Le blog de Flora

reminiscences

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Gamberge inutile

25 Juillet 2024, 12:14pm

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Publié par Flora bis

   Pour écrire, ou au moins, nettoyer la jungle du jardin, bouger du point mort de l'impuissance fustigée voire niée par les champions de la volonté, par l'armée de petits procureurs gorgés de convictions  -  que faudrait-il faire?...

   Je suis la première à en souffrir, en déplorant amèrement le temps précieux enfui, gaspillé! Le choeur accusateur ne fait qu'augmenter le poids de ma culpabilité, m'intime avec l'autorité de ceux qui savent qu'au lieu de me lamenter, je n'ai qu'à me secouer les puces... Immanquablement, surgit dans ma mémoire l'image  -  d'il y a au moins 50 ans  -  de ma belle-mère qui n'a jamais manqué ni de volonté ni de courage et qui un jour, me voyant paralysée au fond de la détresse, m'a mis dans la main une éponge et et un flacon de Cif : "Tiens, va astiquer la baignoire, tu te sentiras mieux!" Et ça a marché, la méthode "sans ménagement" et l'activité qui ne demande pas de gamberge, m'a fait bouger du point mort... Pour un temps.

   Au fond, je sais que j'ai besoin de cela : de la nécessité incontournable ou de l'autorité qui m'imposent de bouger, de faire quelque chose qui me sort de la léthargie, parfois vers un acte totalement anodin... L'autorité que par ailleurs, j'ai du mal à supporter, contre laquelle je me révolte, tout en reconnaissant tacitement, plus tard, son utilité pour combattre ma pusillanimité.

   J'ai commencé cette note dans cet esprit-là : faire quelque chose, même insignifiant, pourvu qu'à mes yeux, je cesse d'être l'impuissante qui n'arrivera à rien, parce qu'au fond, elle ne croit pas que l'agitation sauvera l'homme... Pourtant, mes intentions, initialement étaient volontaires et optimistes.

Gamberge inutile

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Retour au bercail

16 Juillet 2024, 18:18pm

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Publié par Flora bis

   Je devrais dire : du bercail d'ici vers le bercail initial... et je retombe aussitôt dans le piège des identités. Celles que j'essaie de concilier, d'enrichir mutuellement l'une par l'autre, depuis bientôt 51 ans. Et ce voyage  -  pour ne pas dire "pèlerinage"  -  annuel me plonge invariablement dans les mêmes joies et les mêmes peines. Soulagements et écorchures du coeur.

   Les personnes si importantes de ma vie d'autrefois  -  celle de "là-bas"  -  se pressent autour de moi en fantômes bienveillants, parents et grands-parents, frère, oncles et tantes, même les voisins, figurants si indispensables pour compléter le décor. Ce décor qui, d'année en année, ne cesse de se métamorphoser.. Tout comme moi-même qui ferai partie de leur nombre à mon tour. Une photographie pâlissante dans un album que les générations futures essaieront de deviner : "Qui était-ce déjà, cette inconnue sur l'image délavée?..."

   Tout cela n'est pas triste... Il convient de regarder les choses de la vie en face; la nécessité de bien vivre, aussi bien que possible, la parcelle qui nous est impartie... Comme un cadeau, un miracle, une grâce ou une chance, chacun selon ses convictions ou son imaginaire.

   On dirait que le périple que je viens d'accomplir vers mon pays natal me transforme en philosophe de comptoir! A chaque fois, une confrontation entre passé et présent devient nécessaire. Pendant la petite semaine, deux rencontres avec le passé m'attendaient. Avec deux étapes décisives de ma vie : la première, avec six anciens camarades du lycée (le bac en 1966!) et la deuxième avec mes anciennes élèves que j'ai quittées en 1974, après seulement deux ans passées avec elles, pour suivre Gilbert vers l'inconnu : son nouveau poste en Algérie.

   Les deux rencontres ont été riches en émotions. Le temps me semblait à chaque fois trop courte! Tant de choses importantes restaient à évoquer! Des anecdotes nous ramenant dans une jeunesse encore pleine d'espoirs, des récits de nos vies face aux espoirs d'antan... Et surtout : une pause en silence, les yeux dans les yeux, pour communiquer l'indicible.

