Le blog de Flora

reminiscences

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Kintsugi

8 Janvier 2023, 20:49pm

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Publié par Flora bis

   Essayant d'ignorer le niveau du sucre et les kilos en trop issus des festivités incessantes depuis la mi-octobre (trois anniversaires, Noël et Nouvel An), une amie et moi, nous avons décidé de marquer l'épiphanie avec une galette à la frangipane. C. que je connais depuis le début des années 1990, peu après notre arrivée dans cette agréable ville du Nord, a apporté, de son côté, deux autres petits gâteaux au chocolats de chez notre pâtissier préféré!

   Cela fait plus d'un mois que nous ne nous sommes pas vues. A chaque fois, nous sommes surprises de la proximité de nos perceptions des choses. Nos parcours, quoique différents, ne sont pas exempts d'épreuves, de tragédies mêmes. Nous les avons traversées, et le seul fait que nous pouvons les évoquer, prouve, d'une certaine façon, notre victoire sur elles. Elle en est sortie avec des blessures longues à cicatriser, les miennes sont soigneusement dissimulées sous une armure verrouillée à triple tour.

   A un moment de la conversation, elle évoque Jung et sa théorie de synchronicité. Je parle des blessures que nous portons en nous toute notre vie, il vaut mieux, par conséquent, que nous les acceptions et que nous essayions d'en faire une force, un signe de victoire. Au même moment, elle me parle de la rencontre avec quelqu'un qui l'aurait initiée à l'art japonais du kintsugi. C'est l'art vieux de 500 ans qui consiste à réparer les pots cassés au sens propre et figuré. Au lieu de jeter un bol cassé, fendu, on le recolle en soulignant la fêlure, la réparation à la feuille d'or. On fait, en quelque sorte, de sa blessure cicatrisée un ornement.

 

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Questions d'urgence et d'organisation

26 Octobre 2022, 10:25am

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Publié par Flora bis

   Ça y est, je vis le retour du sentiment d'urgence à plein régime! Autrement dit en apnée, ressassant les tâches à accomplir car les délais se resserrent de façon impitoyable. Finis les lambinages délicieux où l'on peut tromper le temps  -  et surtout soi-même  -  en pensant que le couperet ne tombera pas tout de suite, que l'on peut encore en gagner, de ce temps précieux qui repousse les limites fatidiques... Tout en fixant l'horizon qui s'approche à une vitesse folle. Et cela vaut aussi bien pour des événements pénibles (ex. RDV médicaux) que des très agréables (ex. visites familiales ou amicales)

 

 

Ah, si je pouvais être prudente et raisonnable comme certaines de mes amies qui m'en montrent l'exemple culpabilisant et inatteignable ! Elles font des listes, dosées pour chaque tâche et elles  arrivent au jour J bien plus organisées, bien moins épuisées que moi. Aussi loin que je me souvienne, je plongeais dans le délice jouissif et éphémère de gagner quelques jours, quelques heures ou même quelques minutes parfois, avant d'être avalée par l'inéluctable... Que ce soit le moment de sortir du lit et devoir courir ainsi jusqu'à la gare pour attraper mon train quotidien, le temps des révisions pour les examens, laissées pour la dernière nuit... Et je me vois jeune professeur, traverser le square en courant pour arriver au lycée au moment de la sonnerie, sous le regard mi-amusé, mi-réprobateur du proviseur qui accueillait les élèves devant la porte...

   J'ai tout de même fait quelques menus progrès. D'habitude, je ne suis pas en retard mais en avance non plus... Si quelqu'un me dit qu'il arrivera chez moi à 9 h 30, inutile de sonner à ma porte à 9 h 15, je serai encore sous la douche, dans l'impossibilité d'ouvrir.

    

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Effacement de ma "semaine faste"...

11 Octobre 2022, 11:08am

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Publié par Flora bis

   Hier, j'ai écrit un article assez long, une sorte d'éloge de ma semaine faste qui venait de s'écouler. Elle a été riche en rencontres de presque tous les jours, prêtant à chaque matin une attente stimulante et joyeuse. J'ai planché au moins 1 heure et demie sur mon petit compte-rendu, ressuscitant au passage les émotions, les sensations sous le soleil exceptionnellement clément, selon mes souhaits très intimes.

   J'ai choisi, avec un soin pointilleux, l'image qui illustrait l'ensemble puis je me suis précipitée vers une tâche urgente  -  en omettant d'appuyer sur le bouton d'enregistrement du brouillon. En moins d'une minute  -  le temps de réaliser mon erreur  -  tout a disparu! Sans aucune possibilité de récupérer le fruit de mes efforts!

