Le blog de Flora

reflexions

Entomologie

27 Août 2013, 10:53am

Publié par Flora bis

Entomologie

Au bout de presque une semaine, je commence à revenir devant l'écran de l'ordinateur. Depuis jeudi dernier, je me sentais un peu comme le petit scarabée ci-contre (un dessin que j'ai fait en 1998, pour illustrer un recueil de textes courts de Gilbert): épinglé en son milieu, de son vivant! (ce que proscrit la déontologie des entomologistes). Une sciatique me paralysait le côté gauche, due probablement à la fatigue accumulée pendant l'été et aussi, à la position assise prolongée devant l'écran, ces derniers temps...

Tout cela est de l'explication raisonnée... Je me suis amusée à en trouver une autre qui plaira sans doute plus à mes amis, tentés par les mystères des abysses de notre psychisme encore à déchiffrer.

Cela se préparait depuis des mois. Chaque stress durable se soldait chez moi en prise de poids - et ces dernières années, le stress ne manquait pas! Je ressentais l'urgence de reprendre ma vie en main, me débarrasser de ce fardeau qui n'était certainement pas que physique! La pesanteur des années de vaines tentatives de correspondre aux désirs des autres - chacun sait que dans ce domaine, on atteint rarement la perfection! La culpabilité qui résultait du sentiment de ne pouvoir satisfaire ces désirs, même au prix de s'oublier au passage...

Bref, ma décision de consulter un nutritionniste avait une grande signification symbolique, tout en mettant en avant la raison pure. Et juste au moment où je me suis assise devant son bureau, j'ai reçu un coup de couteau violent dans la hanche gauche...

Est-il si simple de quitter nos chaînes? Le poids du passé nous structure en même temps. Notre prison devient familière, nos geôliers nos repères. La liberté, c'est l'inconnu qui effraie...

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Avons-nous un ange-gardien?

14 Août 2013, 17:22pm

Publié par Flora bis

Avons-nous un ange-gardien?

Je me suis toujours doucement moqué de ces histoires-là. Ces croyances naïves qui permettent à certains de s'accrocher à toute sorte de protections imaginaires. Les anges, je les ai relégués dans le monde merveilleux de l'enfance qui autorise tous les fantasmes. Jusqu'à samedi dernier.

Qu'est-ce qui m'a réveillée à dix centimètres de la barrière centrale de l'autoroute, à 130 km/h au volant de ma voiture?... Qu'est-ce qui a fait que personne ne se trouvait dans la file de gauche, lorsque, imperceptiblement, j'y suis passée?... Mystère. Normalement, à l'heure qu'il est, je ne devrais plus être en vie, ou pire, en bouillie sur un lit d'hôpital...

Sur le coup, je n'en ai pas été vraiment secouée, tout au plus, ça m'a réveillée assez efficacement jusqu'à la maison. Je suis restée très calme, comme anesthésiée. Depuis, insidieusement, la pensée se faufile dans mon esprit de plus en plus souvent.

Cela tient à un fil ténu qu'une vie ne soit suspendue, et celle de quelques autres personnes bouleversée de fond en comble. Des projets balayés, des rendez-vous annulés, - une maison à vider... Le monde s'arrête.

Et si on avait vraiment un ange gardien?...

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Regard dans le rétroviseur... (extrait du Cahier rouge, mars 2010)

28 Mars 2013, 11:01am

Publié par Flora bis

cahier rouge NEW Ce matin, je me suis replongée dans ce "Cahier rouge", une sorte de consigne du temps qui s'enfuit, entamé en mars 2009 et arrivé à sa 225-ème page il y a à peu près un an.  Son successeur, le "Cahier noir" a déjà atteint 179 pages manuscrites, bien serrées. Que s'est-il passé d'important, du moins pour moi, il y a tout juste trois ans?...

30 mars 2010, mardi: (nb. je suis à Meudon) Pour me remettre des trois-quatre jours précédents, je reste à la maison, quasiment en position de gisant, renonçant au retour au Salon ou à l'expo de Lucian Freud. La honte! A ma décharge: de fréquentes averses qui me découragent de faire 2 heures de queue à Beaubourg et de monter la grimpette au tram. Lucie est restée scotchée à moi ce matin. Que faire? Elle se serre contre moi sans bouger... Drôle de petite tête: qu'y a-t-il dedans? Sûrement plein, plein de choses qu'on n'imagine même pas...

