Le blog de Flora

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Entre Saints de glace et bisounours

12 Mai 2026, 15:18pm

Publié par Flora bis

   Dehors, il fait 16°... Nous sommes en mai. Les saints de glace, disent certains. Ils sont coriaces, cette année, ils ne veulent pas nous lâcher! Les radiateurs sont tièdes.

   Depuis le 12 avril, nous avons vécu des jours en mode de "montagnes russes". Leurs vagues commencent tout juste à se calmer. Soulagement, enthousiasme, réapparition d'une joie timide. Vivre pendant près de 16 ans dans un état de malaise qui augmente d'année en année, qui étouffe progressivement tout, y compris le sentiment de la révolte et enfin, celui de l'espoir... Et encore, je ne l'ai vécu que par procuration. Mon pays d'origine que je n'ai jamais renié, me rendait apathique, abattue, sinon, honteuse... Petit à petit, deux tiers de la population partageait mes sentiments.

   Je lis les notes acerbes, les insultes et les prédictions funestes des perdants qui n'arrivent pas à digérer leurs rage et déception. Ils ne savent pas perdre de manière sportive, sans essayer de verser leurs déjections dans les réjouissances des autres. En 16 ans, ils se sont tellement habitués à la toute puissance qu'ils ont fini par croire qu'elle leur revenait de droit divin -  surtout en gouvernant avec ceux qui s'en réclamaient déjà par habitude. Au fur et à mesure que les représentants du pouvoir poussaient plus loin la division, la propagande mensongère, l'humiliation des contestataires ("tiens, les cloportes sont sortis au soleil; il faut les écraser"), les vexations diverses, l'étouffement éhonté des "affaires" et le copinage avec les pires dictateurs de la planète, je m'enfonçais dans l'accablement.

     Les événements, les sensations se bousculent.  Les "nouveaux" ont suscité énormément d'espoir. Nous avons tellement envie d'y croire! Ils ont une responsabilité énorme, égale à l'espoir suscité. Bien sûr, tout ne peut pas changer en peu de temps. Mais gare aux faux pas : les vautours en observation sur les branches tout autour n'attendent que cela.

    Entre deux averses, j'ai vu un film que j'ai aimé : "Compostelle". Deux acteurs excellents, vrais : Alexandra Lamy et Julien Le Berre. D'habitude, je me méfie des films "bien pensants" mais finalement, ici, j'avoue que ça m'a fait du bien de me sentir "bisounours"...

La foule en liesse saluant le changement de régime à Budapest

La foule en liesse saluant le changement de régime à Budapest

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Cinéma et petite pluie après la canicule

6 Juillet 2025, 14:15pm

Publié par Flora bis

   J'écoute le tapotement discret et réjouissant de la pluie sur le toit de la cuisine. Une pluie d'été silencieuse et généreuse. Idéale par les temps de canicules qui se succèdent, nous mettant plus bas que terre. Je me demande à chaque fois : et si un jour, avec les funestes prédictions dont on nous abreuve continuellement, cette pluie rafraîchissante, rédemptrice cesse de revenir nous ressusciter pour un temps encore?... Question suspendue et effrayante.

   Notre chantier avance avec la vitesse d'un escargot... Le trottoir est posé du côté pairs - jusqu'à ma porte (non comprise!). Comme la maison se trouve à peu près au milieu de la rue, je dois me crapahuter moins souvent à travers le chantier pour atteindre l'autre côté : cela dépend si je veux aller vers la gauche ou vers la droite... Tout cela pour vous donner un échantillon des tracas mineurs du quotidien. Sinon, je me cloître si je peux.

   Cette semaine, j'ai bravé pourtant la chaleur étouffante plusieurs fois. Une sortie dans les salles climatisées à l'occasion de la "Fête du cinéma" qui offre 4 jours de boulimie de films à 5 euros la séance. Nous avons regardé "13 jours et 13 nuits", tourné d'après une histoire vraie, racontée dans un livre par Mohamed Bida, policier français responsable de la sécurité de l'Ambassade de France à Kaboul. Film bouleversant, porté par l'excellent Roschdy Zem. Le suspens insoutenable est maintenu jusqu'au bout, malgré les faits connus d'avance, grâce au montage alternant les mouvements de foules et des scènes de tension extrême entre des personnages en gros plan. Il s'agit de l'épisode de l'évacuation périlleuse de l'ambassade de France (la seule encore présente à l'approche des talibans) où 2800 personnes s'étaient réfugiées dans l'espoir d'être sauvées. R. Zem est une valeur sûre du cinéma français mais le scénario et le metteur en scène Martin Bourboulon ont soigné avec beaucoup d'attention et d'efficacité les rôles secondaires aussi. Bref, haletant jusqu'au bout. Un agréable dîner moules-frites nous a aidées à apaiser les deux heures de haute tension.

