Le blog de Flora

reflexions

Adieu Saturne, bienvenu Jupiter!

6 Janvier 2013, 20:21pm

Publié par Flora bis

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   Nouvelle année, nouveau départ! Nous aimons ce genre d'illusion: nous donner une chance de plus pour rattraper nos fiascos, mener à bout les tentatives de l'année précédente. Celles qui commençaient seulement à prendre forme timidement, tapies au fond des rêves...

   Le temps n'est probablement qu'une illusion créée par nos perceptions. Qu'est-ce qui ressemble plus à la minute précédente si ce n'est la suivante?... Le Temps, si insidieux qu'il ne se montre qu'en la somme de ses ravages...

   Dans les moments de profonde désolation (contraire à ma nature), je m'achète un petit vent d'optimisme: pour deux euros, les prévisions de mon horoscope me requinquent pour l'année qui débute. Il paraît que mes pieds de plomb étaient dus à Saturne, c'est lui qui a infligé à la pauvre Balance qui n'en avait pas besoin, ces lenteurs, ce marasme qui n'en finissaient pas... Je parie même que les printemps-été-automne sentant le moisi sous un ciel de plomb, ont été oeuvre de Saturne!

   Ouf, Jupiter piaffe déjà devant la porte! Cette planète sympathique, celle de l'élan, de l'optimisme et de la motivation me manquait tant depuis plus d'un an! Au lieu de me pencher vers la pente savonneuse devant mes pieds, j'ai envie de respirer enfin, de créer des choses à partir de mes fantasmes minuscules, sans autre prétention que le plaisir que cette occupation recèle! Et ce n'est déjà pas si mal.

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Voeux 2013

4 Janvier 2013, 16:48pm

Publié par Flora bis

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  Presque trois semaines sans toucher au clavier, cordon ombilical, reliant au monde virtuel, coupé! J'ai refusé les propositions de secours de mon neveu: ce sera une cure de désintoxication, comme pour des alcolos endurcis! Que de la radio Kossuth et de la lecture, avec un peu d'écriture dans mon cahier noir (grossi de 15 pages à l'écriture serrée en 15 jours...).

   Eh bien, beaucoup de sensations à digérer, beaucoup de stress, d'angoisses sourdes et constantes à évacuer, sans en être entièrement guérie... Je les sens dans tout le corps et j'ai envie d'une cure de sommeil qui gommerait tout. Tout en sachant que c'est impossible...

   Un temps frais, lumineux pour faire le contrepoint. 

 

Heureuse nouvelle année à toutes les personnes

qui auraient l'amitié de venir intentionnellement sur ce blog,

ou qui s'y égareraient guidées par un (pour moi, du moins) heureux hasard.

Si vous laissez, en plus, la trace de votre passage,

sous forme d'un échange de pensées,

alors, je serai entièrement comblée! 

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A propos de "Royal affair"

26 Novembre 2012, 17:27pm

Publié par Flora bis

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   J'ai une certaine aversion contre le snobisme des titres non traduits. Soi-disant pour ne pas les fausser! Bizarrement, les défenseurs de ces pratiques ne sont si exigeants qu'envers les titres en anglais! (de plus, le titre original de ce film est: "En kongelig affaere", en danois...)

   Mais venons-en à notre film danois. Deux heures vingt de pluie, de pénombre, d'austère château royal qui s'apparente à une prison. Et de fait, il est une prison pour la reine Caroline Mathilde, jeune princesse ignorante des choses de la vie, instruite vaguement par sa grand-mère au sujet des devoirs qui l'attendent envers son époux, un roi étrange dont on suggère qu'il est fou... Aujourd'hui, on dirait "bipolaire", peut-être.

   Un Danemark du dix-huitième siècle où le peuple vit dans la misère, ravagé par les épidémies comme dans la plupart des pays de l'Europe de cette époque. Les idées des Lumières, venues de France, sont considérées comme dangereuses par la noblesse craignant pour ses privilèges. Elles font leur apparition par l'intermédiaire d'un médecin allemand, Johann Friedrich Struensee, nommé médecin personnel du roi.