   Pendant ce temps, mon "Istanbul" reste en suspens. J'espère que ce ne sera pas cet     énième feu de paille dont j'ai le secret... C'est pour cela que j'ai besoin d'engagement ferme, pour ne pas sombrer dans l'inertie... En même temps, si je délaisse ce cahier (et le blog, surtout) plusieurs semaines, je ressens un manque sourd et oppressant. Se réfugier dans les mots? Fuir la réalité? Comment écrire, déjà? Faut-il y réfléchir ou bien peut-on se contenter de suivre ses instincts? Je serais sans doute incapable d'écrire un récit classique, linéaire, suivre une trame stricte. Incapable ou pas envie? Les deux et peut-être l'un à cause de l'autre.

(...)

   Au dernier billet en date sur mon blog, j'ai ajouté ma photo prise en 2006, sensiblement la même qu'aujourd'hui. Pourquoi ai-je franchi le pas? Ce n'est pas anodin, comme rien dans la vie. Il m'a fallu presque deux ans pour me "dévoiler" ainsi. Afin de comprendre le pourquoi de se dévoiler, il faut déjà comprendre le pourquoi de se masquer. Envie de créer des illusions? Peur de décevoir? Envie de se cacher? Pourquoi? Pour fuir le paraître? Pour se laisser imaginer à travers ce qu'on crée et qui doit être  -  du moins, on l'espère  -  plus vrai, plus fidèle que l'apparence physique? Cependant, je suis sûre que les personnes très belles s'empressent à exhiber leurs photos pour ajouter à la séduction éventuelle de leur production...! 

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De la perception du beau...

25 Mars 2013, 19:11pm

Publié par Flora bis

Johannes_Vermeer_-1632-1675-_-_The_Girl_With_The_Pearl_Earr.jpg La philosophie étudie le domaine de la beauté depuis longtemps; ce qui m'intrigue surtout, c'est de comprendre "comment ça se passe dans le cerveau?" L'article de Delphine Lorin-Etuy dans la revue Science m'a offert quelques précieuses pistes.

   Une curiosité en passant: si les hommes et les femmes peuvent donner la même définition de la beauté artistique, ils y arrivent par des circuits cérébraux différents. Tandis que les femmes activent les deux hémisphères du cerveau, les hommes se contentent du droit... Ce phénomène est dû probablement à la répartition des tâches au cours de l'histoire neuro-cognitive des humains....

   Les chercheurs dont Jean-Pierre Changeux ont poussé plus loin l'exploration de l'activité cérébrale grâce au développement des techniques scientifiques d'observation. Les résultats montrent qu'une résonance se produit entre la raison (cortex frontal) et l'émotion (amygdale), que les circuits du plaisir, de la récompense s'activent.

   Une fleur, un paysage, un visage peuvent également provoquer une sensation de beauté en nous. Cependant, il s'avère que notre cerveau fait rapidement la distinction entre la nature et une création artistique: son ativité n'est pas la même, elle devient plus complexe. Au-delà d'une première réaction de "surprise", le cortex frontal est sollicité pour tenter de comprendre la démarche artistique. Les "neurones miroirs", responsables de l'empathie, s'activent.

   Tout le monde a pu constater que le choix entre "je l'aime" et "je ne l'aime pas" se fait en quelques secondes. Les chercheurs de l'Université de Toronto l'ont même mesuré: 4 sec pour le "oui" et seulement 2 sec pour le "non".

   Lorsqu'une oeuvre plaît, le cortex visuel est sollicité plus longuement comme si on augmentait l'éclairage pour mieux observer l'objet. De plus, le gyrus fusiforme bilatéral qui sert à reconnaître les visages, entre en action aussi. Dans le cas du "non", on diminue rapidement l'activité du cortex orbito-frontal (en 2 sec), comme si on baissait l'éclairage sur un objet qui n'en vaut pas la peine...

   C'est un peu plus compliqué lorsqu'on se dit: "oui, je reconnais que c'est un immense artiste mais je ne l'aime pas..." C'est ce qui m'arrive en regardant Rubens, Picasso ou Matisse, par exemple. Va savoir pourquoi.