à cliquer sur les photos : trottoir vers la gauche, devant ma porte, vers la droiteà cliquer sur les photos : trottoir vers la gauche, devant ma porte, vers la droiteà cliquer sur les photos : trottoir vers la gauche, devant ma porte, vers la droite

à cliquer sur les photos : trottoir vers la gauche, devant ma porte, vers la droite

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Cinéma feel good contre les ravages du fric tout puissant

5 Février 2025, 18:01pm

Publié par Flora bis

   Espérer... Depuis un bon moment déjà, j'ai du mal, malgré les injonctions d'amis optimistes  -  ou aveugles volontaires qui refusent de voir ou de percevoir les signes que ce monde devenu fou, surpeuplé, violent nous envoie, inarrêtable dans sa course vers son autodestruction. Pourvu que j'aie tort!...

   L'élection de Trump est symptomatique, tout sauf du hasard. Même là, malgré tout, les optimistes incurables espèrent : ce n'est pas possible, les forces démocratiques, les peuples, au fond bienveillants, en réunissant leurs forces, vaincront les fous dangereux... Le fanfaron peroxydé et son clown bondissant, imprévisibles et gavés de milliards pour jouer les tout puissants arrivent à nous surprendre. A coup de tornades de décrets, Trump prétend de couper, en un temps record, les noeuds gordiens sur lesquels les (im)puissances molles des démocraties se cassaient les dents, sacrifiant des centaines de milliers d'anonymes, prédestinés, au fond, au sacrifice... En un tournemain, il tord le bras au Canada et au Mexique  -  pour l'exemple ou pour l'avertissement. Il émet le souhait de les acheter, avec le Groenland et le canal du Panama... Dans un premier temps.

   Les guerres ne sont pas vraiment bonnes pour le business. Alors, il se fait altruiste, en arrêtant les saignées mais à sa sauce : il prend les choses en main en mettant Poutine et Zelensky à table pour signer ce qu'il leur a concocté. Avec ses milliards, il reconstruira l'Ukraine contre l'exploitation de son sol pour ses besoins.

   Il transformera Gaza en un Disney Land luxueux, gardant une partie de la population autochtone, nécessaire pour faire tourner la machine, et le reste dispatché dans les pays voisins contre quelques milliards. On est moins sourcilleux à l'odeur du fric! Tant pis pour les principes qui sont pour les rêveurs...

   Le pouvoir illimité de l'argent est en marche triomphal. Le monde entier est à acheter.

   Ridicule que je suis, hier après-midi, en allant au cinéma avec deux amies.

   Nous avons vu "En fanfare" d'Emmanuel Courcol, avec deux acteurs extraordinaires : Benjamin Lavernhe, fin, presque fragile et Pierre Lottin, le frère malchanceux (en apparence) lors de leur séparation à l'adoption. La maladie et la musique les réunissent à nouveau. Scénario très bien écrit en nuances pour ne pas sombrer dans le mélo, suffisamment retenu (l'extraordinaire Pierre Lottin en Jimmy et l'élégance naturel de Benjamin Lavernhe) pour nous fondre en larmes sous la tornade finale du Bolero de Ravel...

   On veut s'accrocher à la beauté et à l'émotion. Est-ce sera suffisant pour faire barrage aux fous?...

 

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Mort d'un monstre sacré

18 Août 2024, 19:49pm

Publié par Flora bis

     Alain Delon vient de mourir.

   Pourquoi suis-je frappée tant par cette nouvelle, alors que la fin de sa vie s'étalait déjà depuis longtemps et si péniblement sur les pages des magasines en mal de sensations et si prompts à déchiqueter les idoles?... Pour suggérer sans doute que les célébrités ont eux aussi leur lot de malheurs et d'humiliations. Que finalement, devant la mort, les gâtés et les ratés de la fortune se retrouveront égaux, nus et démunis. Maigre consolation.

