Le blog de Flora

reminiscences

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Ce ne sera jamais plus "comme avant"...?!

13 Mai 2020, 10:24am

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Publié par Flora bis

   Nous faisons nos premiers pas apeurés à l'air libre. J'exagère: je suis sortie régulièrement, pendant le confinement, pour les courses au supermarché, chez le boulanger et parfois, à la pharmacie. Sans masque et sans gants, sans trop de précautions, dont certaines je ressentais comme éloignées du bon sens (se changer de pied en cap, voire même se doucher dans son garage avant de franchir le seuil de sa maison, désinfecter même les pots de yoghourt etc...). Les rayons étaient suffisamment déserts pour éviter la proximité avec les autres et je me suis dit que se gratter le nez avec ou sans gant revenait à peu près au même... Bien sûr, à la maison, mon premier geste a été de me laver soigneusement les mains: cela m'arrive d'ailleurs, plusieurs fois par jour, depuis bien longtemps... Par contre, personne n'a franchi le seuil de la maison, pas plus que moi, je ne suis allée chez personne... 

   J'ai la nostalgie d'une certaine insouciance d'avant... Oh, il ne s'agit que des choses à la portée de tous, peu coûteuses, relativement faciles à réaliser... Un petit repas improvisé avec des amis pour échanger, s'intéresser à l'autre, partager ses soucis ou ses joies, une sortie au théâtre, au cinéma ou au restaurant, de temps en temps, pas trop souvent pour ne pas les banaliser et qu'elles gardent leur attrait exceptionnel... Serrer mes enfants dans les bras, très fort! En vrai et non seulement "en mode virtuel"...

   J'espère que nous aurons réussi à conserver au fond de nous ces quelques habitudes anciennes et qu'un jour, elles réapparaîtront pour redonner des couleurs à notre vie de solitaires. C'est ce que je réponds à ceux qui me tapent sévèrement sur les doigts avec leur phrase qui tombe comme un couperet: "RIEN ne sera plus comme avant!"

 

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Apprentissage...

7 Mai 2020, 10:07am

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Publié par Flora bis

   J'aimerais bien que les sujets redeviennent un peu plus variés... Les média ne bruissent que d'une unique préoccupation: du coronavirus sous toutes les coutures, jusqu'à la saturation totale! Je ne dis pas qu'il faut cacher ou omettre les informations nécessaires à ce sujet mais en remplir le moindre interstice de notre vie finira par être contre-productif! Dans les cas extrêmes, les uns sombrent dans la léthargie, ferment les écoutilles, tandis que d'autres, en proie à des peurs apocalyptiques, non seulement respectent les prescriptions à la lettre, surenchérissent même jusqu'au ridicule, et la moindre faille  -  à leur goût  -  chez quelqu'un déclenche leur agressivité démesurée... Une fois de plus, je reste adepte de la modération. De grâce, un peu de bon sens!

moi entre 3 et 4 ans... confiante, curieuse

 

 

 

Est-il possible de parler d'autre chose? Nous sommes alourdis d'angoisses, de désorientation spatio-temporelle, de surexplications scientifiques, de polémiques en embuscade, prêtes à surgir à la moindre occasion. J'ai beau me retourner vers des paysages d'un autre âge, celui de la confiance et de l'insouciance, les souvenirs ensoleillés s'enfuient pour me laisser au milieu de la broussaille des confusions ou pire, du désert aride... 

   

 

On entrouvre les portes du confinement, parfois au choix, assortissant la possibilité de bon nombre de précautions aux risques funestes... J'ai vu à la télévision des interviews de confinés  -  parmi ceux qui peuvent le faire  -,  déclarant qu'ils optent pour rester au fond de la tanière qu'ils ont fini par apprivoiser, bien au chaud, protégés du monde extérieur, truffé de dangers imprévisibles... Réapprendrons-nous un jour à franchir la distance de la méfiance sans peur?...

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7 ans déjà...

