Le blog de Flora

reminiscences

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Une longue cohabitation avec la Licorne, âgée de 5 millénaires mais toujours fringante

8 Mars 2026, 13:29pm

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Publié par Flora bis

    Ce matin, j'ouvre mon ordinateur et je salue avec émotion le seul visiteur qui est venu sur mon blog hier!... Pour lui (elle) j'ai décidé de combler sans tarder le silence du blog depuis notre retour de Hongrie. La semaine a été extrêmement chargée : hier après-midi, en rentrant de la séance du kiné, suivie des courses alimentaires, je n'ai même pas eu la force de vider entièrement mon coffre : la voiture était garée trop loin de la maison pour que, épuisée, je puisse y retourner une deuxième fois...

   Avec vendredi soir, j'ai déposé le fardeau de ma procrastination, en présentant mon exposé sur "La Licorne" avec qui je vivais depuis plus d'un an, remettant sa rédaction finale pour les 3-4 derniers jours... Défaut congénitale  -  je me demande si elle est corrigible encore, en fin de parcours?... Sous adrénaline maximale, je me suis privée de toute distraction durant la semaine, en travaillant chaque jour jusqu'à minuit passé.

   Sans compter que le destin s'arrange toujours pour me taper sur les doigts au dernier moment, en guise d'avertissement pour la prochaine fois : au moment d'en imprimer 5-6 exemplaires nécessaires pour une bonne écoute à chacun, je dois constater que la cartouche d'encre achetée la veille ne marche pas... Vaines tentatives de dépannages auprès des amies, je retourne dare-dare au magasin pour y faire imprimer mes pages... Il ne me restera plus qu'à me préparer pour la soirée. 

   L'exposé s'est bien déroulé (avant d'y aller, je me suis même offert une demi-heure de chant à tue-tête devant mon ordinateur, de chants folkloriques hongrois, remontés de mon enfance, afin d'éclaircir ma voix avant la présentation de mon sujet!) Le bon échange qui a suivi m'a largement récompensée pour les efforts déployés pendant notre cohabitation de près de deux ans avec "ma" Licorne et avec sa riche histoire chargée de symboles toujours vivants.

(photo : "La Dame à la Licorne", musée de Cluny)

 

la 6e pièce "A mon seul désir"

la 6e pièce "A mon seul désir"

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Un après-midi qui fait du bien

14 Février 2026, 13:22pm

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Publié par Flora bis

   Le couteau sous la gorge... Les délais négligés pendant des mois se resserrent, façon "noeud coulant, le stress monte et m'étouffe. C'est bien l'effet recherché, il indique que le niveau d'adrénaline est assez élevé pour me faire bouger du point mort.

   J'ai quand-même mis de côté les affaires urgentes, pour réserver mon après-midi à la visite de Sultan (prononcer : "Soultane"), une des anciennes élèves turques de Gilbert au lycée Galatasaray d'Istanbul, lieu de notre séjour entre 1984-90.

   La ville reste pour moi un point nostalgique toujours intact même si les larmes cessent de monter aux yeux comme pendant longtemps à la vue des lieux familiers ou aux sons lancinants des chansons de Zülfü Livaneli... Ville magique, éreintante, elle vous enchante, vous captive et ne vous lâche plus. A la fois par son immensité, la majesté de ses panoramas imposants et par les innombrables détails de la vie quotidienne qui deviennent familiers et font que vous vous sentez intégrés dans le paysage, dans le tissus même de la vie : elle vous adopte sans préjugé et sans distinction et vous vous sentez chez vous. Une fourmilière sans cesse en mouvement qui vous accueille, comme votre bakkal (épicier), votre kasap (boucher), votre baklavaci (pâtissier, marchand de baklavas) ou votre çiçekci (marchand de fleurs), qui vous offrent le thé pour vous faire patienter, voire un bouquet supplémentaire en signe d'amitié.

   La fidélité est pour moi une vertu cardinale, ai-je l'habitude de dire. Nous avons quitté Istanbul il y a plus de 35 ans. Nous y sommes revenus 6 ans plus tard, à l'occasion du mariage de Sultan, et avons revu bien d'autres élèves d'antan. Avec le regain de l'attachement intact.

