Le blog de Flora

reflexions

Gloire et bonheur

27 Novembre 2013, 10:40am

Publié par Flora bis

Gloire et bonheur

"La gloire est le deuil éclatant du bonheur".

Cette phrase - un concentré raccourci de celle de Mme de Staël: "La gloire elle-même ne saurait être, pour une femme, qu'un deuil éclatant du bonheur" - je l'ai entendue hier soir, dans le magnifique documentaire sur Yves Saint-Laurent. Pierre Bergé nous le raconte, accompagné des images éblouissantes de sa vie, de ses créations. Le grand jeune homme timide et gauche, du haut de ses 21 ans, qui entame le chemin éclatant de la gloire!

Pierre Bergé tisse son histoire, leur histoire, avec calme et lucidité, sur la trame de la liquidation de leur somptueuse collection par vente aux enchères. A travers ses propos, ses regards, transparaît un vide douloureux. Même s'il n'est pas homme à s'abîmer dans un passé nostalgique.

Yves Saint-Laurent, le génie dépressif, l'inquiet, compense son hyper-sensibilité créative par des substances qui le détruisent. Plus il est adulé, plus il se réfugie dans la solitude.

Il a tout, la gloire, la richesse, la création - tout, sauf le bonheur serein.

Cette fameuse phrase console-t-elle quelque peu la foule des médiocres qui aspirent vainement aux fastes de la gloire... Piètre consolation. Vaut-il mieux être le génie d'exception qui se consume dans la création, en côtoyant la folie ou bien faire partie de l'écrasante majorité des quelconques, voire même des honnêtes talents qui poussent laborieusement leur chariot jusqu'au bout d'une existence sans éclats?… A voir.

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Méditations de fin de novembre

24 Novembre 2013, 17:14pm

Publié par Flora bis

Méditations de fin de novembre

Dehors, de plus en plus frisquet. On se calfeutre pour regarder les arbres se dénuder sous les coups de vent humide.

Les bruits de la fureur du monde pénètrent par écran et ondes de radio interposés: catastrophes, guerres, attentats, folies des hommes… Maladies des proches, des amis, deuils de novembre. Comment faire pour ressentir quand-même un peu de bonheur?...

Pendant des années, je me suis interdit de m'abandonner vraiment aux sentiments de joie - ne parlons même pas de bonheur, ce dernier suppose, à mon sens, un peu de durée. J'avais l'impression que baisser la garde entraînerait aussitôt une sanction, que le malheur n'attendait que ce moment de légèreté pour frapper… Comme s'il fallait mériter le bonheur.

Cela fait sept mois que nous avons enterré ma mère. Il m'arrive encore de stopper net un élan joyeux: "Comment oses-tu alors qu'elle souffre de ton abandon?"… Le dimanche, avec la baisse du jour, point l'angoisse sourde: "Il faut que tu l'appelles, pour l'entendre égrainer ses plaintes interminables contre le monde entier"… Pour essayer de la porter à bout de bras, à 1600 km de distance, impuissante de lui offrir le seul apaisement: ma présence, ma vie...

Cela ne s'efface pas facilement. Il y a des gens qui imprègnent notre vie comme le lierre le tronc d'arbre. L'arracher laisse des cicatrices même si l'arbre respire mieux.

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Vocations précoces

15 Novembre 2013, 19:37pm

Publié par Flora bis

Vocations précoces

Sur le blog d'une amie, une phrase m'a stoppée net. Elle a cité un conférencier qui dissertait sur l'enfance. Selon lui, il faut prêter une attention particulière aux jeux des enfants entre 9 et 11 ans, car leurs jeux spontanés, leur intérêt pour tel ou tel domaine nous donnent de précieuses indications sur leurs vocations futures.

Je vérifie mon "cas" par un rapide saut de quelques décennies en arrière… Je me vois prise d'une envie soudaine d'inventer des histoires. Je passe des heures sur mon cahier à noircir des pages avec des récits qui ne sont pas du tout des contes de fée! En même temps, j'écris deux pièces de théâtre que je mets en scène avec les copains du quartier, devant le public des familles réuni, forcément ébahi!

Il ne reste pas la moindre trace de ces textes. Il a fallu que j'attende cinquante ans pour que l'envie irrépressible d'écrire m'envahisse de nouveau.

Vers mes dix ans, ma prof de dessin me découvre des talents et cela me donne littéralement des ailes: je me mets à dessiner et à peindre avec frénésie, sans répit...

Jusqu'au moment où il a fallu choisir l'orientation définitive: mon amour pour les langues étrangères me dirige vers l'enseignement du russe et du français. L'écriture, la peinture sont des métiers de meurt-de-faim! On peut les exercer, à la rigueur, comme passe-temps agréables, à la portée de tous… La leçon parentale, le bon sens prudent ont fait leur chemin.

Après la cinquantaine, les premiers engouements refont surface… Une dernière chance?

Alors, faudra-t-il que je me sente enfin légitime?...

