Le blog de Flora

reflexions

Quelques réflexions autour de la notion du désir...

9 Octobre 2015, 19:35pm

Publié par Flora bis

Quelques réflexions autour de la notion du désir...

Il y a quelques jours, j'ai participé à une discussion sur le thème du désir. Vaste sujet, très complexe, considéré par les anciens comme une malédiction dont il faut se méfier, voire s'en débarrasser pour éviter l'aliénation!

Il existe des synonymes - souhait, envie, convoitise, besoin - mais ils expriment des nuances qui peuvent sortir du spectre philosophique du terme. En effet, ce qui définit avant tout le désir, c'est son côté irrationnel: l'instinct de possession poussant à la convoitise de son objet, sans jamais atteindre la satisfaction car l'insatiabilité est son autre trait fondamental...

Dom Juan dévaste tout sur son passage mais la première victime est lui-même: éternel insatisfait, il est condamné - damné - à la poursuite de la conquête suivante, puisque l'assouvissement de son désir ne lui procure aucune sensation de satiété...

Il est parfois plus facile de définir le désir par ce qu'il n'est pas: ce n'est pas le besoin qui est plutôt physiologique, tandis que le désir est un phénomène psychique envahissant. Ainsi, moins intenses, plus éphémères, l'envie (j'ai envie d'une écharpe Kenzo...) ou le souhait (j'aimerais posséder un studio avec balcon sur l'océan...) qui n'enchaînent pas notre esprit au point de l'en rendre esclaves.

L'objet du désir doit être difficile à conquérir: la proie facile n'intéresse pas le chasseur obsessionnel. La quête, les obstacles en constituent toute l'attirance. Ainsi, la confrontation avec la réalité ne peut être que décevante: combien de fois avons-nous été étonnés et désenchantés, lorsque la réalité a ouvert nos yeux, déchirant le voile qui permettait de sublimer l'objet de nos soupirs durant des années, voire des décennies?...

Heureusement, certains penseurs (déjà Aristote, à l'inverse de Platon) réhabilitent le désir, en élargissant son sens. Spinoza le place sous le contrôle de la raison et mesure la puissance de l'âme à sa capacité de maîtriser ses désirs passionnels. "Le désir qui naît de la raison ne peut être excessif." Selon Rousseau, il est une des conditions du bonheur: "Malheur à qui n'a plus rien à désirer!" Je ne suis pas loin de pencher dans la même direction. Un Nirvana aseptisé qui prône l'extinction des désirs afin d'atteindre un état de plénitude ne m'attire pas, en dépit d'une promesse d'éternité... Quel ennui! Je préfère ma condition de simple mortelle et choisis la définition de St-Augustin qui réconcilie désir et maîtrise des passions inconstantes et dispersées:

"Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce qu'on possède."

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Pour ou contre Facebook

30 Septembre 2015, 10:59am

Publié par Flora bis

Pour ou contre Facebook

Parfois - souvent - constatant le caractère chronophage de Facebook, je me dis avec regret et culpabilité: Tout ce que je pourrais faire pendant ce temps cher et volatile que je passe scotchée sur un écran qui, de surcroît, esquinte mes yeux!... Excédée des bêtises obscures qui y circulent en condensé, je m'enfuis - pour y revenir plus tard, "ventousée" par le flot ininterrompu des millions d'images et d'informations qui défilent sans répit.

Alors, un petit bilan s'impose: je suis tentée de mettre dans la balance le pour et le contre de ma présence sur Facebook, depuis septembre 2011. Je ne serais, d'ailleurs, pas une vraie Balance sans cette tentation...

N'empêche, heureusement que la blogosphère survit encore face à cette concurrence impitoyable!

Contre: son caractère superficiel imposé par la rapidité du flux. Cela mène à la domination de l'image sur le texte: par un clic instantané, vous envoyez une photo avec une phrase de com', sans fatiguer le cerveau déjà tant sollicité de votre visiteur, rivé sur son portable, partout, dans chaque minuscule creux de la journée et de la nuit - Facebook ne dort jamais! Inutile de vous lancer dans des raisonnements construits: la vue même d'un flot de mots fera fuir la plupart de "visionneurs" pressés! Et même vos commentaires vous sont préparés: vous n'avez qu'à cliquer (ou pas) sur un "like" ou un "partager"; mieux encore: les "émoticones" reflèteront vos sentiments, riront ou pleureront pour vous!