  

photos 1-2. avec mes camarades du lycée, à 41° à l'ombre 3. avec mes anciennes élèves
photos 1-2. avec mes camarades du lycée, à 41° à l'ombre 3. avec mes anciennes élèves
photos 1-2. avec mes camarades du lycée, à 41° à l'ombre 3. avec mes anciennes élèves

photos 1-2. avec mes camarades du lycée, à 41° à l'ombre 3. avec mes anciennes élèves

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Revivre au soleil

23 Juin 2024, 21:49pm

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Publié par Flora bis

   Nous sommes aux alentours du solstice d'été, au point culminant de la lumière : les jours les plus longs de l'année, les plus propices aux veillées, aux dîners qui se rallongent sur les terrasses dans le parfum des chèvrefeuilles et la tiédeur de l'été naissant. Je garde en mémoire ces moments magiques de plénitude où l'on s'autorise de humer l'éternité de l'instant... (tout en essayant d'oublier le chant discret des moustiques lorsqu'ils paraissent)

   Ce mois-ci, j'aurai du mal à tenir les 4-5 notes sur mon blog. Pourtant, les sujets ne manquent pas! C'est plutôt le temps de se poser dans le calme qui devient rare pour saisir l'inspiration. Je cours après les préparatifs des vacances, une procuration pour les élections surprises concoctées par le Président (qui pourraient bien lui péter à la figure...), les cadeaux à dénicher, des RDV médicaux et les dernières lessives ajournées à cause des pluies incessantes etc... Juste après une ultime réunion associative de fin de saison, avec deux amies, nous avons quand-même pris le temps d'une petite soirée resto très gaie, pleine de rire et d'autodérision, mais aussi de projets pour l'avenir plus ou moins proche. Cela fait du bien.

   Je guette avec quelques suspicions le ciel pour l'instant bleu immaculé : pendant combien de temps va-t-il nous accorder ce plaisir rare? Il m'a habituée, depuis les 34 ans que j'habite ici, à prendre ses rares cadeaux  avec retenue comme des enfants sages dressés par des parents intraitables et austères : sans montrer de joie excessive, en n'y croyant qu'à moitié.

   Cet après-midi, j'ai quand-même sorti mon parasol vert, pour prendre sous son ombre, café et thé avec une amie. Pour parler de vie, de mémoire et de littérature...

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De la fierté - ou pas...

30 Mai 2024, 19:11pm

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Publié par Flora bis

   Dehors, tout est mouillé, comme presque tous les jours et depuis des mois... En gros, depuis le début de l'automne. Le thermomètre grimpe péniblement  -  et rarement  -  jusqu'à 20°, les radiateurs se remettent en route la nuit pour nous attendre le matin, tièdes. C'est uniquement la peur de la canicule et de son souvenir qui me permet de supporter tant bien que mal le manque du soleil, sans attraper la neurasthénie. La nappe phréatique déborde!

   Une bonne nouvelle : j'ai récupéré ma voiture au bout de presque 3 semaines d'attente. Quel plaisir de la conduire à nouveau! Elle me mène partout, m'attend patiemment devant la porte, tel un cheval harnaché, prêt à galoper! Un week-end chargé en témoigne : des réunions chez moi et ailleurs, une soirée de retrouvailles littéraires chez Muriel et le lendemain, un spectacle théâtral écrit et mis en scène par une autre amie. Ambiances chaleureuses pour faire oublier le ciel maussade.

   Entretemps, j'ai travaillé sur un sujet intéressant reçu de notre dévouée administratrice qui s'occupe de notre blog commun en hongrois, depuis bientôt 15 ans. Une petite dizaine de graphomanes persiste pour l'alimenter. Souvent, le sujet choisi permet non seulement de jouer de la nostalgie mais aussi de réfléchir sur nous-mêmes. Tout comme cette fois-ci : la fierté. Depuis l'enfance, comment avons-nous  vécu ce sentiment? L'avons-nous éprouvé, l'éprouvons-nous encore?

   Dans notre enfance, l'éducation stricte et avare en compliments nous enseignait avant tout l'humilité. Elle n'encourageait guère le développement du sentiment de fierté, ou alors, très discrètement, "à l'étouffée". Être fier avait un petit parfum "d'avoir la grosse tête", de mépriser autrui, ce qui était hautement répréhensible.

   De plus, s'enorgueillir des dons que nous aurions reçus en héritage des parents ou de la nature, éventuellement d'une volonté divine pour certains, ne rimait à rien : nous n'y aurions eu aucune mérite. Pourtant, j'avoue que j'aurais certainement été très fière si j'avais reçu en héritage une belle voix ou une chevelure magnifique à ensorceler le monde entier! Ce n'a pas été le cas. 