   Et maintenant... 30 ans sont passés, Gilbert, leur professeur de français bien aimé n'est plus, depuis bientôt deux décennies. Je revois la jeune femme rayonnante d'antan en une professeure d'université de 55 ans, qui voulait me revoir à l'occasion de son passage à l'université de ma ville. Je suis très touchée car je ne connaissais les élèves de mon mari qu'indirectement, quand nous invitions ses classes de temps en temps à la maison pour un goûter. Des jeunes femmes brillantes, chaleureuses, avides d'apprendre. Nous regardons les photos de l'époque, et de plus récentes aussi qui racontent nos vies. Les décès, les naissances des enfants et petits-enfants, les espoirs et les préoccupations. Nous échangeons des petits cadeaux. Plus de deux heures s'envolent en un clin d'oeil.

(photo : j'ai accroché l'oeil bienveillant protecteur  -  cadeau de Sultan et de sa soeur Feyhan  -   au-dessus de mon bureau... J'en ai bien besoin!)

 

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Fidélité contre la fuite du temps

24 Janvier 2026, 14:08pm

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Publié par Flora bis

      J'ai enfin terminé le dessin qui devait servir de modèle pour mes cartes de voeux et je m'apprêtais à les imprimer, après avoir préparé, nettoyé, "aligné" mon imprimante  -  et patatras, le premier essai a donné un résultat catastrophique! Dans l'urgence, mon fils m'a fait penser à un imprimeur en ligne bien connu, j'ai aussitôt préparé la maquette et commandé le nombre d'exemplaires prévus. Le petit colis est arrivé hier matin et j'ai donc mon programme copieux pour le weekend! 

   Il fait maussade comme il sied à un mois de janvier finissant. Après la courte période du début du mois, enneigée, glaciale et glissante, je me réjouis du redoux, j'essaie de trouver beau et rassurant le ciel parfois couvert.

   Quelques coups de fil retentissent d'un passé désormais lointain... Un ami du siècle dernier (1976-82) quand - après 2 ans en Hongrie, puis autant en Algérie - Gilbert a reçu sa nomination au lycée franco-allemand de Berlin-Ouest et nous avons débarqué avec une bande de professeurs fraîchement nommés, la plupart célibataires, des quatre coins de la planète (surtout d'Afrique et  d'Amérique du Sud etc.) En attendant que nos appartements soient préparés dans une des cités militaires, nous étions logés dans l'hôtel Aiglon, à l'entrée du Quartier Napoléon, le QG de l'Armée Française occupant le nord de Berlin-Ouest... L'amitié avec beaucoup d'entre eux a traversé presque 50 ans, elle perdure, et à chaque fois, nous nous étonnons de nos cheveux blancs.

   Un autre coup de fil dans la matinée me rappelle nos années d'Istanbul où Gilbert a fait du théâtre pendant 5 ans. L'animateur culturel du Consulat français qui dirigeait la troupe ne manque jamais me faire signe plusieurs fois dans l'année, en particulier vers Noël...

  Cette semaine, je reçois un message d'une ancienne élève de Gilbert, du Lycée Galatasaray d'Istanbul : début février, elle sera de passage à l'université de ma ville et elle aimerait me revoir si j'y habite toujours...

   Ces messages ressuscitent un passé de plus en plus lointain - où nous étions jeunes et voyageurs... Ces relations ont gardé, pour la plupart, leur fraîcheur. Durant les années écoulées depuis, nous nous sommes souvent revus avec bon nombre d'entre eux : Raymond, Patrice, Alain, Michel, Maddy, René, Chantal, Jean-Paul, Judith, Anne, Özge, Soultane, Haydée, Jean-Marie, Philippe, Marlène et Claire... etc, etc... Chez nous ou chez eux, parfois chez nos parents, en France ou en Hongrie... Et les liens restent solides car on se lie plus vite et plus fort quand on est jeune.

    Le monde autour de nous a changé mais pour moi, la fidélité reste une vertu cardinale. Elle a la capacité de rafraîchir, de garder intacts les sentiments du passé, de la jeunesse immuable du coeur. 

 

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Le temps qui s'émiette... à moins qu'il ne s'égoutte...

14 Janvier 2026, 18:13pm

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Publié par Flora bis

   Nous profitons d'un redoux bienfaisant. La neige a disparu, les trottoirs sont larges et dégagés. En contrepartie, le ciel se cache sous une épaisse couverture grise, déversant de la pluie un jour sur deux. Ainsi, nous ne nous rendons pas vraiment compte que la lumière augmente, minute par minute, tous les jours. Mais intimement, nous le savons. Et c'est déjà réconfortant en soi.