23 Avril 2020, 12:10pm

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Publié par Flora bis

 

J'ai le projet d'écrire un texte pour être lu sur scène et ayant comme thème les "Mères"... La mienne est morte il y a tout juste 7 ans, à l'hôpital, après 3 mois passés dans une maison de retraite. A 1700 km de moi. Je l'ai revue quelques semaines Avant. J'ai encore cette ultime rencontre sur le coeur comme un poids énorme. Celui de la culpabilité qui n'est pas prête à m'abandonner. Il m'enfonce dans les profondeurs, me coupe la respiration. Je suis en apnée.

   Je n'avance pas dans le texte. Sans arrêt, la figure de ma mère éclipse les autres, elle se réclame la première place. Pourtant, ce texte, je ne le veux pas trop personnel afin que (presque) toutes les mères  -  les nôtres et celles que nous sommes devenues  -  puissent se refléter dans ce drôle de kaléidoscope. Que l'on puisse sourire à travers les larmes... 

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Pause mélo

17 Avril 2020, 20:11pm

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Publié par Flora bis

   Il y a 2 jours, j'ai regardé "Sur la route de Madison" de Clint Eastwood. Pour la troisième fois, depuis sa sortie en 1995. Un mélodrame culte.

   Une pause irrésistible dans le flot des informations anxiogènes, parmi les films aux bonnes vieilles recettes de rigolade usée, sous prétexte que pour un nouveau né toutes les blagues sont neuves... Par ces temps de confinement, de dangers invisibles et rampants, sans doute avons-nous besoin d'une tornade de sentiments  -  ne serait-ce que par procuration  -, d'un bon déluge de larmes pour nous laver de nos angoisses... Les angoisses, peurs de l'invisible peuvent-elles s'atténuer par l'extase des sentiments, ce manège qui vous fait vous envoler jusqu'au ciel et vous redescend aussi vite, pour toucher terre dans le désespoir?... Pour la troisième fois, je suis tombée dans le piège.

   Paysages de l'Iowa dans le Midwest, vallonnés, avec leurs fermes isolées parmi les champs de maïs interminables où le temps se fige. Francesca y a enterré ses rêves lorsqu'elle s'était installée ici avec son amoureux, un soldat américain rencontré à Bari, en Italie. La vie s'écoule au ralenti, heureuse, croit-elle, avec un mari taiseux et deux adolescents, qui lui parlent peu, juste le nécessaire. La maison à astiquer, les repas à préparer, le potager, les cancans des voisines et la poussière soulevée par le vent...

   Justement, c'est un nuage de poussière qui amène Robert, le photographe globe-trotter sans attache et les 4 jours passés ensemble bouleversent leur vie. Francesca, la quarantaine passée, encore belle comme les fleurs qui s'offrent une dernière splendeur avant de se résigner à faner... Robert, buriné, sec, n'est plus très jeune mais il lui offre quelque chose de rare: son regard, son attention, un regain de rêve qu'elle avait enfoui depuis bien longtemps.

   La brièveté de leur rencontre exacerbe l'intensité de leurs sentiments. C'est en 4 jours qu'ils doivent vivre des années... La sensation de la fin qui approche avec le retour de la famille leur fait passer toutes les étapes à la fois: l'approche de la séduction, la tentation et l'embrasement de la passion, puis la séparation. La raison triomphe: Francesca choisit les enfants et le mari bien brave au fond car elle sait très bien que l'amour passion ne survivrait pas à l'épreuve du quotidien, avec une culpabilité latente... Mais sa vie ne sera jamais plus la même: avec ce trésor caché au fond d'elle, elle a retrouvé le refuge du rêve...

 

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En cage (presque dorée...)

7 Avril 2020, 11:09am

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Publié par Flora bis

   Quatrième semaine... L'effervescence fébrile de la nouveauté est passée en laissant la place à une ambiance étrange. Plutôt blasée. Comme si, fatigués d'être choqués, paniqués, nous nous résignions à vivre dans une sorte de vacuum isolés du monde et du temps... 