(illustration: portrait de mon grand-père, de l'époque de mes 10-11 ans. Je l'ai "déguisé" en gardien de troupeau de chevaux… va savoir pourquoi Mais la ressemblance est certaine)

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Les pouvoirs curatifs du sourire

11 Octobre 2013, 12:04pm

Publié par Flora bis

Les pouvoirs curatifs du sourire

Je n'ai jamais eu besoin de me forcer pour sourire à la vie, et cela, en dépit d'un grand nombre d'épreuves traversées... Je dois avouer que je n'étais même pas consciente de ce don de la nature. La première qui me l'a fait remarquer était une collègue russe, plutôt "rugueuse", à la fin d'un stage linguistique où j'accompagnais des lycéens. Elle m'a glissé un petit billet d'adieu dans la main, me remerciant pour mon "magnifique sourire radieux"... Inutile de dire que je tombais de stupéfaction: je ne me posais jamais cette question!

Depuis que je vis parmi les Français, je constate l'importance primordiale du sourire (même si tout le monde dit que les Français sont moroses!). Il est comme une carte de visite que l'on met en avant, une sorte de main tendue, en guise d'accueil cordial. Un personnage public, un candidat politique augmente ses chances en possédant ce précieux sésame, tout comme il va à l'échec dans le cas contraire.

Je suis en train de lire le nouveau best-seller du dr. Saldmann, le célèbre cardiologue qui nous propose des méthodes de guérison, du moins, de soulagement de nos maux par des moyens autres que chimiques, voire même en évitant le bistouri radical. Je me rends compte que je pratiquais instinctivement certaines de ces "formules magiques" depuis longtemps... Le sourire en fait partie. Selon le dr. Saldmann, il diminue le stress, la fréquence cardiaque non seulement en nous, mais aussi dans notre entourage, comme si nous générions des ondes positives autour de nous! La bonne humeur ainsi créée est contagieuse! Alors, pourquoi se priver de cette méthode simple et gratuite?

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L'agenda d'une geignarde...

7 Octobre 2013, 12:26pm

Publié par Flora bis

Lorsque je sens les vagues des obligations retardées tout près de m'engloutir, l'image en rêve d'une plage ensoleillée et presque déserte réapparaît dans ma tête... Ai-je besoin de me barricader de tous côtés par des obligations que, en grande partie, je m'impose toute seule?... Pourquoi? Est-ce par peur du désoeuvrement qui rime à mes yeux avec l'agonie, ou par simple réticence, voire incapacité de dire non à une proposition intéressante? Les deux, sans doute, mon capitaine. Oscar Wilde n'a-t-il pas dit: "Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder"?...

l'Atlantique...

l'Atlantique...

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Questionnements...

1 Octobre 2013, 17:44pm

Publié par Flora bis

Questionnements...

Je me suis aperçu depuis longtemps que les questions sont plus excitantes que les réponses... Ces dernières, bien souvent, ne résistent pas à l'épreuve du temps: le monde change, nous nous transformons avec lui, nos cellules se renouvellent aussi (dans le meilleur des cas...). Comment pourrions-nous imaginer la possibilité de fournir des réponses inoxydables?...

Les questions, par contre, apportent la preuve de l'esprit en éveil, celui qui relève les zones d'ombre, les incohérences et incite à la réflexion. Il pousse à explorer les territoires peu connus ou complètement vierges. Il ne donne jamais la certitude et le contentement de soi. Se remettre en question, nous mène à l'humilité. Devant le Grand Inconnu de notre existence et de sa finalité.

Ces quelques réflexions ne nous dirigent pas forcément vers une sorte de mysticisme à peine déguisé... Peut-être même vers son exact opposé. Les certitudes en béton ne tolèrent pas le doute, la remise en question. La liberté de penser est un exercice de funambule...

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Prenons de la hauteur!

20 Septembre 2013, 19:31pm

Publié par Flora bis

Prenons de la hauteur!

Ceux qui me connaissent m'ont souvent entendu prononcer cette phrase, devenue peu à peu un genre de "mantra", en cas de besoin, pour retrouver de la sérénité.

Je ne veux surtout pas paraître dans la posture d'une donneuse de recette, pire encore, de donneuse de leçon. La souffrance d'une amie a inspiré ces réflexions.

L'humain doté d'une sensibilité normale ne peut rester indifférent devant l'agressivité, l'injustice, la mesquinerie hypocrite de ses contemporains, surtout s'il en est la victime impuissante. Être témoin est déjà assez pénible, subir, même en réagissant, l'est encore plus.

Petit à petit, j'ai appris à me défendre. Il ne s'agit pas de fuite - il faut répondre, si possible en gardant notre calme, car c'est une arme véritable, - mais de ne pas tomber dans le pugilat qui ne ferait que nous rabaisser.

Comment faire pour se défendre de la souffrance? On accuse le coup, c'est certain. Il s'agirait plutôt de ne pas nous arrêter indéfiniment là-dessus, nous morfondant sur notre triste sort, mais de mettre de la distance au plus vite, en nous élevant au-dessus de ces bas-fonds. "Prendre de la hauteur" , et aussitôt, devant mes yeux apaisés, survient l'image d'un aigle planant majestueusement dans des altitudes très pures...

