Le blog de Flora

ressenti

Désespérant...

18 Février 2021, 10:29am

Publié par Flora bis

   Nous habitons une des régions les plus denses et les plus atteintes par le virus et ses variantes. Peu importe : la vaccination marche à compte-gouttes, quand elle marche. Lorsque vous essayez d'obtenir un RDV, la plupart du temps, personne ne décroche, au mieux c'est pour vous dire: "Rappelez plus tard, on n'a plus de doses". Même si vous êtes dans la bonne "tranche" et garni de plusieurs co-morbidités...

C'est assez désespérant. On ne peut pas dire qu'on manque d'informations, pourtant. Presse, radio, TV, Internet sont saturés d'avis d'experts de tout poil; certains, installés au sommet de leur autorité en la matière, souvent condescendants pour les ignares que nous sommes, d'autres, novices devant les caméras mais manifestement avides de s'y faire une petite place. Le début d'une notoriété de rock star! Certains s'y sont brûlé les ailes au passage, avec des remèdes sortis de leur cuisine de Grand Sorcier inattaquable! Comment se fait-il, en fin de compte, qu'on ait la sensation d'y voir de moins en moins clair? Ne serait-ce pas un écran de fumée cache-misère, pour ne pas avouer une incapacité opaque et bureaucratique d'organiser les choses convenablement? Je pense à Molière:

"Toute l'excellence de leur art consiste en un pompeux galimatias, en un spécieux babil, qui vous donne des mots pour des raisons, et des promesses pour des effets."  ("Le malade imaginaire")

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Ambiance de février, froide et molle...

9 Février 2021, 12:42pm

Publié par Flora bis

   Il était 2h40, la nuit dernière. Je m'apprêtais à monter les 18 marches qui mènent à mon lit. Par la porte vitrée qui donne sur la rue, une blancheur inhabituelle, compacte, m'a intriguée. J'ai saisi mon portable pour vérifier l'intuition, en ouvrant la partie vitrée : c'était bien la neige qui était en train de se poser sur la route, les trottoirs et sur les voitures. Comme du sucre glace sur un gâteau, par le geste ultime du pâtissier.

   Nous y sommes, en ce début d'année 2021, incertain, instable, suscitant tantôt des espoirs et nous plongeant, le lendemain, dans la désolation. Desserrant l'étau pour nous laisser respirer un coup, le resserrant aussitôt pour nous asphyxier mollement, patiemment.

   Février, c'est cela : une ambiance de lassitude, de l'hiver qui s'accroche à nos basques pour nous montrer qu'il est encore chez lui, qu'il peut nous envoyer des bourrasques et de la neige (que nous n'avons pas eues jusqu'ici) s'il veut. Que la sortie du marasme et de l'angoisse de toute une année est seulement entrevue, grâce aux vaccins, mais rebouchée aussitôt, par cafouillage bureaucratique, opacité sans courage... Nous sommes poussés un jour à avancer, condamnés à piétiner sur place le lendemain, comme une foule sans défense, à la merci des décisions peu transparentes et contradictoires. Stoppée ou ébranlée au gré des ordres incompréhensibles. Tout d'un coup, le souvenir des défilés obligatoires des 1 mai dans la Hongrie de l'époque communiste, fait surface dans ma mémoire. Les écoliers, les usines et les coopératives défilaient, en rang, en uniforme s'ils en avaient, brandissant les symboles de leur travail (je me souviens des élèves d'une écoles préparant aux métiers de la santé qui défilaient en blouses blanches, serrant des poupées baigneuses dans leurs bras...). La foule compacte avançait ou piétinait sur place, pendant des heures, selon les mots d'ordre venus d'on ne sait où...

 

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Nous ne sommes pas à l'abri du meilleur!...

1 Janvier 2021, 14:44pm

Publié par Flora bis

   1er janvier 2021... Ouf, nous y sommes arrivés! Cela ne veut pas dire que le temps de la grande respiration est déjà là. Que nenni! Tout ce qui nous tracasse, tout ce qui nous emprisonne depuis presqu'un an, ne s'évanouira pas comme par enchantement, parce que nous avons tourné une page du calendrier!...