   Tout cela me fait penser au film d'Alain Resnais "Mon oncle d'Amérique" qui m'a beaucoup impressionnée à sa sortie et qui expose et illustre la théorie du professeur Henri Laborit concernant les réactions de l'individu dans une situation verrouillée. Lors des expériences scientifiques, on observe le comportement  -  éclairé par les explications du professeur  -  des rats enfermés dans des cages. Les histoires humaines relatées parallèlement dans le film illustrent la thèse des rats.

   Notre situation de "confinement" obligatoire me rappelle la théorie du pr. Laborit sur "l'inhibition de l'action". Que se passe-il lorsque l'individu ne peut ni lutter ni fuir face à une situation sans issue? L'inhibition de l'action mène à l'anxiété qui diminue les défenses immunitaires... 

   La seule défense consiste à un "oubli forcé" qui préserve la santé mentale. Le rat subit des électrochocs répétés qui inhibent sa mémoire. "L'oubli forcé est ici, pour le rat, un moyen efficace de sauvegarde face à une situation inhibitrice qui se répète."

    Depuis un moment, je me demandais pourquoi j'avais la sensation de vivre dans un espace-temps un peu opaque, indéfini où je devenais incapable de me projeter dans l'avenir, ne serait-ce que de quelques jours. Où je fuyais les souvenirs dont le manque me faisait souffrir... Serais-je en train d'illustrer la brillante théorie du professeur Laborit et le comportement de notre frère le Rat, coincé seul en cage?...

 

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Soirée littéraire, ambiance festive

14 Décembre 2019, 11:43am

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Publié par Flora bis

   En janvier, ce sera le treizième anniversaire de nos soirées littéraires chez les uns et les autres, librement, suivant les disponibilités de chacun. Muriel, notre hôte d'hier soir, a commencé par évoquer le souvenir de ceux qui nous ont quittés, nous laissant leur présence palpable. Elle a ouvert sa porte à une vingtaine de participants, pour présenter son recueil de poésies "Un ange et quelques nuits" fraîchement publié. Elle nous a fait la lecture de quelques poèmes, des images fortes et surprenantes que j'aime beaucoup, puis elle a passé la parole à ceux qui voulaient partager leurs propres textes, ou encore des extraits des livres de Baudelaire, de Hugo, de Bonnefoy ou de Boringer. Nous avons entendu des poèmes en espagnol, en arabe, en allemand et en hongrois (devinez par qui). J'ai imprimé et lu 3,5 pages des textes parmi ceux qui murissent dans mon ordinateur ou sur mon blog pour tenter de réveiller mes fantômes...

   L'ambiance était chaleureuse comme d'habitude. Il manquait quelques "anciens piliers" mais la richesse des programmes proposée en cette période est énorme et il faut faire un choix. Beaucoup de nouveaux et jeunes visages que j'avais grand plaisir à découvrir pour échanger avec eux. Rien à faire, l'ancienne prof n'est toujours pas éteinte au fond de moi!

   

Soirée littéraire, ambiance festive
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Week end chez les enfants

9 Décembre 2019, 10:45am

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Publié par Flora bis

   Samedi matin à 9h, l'équipée dynamique des trois grands-parents restants a pris la route, bravant les menaces des blocages d'autoroutes, les intempéries et les arthroses diverses, pour rejoindre les enfants et petits-enfants près de Paris. L'occasion en était l'anniversaire de mon fils qu'ils ont dû faire glisser d'une semaine à cause d'autres occupations plus urgentes. Les deux petites avaient aussi leurs programmes avec les copains mais elles tenaient à être présentes aux repas et le soir avec les adultes, puis dimanche jusqu'à notre départ.

   Nous nous estimons gâtés, par les temps qui courent. Les traditions des fêtes familiales ont tendance à vaciller de nos jours... C'est une façon de maintenir et de cultiver le lien entre les générations. Si l'on cède à l'envie de faire l'impasse, la corrosion s'installe et l'édifice s'effondre... 