   Puis-je être fière d'un certain talent pour le dessin, hérité sans doute de mon père qui l'ignorait lui-même superbement? Ou des facilités à apprendre des langues étrangères qui me permettent de créer des contacts et de me sentir chez moi presque partout? Est-ce ma soif insatiable d'apprendre, ma curiosité envers les gens, à les déchiffrer, les comprendre, à créer des liens, ma nature plutôt fidèle comptent-elles parmi les fiertés possibles? Certes, ce sont des traits positifs à mes yeux mais de là à en être fière, il y a un chemin...

   En conclusion : il y a peut-être une chose dont je suis fière et que je dois surtout à moi-même : c'est le fait d'être en vie. Et je compte cet acharnement à partir de ma venue au monde. Le parcours ressemble parfois à une montagne russe qui vous secoue. Il s'agit de bien s'accrocher pour ne pas tomber du wagonnet... Mon self-control me permet de maîtriser plutôt bien les secousses, les angoisses et les tempêtes, afin de préserver l'apparence de l'équilibre. Ce qui est plus agréable pour tous, y compris - et surtout - pour moi même. 

 

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Une sportive par procuration

20 Avril 2024, 13:22pm

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Publié par Flora bis

   Etat des lieux : semaine froide et capricieuse, soleil par intermittence, averses copieuses... Matchs de foot successifs à la télé, avec des "remontadas" spectaculaires mettant les nerfs en pelote. Il n'y avait pas que nos radiateurs qui chauffaient l'ambiance!

   C'est peut-être une introduction inhabituelle pour ma note bloguesque de la semaine et pourtant, je suis bien une connaisseuse du football, initiée par mon mari, preuve éloquente lui-même qu'un intello et un fervent supporter du sport peuvent cohabiter dans la même personne! 

   Ma nature plutôt indolente, vagabonde rêvasseuse ne me poussait pas vers la pratique du sport mais j'aimais regarder les compétitions, sans doute parce que les regarder me dispensait de la pratique... Avec Gilbert, que j'ai connu dès le début comme un sportif actif, faisant sa petite course matinale (il travaillait les après-midi) d'une vingtaine de km entre Szentes et Csongràd, j'ai même poussé l'enthousiasme à m'équiper d'un survêtement et des chaussures de sport mais j'avoue que mon enthousiasme a vite dégonflé, laissant la place à ma vraie nature... Pendant les vacances d'été à Laon, toute sa famille suivait le Tour de France, s'installant religieusement devant la télé dès le début de la retransmission, volets baissés sur les  -  RARES!  -  rayons du soleil sous les latitudes picardes... Parfois, nous avons même calé nos vacances dans les Alpes pour voir un passage du Tour dans un virage des montées des cols. Rien que pour l'ambiance, car pour le reste, on le voyait mieux à la télé!

 

 

 

   Je me souviens des Jeux Olympiques mémorables, du bout du monde : je mettais le réveil pour 2-3 h du matin, afin de pouvoir regarder l'athlétisme en direct, avec des horaires décalés!... J'aimais l'atmosphère insolite, feutrée de ces levers de soleil vécues avec Gilbert, la tasse du café fumant à la main à l'aube, pendant  les Jeux à Montréal, Los Angeles, Séoul, Atlanta ou Sydney. Le plus mémorable souvenir me lie incontestablement aux Jeux de Séoul, en 1988 à Istanbul, avec le pont doré du soleil levant sur le Bosphore... (snif, snif... et mouchoir pour la larmichette)

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Avril le capricieux

13 Avril 2024, 13:01pm

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Publié par Flora bis

      Plaisir rare de la petite semaine passée en compagnie de la plus jeune de mes petites-filles. Elle a 15 ans et demie. A cet âge-là, on a encore le droit de compter les demies. Des échanges toujours intéressants, quelques parties de "crapettes" (jeu de cartes) et surtout, de "baccalauréat", un peu de shopping et un restaurant avec les autres grands-parents, et les cinq jours se sont envolés.

   Par bonheur, le ciel a été plutôt clément avec nous : désormais, le soleil apparaît de temps en temps. L'autre nuit, nous avons même essuyé un vrai orage avec éclairs et tonnerre, accompagnés de vent violent. C'est la montagne russe : un jour, 12°, le lendemain 24°! Dans mes souvenirs d'enfance, on appelait le mois d'avril "le fou" ou "le capricieux" qui pouvait nous apporter une tempête de neige au lendemain d'une journée à 20°!... 