   Il y a des voix irréfléchies  -  ou les traiter plutôt d'incultes?  -  qui affirment bruyamment que nous avons vécu "l'année la plus horrible de l'histoire de l'humanité"... Consternant. Comment comparer les années de guerre, d'épidémie de peste, les grandes famines ou la grippe espagnole d'il y a un siècle demandant jusqu'à 50 millions de victimes? Comment les comparer avec notre confinement douillet, compensé, aménagé pour la majorité de la population? Etre privés de restaurant, de boîtes de nuit, de cinéma ou de salle de sport, de vacances exotiques : est-ce comparable avec des privations autrement plus douloureuses et éprouvantes? Parfois, remettre les choses à leurs justes proportions ne ferait pas de mal, à condition d'avoir un peu de réflexions.

"Cultivons notre jardin!"

   Certes, nous avons vécu une année pénible, avec des contraintes, des angoisses sourdes, des souffrances et des deuils. Pour ceux qui ont perdu un proche ou qui ont souffert de la maladie dans leur chair, peu importe s'ils font partie de 50 millions ou de quelques dizaines de milliers.

    Nous avons résisté, nous sommes toujours là. C'est notre victoire, modeste ou grandiose mais victoire quand-même. Nous avons résisté au virus invisible et sournois, à la dépression ambiante due à la solitude et au manque de perspectives claires. "Ce dont j'ai le plus peur, c'est la peur" pouvons-nous citer Montaigne, légèrement paraphrasé. Vaincre la peur, c'est déjà un pas vers la légèreté si désirée. Je citerais quelques lignes des paroles d'une chanson d'Yves Duteil (qui ne fait pas partie de mes idoles mais cette fois-ci, je suis en accord parfait avec ses mots):

Et même si le mal s'acharne à tout détruire
S'il conspire en silence en attendant son heure
Nous aurons beau tout faire pour nous garder du pire
On n'est jamais vraiment à l'abri du meilleur

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Des tics et des tocs...

7 Décembre 2020, 19:34pm

Publié par Flora bis

   Il y a des étrangers qui apprennent le français à l'école, à la fac et d'autres qui l'apprennent "sur le tas", dans le bain vivant de la langue. Dans le premier cas, on s'initie à une langue châtiée, en étant confronté à d'innombrables règles grammaticales, linguistiques. Approche difficile qui, parfois, ne sert pas vraiment à demander son chemin dans le pays!... L'autre solution  -  que beaucoup d'immigrés connaissent  -  c'est d'être jeté dans le bain, d'absorber une langue comme une éponge. Ce deuxième abord très empirique permet de se débrouiller plus rapidement dans la vie de tous les jours, ignorant la plupart du temps les nuances et les règles de la langue que l'on essaye de conquérir.

   En ce qui me concerne, j'ai commencé par la première méthode, enrichie par la seconde en rencontrant mon futur mari. Je me souviens encore du sentiment douloureux de manquer parfois de mots pour exprimer ma pensée le plus justement possible. Ce souci de justesse ne me quittera jamais.

   Les hasards de la vie ont fait que le français est devenu non seulement mon métier mais aussi ma langue de tous les jours. Nous nous sommes adoptés mutuellement mais je suis consciente que cette adoption me demandera du travail jusqu'à la fin de ma vie... Un travail jamais ennuyeux et très enrichissant.

   Dans la vie quotidienne, j'ai souvent les oreilles écorchées par les incorrections commises par snobisme ou négligences que l'on inflige à cette belle langue française. Comme si certains n'étaient même pas conscients de ses richesses infinies, ils agitent les 500 mots de vocabulaire squelettique qu'ils possèdent. Depuis un moment, l'envie me pousse à faire un petit bouquet non exhaustif de ces tics envahissants qui se propagent par mimétisme comme une incendie de forêt en été. De quoi je me mêle? De quel droit oserais-je épingler les défauts de natifs chanceux qui absorbent leur langue maternelle avec le biberon? D'autant plus que j'ai trop conscience de mes propres faiblesses et fragilités.

"ça va le faire", "pas de souci", "du coup", "en fait", "j'ai envie de dire", "on va dire ça comme ça", "focus", "genre", "en mode..." etc, etc... Ce sont souvent des expression "bouche-trou" pour meubler la conversation.

