Le trop d'autorité de jadis est remplacé par le manque d'autorité, nécessaire pourtant, pour servir de limites sur lesquelles s'appuyer en cas de doute ou d'errance. Difficile dosage.
La fameuse "charge mentale" qui nous a épuisés durant des années, tout d'un coup, se soulève: l'(es) enfant(s) s'envolent, le tourbillon perpétuel, les cris et les rires, les bouderies et des révoltes s'évaporent et une chape de silence retombe sur la maison. Les parents, plus particulièrement les mères, subissent une plus ou moins légère déprime: comment combler ce vide?... Quel sens donner à sa vie? Ils grandissent = nous vieillissons... En couple, il faudra retrouver ou réinventer la complicité d'antan. C'est plus difficile si notre couple s'est érodé, s'est oublié à force de vivre au travers des enfants. Pire, le cas de l'enfant unique ou du parent seul qui l'a élevé, créé comme son chef d'oeuvre, concentré tout entier sur la perfection de son rôle. Le couple parent-enfant peut même se substituer au couple parental. La séparation peut être vécue comme un abandon, voire une trahison...
Le conseil de se préparer est vital non seulement pour les parents mais aussi pour les enfants. S'ils voient notre détresse, ils auront peur d'affronter le monde extérieur dont ils auront une image hostile. Ou au contraire, ils fuiront les attaches culpabilisantes qui les empêchent de grandir! Il faut les déculpabiliser, témoigner que leur envol nous remplit de fierté plutôt que d'anéantissement, que notre vie ne s'arrête pas avec leur départ: elle entame juste une "renaissance" vers une autre étape.
Ca y est, le tourbillon des (!) jours de mon anniversaire est passé, précédé de mes habituelles "jérémiades" destinées inconsciemment à franchir le cap. Comme si je devais grimper en haut d'une colline, regarder devant moi, en évitant le coup d'oeil sous mes pieds; juste devant, vers l'horizon, la perspective ensoleillée d'un lointain sans fin... Oui, le soleil semble indispensable pour entrevoir la sérénité.
Je me suis offert un Cordyline Southern Splendour, un genre de palmier décoratif aux feuilles rouges qui pourra déménager à l'extérieur le beau temps revenu. En attendant, il comble le vide à droite de la cheminée. En guise du cadeau d'anniversaire de la part de Gilbert que je m'offre année après année... Le lendemain, des amies sont arrivées avec une superbe plante en fleurs et nous avons fêté l'événement avec gâteau et champagne, préparatifs pour le jour J, afin de faciliter la "grimpette de la colline"!
Le jour fatidique, j'ai reçu une avalanche de messages, par Internet sur divers canaux, par téléphone aussi... J'ai essayé de répondre à chacun, car je n'aime pas trop les réponses "en vrac": les personnes prennent la peine et quelques minutes de leur temps pour formuler leurs voeux, c'est touchant... Des coups de fil lointains, dont une "fille" qui émerge du passé grâce à Facebook (j'ai gardé son image de nos vingt ans: je l'ai vue pour la dernière fois en 1970 à Moscou où nous étions étudiantes)... Elle m'étonne, elle est restée la même, aussi pétillante et enthousiaste! J'adore ce genre de belles surprises ! Elle me ramènent aux temps où j'étais heureuse et optimiste. A midi, les parents de ma belle-fille arrivent avec un magnifique pot d'orchidée... et une invitation au restaurant! Ce tourbillon m'a complètement fait oublier les angoisses qui me travaillaient depuis des semaines au sujet du RDV avec mon dentiste pour le lendemain matin.
Anesthésie de cheval, préparatifs de champs stérile avec charlotte, blouse et même chaussons, ma tête couverte sauf la bouche - tout cela est très engageant pour la trouillarde de longue date que je suis dans un cabinet dentaire! Le dentiste, très volubile et soucieux de me mettre à l'aise, m'explique à fond ce qu'il fait, présente même les petits clous qu'il implantera dans ma mâchoire... Il me pose des questions auxquelles je ne peux répondre, étant donné ma position délicate, sans même pouvoir déglutir correctement, pendant plus d'une heure! Deux implants sur lesquels il recoud ensuite la gencive à plusieurs points de suture, sans être avare de compliments sur la solidité de mes os et la texture de mes gencives qui ne lui facilitent pourtant pas la tâche...
Je repars avec une ordonnance longue comme le bras mais à ma grande surprise, je n'ai pas de douleurs après la dissipation des effets des piqûres, j'évite donc les antalgiques supplémentaires. Je suis un petit régime soupe et yoghourt, ce qui m'a déjà fait perdre 1kg et demi en un jour! RDV dans 1 semaine pour deux autres implants! Je ne suis pas mécontente de ma bravitude!