   Delon semblait passablement agacé quand on lui parlait de sa beauté comme son premier atout, sans doute parce qu'il soupçonnait un manque de reconnaissance pour son talent d'acteur. Comme tout artiste instinctif qui n'a pas eu de formation artistique consacrée (foule de peintres, musiciens, saltimbanques  -  seuls les écrivains et poètes font exception) il éprouvera toute sa vie un sentiment caché de dilettante... Seul son orgueil démesuré l'aidait à contrebalancer cette souffrance. Sa beauté irrésistible, cadeau du ciel, faisait intimement partie de sa personnalité, il fallait faire avec et même s'en servir beaucoup, à l'occasion. Elle le rendait non seulement irrésistible, mais aussi inaccessible. On l'aimait ou pas, on ne pouvait s'empêcher de tomber sous le pouvoir de son magnétisme. Il avait deux ans de moins que son copain et rival, Jean-Paul Belmondo qui est mort, lui aussi, à 88 ans. A l'encontre d'un Belmondo, que le public surnommait Bebel, Delon n'avait pas de petit nom affectueux et familier, on l'appeleit "Delon" et personne n'aurait osé l'aborder dans la rue...

   A défaut de pouvoir l'aimer, on l'admirait, comme une étoile solitaire et lointaine. Il a travaillé avec de très grands réalisateurs, il a parfois changé de registre, revenant invariablement aux gangsters ou flics ténébreux, la flingue à portée de main, regard d'acier, pénétrant, avec, parfois, un voile  d'inconsolance. Il a souhaité reposer dans sa propriété, parmi les tombes de ses malinois préférés, plus fidèles et moins décevants que les humains...

 

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Entre lumière et obscurité

14 Février 2024, 12:47pm

Publié par Flora bis

   Le flottement entre le haut et le bas continue... Un jour, je me réveille avec un léger mieux mais il suffit du passage d'une nouvelle angoissante pour que l'édifice s'effondre sur lui-même, aspiré vers son intérieur en un immense trou noir.

 Le lundi après-midi, ensoleillé, joyeux  -  si rare par les temps qui courent  -  a été un îlot rafraîchissant dans les semaines maussades qui règnent depuis le début de la nouvelle année. Un repas d'anniversaire, vive les Verseau! Et parmi eux, mon amie Martine qui nous recevait. 

   (J'ai une pensée pour mon père, pour ma tante (sa soeur) et pour ma cousine germaine (la fille de ma tante) qui sont tous nés en février! J'aimais leur gaieté, leur rire contagieux, leur infatigable créativité leur grande curiosité optimiste!) 

   Le soir même, avec mon fils, nous avons regardé un film russe assez récent à la télévision (tourné en 2021 et sorti en France en 2023  -  ses auteurs sont en exil...) "Le capitaine Volkonogov s'est échappé". L'événement est suffisamment rare pour être noté. Plus forte encore, l'impression qu'il nous a laissée après les 2 heures extrêmement oppressantes passées devant les images d'une apocalypse totale. L'histoire se passe pendant une des grandes purges staliniennes (en 1937-38) qui a emprisonné près de deux millions de personnes et exterminé la moitié, après des aveux extorqués par la torture d'une cruauté hallucinante. Les bourreaux peuvent devenir à leur tour des proies, et le capitaine Volkonogov ("patte de loup") s'enfuit avec le dossier de quelques personnes exécutées. Il se donne comme mission de retrouver les familles survivantes pour leur révéler la vérité et demander leur pardon, afin de sauver son âme (quête "dostoievskienne" de rédemption)... Le film, sur fond de faits historiquement authentiques crée une atmosphère de dimension symbolique, dans des décors jadis somptueux de palais aristocratiques en ruine de Leningrad. Dans sa folie meurtrière, le pouvoir tout-puissant, paranoïaque crée sa propre damnation. La peur, la décomposition morale réduit les gens à l'état de cloportes terrorisés, tassés sous terre et paralysés sous l'impuissance fatale de leur sort. 