  En général par snobisme, les anglicismes, américanismes envahissent l'espace de la communication, la "cyber-espace" du bureau. Certains s'enracinent, d'autres essaient de le faire même s'il y a l'équivalent en français. Les "brainstorming", "call-conf", "management" et autres "challenges" hésitant entre anglais et français dans la prononciation, alors qu'un simple "défi" serait plus court pour ce dernier... Mais le plus horripilant est ailleurs: des petits monstres nés ces derniers temps dans les cerveaux technocratiques, repris par les média serviles et par le grand public soucieux d'être "in".

   Commençons par l'adjectif "compliqué". Essayez de tendre l'oreille: combien de fois l'entendez-vous dans la journée et à toutes les sauces? Il remplace tous les synonymes, faisant fi aux nuances de la gravité qu'il voudrait préciser. Plus de place pour "difficile", "complexe", "pénible", "grave", "délicat" et beaucoup d'autres nuances qui sont balayées par le seul choix qui s'impose. L'autre paire de jumeaux monstrueux mis au monde par la Covid : "présentiel" et "distanciel". Ils prospèrent et se répandent comme une pandémie. Ils font pâlir leurs aînés : "On est sur une commode Restauration" dit le commissaire priseur imbu de sa science. "Suite à notre conversation d'hier..." au lieu de "A la suite de notre conversation"... semble prendre racine. Ne parlons même pas de "au niveau de..." ou pire encore, "niveau efficacité, on est (au) top"... Quand on ne sait plus comment relier les éléments du syntaxe...

   Pour ma part, je reste avec Erasme de Rotterdam qui a dit: " La maîtrise de la langue est primordiale. Sans elle, on ne peut maîtriser le monde."  Langage riche et limpide = pensée riche et limpide, ajouterais-je volontiers.

 

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Un jour essentiel

28 Novembre 2020, 12:23pm

Publié par Flora bis

   Dehors, soleil éclatant, pourtant trop bas pour pénétrer dans mon jardin. Il faut le mentionner, tant il est rare! Aussitôt, je sens mes énergies rachitiques se regonfler et je regrette de ne pas m'être levée tôt pour en profiter plus longtemps, à la place des heures nocturnes interminables à fuir mon lit...   

Jour très important : celui de l'anniversaire de mon fils! Je revis le départ précipité des amis réunis pour fêter l'anniversaire de Gilbert, son père, tandis que je saisis la petite valise préparé depuis plusieurs semaines pour partir vite à l'hôpital militaire français du quartier Napoléon (la gouvernance militaire des Alliés français de Berlin-Ouest), vers 19-20h... Où il est venu au monde le lendemain, vers 13 h, offrant ainsi à son père un jour d'anniversaire plein et non partagé.

   C'était hier. Pour moi, miracle toujours aussi incroyable, symbole de mon audace à vivre une vie de femme accomplie, geste de création suprême, sans doute aussi désir inconscient de prolonger la mienne en assumant la responsabilité de mettre au monde un petit être qui va devoir vivre la sienne. Il est vrai que c'était le milieu des années 1970 et l'avenir se promettait d'être plutôt radieux... Nous ne savions pas que le monde nous réservait quelques secousses assombrissant l'avenir de notre planète et que son père souffrait d'une maladie auto-immune... Depuis, la chaîne des générations s'est enrichie d'autres maillons, nous obligeant sans cesse de prendre conscience du temps qui passe, qui file à l'accéléré. Une chose reste inchangée: l'amour infini, viscéral et profond que je leur porte. 

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La Toile...

11 Novembre 2020, 11:34am

Publié par Flora bis

   Hier matin, à la suite d'un mystérieux cafouillage, ma page Facebook s'est mise à se dérégler (plus familièrement, je dirais "déconner" car ce mot exprime mieux le désarroi et la colère que j'ai éprouvés). Ai-je fait un geste rapide et erroné qui me plonge habituellement dans des affres imprévisibles et souvent insurmontables? Piratage? Avec le danger d'attirer d'autres dans le piège! Peu à peu, tout se bloque, puis d'autres propositions suspectes apparaissent pour m'enfoncer encore plus dans la panique!... Personne autour de moi pour me tirer du mauvais pas. J'hésite à solliciter mon fils très pris par son travail. Je passe des heures à essayer de m'en dépêtrer... 