Les gourous de tous poils, dégoulinant de bons sentiments vous dispensent leurs conseils, censés de vous guider sur le chemin du bonheur, à grand renfort de paysages, de natures-mortes ou de chatons à noeud-noeud... Je les fuis mais s'ils font du bien à quelqu'un, pourquoi pas? Je ne juge surtout pas les gens qui souffrent et qui y trouvent du réconfort. Par contre, j'ai horreur des messages qui distillent des contre-vérités ou faux espoirs dans la tête des gens démunis...

Les selfies... Le regard pénétrant devant le miroir de sa salle-de-bains, dévoilant son intimité aguichante, la photo du couple, doublée de déclarations énamourées, invitant le monde entier d'être témoin de ses effusions me font fuir également.

Que reste-t-il?

Pour: retrouver son passé, avec des amis perdus dans le gouffre des décennies et des distances, d'anciens élèves dont la réapparition sous forme de grands-parents vous plonge dans la réalité des choses... Mais la nostalgie a un goût doux-amer... Je privilégie sa douceur. Et les mots de mes anciens élèves ou collègues et amis me donnent une pêche incroyable! Je partage un peu leur quotidien, leurs soucis ou leurs voyages et nos souvenirs communs. La vie, quoi.

Dans le flots des informations, j'ai accès à des documents que je ne pourrais pas consulter autrement. Trier ensuite, faisant la part des choses est très stimulant.

Il y a la découverte de personnes qui resteront virtuelles, la plupart du temps. Elles s'avèrent souvent de vrais amis, avec la distance, certes, mais de vrais sentiments d'amitié. (Serais-je une indécrottable romantique, comme disait Patrick?) Leur petit mot de com' ou même un léger "like" au passage me réchauffe le coeur, comme un signe de la main...

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Les Français vus de l'extérieur

22 Septembre 2015, 12:16pm

Publié par Flora bis

Les Français vus de l'extérieur

En Hongrie, on me pose parfois la question: "Qu'est-ce que ça te fait de vivre parmi les Français?" Vaste sujet! Comment ne pas tomber dans les clichés?

Ma vie française est due à une série de hasards, à commencer par le choix de la langue à la première année du lycée où, à côté du russe, première langue, j'avais le choix entre le latin ou le français. J'ai pris le français, inspirée peut-être par le mythe dont il bénéficiait encore à l'époque: beauté, musicalité, légèreté - culture...

En Hongrie, on ne choisit pas le français pour des raisons pragmatiques: l'anglais ou l'allemand sont plus utiles pour la communication. On apprend le français pour des raisons intimes, pour se faire plaisir. Pour se payer une danseuse...

De plus, les Hongrois n'ont pas de proximité avec la France: géographiquement éloignée, historiquement considérée comme coupable dans la mutilation du pays par le traité de Versailles. Impardonnable. (Une des premières expériences de Gilbert, arrivé à Budapest en 1972, a été de se faire agresser dans la rue par un petit vieux, qui, apprenant qu'il était Français, lui a reproché Clemenceau!...)

Les clichés concernant les Français fleurissent aussi en Hongrie: complexe de supériorité, infidélité, manque de constance, trop de légèreté, arrogance, hypocrisie... n'en jetez plus! En revanche, on reconnaît leur goût pour la beauté, l'élégance, l'harmonie, la gaieté, la politesse (même de façade), la bienséance...

Comment se dépatouiller parmi ces contradictions? J'essaie de ne pas succomber à des généralités que je ne peux pas plaquer de tout au tout sur mes expériences personnelles. En même temps, je ne nie pas tout du "caractère national" d'un peuple dont les membres, à force de partager les mêmes expériences durant des décennies, voire des siècles, se forgent un comportement sur certains points semblable. Qui de mes connaissances correspond d'avantage à ces stéréotypes? Ma voisine au grand coeur qui m'apporte un bol de soupe fumante à chaque fois qu'elle en prépare? E. la discrète qui ne veut surtout pas déranger mais elle est d'une écoute précieuse? J-P M. et son accent chantant, sa gaieté contagieuse qui cache des émotions pudiques? Ou bien A. le roc solide, puits de culture couplé d'une simplicité humble? Et tant d'autres encore! Qu'y a-t-il de commun en eux? La discrétion, sans doute. Il est rare que l'on te tombe dessus sans prévenir! La bienséance, l'éducation policée survit encore ici ou là, même en voie de disparition.