   Elle vient de repartir avec son père : pour ce dernier, le temps du week end, pour elle, la deuxième semaine des vacances de printemps seront au programme. Et pour moi, un peu de solitude qui me laisse un goût mi-figue, mi-raisin... Il faudra bien que je m'y fasse, que je retrouve le plaisir parcimonieux de la solitude... J'en ai besoin pour me concentrer sur les projets qui m'attendent encore, pour jouir d'une relative liberté de disposer de mon temps, pour revoir mes amis. 

   Des six mois de séjour de mon fils chez moi, il ne reste plus qu'une quinzaine de jours... Preuve de la vitesse affolante du passage du temps. Oui, un passage éclair. J'aimerais que malgré le travail harassant de ses journées, il lui reste le souvenir d'un havre paisible, en repensant à la maison jadis familiale, où, la plupart du temps, sa mère l'attendait le soir avec un petit dîner censé lui faire plaisir... 

   

Avec Alice, en 2020...

Avec Alice, en 2020...

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Entre deux nuances de gris

4 Avril 2024, 14:05pm

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Publié par Flora bis

   Il pleut, consciencieusement, sans interruption... Grisaille, lampe allumée à 11h du matin. 

   Je voudrais bien insuffler un peu de gaieté, à défaut, de sérénité à mon blog mais je me sens cernée... Allez, je viens de trouver une chose positive : la Rhônelle, notre ruisseau parfois invisible, n'a pas l'air de vouloir déborder pour le moment... J'ai une pensée compatissante pour les habitants des lieux qui luttent depuis des mois avec les inondations successives. Peut-être parce que je suis née au bord de la Tisza, un affluant important du Danube qu'il rejoint à Belgrad. Il part des Carpates et traverse la partie Est de la Hongrie. Au printemps, il quitte son lit jusqu'à la digue construite au 19e s. 

 

La terrasse, le jardin attendent patiemment les soins printaniers. Moi aussi. Je me replie sur l'intérieur de la maison, plus particulièrement sur ce coin de la salle à manger, devenu bureau, refuge où mon quotidien disparaît. Autour du rectangle bleu de mon ordinateur, les livres et cahiers, agendas et factures enfouis créent un joyeux chaos que j'essaie parfois de discipliner mollement, histoire de signifier que c'est moi qui le domine et pas inversement...

   Ici, le monde entier à portée de main m'accueille. Virtuellement. A la manière des fantômes diaphanes au pied de mon lit, venus en visite inattendue. Je voudrais les toucher, vers le matin, lorsque le sommeil me quitte lentement, péniblement, m'abandonnant sur le no man's land entre rêve et réalité...

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Un jeudi mémorable

9 Mars 2024, 12:40pm

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Publié par Flora bis

   Il est temps de revenir sur mon blog, non seulement pour moi mais pour la fidélité des lecteurs qui me suivent depuis, pour certains, plusieurs années, et d'autres dont j'ignore l'identité. Cette fidélité m'étonne et me touche énormément. Il est vrai que je ne fais pas de publicité pour mon blog, je ne suis pas les conseils infaillibles en choisissant les sujets payants (recettes de cuisine, potins mondains, titres accrocheurs, voyages, broderie ou tricot, animaux de compagnie etc...), les "référencements" à tout va, plutôt la petite musique en sourdine de ma vie. Méthode éminemment discordante avec notre époque où les places sont chères sous le soleil et la bousculade est grande. Tant pis... Le manque d'ambition criant  -  dont je ne suis pas particulièrement fière  -  qui me caractérise a beaucoup agacé mon mari, mais j'ai beau essayé, fait semblant, avant tout pour lui faire plaisir, je n'y arrivais pas... A l'heure qu'il est, en plus de mon aversion de "me vendre", je soupçonne aussi ma peur de souffrir des éventuels refus et échecs sur le chemin des prises de risque... Mes quelques essais timides dans ce domaine ont été dûs à ses encouragements énergiques. Suis-je une incorrigible hédoniste dans l'âme?... 

   Le jeudi de cette semaine qui touche à sa fin a été le jour des 18 ans de l'aînée de mes petites-filles. 18 ans! Je n'arrive pas à me faire à la rapidité du temps qui passe, même si cela devient le plus gros lieu commun pour les gens de mon âge! Aussitôt, la sensation de son poids plume de bébé remonte dans ma mémoire, à la première fois où ses parents l'ont posée dans mes bras et son regard toujours pénétrant a croisé le mien. Tout comme à la naissance de son père, 28 ans plus tôt, l'amour vous submerge à jamais, comme une coulée de lave, brûlante mais en même temps, infiniment vivifiante.