   La solution m'effleure: et si c'était un signe pour quitter définitivement les réseaux sociaux? On en dit tant de mal, de ce monstre qui enfle de jour en jour, non maîtrisable, contradictoire, soufflant tour à tour la haine dévastatrice et meurtrière et la chaleur amicale, vivifiante, les merveilles de la création humaine... Devenu totalement addictif, il tend à remplacer la vraie vie: pas besoin de se déplacer (interdit même!), le monde entier est à un clic! Les "j'aime" et "j'adore" agissent comme des bonbons de récompense, voire des "doudous" réconfortants pour notre ego malmené (selon les psychiatres, ils mobilisent les mêmes connexions neuronales du cerveau) qui mènent à l'addiction. 

famille hongroise, famille française...

   Vers 20 h, mon fils me rappelle enfin pour me sortir de l'ornière, en deux temps, trois mouvements.  Je replonge avec soulagement dans le bain anesthésiant... Ma solitude est de nouveau peuplée, les murmures incessants de la Toile qui ne dort jamais remplissent les sensations du vide, créé par l'absence de la "vraie vie", les caresses manquantes et les regards qui ne sauveront pas... 

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Besoin de légèreté

6 Novembre 2020, 16:57pm

Publié par Flora bis

   Une semaine de reconfinement. Notre vocabulaire n'arrête pas de s'enrichir, au gré du fameux virus qui lui-même ne ressemble pas aux autres, aux habituels. Il joue à cache-cache avec nous. Petit à petit, nous nous laissons ballotter par les circonstances, abandonnant les réactions de résistance, de protestation et nous entrons dans l'ère des automatismes sans repères. Résister, trépigner, protester par de vieux réflexes d'insoumission console sans doute certains: désobéir leur donne l'illusion d'exister, de préserver une plate-bande de liberté, hélas, imaginaire...

Ghardaïa, 1975

   Par bonheur, les élections présidentielles américaines nous distraient un peu des nouvelles anxiogènes et souvent contradictoires du front de la pandémie. Les agitations indignes et vulgaires du président sortant (espérons que ce sera une vraie sortie!) tour à tour nous lassent, nous inquiètent: nous avons tant besoin d'une bonne nouvelle! Notre vie est à nouveau privée des petits plaisirs du quotidien qui lui donnaient la saveur indispensable pour la rendre encore attrayante. Les chiffres psalmodiés quotidiennement nous flanquent une frousse toute simple, toute nue pour notre petite vie en déclin. Cela fait un bon moment que nous avons oublié la légèreté de l'existence où la nuit s'achevait sur une journée ensoleillée et insouciante. Oui, le soleil était permanent... du moins, dans ce coin bien caché, protégé de la mémoire où l'on stocke les souvenirs les plus précieux que l'on ne ressort que rarement, avec précaution pour ne pas les galvauder, chiffonner, à force de les revivre pour tenter de nous réparer...

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Résonance rare

30 Octobre 2020, 20:06pm

Publié par Flora bis

   Re-confinement, premier jour. Un petit goût du "déjà vu", sans l'excitation  -  ni la panique!  -  de la nouveauté. J'ai imprimé quelques attestations pour les jours à venir, ayant perdu l'habitude de sortir "en laisse". Voilà. Fallait-il crier sur tous les toits que, devenue pantouflarde, je remettais volontiers à plus tard mes sorties comme des corvées indispensables? A présent, je suis servie; du coup, je me sens frustrée de liberté! Je suis la contradiction personnifiée.