   Justement, on commence à comprendre pourquoi. Il s'agit de la beauté objective (Picasso, Rubens etc.) ou de la beauté subjective (Rembrandt, Klimt, Vermeer etc.), dans des exemples me concernant. La première est analysée par le circuit cortical évolué et l'insula (siège de l'empathie): je le juge beau, mais je ne l'aime pas. La seconde fait entrer en jeu le goût personnel, pour ne pas dire l'histoire personnelle, avec cette mystérieuse amygdale qui ne se trouve pas au fond de la gorge mais dans les profondeurs du cerveau et qui héberge nos émotions enfouies tout au long de notre parcours personnel.

   On pourrait continuer longuement cette passionnante exploration. Ce qui est merveilleusement rassurant pour moi, c'est l'alliance entre la raison et l'émotion: la première aide à comprendre et à maîtriser la seconde, et l'émotion, ce tremblement de l'âme, façonne en profondeur notre humanité.

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Abandon

18 Mars 2013, 16:47pm

Publié par Flora bis

DSCN0912 2   En apparence, seulement par souci trompeur, la maison garde son aspect familier. Les petits rideaux amidonnés sont en place, le balai n'a pas bougé de sa position habituelle. Le chauffage répand une chaleur réconfortante, cependant, quelque chose manque. Justement, l'essentiel.

   La paire de chaussons semble orpheline près du fauteuil qui conserve l'empreinte d'une silhouette. Un manteau accroché dans l'entrée projette le souvenir de celle qui s'affairait dans la cour, il y a peu. Sur la table, une casserole attend son tour, pour faire bouillir le lait du fermier. Elle ne servira plus. Abandon.

   Je fais un tour dehors. Sur le béton entourant la fontaine, une inscription est gravée: B. R. 1968. Les initiales de ma mère et la date qui témoigne d'une bataille emportée sur les réticences de mon père face à toute modernité. Une bataille de plus.

   Sur les vignes de la pergola, patientent les dernières grappes momifiées, oubliées sur des branches squelettiques en attente de la taille qui ne viendra probablement jamais. Les perce-neige et les crocus multicolores explosent à l'appel du soleil. Ils ne reverront plus la silhouette cassée en deux qui se penchait sur les fleurs du jardin. Abandon.

   Depuis plus d'un mois, ma mère vit dans une maison de retraite médicalisée. Elle ne reviendra plus dans la maison où elle a passé 56 ans de sa vie. La maison est comme une place désertée, encore tiède.

   Je n'aime pas ces condamnations définitives, à perpétuité, clôturant une époque qui se promettait immuable. Sans doute parce qu'elles nient l'espoir...

    

 

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Soirée littéraire contre vent du nord...

23 Février 2013, 17:09pm

Publié par Flora bis

DSCN0943.JPG Il faisait très froid hier soir à Valenciennes! Le vent du nord balayait les rues, chargé de promesses de neige... La grippe et d'autres maladies font des ravages, et pour couronner le tout, la zone scolaire vit ses derniers jours de vacances! 

   Pour toutes ces raisons, j'ai attendu la soirée avec quelques angoisses: serions-nous une petite poignée présente, les 6 personnes qui s'étaient engagées pour faire la lecture des textes courts sélectionnés (et écrits) par moi-même?...

   Vers 20 h, arrivage en plusieurs groupes frigorifiés de vingt-deux personnes! Chargées de tartes au maroilles, de quiches, de salades, de gâteaux et de boissons, de quoi nous réchauffer le corps, une fois l'esprit rassasié! J'avais déjà poussé les meubles, rassemblé les chaises et préparé les assiettes en carton. Le gâteau sur la photo (au départ, trois fois plus long!)  -  ma contribution  -  préparé la veille, attendait au réfrigérateur.

   J'ai déjà eu l'occasion d'en parler sur ce blog: depuis la survenue de ma "graphomanie" somme toute récente (2006-07, la mort de Gilbert et les années qui suivent), l'envie de partager mes textes devient de plus en plus impérieuse, en lutte permanente avec mes réticences congénitales de me mettre en avant, de prendre des risques de la chute... En même temps, le temps passe à une vitesse sidérante: je ne dois plus tellement attendre avec les prises de risque si minuscules soient-elles... A mesure que je prends de l'âge, ledit risque diminue: qu'ai-je à craindre; après la soixantaine, ce n'est pas le ridicule qui tue le plus sûrement...