   Qui n'a pas éprouvé le sentiment de rage, de regret, de l'autoflagellation dans des circonstances semblables? On maudit le système cruel, sans pitié pour les distraits. On essaie de reproduire de mémoire le texte perdu mais ce n'est pas très tentant. S'il est perdu c'est qu'il ne méritait pas d'exister, pense-t-on avec un certain fatalisme consolant...

   Quand-même, quand-même... Je voudrais au moins énumérer ces événements heureux en quelques mots:  une réunion avec mes lectrices pour une première prise de contact avec les textes, dans une ambiance effervescente, joyeuse et studieuse, deux autres réunions non moins chaleureuses, solennelle ou simplement amicale, sans oublier la visite très agréable de deux dames du "Pôle Seniors" de notre ville, me consacrant ainsi, pour de bon, digne de mon "grand âge"!

   Sans oublier mon repas du dimanche: un moule-frites de ma préparation qui, je dois l'avouer, a été succulent à souhait, et même un peu plus!

 

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Eté indien

4 Octobre 2022, 11:27am

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Publié par Flora bis

   Après deux jours de "moins bien" intense, fébrile et douloureux où je circulais  -  le moins possible  -  avec la lenteur et l'hésitation d'une mouche égarée dans la fraîcheur automnale, je commence à émerger...  Cette semaine, trois rendez-vous m'attendent, sans parler d'autres préparations urgentes, agréables pour la plupart. Ce serait bien que l'excès de stress qui accompagne désormais le moindre mouvement de ma vie me laisse un peu de répit! Je pense aux croyants de toutes les religions avec une certaine jalousie: ils ont au moins l'espoir que leurs prières seront entendues... peut-être. Cependant, que peut faire un dieu, même tout-puissant et bienveillant, des prières souvent contradictoires?... 

 

 

La douceur du temps m'offre une dernière clémence, les 20° m'invitent à la flânerie insouciante. Me laisser tenter d'un cadeau d'anniversaire, pourquoi pas?... M'abandonner à la chaleur vivifiante du soleil?... Ce sont assurément les derniers rayons qui sont encore capables de redonner quelques forces avant l'interminable hibernation. Où est passée ma nonchalance innée, qu'est devenue ma légèreté de jadis où les lendemains étaient porteurs d'espoir?... J'aimerais tant les retrouver!...

 

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Fin d'été, rentrée pour tous

1 Septembre 2022, 10:41am

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Publié par Flora bis

  Aussitôt que l'on se place dans la respiration de l'écriture, l'addiction se réveille avec une sensation de faim. S'agît-il de la fiction ou d'un petit exposé pour inciter à la réflexion, aux échanges, c'est le bouillonnement agréable dans la tête, le plaisir de construire des idées, de semer des mots que l'on a attrapés au vol et soigneusement triés ensuite.

   La canicule s'éloigne, emportant avec elle le sentiment trompeur d'être en vacances. Drôle de sensation pour les gens de mon âge qui sont toujours en vacances  -  où jamais, si l'on veut... Les vacances, c'est une rupture dans nos préoccupations ordinaires, un dépaysement si possible, afin de nous recharger de nouvelles émotions. Oui, même pour les retraités... 

   Je n'ai pas beaucoup bougé pendant les mois d'été. Pourquoi ai-je quand-même la sensation d'avoir été en vacances? En cherchant un peu, je trouve un début de raison: la disparition du stress avec son cortège d'effets sur ma santé... Presque deux mois sans les éprouver! En été, même les média respirent la détente, le bombardement incessant des nouvelles angoissantes lèvent le pied. Les RDV médicaux, les démarches administratifs, les obligations de toute sorte sont au repos et remplacés par les rencontres familiales et amicales, agrémentées de petites sorties resto - ciné, avec leur légèreté au rythme langoureux de l'improvisation estivale  -  voici le remède le plus efficace contre le stress dévastateur!

 

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Une nostalgie incurable

3 Août 2022, 11:22am

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Publié par Flora bis

   J'ai la mauvaise habitude, grâce à l'avènement de la télécommande, de pianoter une dernière fois sur les chaînes de la télé, avant de l'éteindre, au coeur de la nuit... Les émissions les plus intéressantes  -  du moins pour moi  -  repassent à ces heures tardives. C'est ainsi que je suis tombée l'autre soir sur "Echappées belles" qui proposait un "Week-end à Istanbul"...

   Dans quel piège ai-je atterri ! J'y suis restée 1 h et demie, scotchée à l'écran, en proie à des souvenirs qui se réveillaient en moi à plus de trente années de distance... Piège à la fois délicieux et douloureux d'une nostalgie incurable que m'ont laissée les six années passées à Istanbul, entre 1984 et 1990.

