Adieu Saturne, bienvenu Jupiter!

Nouvelle année, nouveau départ! Nous aimons ce genre d'illusion: nous donner une chance de plus pour rattraper nos fiascos, mener à bout les tentatives de l'année précédente. Celles qui commençaient seulement à prendre forme timidement, tapies au fond des rêves...
Le temps n'est probablement qu'une illusion créée par nos perceptions. Qu'est-ce qui ressemble plus à la minute précédente si ce n'est la suivante?... Le Temps, si insidieux qu'il ne se montre qu'en la somme de ses ravages...
Dans les moments de profonde désolation (contraire à ma nature), je m'achète un petit vent d'optimisme: pour deux euros, les prévisions de mon horoscope me requinquent pour l'année qui débute. Il paraît que mes pieds de plomb étaient dus à Saturne, c'est lui qui a infligé à la pauvre Balance qui n'en avait pas besoin, ces lenteurs, ce marasme qui n'en finissaient pas... Je parie même que les printemps-été-automne sentant le moisi sous un ciel de plomb, ont été oeuvre de Saturne!
Ouf, Jupiter piaffe déjà devant la porte! Cette planète sympathique, celle de l'élan, de l'optimisme et de la motivation me manquait tant depuis plus d'un an! Au lieu de me pencher vers la pente savonneuse devant mes pieds, j'ai envie de respirer enfin, de créer des choses à partir de mes fantasmes minuscules, sans autre prétention que le plaisir que cette occupation recèle! Et ce n'est déjà pas si mal.

Les acteurs sont excellents, couronnés de prix dans divers festivals dont Cannes. Ma préférence va à Mikkel Boe Folsgaard, dans le rôle du roi Christian VII. Il est époustouflant de justesse à incarner ce personnage qui oscille en permanence entre faiblesse, intelligence fulgurante et folie déconcertante.

J'ai plusieurs fois revu le film de Peter Weir: "Cercle des poètes disparus". Immanquablement, au moment des adieux de M. Keating, l'inoubliable Robin Williams, lorsque, un par un, les élèves montent sur les tables, je ne peux retenir mes larmes... Pourtant, ceux qui me connaissent, savent que je préfère maîtriser mes émotions. Je ne suis pas loin de penser que les adieux de John Keating expriment mes propres adieux au métier que j'aimais tant et que j'ai dû quitter trop tôt...