   Le lendemain des séances de kiné (deux fois par semaine), je suis  courbaturée comme si je sortais d'une centrifugeuse... Alors, je me ménage une rémission en douceur : j'ai suffisamment à faire devant mon ordinateur ou avec mon livre à lire et à annoter le plus rapidement possible. Cependant le plus urgent : mes cartes de voeux qui doivent arriver à destination avant la fin du mois! Je fignole, puis je change de fond en comble le dessin du visage, destiné à devenir carte à imprimer. Il se modifie comme mon état d'esprit, voire mon état d'âme, encore plus chamboulé... Je mets en couleur le noir et blanc, je triture son expression, en lui donnant un air plus jeune, plus serein, histoire de tenter d'exercer ainsi un coup de force sur moi-même... Marre de cet état de vieille chose désappointée en permanence!... Comme en ce moment même, où mon petit monde balisé se fissure et tout se complique, me menaçant de s'effondrer. Essayant d'oublier les douleurs sournoises et diffuses, "je me secoue" comme on me le conseille si souvent, plus ou moins ouvertement, et avec plus ou moins de ménagement... Est-ce que je finirais vraiment par "m'affaisser" définitivement, sinon?...

   Il y a des moments où l'on voudrait posséder une pédale capable d'accélérer le temps et à d'autres, la même pédale serait serait prête à le ralentir, voire l'arrêter complètement, afin d'en savourer chacune des miettes. (A ce propos : le temps en a-t-il, des miettes, ou plutôt des gouttes, dorées comme le miel?...)

 

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Rituels de fin d'année

3 Janvier 2026, 17:01pm

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Publié par Flora bis

   Nous avons la capacité de "visualiser" les jours, les semaines, nous donnons mentalement des couleurs aux unités du temps, inventées pour nous-mêmes, sans doute pour tenter de nous repérer dans son écoulement. Tiens, "écoulement'" : nous visualisons donc le temps comme un cours d'eau qui s'enfuit devant nous, obstiné, inarrêtable et pas forcément linéaire... Il contourne des obstacles, ralentit ou accélère mais ne coule jamais vers la montée : il suit une pente douce, devient parfois cascade ou déluge...

   Je m'égarais ainsi dans mes raisonnements qui se déclenchent immanquablement comme des cercles concentriques d'approche, tandis que je tourne autour du sujet qui n'a rien à voir("comme le chat autour du plat de gruau brûlant"  -  je traduis du hongrois cette expression qui me revient à chaque fois) pour me lancer, tout en visualisant le gros chat tigré méfiant... Alors que je voulais évoquer tout simplement le réveillon de Noël chez les enfants, le plaisir éprouvé à partager leur compagnie, cette ambiance gaie et un brin solennelle quand chacun revêt, de pied en cap, son habit de lumière ou son pull de Noël!... On s'affaire à la cuisine et à la cave, autour des cadeaux, sourire aux lèvres : c'est Noël, avec ou sans crèche, comme on veut.   

 

 

Une semaine plus tard, on se prépare à la rencontre de la nouvelle année, souvent avec des amis. Aussi loin que je me souvienne, j'ai attendu les 12 coups de minuit debout, un verre à la main. Ainsi, ce moment fulgurant, à peine saisissable devient un vrai seuil à franchir, si possible en amicale compagnie, car ce sera un présage pour l'année nouvelle. Embrassades, voeux de bonheur et de santé, les plus sincères! Ces rituels sont indispensables pour la cohésion familiale et sociétale, autrement dit : pour notre bien-être, notre santé mentale et émotionnelle. Pour notre bonheur si convoité et espéré...

 

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Avenir radieux

15 Décembre 2025, 12:32pm

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Publié par Flora bis

   Comme c'est stimulant d'ouvrir ses fenêtres sur le soleil! Même si sa lumière n'est qu'un pâle reflet car en hiver, il n'arrive pas à grimper au-dessus de la maison du dr Zoude, en face (il n'y habite plus mais pour moi, elle reste pour toujours, "la maison du dr Zoude", figure immuable du médecin à l'ancienne de nos premières années dans cette ville devenue la nôtre). Après la rangée des jours  gris, notre niveau de sérotonine est au plus bas... A propos de sérotonine, peut-on en trouver, des fois, en pilules ou en gélules, au pire, en piqûres, pour nous donner un peu d'optimisme et de dynamisme, pour accomplir les nombreux "devoirs" heureux qui nous attendent jusqu'à Noël?...