Bien sûr, cette évidence ne m'est pas apparue si facilement; il a fallu des années de dur apprentissage. Un jour, j'ai compris que l'essentiel de ma souffrance venait du fait que j'allais vers les gens avec une confiance naïve et que j'attendais d'eux la même attitude en retour.

J'ai décidé que dès lors, tous mes actes seront absolument gratuits, sans la moindre attente du retour. Si je fais un geste, c'est que je le veux bien, sans calculer qu'on me le rende. Il s'agit d'un don et non d'un donnant-donnant... Ainsi, j'évite la déception, l'amertume, puisque je n'attends rien. Et si je reçois quand-même quelque chose, ça ne peut être que du bonus!

On acquiert ainsi une liberté intérieure inouïe! Et comme on sait que c'est la seule véritable, on n'est pas loin de rejoindre l'aigle par-dessus les nuages!...

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En visite chez le Roi-Soleil (sans le soleil...)

18 Septembre 2013, 16:49pm

Publié par Flora bis

Les nuages ternissent les dorures des toits, la débauche des ornements et des marbres, mais la belle perspective de l'enfilade des salles, parées de tableaux monumentaux demeure intacte. De l'or, encore et encore... De magnifiques tentures autour des couches royales: on imagine cette vie dépourvue de la moindre intimité. Toujours sur scène, devant des spectateurs dévoués mais intriguant sans relâche dans les coulisses... Une sorte de championnat de l'hypocrisie, en somme...

Il a fallu l'envergure d'un Louis XIV, conditionné dès sa plus tendre enfance pour accomplir ce rôle, en y prenant plaisir, de surcroît. Il a fallu cette richesse immense pour commander les chefs-d'oeuvres que les générations des siècles à venir pourront encore admirer. Admirer et non pas posséder. Pour ma part, je m'en accommode amplement.

En visite chez le Roi-Soleil (sans le soleil...)

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Fascination

10 Septembre 2013, 13:03pm

Publié par Flora bis

Fascination

Une amie inconnue mais proche - cadeau de Face Book si décrié qui nous réserve pourtant de ces petits miracles! - m'envoie parfois des vidéos de 10-20 minutes qu'elle tourne dans des musées ou, plus intéressant encore, dans des ateliers d'artistes, peintres, graveurs ou sculpteurs. Alors, je ne puis détacher mon regard de la main, du visage de l'artiste qui accomplit le miracle de la création sous mes yeux envoûtés...

Je regarde le sculpteur déballer le bloc d'argile, le poser devant lui en le caressant, comme s'il apprivoisait déjà la forme cachée à l'intérieur, figure qu'il est destiné de sortir de la gangue primordiale (on ne peut s'empêcher de penser au mythe d'Adam...)

Ses gestes rapides me donnent l'impression qu'il voit déjà le futur visage et qu'il ne fait que de le libérer de la prison de la matière... D'ailleurs, je me suis toujours demandée dans quelle mesure il se laisse surprendre, voire même guider par ladite matière...

Je m'oublie au passage: comment je fais, moi, en toute humilité? Je suis sure d'une chose: au départ, il y a l'envie irrépressible de créer... Puis, on se laisse envahir par les images correspondant aux humeurs du moment... et on laisse la main accomplir les gestes qui leur donneront vie...

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Cultivons notre petit jardin?...

5 Septembre 2013, 10:41am

Publié par Flora bis

Cultivons notre petit jardin?...

Repli généralisé sur notre intimité, notre famille, notre cercle d'amis les plus intimes.

Ultime refuge contre la morosité ambiante, face aux menaces réelles, ou agitées dans des buts dissimulés mais bien définis.

Jadis, j'ai vécu sous un régime communiste où l'optimisme affiché était de rigueur. Le chômage était inconnu, l'avenir tracé dans la quiétude enfantine et insouciante: à quoi bon se casser la tête sur des grandes questions quand "là-haut", on s'occupe de vous, en vous ôtant ce genre de soucis, en même temps que la possibilité d'agir, de toute façon.

Dans une société démocratique, on vous invite à réfléchir, à vous prendre en main. Les sondages omniprésents donnent l'illusion que "l'opinion publique" pèse d'un poids décisif sur la gestion politique.

Seulement... d'où vient cette angoisse diffuse et permanente qui tient en étau la plupart de nos concitoyens?

Je ne suis ni sociologue, ni politologue, aucun "-logue" en particulier... Le sujet que je peux examiner est celui que j'ai sous la main, un sujet lambda: moi-même... Je peux me prononcer librement sur les choix politiques lors des élections. Je peux - en théorie - exprimer mon opinion, seulement, personne ne l'entend. Les élus eux-mêmes obéissent à des impératifs qui les dépassent et ils sont réduits aux compromis. Alors, on a l'impression de vivre dans un monde qui s'emballe et court à sa perte, avec, au gouvernail invisible, une poignée de gens à peine plus visibles dont la devise est: "Les poches remplies le plus possible et après moi le déluge!"

On a soif d'un idéal qui mobilise, qui n'est pas encore galvaudé, discrédité. Pour transformer l'énergie autodestructrice en forces positives.

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