A-Royal-Affair---Mikkel-Boe-Folsgaard-copie-1.jpgLes acteurs sont excellents, couronnés de prix dans divers festivals dont Cannes. Ma préférence va à Mikkel Boe Folsgaard, dans le rôle du roi Christian VII.  Il est époustouflant de justesse à incarner ce personnage qui oscille en permanence entre faiblesse, intelligence fulgurante et folie déconcertante.

   Sans détailler les périples du trio que forment le couple royal et le médecin, les bouleversements survenus en quelques huit mois et le dénouement tragique auquel le spectateur s'attend depuis le début, j'aimerais éclaircir pourquoi j'ai été captivée d'un bout à l'autre. Certes, j'ai un penchant pour les films que les admirateurs des "007" jugent ennuyeux à mourir (j'avoue même que, bizarrement, le bruit et la fureur m'endorment au bout d'un quart d'heure). Je me souviens d'avoir suivi à la télé, fascinée, durant des semaines, les épisodes d'un polar danois dont un producteur américain n'aurait fait qu'une bouchée de 50 minutes!

   La lenteur... J'en viens à faire son éloge... Dans un monde qui nous impose un rythme échevelé dans tous les domaines, cela fait du bien de s'attarder sur un visage, scrutant la naissance d'une émotion  -  et en la matière, les Danois excellent! Les ambiances, les images figées, les gros plans nous approchent de l'essentiel. C'est le contraire de l'esprit "zapping", des agitations et grimaces qui donnent le tournis et sont destinées à masquer une possible zone de réflexion. L'étourdissement est très commode, lorsqu'on ne souhaite pas ouvrir les yeux! Ou qu'on est incités à ne pas le faire...

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Cas de conscience

7 Novembre 2012, 18:36pm

Publié par Flora bis

   Ma dernière note remonte à la fin d'octobre. Depuis, plus de 3400 km de route derrière moi... Dans la tête, la distance est encore plus importante.

photo.JPG Sur cette photo, trompeuse, le lendemain de notre retour de Hongrie. Avec un peu de retard, j'improvise un dîner d'anniversaire pour Alice et moi: nous avons 10 jours d'écart  -  plus quelques années... Pour les enfants, il faut préserver la gaieté, c'est la fête!

   Le poids écrasant que constitue l'état subitement dégradé de ma mère ne me quitte pas. On a beau faire appel au bon sens, arguments que moi-même trouverais raisonnables concernant d'autres personnes: le choix que j'ai fait il y a près de 40 ans de partir avec Gilbert comportait cette éventualité... Mais voit-on aussi loin à 25 ans? Veut-on le faire, tout simplement?

   L'autre argument que l'on expose est le suivant: à chacun sa vie. Les enfants sont appelés à quitter leurs parents et lorsque ces derniers ne sont plus en mesure de s'assumer, la société prend le relais, en monnayant ses services. C'est l'effondrement de tous mes principes, de toute mon éducation. C'est le triomphe de l'individu sur la solidarité familiale, quitte à payer par la solitude, à son tour. D'où le conflit moral, la culpabilité écrasante que je vis...

   De toute cette souffrance, une leçon émerge et se renforce: me préparer à temps pour m'assumer jusqu'au bout, sans laisser peser sur les enfants ce poids difficile à porter. Ma solitude, somme toute récente, je l'ai assumée, je l'ai bien remplie, et c'est déjà un premier pas sur ce chemin difficile mais enrichissant... De là à préjuger l'état de grabataire, se préparant au grand départ, ce serait péremptoire...

     

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Bains de champagne et ronds-points...

11 Octobre 2012, 17:17pm

Publié par Flora bis

Capture.jpg Les anniversaires doivent-ils obligatoirement servir de prétextes pour dresser le bilan de l'année écoulée et par là-même, celui de tout le chemin parcouru?... Plus le temps avance, moins je goûte les bilans et, bizarrement, ils s'avèrent d'autant moins évitables. Comme s'ils étaient de petits cailloux semés sur notre parcours, repères indispensables qui nous rassurent: nous n'avons pas rêvé notre vie...