   Les cadeaux commencent à être au complet (il manque le mien "de la part de Gilbert"), le kiné a encore quelques séances pour me remettre en état et supporter le voyage. Je dois préparer quelques gâteaux pour festoyer, faire des courses pour les ingrédients. (D'après les prévisions des planètes, l'année 2026 sera gorgée d'activités passionnantes!... Si celle-ci ne l'était pas encore, j'ai quelques inquiétudes quant à mes capacités...)

   Hier, j'ai entendu un débat intéressant entre historiens, psychologues, écrivains et journalistes. Le sujet : l'Intelligence Artificielle qui a fait irruption dans notre vie. Non seulement en outil scientifique mais comme une compagne de tous les jours pour certains, une confidente qui est toujours sous la main pour intervenir sur demande. Quelques témoignages filmés m'ont sidérée, p. ex. un jeun homme lui demandant un conseil vestimentaire ou une jeune femme pour surmonter ses problèmes de solitude... Oui, l'isolement est réel et pour le surmonter, il est plus facile de s'adresser à l'I. A. sur son téléphone, discrète et toujours disponible qui NE VOUS JUGE PAS!... D'humeur égale, elle remplace parents et amis. Pire : petit à petit, elle efface certaines connections, fonctions du cerveau qui s'étaient crées pour chercher à résoudre soi-même les problèmes surgis. Poison lent qui est en train de créer une humanité écervelée. Et elle n'est encore qu'aux balbutiements.

 

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Tourments et résolutions fragiles

10 Décembre 2025, 12:25pm

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Publié par Flora bis

      Bientôt, je dois retourner chez mon kiné pour la 2e séance de la semaine. Cette fois-ci, j'ai décidé de prendre les choses en main, en cédant aux nombreuses pressions venues de partout... J'ai eu du mal a trouver son cabinet dans un quartier conçu par un architecte fantaisiste qui, manifestement, voulait bouleverser les traditions : au lieu de s'aligner, les immeubles "serpentent, ondulent", avec les noms des rues, les numéros introuvables à l'avenant... Bref, mon sentiment d'incapacité notoire, d'échecs successifs s'est emparée de moi : comment supporter cette vie au ralenti où tu n'arrives même plus à voir clair pour conduire le soir tombé, où chaque sortie relève de l'aventure aléatoire?... Demander de l'aide aux ami(e)s très généreu(ses)x n'enlève pas le sentiment d'humiliation, doublé par l'angoisse d'usurper leur gentillesse. Éternel obstacle quasi insurmontable.

   Le kinézithérapeute m'a gardée une bonne heure pour une première séance. Il en a fallu du temps pour faire le tour de mon état physique et moral à l'abandon que je lui ai expliqué par un ras-le-bol généré par les années de RDV fréquents chez les médecins. La mort de G. y a mis fin, en grande partie, puis j'ai pris le relais pendant un temps. Jusqu'à jeter l'éponge, quitte à négliger ma santé. Je n'arrivais pas à me résigner au projet que le reste de ma vie soit ces stations de plus en plus rapprochées de "raccommodages"... J'aime trop la vie pour cela. Pas n'importe quelle vie, pas à n'importe quel prix.

   Tout cela me demande un effort décuplé. On verra s'il résiste à l'envie d'évasion... Du moins dans la tête.

   

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Petit retour nostalgique...

6 Décembre 2025, 20:24pm

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Publié par Flora bis

    Le 6 décembre... Les souvenirs d'enfance affluent et le monde chavire. Je revois les chaussures fraîchement cirées, alignées dans l'entrée ou  -  dans la fenêtre à double vitre, c'est à dire, avec les 2 vitres séparées d'une vingtaine de centimètres que l'épaisseur du mur en torchis permet! Elle isole bien du froid à -20° en hiver et de la grosse chaleur de plus de 30° en été. Et les chaussures d'enfants tiennent bien entre les 2 vitres pour que Mikulás puisse les remplir en passant la main par la vitre extérieur qu'un complice entr'ouvre de l'intérieur pour le temps de l'opération. La magie émerveille autant les enfants que les adultes qui en sont les heureux opérateurs! Mais Saint-Nicolas ne les oublient pas non plus et les chaussures de toute la famille attendent sagement à l'entrée pour être remplies de friandises et de noix argentées ou dorées!

 

 

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Un vieux cahier en témoin

1 Novembre 2025, 03:56am

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Publié par Flora bis

   Saisir le dernier jour du mois pour tenter de rattraper mon retard, c'est bien moi... En sachant, de plus, que c'est impossible. Ce constat mènerait bien plus loin, mais je ne récolterais que des regrets inutiles. 