   

Ce qui manque surtout, ce sont des rencontres, sans masques, les échanges intéressants qui vous amènent en voyage... Sans masque, dans le sens propre et figuré. Le regard de l'autre vous incite à creuser plus loin dans les mystères de l'âme humaine, la vôtre et celle des autres. J'utilise le mot "âme" sans la connotation philosophico-religieuse, opposée au corps physique, matériel et destinée à lui survivre. Pour moi  -  mais c'est personnel et on n'est nullement obligé de me suivre!  -  elle est plutôt une "fonction", un "produit" du corps vivant et qui meurt avec lui... Son fonctionnement est insaisissable et c'est la raison de toute spéculation concernant sa survie après la mort. Cela console les mortels de savoir que leur disparition n'est pas définitive, qu'une parcelle même insaisissable de leur existence reste éternelle... Et bien, pour moi, quelques rencontres rares et précieuses, où les masques tombent, font ressentir l'essence de cette onde mystérieuse qui vous relie à un autre humain tel un fil invisible. Les échanges d'idées, d'émotions vous font toucher soudain un point essentiel pour votre existence, vous font découvrir quelque chose de fondamental que vous ignoriez jusqu'alors et la résonance des âmes se produit. Moment rare, fécond et indispensable.

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Quel sursis?...

22 Octobre 2020, 12:24pm

Publié par Flora bis

   Ca y est, gros soupir de soulagement, comme quelqu'un qui sort enfin la tête de sous l'eau!... J'ai présenté mon exposé hier soir, travail prévu pour début avril et ajourné à cause des contraintes sanitaires, puis les vacances d'été. Et moi, incurable procrastineuse, tant que je n'ai pas le couteau sous la gorge, je trouve mille prétextes pour remettre la tâche à plus tard, même celle qui m'intéresse... Je me contente d'y penser souvent, la "brodant dans ma tête"... Enfin, le niveau d'adrénaline monte assez haut pour me faire basculer dans une activité intense et durable, jusqu'à la finition du travail, quasi en apnée...

   Aussi loin que je me souvienne, cela se passait ainsi. Gagner du temps, le but était là. Ce sentiment de soulagement était très relatif, car au fond de ma conscience, le pavé faisait son poids. Je n'étais pas vraiment tranquille, loin de là, mais repousser les délais m'anesthésiait quelque peu. Oui, au lieu de m'attaquer à la tâche pour en être quitte et soulagée pour de bon, je faisais traîner la souffrance... Par un raisonnement tordu et inconscient, voulais-je m'assurer d'avoir du boulot jusqu'à un horizon que je pouvais repousser plus loin? Ou alors, retardais-je la chute du couperet du délai pour un sursis factice? Tout est possible, même les deux à la fois. La question du fond est: quel sursisgagner du temps dans quel but?  Là, je cherche encore la réponse. 

(image: Net)

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Famille, amis, années...

16 Octobre 2020, 11:58am

Publié par Flora bis

   Une bonne dizaine de jours sans revenir sur mon blog... Il est vrai qu'entre-temps, j'ai pris une année sur le compteur! Je commence seulement à retrouver mes jambes après le week end si agréable en famille : malgré le virus qui s'envole, je n'ai pas pu résister au plaisir de la proximité de mes enfants et petits-enfants, de la compagnie des parents de ma belle-fille, à l'avalanche d'attentions et de gentillesses à cette occasion (partagée avec Alice). 

 D'une réunion de famille, je retiens surtout l'effet stimulant pour moi: le mélange des générations indispensable pour ne pas sombrer dans le tunnel d'un quotidien solitaire. J'aime aussi la compagnie  des gens de mon âge "au repos" mais encore sollicités. Ils me sont très proches car ayant souvent une vision semblable de la vie (elle-même semblable), nous nous comprenons à demi-mot et, à notre âge, la rivalité de toute nature a perdu son pouvoir de nuire à la sincérité des relations... Nous savons qu'il ne faut pas perdre du temps pour taire par pudeur les mots d'affection, d'amitié car nous pouvons, à tout moment, manquer à jamais cette précieuse occasion.

   Mes enfants dans la force de l'âge, c'est sur eux que pèse l'essentiel des responsabilités, aussi bien en famille que dans la société. J'essaie de ne pas trop y ajouter. C'est aussi ma satisfaction personnelle de tâcher de me débrouiller encore tant bien que mal. Je sais (je l'ai vécu) le poids de l'angoisse que certains parents (surtout les mères, reconnaissons-le) administrent à compte-gouttes à leurs enfants, rien que dans le but de garder une place privilégiée dans leur vie, dans leur conscience. J'ai envie de les secouer: chacun est responsable de sa vie, ratée ou pas. Ce n'est pas aux enfants de l'assumer, de la réparer.

 

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