Bains de champagne et ronds-points...
Les anniversaires doivent-ils obligatoirement servir de prétextes pour dresser le bilan de l'année écoulée et par là-même, celui de tout le chemin parcouru?... Plus le temps avance, moins je goûte les bilans et, bizarrement, ils s'avèrent d'autant moins évitables. Comme s'ils étaient de petits cailloux semés sur notre parcours, repères indispensables qui nous rassurent: nous n'avons pas rêvé notre vie...
J'aimerais retrouver mon optimisme congénital, mon insouciance qui me projetait toujours en avant, comme si l'infini m'avait appartenu de tout temps, rien de moins! Reconquérir cette faculté de chasser les idées noires qui encombrent, alourdissent l'existence! J'avais un remède infaillible, introuvable chez les apothicaires ou les guérisseurs de tout poil: me plonger dans des projets comme dans un bain de champagne, revigorant, requinquant (du moins, je l'imagine ainsi, n'ayant jamais pris de bain de champagne!...), dans des rencontres stimulantes qui donnent l'illusion de participer à la vie. Elle est trop courte et précieuse pour la gaspiller à la paralysie née des idées noires!
Ces derniers temps, le bain de champagne devient plus rare... J'ai l'impression de me trouver à la croisée des chemins ou, pour être plus à la mode, à un rond-point qui m'indique plusieurs sorties: laquelle choisir? Que me réservent ces routes, possibles et inconnues, où mènent-elles?
Je viens de recopier sur mon ordinateur les premiers cahiers, les premières notes plus ou moins longues, griffonnées ici ou là, depuis le début de 2007, six mois après la mort de Gilbert. Cet événement demeure fondamental dans mon parcours, avec quelques autres: passages d'une étape vers une nouvelle phase de l'existence. Grâce à ces notes, je peux suivre (presque) au jour le jour la lente métamorphose - et le rôle grandissant de l'écriture. Apparemment, dès le début je l'ai pressenti ainsi: "Mettre en mots pour y voir plus clair".