   Pendant tout le temps du film, je n'ai pas pu me détacher de la pensée de l'époque actuelle car, si la Russie de Poutine est bien plus lisse en apparence que celle Staline, il conserve l'essence du totalitarisme dans ses gênes où la démocratie n'est que pâle apparence et la vie humaine est à géométrie variable au service des intérêts du pouvoir.

"Le capitaine Volkonogov s'est échappé" ("Капитан Волконогов бежал")

 

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Sol invictus - pour le moment... et toujours ça de pris!

4 Juin 2023, 10:47am

Publié par Flora bis

   Je n'en reviens pas... IL🔆 est toujours là, sur la toile bleue immaculée, atténué par une petite brise qui rend sa chaleur tout à fait supportable à 25° -  26°! A des rares moments semblables, je cherche immanquablement le bouton à arrêter le temps!...

C'est la Fête des Mères. Quoi qu'on en pense : commerciale? (il faut bien que les commerçants vivent aussi!), obligatoire, formelle, forcée? (pas nécessairement, cela dépend de la sincérité de nos sentiments!). Elle donne l'occasion de nous pencher un instant sur notre sort de mère, les plaisirs immenses, les liens très intimes et indestructibles qui nous lient à notre progéniture. Sur le pouvoir démesuré que ce lien nous donne ou fait subir. Nous l'avons vécu en tant que l'enfant d'une femme et nous avons connu cette place privilégiée à notre tour. Je ne cesse de l'explorer sous ses formes multiples et passionnantes. 

   Je la fêterai toute seule (mais est-on vraiment seul dans l'écriture?) car nous avons pris de l'avance le week-end dernier chez les enfants qui nous ont gâtés. Hier, j'ai prolongé la semaine agréable en compagnie de mon amie E. pour une sortie cinéma qui s'est terminée dans un petit resto très agréable, profitant des jours de plus en plus longs. 

   Le film? "Jeanne Du Barry" de Maïvenn Le Besco, projeté en ouverture du festival de Cannes de cette année. Il divise les critiques que j'ai évité de lire pour ne pas être influencée. A part les dialogues maigres et pauvres, l'éclairage fatiguant à la bougie qui transformait les scènes intérieures en jeux d'ombres, j'aimais bien les images de Versailles, le palais, les jardins, la cour dont l'étiquette dénuée de naturel mais gorgée d'hypocrisie, de raideur, de mépris et de jalousies mesquins rendaient la figure de Jeanne plus singulière et plus humaine. Et j'aimais bien Maïwenn dans le rôle. Johnny Depp, roi vieillissant, se déplaçait comme sa propre statue raide et poudrée, le regard à peine vivant pour exprimer le moindre sentiment  -  et cela jusqu'à son dernier soupir qui lui a permis de prononcer enfin les seuls mots sincères... Notre Jeanne, après avoir connu le faste, a dû retrouver son "extraction modeste" et mourir à 50 ans.

   Le petit dîner nous a permis de déguster avec gourmandise un menu digne d'un restaurant gastronomique! (du bar avec des petits légumes à peine croquants et accompagné d'une sauce divine et légère, en dessert, un pain perdu généreusement arrosé d'une sauce encore chaude de caramel au beurre salé et une boule de glace au même caramel...) Une perdition!...

   

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Anniversaire avec cinéma

17 Octobre 2022, 20:50pm

Publié par Flora bis

   Deuxième semaine faste de suite. Où va-t-on si cela continue ainsi? Je finirai par m'y habituer et considérer les bonnes choses comme dûes. Danger! Je ne suis pas habituée à autant de gâteries de la part de la providence. Surtout pas gratuitement.

   J'ai reçu près d'une centaine de messages, coups de téléphone, cartes de voeux, visites amicales et même une invitation au restaurant. J'ai répondu individuellement à tous car dans chaque message, même les plus formels, se cache une pensée qui n'est adressée qu'à moi et me fera exister un instant dans la mémoire de la personne qui me l'envoie. Cette petite passerelle d'amitié me rapproche d'elle pour un temps fugace et me réchauffe le coeur au passage.    

