Le blog de Flora

A propos de "Royal affair"

26 Novembre 2012, 17:27pm

Publié par Flora bis

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   J'ai une certaine aversion contre le snobisme des titres non traduits. Soi-disant pour ne pas les fausser! Bizarrement, les défenseurs de ces pratiques ne sont si exigeants qu'envers les titres en anglais! (de plus, le titre original de ce film est: "En kongelig affaere", en danois...)

   Mais venons-en à notre film danois. Deux heures vingt de pluie, de pénombre, d'austère château royal qui s'apparente à une prison. Et de fait, il est une prison pour la reine Caroline Mathilde, jeune princesse ignorante des choses de la vie, instruite vaguement par sa grand-mère au sujet des devoirs qui l'attendent envers son époux, un roi étrange dont on suggère qu'il est fou... Aujourd'hui, on dirait "bipolaire", peut-être.

   Un Danemark du dix-huitième siècle où le peuple vit dans la misère, ravagé par les épidémies comme dans la plupart des pays de l'Europe de cette époque. Les idées des Lumières, venues de France, sont considérées comme dangereuses par la noblesse craignant pour ses privilèges. Elles font leur apparition par l'intermédiaire d'un médecin allemand, Johann Friedrich Struensee, nommé médecin personnel du roi.

A-Royal-Affair---Mikkel-Boe-Folsgaard-copie-1.jpgLes acteurs sont excellents, couronnés de prix dans divers festivals dont Cannes. Ma préférence va à Mikkel Boe Folsgaard, dans le rôle du roi Christian VII.  Il est époustouflant de justesse à incarner ce personnage qui oscille en permanence entre faiblesse, intelligence fulgurante et folie déconcertante.

   Sans détailler les périples du trio que forment le couple royal et le médecin, les bouleversements survenus en quelques huit mois et le dénouement tragique auquel le spectateur s'attend depuis le début, j'aimerais éclaircir pourquoi j'ai été captivée d'un bout à l'autre. Certes, j'ai un penchant pour les films que les admirateurs des "007" jugent ennuyeux à mourir (j'avoue même que, bizarrement, le bruit et la fureur m'endorment au bout d'un quart d'heure). Je me souviens d'avoir suivi à la télé, fascinée, durant des semaines, les épisodes d'un polar danois dont un producteur américain n'aurait fait qu'une bouchée de 50 minutes!

   La lenteur... J'en viens à faire son éloge... Dans un monde qui nous impose un rythme échevelé dans tous les domaines, cela fait du bien de s'attarder sur un visage, scrutant la naissance d'une émotion  -  et en la matière, les Danois excellent! Les ambiances, les images figées, les gros plans nous approchent de l'essentiel. C'est le contraire de l'esprit "zapping", des agitations et grimaces qui donnent le tournis et sont destinées à masquer une possible zone de réflexion. L'étourdissement est très commode, lorsqu'on ne souhaite pas ouvrir les yeux! Ou qu'on est incités à ne pas le faire...

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M
La lenteur, oui, la lenteur ! Comme dans les films de Duras ce qui n'exclut ni l'approche de la vérité ni le rendu de la réalité !
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F
<br /> <br /> Oui, j'ai toujours aimé cela! Sans doute, une question de tempérament contemplateur aussi...<br /> <br /> <br /> <br />