   Derrière moi, des jours chargés des préparatifs pour fêter quatre anniversaires automnaux, des courses et des coups de fil innombrables. Depuis samedi, c'est l'arrivée des enfants, le bonheur, les rires et le sommeil rassuré, profond comme à chaque fois que je ne dors pas seule dans la maison. Mon fils et ma plus jeune petite-fille ont pu rester quatre jours de plus, un petit supplément de cadeau. 

   Restée seule de nouveau, mes pensées se réfugient dans le passé... Avec une amie, nous en avons parlé hier : faut-il fuir les tentations de la nostalgie? Nous empêche-t-elle de vivre notre présent? Oui, je l'avoue, le passé se fait souvent refuge, à condition d'éviter certains souvenirs, dangereux comme des sables mouvants. L'avenir, de toute façon, est désormais derrière moi et il rétrécit de jour en jour comme peau de chagrin. Quant au présent, j'essaie de le vivre aussi riche que possible  -  même si ce "possible" est trop mince à mon goût pour en nourrir mon (blog) quotidien...

  La mémoire est une matière vivante, mouvante, changeante; elle transforme parfois le vécu que nous croyions immuable, fixé une fois pour toutes. Je viens d'en avoir la preuve éclatante et vaguement douloureuse comme un bleu à l'âme... Je referme le vieux cahier de la marque "Общая тетрадь" que je garde près de moi depuis 1969-70... Oui, depuis ces années-là, il a traversé beaucoup de déménagements et de bouleversements alors totalement imprévisibles. Nous l'avons entamé avec Marie à Moscou (pour fixer nos souvenirs que nous pressentions mémorables!) au moment où nous y sommes arrivées à la fin du mois d'août 1969, pour l'année universitaire, en stage de langue et civilisation russe et soviétique... Logées avec des étudiants russes et étrangers dans une bâtisse ancienne non loin du stade Loujniki, nous étions quatre par chambre : dans la nôtre, Marie et moi, nous étions deux Hongroises en compagnie d'une Russe, Natacha et une énigmatique Bulgare, Angelina.   

Voyage en Ouzbekistan; au premier plan, moi avec une fleur dans les cheveux

   Quelle plongée dans le cahier, survolant presque toute l'année avec les événements au rythme échevelé de nos vingt ans! J'ai l'impression que nous n'étions jamais fatiguées! Les cours, les voyages aux pays baltes, en Asie Centrale, en Géorgie et en Arménie, les soirées d'étudiants, les études en bibliothèque et les nombreuses soirées de théâtre!... Sans compter la vie de tous les jours dont les événements nous réservaient souvent des rebondissements insolites! Tout cela pour enrichir sans cesse notre vocabulaire jusque là plutôt livresque... 

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Hypothèses

8 Septembre 2025, 13:23pm

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Publié par Flora bis

   Un grand MERCI à la personne unique qui revient sur mon blog avec fidélité, jour après jour, solitaire et inébranlable!... Soyez remercié(e), Madame ou Monsieur, Ami(e) anonyme qui suivez encore mes élucubrations devenues monomaniaques... Au vu de la fréquentation raréfiée de ce blog, je suis obligée de me poser la question : est-ce moi qui, cédant à la morosité persistante, suis devenue "plombante" (avec le mot d'une amie sans pitié), monomaniaque, oui, en un mot : à l'usage des masochistes?...

   Autre hypothèse : le monde est devenu si déprimant qu'on n'a plus d'appétit à rien et ce qui reste comme force vitale, on ne veut plus la gaspiller à lire des Cassandre... On veut de l'espoir, de l'énergie, du solaire! Danser au bord du précipice.

Troisième possibilité : c'est le blog comme genre qui est démodé. Il n'y a que les vieux, les"boomers" qui s'en servent encore, pour radoter sur un époque révolue où les gens étaient capables de déchiffrer des textes (de les écrire à la main et même  -  horribile dictu!  -  sans fautes d'orthographe!) et ne se contentaient pas d'images qui défilent sans interruption, anesthésiant la pensée, voire abêtissant son monde sur des plateformes qui deviennent leurs geôliers...

   Reste encore des îlots de résistance, bien heureusement. L'amitié sincère, des réunions avec des échanges où l'humour ne fait pas défaut, ni la vraie bienveillance (d'autres diraient en ricanant : en "bisounours" mais les intéressés savent que c'est faux...) Être bienveillant ne veut aucunement dire : flatter façon mièvre mais être dans la sincérité.

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