Beyoğlu, "mon" quartier

   J'en ai souvent parlé sur ce blog, lorsque les volutes des sensations passées remontaient à la surface, qui s'entortillaient autour de moi pour m'embarquer irrémédiablement, parfois jusqu'aux larmes... J'ai ressenti non seulement l'ambiance de la ville mais aussi l'odeur des grillades du "balık pazarı" de Beyoğlu, le fourmillement du Grand Bazar dans lequel j'ai appris à me repérer pour dire bonjour à "mes" marchands préférés autour d'un "çay" ou  un "sade kahve"... Le silence frais d'une mosquée ou d'un cimetière où je m'installais pour un dessin rapide... Ces empreintes sont innombrables, profondes et légères à la fois. Une ville de 15 millions d'habitants, où l'on prend plaisir à se perdre. Chaque quartier est vivant à sa manière et vous accueille, se laisse découvrir et au bout d'un moment, vous vous sentez chez vous. Surtout, en apprenant quelques mots de la langue turque pour soutenir une petite conversation, même rudimentaire.

Tout reste en vous, comme une entaille délicieuse.

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Un orage bienfaisant

18 Juin 2022, 16:51pm

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Publié par Flora bis

   Pour commencer par une constatation fort peu originale : il fait CHAUD!  Je suis barricadée à l'intérieur de ma vieille maison de 100 ans, derrière ses murs épais. J'ai du mal à m'imaginer dans un appartement HLM en préfabriqués (je sais de quoi je parle : j'étais alors jeune et résistante et la canicule semblait plus clémente!) A présent, je rentre peu à peu dans la catégorie des vieilles dames qu'il faut surveiller et arroser par temps de grosses chaleurs comme des plantes rares et fragiles.

   Je continue l'article commencé hier soir, par la matinée rafraîchie du lendemain, avec une petite laine sur les épaules! Soulagée sous le ciel gris, humant l'odeur de la pluie nocturne qui monte du jardin. Il était temps! Les oiseaux se remettent à chanter, eux aussi. Le soleil commence à briller, timide, radouci pour le moment, tel comme nous l'aimons. C'est la Fête des Pères. Ni mon fils, ni moi n'en avons plus. Le mien aurait 100 ans, celui de mon fils 72... En ce qui concerne le second, je suis sûre qu'il détesterait cette phrase, lui rappelant le temps qui file, impitoyable! Il est mort à 56 ans et à la quarantaine déjà, il supportait mal l'idée de vieillir, de subir le "naufrage" en marche de l'individu. Bien loin du sentiment de "la maturité triomphante" dont je me délectais, au même moment... 

(photo: Chypre, 1990)

 

   

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La cuisine et moi

10 Juin 2022, 10:10am

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Publié par Flora bis

   J'ai été initiée à l'art culinaire tardivement, surtout après mon mariage avec Gilbert. Avant, je ne savais pratiquement pas cuisiner. Je n'en avais pas besoin. Chez mes parents, réduite aux travaux d'assistance, à éplucher, à "touiller" des mixtures préparées par les "femmes savantes" de la maison, je me contentais de ces gestes mécaniques, sans découvrir les secrets de la création. Lorsque j'ai quitté la maison, étudiante aux conditions spartiates de la cantine, il n'y avait pas de cuisine à l'horizon. A Moscou et à Leningrad, dans notre cuisinette commune avec une seule plaque électrique pour tout un étage, de temps en temps, je me hasardais à préparer une grande marmite de soupe de poissons (de mer!) selon la recette de mon père, maître incontestable de ce noble plat (mais avec des poissons d'eau douce, cela va de soi, la mer étant très loin de la Hongrie!), recette qu'il m'avait dictée avant mon départ et que j'ai emporté en URSS, avec l'ingrédient indispensable dans ma valise: du paprika en poudre.

   La première année de notre vie commune avec G., nous voulions épater l'autre avec les bons petits plats de nos pays respectifs, en nous plongeant dans des livres de cuisine (G. était armé de celui que sa grand-mère adorée avait glissé dans sa valise). Ainsi, nous apprenions à cuisiner en même temps, science que de son côté, il a vite oublié et que moi, j'ai dû garder pour toujours...

   Avec une famille "bec sucré", il n'est pas étonnant que je sois plus forte en pâtisserie qu'ailleurs. Pendant les vacances, j'ai beaucoup appris avec ma belle-mère, remarquable cuisinière (on apprend plus avec une belle-mère qu'il faut séduire à son tour!). Les tartes, les babas-au-rhum, les madeleines, les charlottes et autres omelettes norvégiennes n'avaient plus de secrets pour moi! Sans compter la pâtisserie hongroise, beaucoup plus chronophage et pour cette raison, j'en faisais moins souvent.