   J'aimerais retrouver mon optimisme congénital, mon insouciance qui me projetait toujours en avant, comme si l'infini m'avait appartenu de tout temps, rien de moins! Reconquérir cette faculté de chasser les idées noires qui encombrent, alourdissent l'existence! J'avais un remède infaillible, introuvable chez les apothicaires ou les guérisseurs de tout poil: me plonger dans des projets comme dans un bain de champagne, revigorant, requinquant (du moins, je l'imagine ainsi, n'ayant jamais pris de bain de champagne!...), dans des rencontres stimulantes qui donnent l'illusion de participer à la vie. Elle est trop courte et précieuse pour la gaspiller à la paralysie née des idées noires!

   Ces derniers temps, le bain de champagne devient plus rare... J'ai l'impression de me trouver à la croisée des chemins ou, pour être plus à la mode, à un rond-point qui m'indique plusieurs sorties: laquelle choisir? Que me réservent ces routes, possibles et inconnues, où mènent-elles?

   Je viens de recopier sur mon ordinateur les premiers cahiers, les premières notes plus ou moins longues, griffonnées ici ou là, depuis le début de 2007, six mois après la mort de Gilbert. Cet événement demeure fondamental dans mon parcours, avec quelques autres: passages d'une étape vers une nouvelle phase de l'existence. Grâce à ces notes, je peux suivre (presque) au jour le jour la lente métamorphose  -  et le rôle grandissant de l'écriture. Apparemment, dès le début je l'ai pressenti ainsi: "Mettre en mots pour y voir plus clair".

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Silences et parenthèses...

3 Octobre 2012, 18:32pm

Publié par Flora bis

DSCF1021 L'été  -  si toutefois il mérite ce nom  -  est passé sous le signe de la famille: des jours heureux en compagnie de mes petites-filles et de Mamie (c'est l'autre grand-mère qui a eu cette appellation distinguée; quant à moi, elles m'appellent par mon prénom, tout comme leurs parents  -  il serait intéressant d'étudier les effets psychanalytiques de ce phénomène sur toutes les parties... J'ai quelques idées...). Un temps important a été consacré aux visites de mon neveu et de ma nièce, les deux enfants de mon frère défunt. L'un est arrivé en famille pour dix jours en juillet, l'autre vient de repartir avec son compagnon au bout d'une petite semaine (sur la photo du haut de la Tour Eiffel, avec la lune). Nous sommes restés très proches malgré la distance, et j'ai du mal à réaliser que ma nièce ait passé la quarantaine et que son frère s'en approche... Pour moi, ils restent les deux petites têtes blondes qui s'installaient chez mes parents durant les semaines de nos vacances pour ne rien perdre du temps que nous pouvions passer ensemble. Notre fils a appris le hongrois avec eux, tout comme les rudiments du français leur sont devenus familiers. Ils ont visité la France de nombreuses fois. Désormais, c'est le tour de leurs enfants. Ainsi mesurons-nous le temps impitoyable...

   J'ai (nous avons!) tant parlé pendant cette semaine que le silence dans lequel leur départ me plonge semble une chape de plomb. En même temps, il répare ma fatigue considérable. Cette semaine a été une parenthèse dans les activités de la rentrée déjà bien chargée. Des activités de toute sorte, les unes plus excitantes que les autres, reportées à plus tard. Elles m'attendent maintenant en embuscade: le stress du procrastinateur commence à monter!... 

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Soulagement momentané...

17 Septembre 2012, 18:03pm

Publié par Flora bis

Cortège 2 détail Samedi après-midi... En rêvassant mais sans enthousiasme, je pousse le caddy dans les rayons de la supérette du coin. Tout d'un coup, des éclats de voix perturbent le silence: les rares chalands se regardent, incrédules. Une fillette de 4-5 ans, pour son malheur, dirige son mini-caddy vers la "mauvaise" rangée. Le père, énergumène sur les nerfs, est en train de la "corriger", d'abord avec des hurlements, puis des coups en renfort...