   Déjà, la distance est beaucoup plus grande, naturellement. L'aspiration des jeunes à plus d'autonomie est une bonne chose. Plusieurs générations sous le même toit devient rarissime après le départ des enfants. Les vieux vivent souvent plus longtemps, ils s'assument ou les enfants se désistent de leur rôles traditionnel d'autrefois de prendre le relais. Ils délèguent la tâche aux services payants. Les relations se réduisent à des visites (ou pas) qui se raréfient, et à contrecoeur, la plupart du temps. C'est le prix du progrès, de l'individualisme galopant dont les parents ont donné le goût à leurs enfants... Il faut l'assumer maintenant.

   Ce détour a été involontaire de ma part. Je voulais parler, en réalité, du plaisir que j'ai éprouvé à passer le week end avec les enfants. La veille du départ, j'ai préparé le fond de génoise pour l'omelette norvégienne, le gâteau choisi traditionnellement par mon fils pour son anniversaire. Il faut le parfaire et le garnir au dernier moment, battre les blancs légèrement sucrés en neige ferme sur un bain-marie et l'étaler sur une couche de glace généreuse, saupoudrer avec un peu de sucre roux avant de le passer quelques secondes (!!) sous le grill du four pour le caraméliser légèrement, puis, spectacle final, l'arroser d'eau de vie que nous allumons avant de déposer le gâteau sur la table, avec ses flammèches bleues... Le tout très vite, car la glace fond rapidement!...

 

Week end chez les enfantsWeek end chez les enfantsWeek end chez les enfants

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Fratrie

30 Novembre 2019, 20:37pm

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Publié par Flora bis

" On n'écrit pas parce qu'on a quelque chose à dire mais parce qu'on a envie de dire quelque chose." (Cioran)

   La phrase de Cioran, avec sa nuance en apparence infime mais essentielle, me va comme un gant. L'envie d'écrire est là mais aucun sujet ne semble à la hauteur. Juste une information, une interrogation à développer? Insuffisant. Ce serait dans la catégorie de "quelque chose à dire". Il manquerait l'essentiel: le désir des mots, qu'ils viennent me réparer, me délivrer des noeuds douloureux des doutes, qu'ils viennent libérer les émotions. 

Sur notre blog commun, quelqu'un a lancé le thème de la fratrie. Sujet délicat et souvent conflictuel. L'image de mon frère unique, disparu il y a 16 ans me revient souvent en mémoire. Nos chemins, pendant longtemps parallèles, se sont séparés avec mon départ de la maison mais peut-être bien avant...

   Je ne me souviens pas de ce que cela fait d'être enfant unique. Nous n'avions que 20 mois d'écart. Les légendes familiales autour de sa venue au monde me l'ont fait paraître comme l'enfant réussi, parfait qui a réparé toutes les affres de ma naissance: après 3 jours de souffrance dans les mains d'une vieille accoucheuse incompétente, ma jeune mère a mis au monde mes 3 kg et poussière, tandis que sa naissance s'est passée "comme une lettre à la poste" malgré ses presque 5 kg que tout le monde est venu admirer à l'hôpital... Tout cela n'a pas réveillé la moindre jalousie en moi, j'ai pris soins de lui aussitôt et à 15 jours, j'ai failli l'étouffer avec des bonbons acidulés...

   Physiquement, il n'y avait pas photo: il a rapidement rattrapé, voire dépassé la différence d'âge. Un bébé qui dort bien, qui mange bien: c'était du repos et de la satisfaction pour mes parents, après moi qui ne voulais même pas du lait maternel (je ne peux toujours pas avaler ce liquide blanc qui me soulève le coeur...). Je me suis rattrapée sur un autre terrain que ses dons athlétiques: je parlais (sans déformer les mots) avant de marcher et je réussissais à l'embobiner assez habilement pour qu'il me cède tous ses jouets...