   Nous avons entendu dix-neuf micro-fictions, elles ont toutes été publiées auparavant sur ce blog. Les entendre lues par des lecteurs inspirés  -  qu'ils soient ici aussi remerciés!  -  a été émouvant, tous les plumitifs vous le diront...

   Un peu plus d'une heure de lecture, suivie du joyeux partage des victuailles et des conversations amicales et chaleureuses jusqu'à minuit passé: voilà une belle soirée d'hiver dans le Nord! 

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Tentations et tentatives

16 Février 2013, 14:07pm

Publié par Flora bis

images-copie-1 (...) Le passé remonte par volutes de parfums, agréables la plupart du temps. Comme si la perception primordiale des odeurs précédait les autres sens et qu'elle s'effacerait la dernière, comme une preuve ultime de notre animalité. Cependant, comment rendre ce souvenir par des mots? Comment faire sentir les saules aux troncs tortueux, à l'aspect de momies  desséchées qui, miraculeusement, donnent naissance à des branches frêles, au vert tendre, dès l'explosion du printemps? Comment traduire cette indicible douceur subite de l'air, dans laquelle on a envie de se fondre, avançant, les narines frémissantes, pour se gorger des arômes païens de l'éveil de la nature...

   J'essaie d'imaginer la personne qui lirait ces lignes, pour éviter les ellipses trop hermétiques. Quant à ce qui pourrait l'intéresser ou non, c'est une autre question. Là, je crois qu'il ne faut écouter que son inspiration: si l'on commence à spéculer sur les attentes d'un hypothétique lecteur, on se tire une balle dans le pied.

Unknown-copie-1.jpeg J'aimerais partager les odeurs des saisons, celle de l'hiver, maigre et âcre, presque coupante. Celle de l'automne, des feuilles mortes et du maïs chevelu: on se cache dans les feuilles arrachées, à la senteur inimitable, mélange des têtes mûres dorées et du début de la déliquescence... Parfois, tiédeur tardive d'une nature qui se prépare à l'hibernation, qui rougit la flore mais qui souffle du froid humide sous la chaleur des feuilles en décomposition. (...) 

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Ambiance de janvier...

27 Janvier 2013, 16:22pm

Publié par Flora bis

Unknown.jpeg    Il y a quelque chose de rassurant dans le cours immuable du temps. Dans la certitude que l'hiver sera remplacé par le printemps et que les cycles repartiront. Dans cette partie de la planète, le changement des saisons rythme nos besoins: fatigués de l'effervescence de l'été où nos énergies vitales sont au comble, l'automne nous invite au repos que l'hiver nous offre pour régénérer nos forces. Le printemps rallume nos envies et la lumière croissante nous amène en douceur vers l'apothéose de l'été...

   Nous sommes en fin de janvier. Imperceptiblement, les jours s'allongent, en signe d'espoir. C'est au moment du Solstice d'hiver où le soleil est au plus bas et la lumière à portion congrue, que le signal de sa renaissance retentit: minute par minute, nous gagnons en éveil; le processus s'inverse. Peu à peu, l'effervescence remplace l'hibernation, l'envie vainc la somnolence. Ce n'est pas encore bien visible. Les trottoirs sont recouverts de neige glacée, le gris du ciel nous incite à nous réfugier dans la chaleur du foyer... quand il existe...

   J'aime  le Solstice d'hiver, fête de Janus Bifrons, dieu romain à deux visages dont l'un tourne vers le passé et l'autre vers l'avenir. Pour moi, un signal puissant de l'espoir. Naïf, peut-être, mais vital.

   Nous en ressentons les premiers frémissements dans l'air et dans nos corps engourdis. Nous remontons la pente à l'instar du soleil. La vie doit triompher sur les appels de la Camarde... Faut-il toucher le fond pour pouvoir faire appel à nos instincts vitaux et remonter à la surface? A la lumière du soleil.  