   Ce même jeudi, les quatre comédiennes amies ont présenté la lecture de mon texte "Nos étés indiens" devant le public des pensionnaires d'une maison de retraite. La doyenne avait 101 ans et une fraîcheur intellectuelle saisissante! Et lorsque le spectacle a pris fin, les applaudissements ont été suivis par les questions : "Vous en avez d'autres comme ça?" "Quand est-ce que vous revenez la prochaine fois?"

Un jeudi mémorable
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Février, promesse de printemps

17 Février 2024, 12:57pm

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Publié par Flora bis

   Soleil magnifique à l'ouverture des volets. 12°. Une tourterelle entame son chant dans le prunier encore dénudé des voisins. Ses tentatives optimistes atténuent mon épuisement. Je décide de m'offrir un jour de repos, commençant par la grasse matinée car les marteaux piqueurs de la rue se taisent pendant le week end.

   Les courses sont faites (quelques oublis apparaissent...), j'ai récupéré mes deux paires de lunettes et grâce à elles, l'acuité des contours de ma vie s'améliore. Le jardin trempé par les neiges et les pluies peut attendre, il somnole encore mais la taille sera bientôt d'actualité. Le nettoyage de la terrasse aussi. Des plantations sont en vue, il ne manque qu'un peu de force physique...

   Les malaises du week end dernier, déclenchés par le stress, refont surface. Je renonce à une sortie, petit salon du livre dans une commune limitrophe pour saluer Muriel, une amie dont l'énergie et la passion semblent inépuisables! Il faut que je retrouve d'urgence un début de forme car la semaine prochaine s'annonce bien-bien occupée, avec plusieurs réunions en partie chez moi, chacune dans un domaine différent mais tout aussi intéressant.

   Depuis quelques jours, l'envie de dessiner des arbres et des visages revient comme une pâle réminiscence... Sera-t-elle assez forte pour que je m'y remette avant le retour de la pluie?... 

Février, promesse de printempsFévrier, promesse de printempsFévrier, promesse de printemps

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Sous le coup de la neige et du froid

21 Janvier 2024, 12:02pm

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Publié par Flora bis

   Je regarde les gros flocons duveteux en train de tomber mollement et inlassablement sur mon jardin. Oh, ça finira peut-être par tenir!  -  pensé-je avec l'excitation heureuse de l'enfant de jadis... 

   C'était il y a presqu'une semaine. Et la couverture épaisse de la neige vierge est toujours intacte sur la terrasse et la pelouse, recouvrant mon grand oiseau bariolé tombé à la renverse. Il n'y a que ses pattes en l'air qui dépassent de sous la neige. Je le laisse se reposer, de toute façon, je ne peux pas y accéder.

   Alain, le fils de ma voisine, venu de la ville d'à côté, a gratté le trottoir devant la maison de sa mère, en y ajoutant le mien. Moi-même, j'ai hésité de franchir le seuil, craignant la chute et les complications qui la suivraient. 

   J'avais un RDV à l'hôpital chez l'ophtalmologue. Non sans appréhension, j'ai pris la voiture mais aux premiers tangages et glissements au freinage, sur les ronds-points et devant les feux, j'ai rebroussé chemin. Deux jours plus tard, nouvelle tentative. A 10h du matin, il faisait encore -4° et les serrures des portières de ma voiture, gelées, ne se sont pas laissé ouvrir. J'ai rappelé l'hôpital pour un nouveau RDV.

   Deux réunions ont été annulées en cascade. Il y a quelques années, je me serais encore moquée doucement aux dépens de ces Français ramollis qui parlent de "froid sibérien", dès que la température chute en dessous de 0°... Que la circulation reste bloquée dès 5 cm de neige!... A mon tour d'essuyer le ridicule... Où sont les hivers d'antan, mémorables, glacials qui duraient plusieurs mois?... En Hongrie, en Russie ou à Berlin?... Ils n'ont jamais "paralysé" personne, la vie suivait son cours, en attendant que ça passe... Me voici petite vieille frileuse qui a peur de son ombre, cloîtrée dans sa tanière.

Sous le coup de la neige et du froidSous le coup de la neige et du froid

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