   

Jusqu'à l'adolescence  -  terrain miné  -  nous étions inséparables. Ma mère revenait des réunions de parents, gorgée des compliments des professeurs à mon sujet et passant rapidement sur le cas de mon frère qui fournissait le minimum d'effort. Je pense sincèrement que le fait de me dresser en exemple inatteignable devant lui n'a fait que de le dégoûter d'avantage des études. Il préférait de loin s'occuper des pigeons de mon père, sans parler des chevaux de mon oncle. Les adultes ont tout fait pour creuser le fossé entre nous. Cela a duré jusqu'à sa mort, à 53 ans, me laissant des regrets tenaces.

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Retour à Istanbul

24 Septembre 2019, 16:51pm

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Publié par Flora bis

   Je fouille dans ma photothèque comme à chaque fois que que l'envie me prend de faire un petit voyage dans le temps... Nostalgie stérile? Je pense plutôt au besoin impérieux de m'évader d'un présent qui n'a rien d'exaltant, l'occasion mise à part de me réjouir que l'infirmière de ce matin, très professionnelle, n'a pas esquinté la seule veine qui me restait à exploiter, avant d'injecter le produit de contraste qui m'inonderait d'une chaleur intense, de la tête au pied...

   En farfouillant parmi les images, je tombe sur cette photo prise à Istanbul, en 1990, à la salle d'exposition de Institut Français où j'attends l'ouverture du vernissage de ma deuxième exposition. "23 Mayis  -  3 Haziran". Je constate que pour la xième fois, on a écorché mon prénom sur l'affiche... Je ne sais pas pourquoi, cette composition de deux consonnes "ZS" semble contre nature pour l'oeil français, pire encore que le "SZ"... Je note au passage que la mode était aux épaulettes démesurées, ce qui, forcément, affinait la ligne des hanches... Ceci dit, ma minceur de 42 ans, désormais inatteignable, était alors bien réelle. 

   J'ai exposé essentiellement des lavis d'encre, pris sur le vif dans de différents endroits d'Istanbul. Avec ma petite chaise pliante, je m'installais dans les mosquées ou dans les cimetières, au pied de la Tour de Galata ou au bord du Bosphore, en haut de la rue des brocanteurs ou dans les jardins de Karyie Camii (Saint-Sauveur-in-Chôra) et beaucoup d'autres... Je n'ai jamais été importunée: "Kolay gelsin!"  -  me disaient les passants avec un sourire d'encouragement... (ce qui veut dire à peu près: "Que la peine vous soit légère!" c'est à dire: "Bon courage!")

 

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Entre-deux

30 Août 2019, 18:23pm

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Publié par Flora bis

   Je ne peux pas m'empêcher de repasser sans cesse, grâce aux belles photos des enfants, le souvenir des lieux magiques de cet été... Ai-je fait ma rentrée véritablement ou suis-je encore  -  grâce au soleil magnifique  -  quelque part entre les Alpes, la Lagune encombrée de bateaux de toute sorte et de toute taille et la Grande Plaine hongroise écrasée par la canicule?...

   A en juger par mon petit désordre familier installé autour de moi, je suis bel et bien rentrée. Mes articulations convalescentes me le rappellent aussi tous les jours, surtout en montant, tant bien que mal, les escaliers... Le coin intime de mon bureau, le silence qui peut être aussi riche que son contraire me poussent à reprendre mes habitudes, sans précipitation.

   Le coup d'oeil vers mon jardin sous le soleil radouci où les rosiers s'épanouissent après les deux nuits d'averse, me confortent définitivement dans la sensation que les vacances sont finies. Enfin, ce que les "forces vives", ceux qui se lèvent tôt tous les jours, appellent les vacances. Pour moi et d'autres -  qui sommes sur les rails plus reposants (menant au garage...)  -  la différence réside essentiellement dans le silence qui remplace le bruissement incessant de la "vraie" vie... Un bruissement plein de rires, de mots, de regards complices, de larmes refoulées et de gestes de tendresse...

 

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