Les Français, hautains? Ca arrive et souvent ça cache un déficit d'humanité et de richesse intérieure. Tout comme ailleurs. Les personnes de grande qualité n'ont pas besoin d'afficher leur supériorité: elle ne réside pas dans l'apparence.

Les Français que je côtoie ont en commun une grande aversion pour l'affrontement direct. S'ils ont quelque chose à vous reprocher, ce n'est pas sûr que ce soit à vous qu'ils le diront en premier... Une certaine hypocrisie peut en découler: le sourire en face et le coup de couteau dans le dos... Ca arrive. Blindez votre naïveté congénitale, braves gens!

Ils préfèrent une soirée de "rigolade" aux explorations en profondeur de l'âme, aux conversations qui visent à changer le monde... On ne va pas se prendre la tête! Et puis, au lieu de prendre un Scud d'émotion en direct, ils préfèrent l'esquiver par une plaisanterie.

Les Français, inconstants et infidèles? Là encore, mon expérience personnelle apporte un démenti éclatant.

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Tourments et questions

11 Septembre 2015, 11:43am

Publié par Flora bis

Tourments et questions

En ces temps troubles de tous les déséquilibres et de toutes les angoisses, l'homme ressent le besoin de refuge. Où le trouver? Les croyants le cherchent auprès de leur dieu, les puissants s'aveuglent de pouvoir et de richesses, afin de tenter d'oublier que, malgré tout, ils restent de simples mortels...

Que reste-t-il à ceux qui, comme moi, ne possèdent aucun de ces remèdes?

Est-ce la phrase de Dostoïevski dans la bouche de son personnage emblématique du roman "L'Idiot", le prince Mychkine: "La beauté sauvera le monde" ("Красота спасёт мир") ?... Pour Dostoïevski, beauté et bonté sont synonymes et se confondent dans l'idée du divin. Une rédemption dans la miséricorde du Christ.

Faut-il déjà s'entendre sur le sens de la beauté! Tous les philosophes, depuis l'antiquité essayent d'en donner la définition, chacun selon sa sensibilité et dans le contexte son époque. Les étudier serait l'oeuvre d'une vie, sans être sûr, pour autant, d'arriver à sa propre définition satisfaisante.

L'Art, la Nature, un acte humain, une idée - qu'est-ce qui provoque en nous ce sentiment de plénitude, cette intense émotion d'émerveillement qui nous place soudain dans la sensation de faire partie d'une harmonie quasi cosmique?

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Aller-retour, passé-présent

15 Août 2015, 12:20pm

Publié par Flora bis

Aller-retour, passé-présent

Depuis ma dernière note sur ce blog, trois semaines sont passées. Beaucoup d'émotions, beaucoup de chaleur (en propre et en figuré), des déplacements nombreux sous une canicule sans pitié... Une chose reste inchangée: départ sous la pluie et la fraîcheur, retour dans les mêmes conditions... Entre les parenthèses pluvieuses, trois semaines torrides dont les 38-39° alourdis par une atmosphère chargée d'humidité, demandent un effort démultiplié au moindre mouvement.

La vieille maison accueille ses nouveaux propriétaires qui prennent possession des lieux. Mon fils tente de préserver ce qui faisait son bonheur durant de nombreuses années, tout en imprimant sa marque, ses désirs... Une maison ne doit pas se figer en musée, elle doit continuer à vivre, s'accommoder aux vivants, voire se rajeunir. Mêler le passé au présent, pour se construire un avenir.

Des rencontres dans la chaleur familiale, avec neveux et nièces, cousins et cousines qui donnent un coup de main, sacrifiant joyeusement une partie de leurs vacances. Inimaginable dans un contexte français, du moins de mes expériences... Surtout que la partie n'est pas vraiment joyeuse: il s'agit de vider les armoires de ma mère, évacuer une partie des innombrables objets accumulés durant des décennies, souvent par inertie ou précaution ("on ne sait jamais"...) Pour moi, c'est une tâche particulièrement éprouvante: je me rends compte une fois de plus de mon attachement viscéral aux objets, habités par les traces vivantes de ceux qui les ont côtoyés, manipulés. Les débarrasser, cela signifie "virer" leurs anciens propriétaires corps et âme, les évacuer définitivement de ma vie...