   Je m'appuie sur mon caddy car je me sens très mal. J'ai du mal à supporter la violence, en particulier envers plus faibles sans défense. Dans mon enfance, je n'ai jamais essuyé la moindre fessée ni de gifle. Je ne les pratiquais pas non plus sur mon fils, enfant, ni sur mes petites-filles. Ce genre de spectacle me met au bord du malaise: nausée, vertige, tremblements...

   Avec quelques clients, nous nous regardons, abasourdis, impuissants. Il est délicat d'intervenir, dangereux même parfois. Les invectives continuent, l'énergumène entraîne la fillette vers des rayons latéraux, lui promet des "punitions" à la maison. Mon sang ne fait qu'un tour: j'imagine un traitement encore plus sévère à venir. J'abandonne mon caddy et me lance vers eux: il faut que je fasse quelque chose avant de m'effondrer!

   Je pose ma main sur son bras et je lui parle tout bas (de toute façon, le moindre son a du mal à franchir ma gorge): "Monsieur, vous n'avez pas besoin de prouver à votre fille avec des coups et des hurlements que vous êtes le plus fort: ça saute aux yeux! Ne croyez-vous pas qu'il serait plus efficace de lui expliquer calmement ce que vous voulez?" Il se défend (mais étonnamment, il baisse la voix): "Vous n'avez pas idée à quel point elle est intenable! Il faut qu'elle comprenne qui commande! Elle nous a couverts de honte quand la maîtresse nous a convoqués car elle avait mordu ses petits camarades!" J'insiste: "Vous ne pensez pas qu'elle ne fait que reproduire la violence dans laquelle elle baigne à la maison?" Je laisse ma main sur son bras et ce geste de quasi compassion freine quelque peu son agressivité. Il veut me convaincre en disant que lui, il a été un enfant modèle qui n'osait même pas bouger quand sa mère le lui ordonnait. Je me dis: voilà la réaction en chaîne...

   Ils sont partis en silence. Quelques personnes sont venues me parler. Mon malaise a mis des heures à se dissiper. Je ne ressens aucun soulagement. Ce n'était qu'un bref répit dans la vie de la fillette (et combien d'autres!) qui, de toute la durée de notre échange (retranscrit ici en grandes lignes) n'a cessé de me fixer avec ses grands yeux bleus...

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Le plus beau métier du monde?...

9 Septembre 2012, 18:20pm

Publié par Flora bis

   On pourrait me rétorquer que mon indéfectible nostalgie est à remiser aux oubliettes d'une époque révolue... Depuis mes quelques années de pratique dans l'enseignement, les élèves, l'école, la société ont changé...

   Certes. Je reste pourtant persuadée que le fondement demeure: la transmission. Nous exerçons le métier le plus privilégié: notre matière première est l'humain, à l'âge le plus malléable. Notre influence, bonne ou mauvaise, peut s'imprimer pour la vie.

   Qui n'a pas gardé le souvenir d'un prof au rôle déterminant pour son avenir? Passons sur l'effet néfaste d'un sadique qui peut priver l'élève de la confiance en lui-même, pour toujours. Gardons plutôt en mémoire l'image lumineuse de ceux qui ont su éveiller notre curiosité, notre soif de découvertes, notre capacité de réflexion. 

Unknown.jpeg J'ai plusieurs fois revu le film de Peter Weir: "Cercle des poètes disparus". Immanquablement, au moment des adieux de M. Keating, l'inoubliable Robin Williams, lorsque, un par un, les élèves montent sur les tables, je ne peux retenir mes larmes... Pourtant, ceux qui me connaissent, savent que je préfère maîtriser mes émotions. Je ne suis pas loin de penser que les adieux de John Keating expriment mes propres adieux au métier que j'aimais tant et que j'ai dû quitter trop tôt...

   "Qu'est-ce qu'un bon prof?" demande le dossier du Nouvel Observateur de la semaine. Je pense que, outre le niveau irréprochable de ses connaissances, il doit transmettre son enthousiasme pour sa matière. Celui qui va en classe comme au bagne, ne saura jamais insuffler le moindre intérêt pour son sujet.