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Lumières hivernales

17 Janvier 2013, 19:15pm

Publié par Flora bis

DSCN0929.JPG

   Janvier... Il est normal qu'il neige, qu'il gèle et que nous grelottions... J'essaie de découvrir de la beauté dans ce paysage hostile à mon état d'âme qui aurait plutôt envie de chaleur douillette pour panser ses plaies... Je suis au chaud, je repousse à l'infini chaque sortie non indispensable. J'ai froid à l'intérieur de moi.

   Je regarde le jardin à travers la fenêtre de la cuisine. La nuit tombe, le petit jardin baigne dans une lumière opaque, jaunâtre. D'où vient-elle? Aucune lampe à l'horizon, ma cuisine est éteinte. La neige est vierge de toute trace. Les chats des voisins cessent leurs vagabondages à la recherche des oiseaux imprudents.

   Cette lumière me fascine. Elle apparaît avec la neige fraîchement tombée, lorsque la couverture ouatée estompe toutes les souillures, tout le vacarme du quotidien, recouvre les stigmates de la déchéance. Une lumière d'outre-monde...

 

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Cahier Noir * extrait

8 Janvier 2013, 10:16am

Publié par Flora bis

cahier noir NEW Ce Cahier Noir, en succession au Cahier Rouge qui est à l'origine de mon "journal de bord" quasi quotidien depuis 2009, a démarré le 6 mars 2012. Jetées à la hâte, dans la totale spontanéité et sans correction, ces lignes ne doivent pas être limées avec soin, cela les priverait de la sensation d'attraper les mots au vol (Gilbert)... J'en suis aujourd'hui à la page 144. Il continue à témoigner de la nécessité pour soi-même de "fixer le temps", du moins s'en donner l'illusion...

 

25 novembre 2012, dimanche: Je suis de nouveau à l'expo. J'aimerais m'asseoir au fond de la salle pour écrire tranquillement. M. a téléphoné, ses éloges et ceux d'A. L. devraient me "booster" si je ne me laissais pas écraser par la prise de tête au sujet de ma mère. (...)

Étonnants, les "artistes" et les visiteurs... Si sûrs de leur jugement... Moi, NON... Si peu... Au sujet de certains, je suis plutôt sure du contraire... Ça me gène d'entendre "préserver notre qualité, niveau artistique"... Je ne me mets pas au-dessus du lot! Mais au moins, je ne me prends pas pour le nombril du monde!

Je suis de plus en plus agacée par tout ce qui me distrait de ce "recentrage sur moi-même". Il reste encore plus d'une heure et demie avant de pouvoir bouger.

Comment fait Mme X.? Elle colle au client et ne lâche sa prise que lorsque celui-ci rend les armes... J'en serais totalement incapable!... G. s'est fendu d'un "j'aime" pour mon "Nu champêtre". C'est rare. Peut-être a-t-il eu pitié de moi? Ou veut-il que je retourne voir ses tableaux? Les derniers ne m'ont pas plu. On se lasse de tout, lorsque l'aspect "nouveauté" est passé... Il faut se faire désirer, sans doute. Sans tomber dans l'oubli pour autant.

Pourvu que l'écriture garde sa magie pour moi! Elle me procure tant de moments de bonheur et elle meuble si richement ma solitude! Je me demande souvent si j'aurai un jour franchi le cap de m'exposer au risque de me voir renvoyer en pleine poire mon audacieux manuscrit... ma prétentieuse tentation de me faire "peser" avant de disparaître... Cela prouvera en même temps mon manque de soif de réussite, d'ambition de carrière... Je n'en suis pas particulièrement fière, d'ailleurs. Je vois tout ce petit monde qui s'agite dans ses démarches pour la gloire.Tout cela me semble bien vain mais il vaut sans doute mieux d'être "artiste" (ou le croire!) que de passer son temps au bistro! Encore que, l'un n'empêche pas l'autre...

Mme Y. est passée avec son chien de poche mais j'étais en discussion avec D. C.

Il faudrait tout de même que je me penche davantage sur la préparation de la prochaine expo. Mais d'ici là... Que de choses en suspens! Et combien de fois faudra-t-il que je retourne auprès de ma mère... Un temps haché... Pas assez de plages ensoleillés!... 

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