Je décide donc de me détacher progressivement de mes propres "compagnons de route" devenus des "intimes" par le seul regard que je pose quotidiennement sur eux. La sage décision est une chose, sa réalisation en est une autre...

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Ambiance de terrasse...

26 Juin 2015, 10:31am

Publié par Flora bis

Ambiance de terrasse...

Le "cahier noir" (journal de bord N°4, "C'est la vie" bien nommé de Ben, p.189) a cueilli ces quelques lignes, notées rapidement, spontanément avant-hier, sur la terrasse, dans la tiédeur de l'après-midi:

"Il est 17h15, je suis sur la terrasse. Un temps comme on l'aime. Douceur estivale, remplaçant la pluie et la fraîcheur (13°) de ces derniers jours. Dans une demi-heure, je pars pour récupérer les petites à l'école. Je suis revenue à mon projet de roman: comme la forme est encore incertaine, "en expérimentation", je pense qu'il faudra y aller à tâtons pour trouver la bonne solution: en le sentant sous les doigts, dans les doigts - comme de l'argile du sculpteur ou comme de la poudre multicolore des pastels - en se relâchant, en se lâchant presque (lâcher-prise, si difficile!), dans l'écriture-même... En tout cas, même si tout cela n'aboutit à rien, il me procurera un intense plaisir de le faire, de l'expérimenter...

Je sirote mon petit café, Glasgow se déplace sans bruit, sur ses pattes de velours - voilà pourquoi les écrivains "s'équipent" souvent de chats! Très inspirants et discrets en même temps, comme pour dire: vas-y, je suis là, t'es libre de divaguer, rien ne m'étonne, ni me choque... Elle s'éloigne avec sa démarche féline, après avoir bu quelques "lapées" de l'eau de la piscine. Dans l'air flottent des parfums de chèvrefeuille, de rose, de glycine: de la végétation en folie... Idyllique, paradisiaque même - c'est dans ces moments-là que l'on ressent la plénitude de l'existence... Hélas, pour en arriver là, à cette capacité d'apprécier l'instant, je crains que ladite existence ne tire à sa fin..."

(illustration: "Quiétude" pastel sec, R.T. 2015)

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Flottement...

4 Mai 2015, 17:50pm

Publié par Flora bis

Flottement...

Il y a des moments où nous avons l'impression de flotter dans le temps... Les repères s'estompent: les buts que nous nous fixons habituellement, afin de donner un sens, une impulsion à notre vie, tout d'un coup, perdent leur contenance, s'effondrent, flasques, vidés de leur attrait dynamisant. A quoi bon, toute cette vaine agitation? Ne nous sommes-nous pas bercés de rêves dénués de tout fondement réel, faute de talent, de persévérance, de foi, tout simplement, en notre étoile?... Et sans elle, rien n'est possible.

Les doutes affluent, avec leurs contingences néfastes d'angoisses sournoises et on compulse son agenda à la recherche d'un numéro de téléphone rassurant. Introuvable. On recule devant l'impossibilité d'accabler quelqu'un d'autre de ce poids écrasant. De plus, on sait qu'en fin de compte, on devra y faire face seul. C'est l'unique moyen efficace, sinon, on sera toujours en quête d'assistance, de béquille. Orgueil? Timidité? Peut-être. Volonté aussi de maîtriser son destin. Du moins en cultiver l'illusion...

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René Bazin (1853-1932) * Citation

20 Avril 2015, 11:09am

Publié par Flora bis

René Bazin (1853-1932)   *   Citation

"On a trois ou quatre fois dans sa vie l'occasion d'être brave,

et tous les jours celle de ne pas être lâche."

Qui connaît l'écrivain René Bazin, auteur de plusieurs dizaines de romans, à cheval sur le dix-neuvième et le vingtième siècles?

Je m'avoue ignorante de son oeuvre et son nom même me revient par son petit-neveu, Hervé Bazin, auteur du célèbre "Vipère au poing".