Jean Dujardin dans le rôle principal

Le soleil joue à cache-cache avec les gros nuages gris. Le réservoir de ma voiture étant à sec, je devrai me mettre à la marche forcée mais la décision seule ne suffit pas... Hier soir, je suis allée au cinéma avec deux amies. "Novembre", le film haletant de Cédric Jimenez, maintient le spectateur sous pression, bien que chacun connaisse les événements et leur dénouement : le 13 novembre 2015 à Paris et les tueries par des fanatiques écervelés. Le film ne traite pas les images sordides des massacres : elles demeurent, de toute façon, ineffaçables au fond de la mémoire collective du pays. Le sujet principal est les 5 jours de traque d'un des terroristes par les forces de l'ordre. Le suspens est authentique, la pression sur les nerfs, l'épuisement des équipes font vrais et donnent un "spectacle" grandiose et éprouvant. Ils me ramènent 7 ans en arrière où, terrassée par l'ampleur tragique des événements, je n'ai pas pu décoller les yeux de l'écran de la télévision.

   Après la séance, un petit dîner entre amies a été le bienvenu pour discuter du film, pour échanger nos émotions. Pour revenir dans le monde des vivants.

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A la marge d'une déception

26 Août 2022, 11:47am

Publié par Flora bis

   Hier soir, j'ai vu un des films attendu de la rentrée: "Les volets verts" de Jean Becker, avec Depardieu, Fanny Ardent, Benoit Poelwoorde etc. et ma déception est égale aux attentes avec lesquelles, toute affaire cessante, je me suis précipitée au cinéma... Heureusement, il n'a duré qu'une heure et demie...

   Les goûts et les couleurs ont le droit d'être différents. Ainsi, je me contente de revendiquer les miens... Le film ressemble au vieil acteur essoufflé dans sa graisse et alcool, entouré des clichés les plus éculés pour essayer de masquer le VIDE abyssal des personnages... Ils poussent tant bien que mal l'histoire prévisible dont le seul suspens consiste à savoir à quel moment le coeur du grand acteur va lâcher?... Ce qui ne tardera pas à arriver mais la scène parvient à devenir grand-guignolesque avec les petites notes sublimes de Barbara comme dernier soupir, grossier clin d'oeil encore à Depardieu acteur... Comme si ces clins d'oeil et allusions n'étaient déjà pas assez lourds depuis le début et qui nous donnent l'impression plutôt de l'amateurisme sans imagination que de la finesse inventive du scénario et de la mise en scène!...

   J'attendais le générique pour identifier les auteurs du scénario : Jean-Loup Dabadie et Jean Becker... Dabadie, dont c'est le dernier travail avant son décès en 2020 est un auteur très prolifique de paroles de chansons à grand succès, d'une liste très longue de scénarios de films qui nous ont marqués (Sautet, Pinoteau, Rappeneau, Yves Robert etc...), romans, pièces de théâtre... Les dix dernières années 4-5 collaborations avec J. Becker. 

   Ce film fait partie du projet de Depardieu d'une série de plusieurs romans de Simenon à adapter au cinéma, pendant la pandémie... Que dire? J'avoue que je sens même la patte de notre Gérard sur le scénario et la mise en scène, son penchant vers l'effet facile et grandiloquent sur les bords, pour conclure... Dabadie était-il déjà très fatigué? Jean Becker lui-même n'a pas la réputation d'être un grand scénariste.  Mais suis-je mauvaise langue?... Toujours est-il que les grands acteurs du film poussent désespérément l'absence criante d'épaisseur de leurs personnages et des situations mornes et répétitives, dépourvues de nuances, de profondeur... Le film avance cahin-caha vers le dénouement annoncé, les acteurs se débrouillent sans grand-chose à se mettre sous la dent... Les spectateurs non plus...

 

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Un samedi soir au cinéma

24 Juillet 2022, 18:15pm

Publié par Flora bis

   Entre 16 et 17 heures, j'ai passé rapidement la tête par la porte de la cuisine. Une chaleur insoutenable m'a coupé le souffle et j'ai vite fait marche arrière. L'après-midi, le soleil tape de toute sa vigueur sur ma terrasse et le parasol que j'ouvre avant midi, ne fait qu'atténuer tant bien que mal sa force dévastatrice. Les plantes cherchent à respirer, elles aussi mais pas la moindre brise... Les oiseaux se taisent, se planquent comme ils peuvent dans les branches.