   Maintenant que je vis seule, ma cuisine est devenue beaucoup plus simple mais jamais expéditive. Cependant, la pâtisserie est réservée pour les grandes occasions. Comme celle d'hier soir où j'ai eu le plaisir de réunir des amis chers autour de moi. (Sur la photo, le gâteau d'hier soir.)

 

 

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Une fête de mai

30 Mai 2022, 10:30am

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Publié par Flora bis

   Fête des Mères... Dans mon enfance, c'était un vrai événement dont la solennité nous imprégnait peu à peu, tout comme les autres rituels. Les premiers bouquets et petits poèmes maladroits devant notre mère émue aux larmes, suivis des cadeaux élaborés à l'école (pas de collier de nouilles en Hongrie, mais j'y ai eu droit plus tard en France, devenue mère moi-même!). Sans parler des bibelots, oiseaux ou figurines de la vitrine qui portent les stigmates des années et que nous achetions avec notre argent de poche économisé... L'autre jour, dans la maison de mes parents (devenue celle de mon fils), dans une vieille coiffeuse d'une époque révolue, j'ai retrouvé un double coeur en papier, entouré de fil rouge qui cachait en son intérieur un petit mouchoir blanc brodé par mes soins, périlleusement, de cachette en cachette, sur lequel on pouvait déchiffrer, cousu d'un fil bleu ciel: "Pour la Mère la plus aimante"...

   J'ai eu le bonheur de revoir mes enfants pour le long week end de l'Ascension. Petite pause dans leur vie harassante... Un peu d'animation bienfaisante dans la mienne.

Une fête de mai
Une fête de maiUne fête de mai

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Dimanche de Pâque...

17 Avril 2022, 10:58am

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Publié par Flora bis

    Le soleil est radieux, et, après la fraîcheur matinale, il nous gâte de sa chaleur. Pas une feuille ne bouge. Dans l'air, des odeurs suaves des fleurs du printemps et des chants d'oiseaux à tue-tête! Vraiment, quelle chance, quel régal serait cette rare douceur d'un beau week end de Pâque! 

   J'avoue que, exténuée, je ne fais pas beaucoup d'effort pour voir la vie en rose. Je connais beaucoup de gens qui, au lieu de s'enfermer dans le renoncement, dans la résignation, lancent des plans, mobilisent des foules, prennent la tête du mouvement et rechargent ainsi leurs batteries, au lieu de s'étioler dans leur coin. Pas moi. Tel le bernard-l'hermite, je me retire dans ma coquille (qui est bien la mienne, contrairement à l'illustre crustacé qui s'installe dans des coquilles abandonnées). Je me réconforte en échafaudant des plans solitaires car j'ai horreur de susciter de la pitié  -  "péché d'orgueil", me reprochent les amis, vainement. A l'heure qu'il est, cela me demanderait trop d'efforts pour changer. Au contraire, je fuis de plus en plus résolument. Mes amis ne comprennent pas bien, car de mon côté, je suis toujours prête à rendre service, cela ne me pèse pas, bien au contraire. Je ne me souviens plus quel expérience négative a pu me changer aussi radicalement.

    Cette semaine, une amie lointaine m'a fait une grande et agréable surprise. Je l'avais connue pendant notre stage linguistique à Moscou, aux années 1969-70. Nous étions logées dans un vieux bâtiment non loin du stade Loujniki et nous allions en cours de langue et littérature russes, aux spectacles du Théâtre Bolchoï et du Palais des Congrès dans le Kremlin, sans parler de nos nombreux voyages à travers les pays baltes, l'Asie centrale et le Caucase... Nous nous sommes quittées à la fin de l'année scolaire, en juin 1970. Depuis, nous nous étions perdues de vue.

   Il y a quelques mois, Éva m'a découverte sur Facebook et dès le premier contact, nous avons retrouvé l'ambiance de nos 22 ans. La semaine dernière, j'ai reçu d'elle un message inattendu: elle était en visite à Bruxelles chez sa fille et me proposait de faire un saut chez moi avec sa fille et sa petite-fille, avant de rentrer en Hongrie.

   Je garde précieusement le souvenir de nos retrouvailles. Sans parler du côté insolite: décidément, c'est l'Europe que j'aime, celle qui abolit les frontières et les distances qui nous a permis de nous retrouver! Et j'espère vivement qu'il y en aura d'autres occasions!

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