Cette phrase m'a intriguée comme une suite à l'article précédent sur nos peurs et lâchetés face à nos rêves.

Être brave n'est donc pas simple contraire d'être lâche. Autrement dit: il ne suffit pas de résister à la tentation de fuite par poltronnerie, faiblesse, voire d'infinies compromissions... Cela ne fait pas de nous des braves.

L'occasion d'être brave ne se présente que trois-quatre fois dans la vie... Cela semble frôler carrément l'héroïsme! Ce qui n'est peut-être pas à la portée de tous...

Par contre, "ne pas être lâche", ça n'a pas de nom!... Il est défini par une négation.

C'est une façon d'être tous les jours. Une façon de se comporter avec les autres. Face aux difficultés innombrables de la vie.

Être honnête avec soi-même, avec ses convictions, ses vérités, assumer son passé et son présent.

Ce n'est pas de l'héroïsme, c'est simplement de l'intégrité.

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Entre désirs et peurs...

15 Avril 2015, 11:06am

Publié par Flora bis

Entre désirs et peurs...

"Lorsqu'on est guidé par ses peurs pour prendre des décisions, on ne fait rien d'autre que de fuir."

"Dès l'instant où l'on ose prendre conscience de ses désirs véritables, on a sa raison de vivre."

"La boussole de la peur nous mène vers une prison étroite et rassurante, mais vide et solitaire. La boussole du désir nous guide vers des contrées imprévisibles, dangereuses mais vivifiantes."

Ces phrases simples et audacieuses, je les ai extraites et traduites d'un entretien avec András Feldmár, célèbre psychiatre canadien, d'origine hongroise qui a quitté le pays en 1956. Il y retourne assez souvent pour donner des conférences, ayant même fondé en Hongrie un "Institut Feldmár" qui traite des névroses et des stress de gens en grande souffrance, par des méthodes basées sur la parole.

Dans le choix des citations, rien n'est innocent. Nous choisissons celles qui nous parlent, qui font écho à nos préoccupations et questionnements. Parfois, elles semblent offrir des pistes, ou alors, elles justifient nos propres tentatives de réponses, la poudre que nous avons inventée nous-mêmes, à usage personnelle.

Suivre ses rêves, ses aspirations secrètes, tenus au chaud depuis longtemps sans jamais oser les assouvir... Qui peut dire qu'il n'en a pas, bien gardés, verrouillés par la peur, enfouis au fond d'une vie étriquée mais sécurisée? Fuir le risque et la remise en question d'un univers barricadé, c'est vivre à petit feu, en veilleuse, jusqu'à notre dernier instant ou les regrets souffleront notre bougie...

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Lignées de femmes

9 Mars 2015, 11:43am

Publié par Flora bis

Lignées de femmes

Dans cette lignée de transmission, je n'ai pas pu remonter bien loin... Je n'ai connu personnellement que mes deux grand-mères. Nous nous sommes même côtoyées plus de vingt ans... Quant à ma mère ou ma tante, elles ont pu connaître les 20 ans de leurs arrières-petits-enfants!

Avec la naissance de plus en plus tardive des enfants de nos jours, ce sera bientôt une prouesse.

J'ai toujours été très sensible à la notion de lignée, telle une chaîne de transmission d'ADN qui nous relierait à travers les âges. Je scrutais les visages, les particularités physiques et psychiques, les gestes, les comportements hérités des aïeuls. Et si je reconnaissais tout d'un coup une grand-mère dans ma façon de m'assoir ou de plier mon pouce à l'intérieur de mon poing fermé, j'étais contente: j'éprouvais la solidité des liens...

Avec une mère, les liens sont encore plus intimement noués, enchaînés parfois... Jusqu'au mimétisme. Arrive le moment - souvent à l'adolescence - où nous éprouvons le besoin de reconnaître, d'affirmer notre différence comme une condition de survie.

Les propos d'un psychologue dans les média, parlant des secrets de famille comme des destins transmissibles m'ont marquée. Je sais très peu de choses de la jeunesse de mes grand-mères, elles ne se racontaient guère. Avec mes petites-filles, je compense mes propres regrets afin que, plus tard, elles n'en aient pas sur mon compte...

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