   Je n'ai jamais aimé les relations copain-copain avec les élèves. Le prof ne doit pas être celui à qui l'on tape dans le dos. Chacun à sa place, sur les bases d'un respect mutuel. Je n'ai jamais humilié un élève, convaincue qu'un enfant à qui on répète qu'il est bête et incapable, finit par y croire et ne fait plus aucun effort. Au contraire, je me suis efforcée de trouver des motifs d'encouragement, même en mettant de mauvaises notes quand il le fallait...

   Un autre moment émouvant reste gravé dans ma mémoire, indélébile: sur le livre des condoléances, à la maison funéraire où reposait le corps de Gilbert, j'ai trouvé ces quelques lignes, à l'orthographe quelque peu hésitante: "A celui qui m'a fait découvrir et aimer Le Grand Meaulnes... Vives reconnaissances d'un collégien de Vieux-Condé"... 

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Cimes et abîmes

23 Août 2012, 11:42am

Publié par Flora bis

DSC01778 Je ne suis pas amateur des bilans à tout va: je redoute leurs facéties d'être négatifs! A quoi bon se ruiner le moral avec l'irréversible? J'ai ainsi traversé les décennies sans trop de dégâts, surfant sur des altitudes. Puis, arrivée à la veille de mon soixantième anniversaire, une angoisse jusqu'alors inconnue m'a saisie. La trentaine, la quarantaine, même la cinquantaine ne présentaient pas de différences notables: j'avais l'impression de planer au-dessus d'un plateau haut mais peu dénivelé (que je me figurais, on ne sait pourquoi, comme le Massif central, sans jamais l'avoir vraiment visité)... Tout d'un coup, le vertige m'a happée, tel l'alpiniste amateur téméraire qui regarde sous ses pieds: tant que je regardais vers le haut, dix, vingt, trente ans durant, pas de grosse différence  -  mais dans dix ou vingt ans!... Soudain, la pente vertigineuse de la descente est apparue sous mes yeux, avec le gouffre inévitable au bout du chemin. Sans crier gare, la limite de mon "éternité" a surgi avec brutalité.  

   Aujourd'hui, je pense raisonnablement que ma rencontre avec la mort, un peu plus d'un an auparavant, y était pour quelque chose.

   Pendant quelque temps, j'ai cassé les pieds de mes amis avec mes jérémiades. Cela m'a permis d'évacuer ces angoisses inaccoutumées. Ma nature "d'optimiste inconsciente" a pris le dessus. Dès le lendemain, je me suis réconfortée avec l'idée d'être désormais, à la place d'une vieille cinquantenaire, une jeune soixantenaire fringante... 

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L'été, enfin!

16 Août 2012, 18:28pm

Publié par Flora bis

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   Mon jardin-mouchoir de poche s'épanouit timidement comme si lui non plus, il n'osait y croire: l'été est-il vraiment arrivé, pour de bon et non pas de façon trompeuse, pour un jour ou deux?... 

   Pour sûr, le jardin n'a pas souffert de sécheresse! Le tuyau d'arrosage acheté au printemps n'a jamais quitté son emballage... Les boutons des roses se fanaient sans pouvoir s'ouvrir, par manque de soleil. Ils se recroquevillaient, tristes et frileux, à mon image...

   J'aimerais que la saison se rattrape en nous offrant un bel été indien qui dure au-delà de mon anniversaire (mi-octobre)! Ce serait un beau cadeau qui me comblerait!

DSCN0855.JPG Cette petite fleur vient du jardin de ma mère. Elle a beaucoup insisté pour que j'emporte des graines dans mes bagages; sans doute était-elle heureuse de savoir un bout du pays ainsi avec moi.

   Petite fleur immigrée, transplantée dans un sol étranger... On ne lui a même pas demandé si elle en avait l'envie et le courage. Il lui faudra désormais, pour s'épanouir, s'habituer à la saveur différente du sol, aux parfums inconnus de l'air et au soleil parcimonieux... Sans parler du son de la cloche de l'église voisine qui entonne le soir: "Au clair de la lune, mon ami Pierrot..."

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