   Pour apporter un peu de fraîcheur à l'ambiance suffocante, je me réfugie dans le souvenir de la soirée d'hier. Il faut dire qu'il faisait au moins 10° de moins et cela se sent! Quelques jours plus tôt, mon amie Martine a eu la bonne idée de proposer une sortie cinéma pour le weekend. Nous avons eu du mal à dénicher un film tentant: le choix estival est maigre entre les bagarres violentes et gratuites à l'américaine, les comédies éculées ou les dessins animés...  

   Finalement, notre choix s'est arrêté sur "La nuit du 12"  de Dominik Moll (dont j'ai beaucoup apprécié en 2000 le premier grand succès, " Harry, un ami qui vous veut du bien"!). Nous étions une dizaine dans la salle  -  déjà, le parking clairsemé détonnait pour une séance de 19h30 de samedi soir! Est-ce que la moitié de a ville serait partie en vacances?... 

   J'aime ce genre de faux-policier, son rythme par moment alangui, subitement accéléré puis retombé, entre espoir et abattement, indifférence raisonnée et obsession envahissante... Il s'intéresse plus aux hommes qu'à l'énigme à résoudre. Les plus légers frémissements des visages en gros plan en racontent davantage que les rebondissements spectaculaires, ils renferment plus de tension que les mots (Bastien Bouillon et surtout, l'extraordinaire Buli Lanners!).  A la fin, nous restons scotchés sur nos fauteuils, regardant défiler le générique mais à sa place, ce sont les images du film qui reviennent nous hanter. 

 

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Coup de foudre tardif... mais il n'est jamais trop tard!...

8 Février 2022, 10:59am

Publié par Flora bis

   Dimanche après-midi, j'ai été au cinéma avec trois amies. Cela fait plusieurs semaines que j'ai repéré le film de Carine Tardieu: "Les jeunes amants" (titre pas très heureux) et j'attendais sa sortie du 2 février. Fanny Ardant dans le rôle principal et le sujet rare m'ont donné envie et ont éveillé ma curiosité.

   Coup de foudre entre une femme vieillissante de 71 ans et un homme de 45 ans, marié, deux enfants... Pas simple. En tout cas bien moins que dans le cas inverse: l'irrésistible séduction des têtes argentées ressentie par des femmes de 30 ans plus jeunes ne choque personne. On regarde même l'homme avec une certaine admiration : il se défend bien pour son âge! Que Shauna au crépuscule de sa vie s'amourache d'un homme qui pourrait être son fils, passe encore, mais l'homme!... Est-il crédible dans ce rôle si incongru?...

   L'histoire est celle de la mère de Solveijg Anspach, la regrettée cinéaste américano-islandaise qui voulait tourner le film elle-même mais la mort (d'un cancer à 54 ans) l'en a empêchée. Elle a fait promettre à ses amis que le film serait réalisé par une femme. Carine Tardieu a été choisie. Fanny Ardant s'est imposée pour son authenticité (sans artifices de "raccommodages" des rides dues à son âge), pour sa sensibilité à fleur de peau et pour sa flamboyance. Elle est crédible et séduisante car elle est libre.

   Un coup de foudre est toujours inattendu, il vous atteint à travers la plus minuscule des fêlures bien cachée, inutile de tenter de résister. Mais il faut cette fissure, invisible en apparence, pour que la tornade puisse se faufiler jusqu'à votre coeur et vous posséder entièrement. 

   Le paysage sauvage de l'Irlande battu par la pluie, la fourmilière parisienne où il pleut beaucoup également, créent une ambiance tourmentée. Les gros plans sur les visages traversés par des émotions tout en retenue, les gestes de tendresse suspendus, les caresses furtives et suggérées ne font qu'exacerber l'intensité des sentiments dont on sait fort bien que leur suggestion est plus forte que n'importe quelle démonstration...

   Enfin, une autre raison qui m'a poussée à voir ce film a été l'âge de la femme. Une revanche sur le jugement de la société, sur l'indécence d'une femme amoureuse à 70 ans (ou plus) comme s'il existait une date de péremption, pour les femmes en particulier! Alors que la nature, si l'on considère bien les choses, est plus généreuse avec elles qu'avec les hommes, leur octroyant une longévité dans ce domaine aussi, quasi sans limite d'âge! Alors, laissons-leur la liberté d'aimer sans jugement, jusqu'à leur dernier jour.

   

   

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