Le blog de Flora

reflexions,

De la fierté - ou pas...

30 Mai 2024, 19:11pm

Publié par Flora bis

   Dehors, tout est mouillé, comme presque tous les jours et depuis des mois... En gros, depuis le début de l'automne. Le thermomètre grimpe péniblement  -  et rarement  -  jusqu'à 20°, les radiateurs se remettent en route la nuit pour nous attendre le matin, tièdes. C'est uniquement la peur de la canicule et de son souvenir qui me permet de supporter tant bien que mal le manque du soleil, sans attraper la neurasthénie. La nappe phréatique déborde!

   Une bonne nouvelle : j'ai récupéré ma voiture au bout de presque 3 semaines d'attente. Quel plaisir de la conduire à nouveau! Elle me mène partout, m'attend patiemment devant la porte, tel un cheval harnaché, prêt à galoper! Un week-end chargé en témoigne : des réunions chez moi et ailleurs, une soirée de retrouvailles littéraires chez Muriel et le lendemain, un spectacle théâtral écrit et mis en scène par une autre amie. Ambiances chaleureuses pour faire oublier le ciel maussade.

   Entretemps, j'ai travaillé sur un sujet intéressant reçu de notre dévouée administratrice qui s'occupe de notre blog commun en hongrois, depuis bientôt 15 ans. Une petite dizaine de graphomanes persiste pour l'alimenter. Souvent, le sujet choisi permet non seulement de jouer de la nostalgie mais aussi de réfléchir sur nous-mêmes. Tout comme cette fois-ci : la fierté. Depuis l'enfance, comment avons-nous  vécu ce sentiment? L'avons-nous éprouvé, l'éprouvons-nous encore?

   Dans notre enfance, l'éducation stricte et avare en compliments nous enseignait avant tout l'humilité. Elle n'encourageait guère le développement du sentiment de fierté, ou alors, très discrètement, "à l'étouffée". Être fier avait un petit parfum "d'avoir la grosse tête", de mépriser autrui, ce qui était hautement répréhensible.

   De plus, s'enorgueillir des dons que nous aurions reçus en héritage des parents ou de la nature, éventuellement d'une volonté divine pour certains, ne rimait à rien : nous n'y aurions eu aucune mérite. Pourtant, j'avoue que j'aurais certainement été très fière si j'avais reçu en héritage une belle voix ou une chevelure magnifique à ensorceler le monde entier! Ce n'a pas été le cas. 

   Puis-je être fière d'un certain talent pour le dessin, hérité sans doute de mon père qui l'ignorait lui-même superbement? Ou des facilités à apprendre des langues étrangères qui me permettent de créer des contacts et de me sentir chez moi presque partout? Est-ce ma soif insatiable d'apprendre, ma curiosité envers les gens, à les déchiffrer, les comprendre, à créer des liens, ma nature plutôt fidèle comptent-elles parmi les fiertés possibles? Certes, ce sont des traits positifs à mes yeux mais de là à en être fière, il y a un chemin...

   En conclusion : il y a peut-être une chose dont je suis fière et que je dois surtout à moi-même : c'est le fait d'être en vie. Et je compte cet acharnement à partir de ma venue au monde. Le parcours ressemble parfois à une montagne russe qui vous secoue. Il s'agit de bien s'accrocher pour ne pas tomber du wagonnet... Mon self-control me permet de maîtriser plutôt bien les secousses, les angoisses et les tempêtes, afin de préserver l'apparence de l'équilibre. Ce qui est plus agréable pour tous, y compris - et surtout - pour moi même. 

 

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Malgré tout...

20 Mai 2024, 12:43pm

Publié par Flora bis

   Cela fait exactement deux semaines que "mon vandale" personnel  -  à moins qu'il n'ait l'habitude de distribuer son cadeau-surprise à d'autres  -  m'a privée de voiture. Les hasards du calendrier ont fait  que ces 15 jours sont restés immobiles. Ils m'ont fait miroiter un avenir plus ou moins proche où je devrai me débrouiller en abandonnant le peu d'autonomie qui me reste. Sans voiture, je serai condamnée à m'enfermer, à moins que je ne me repose sur la bienveillance des autres, au risque de les lasser... Pas très tentant, cet avenir "radieux"! ("светлое будущее" -  disait le slogan soviétique resté gravé dans ma mémoire...) 

   Vous comprenez mieux mon "passéisme" somme toute récent que mon fils me reproche avec quelque inquiétude : en remémorant ma vie, certes, je réduis les tentatives de me projeter dans un avenir qui ne me suggère pas grande chose qui vaille. Tandis que les incursions dans le passé me permettent de choisir, de recréer les souvenirs heureux, contourner les désastres, les ratages qui attirent vers le fond. 

   Certes, des consolations, j'en reçois des tonnes! J'ai des amis de mon âge qui semblent défier les lois de la pesanteur (alors que je connais leurs problèmes lourds de santé!) D'autres qui ne semblent pas affectés par les aléas du temps qui s'enfuit : même limités dans leur liberté de mouvement, d'activités, ils gardent  -  du moins en apparence  -  leur joie de vivre! Ainsi, ils rendent un fier service aux jeunes, en leur faisant croire que battre des records de longévité est réellement un chemin triomphal! 

   Je ne veux surtout pas les démentir. Puisque je pense sincèrement que vivre est un cadeau. Malgré tout.                                               

Malgré tout...
Malgré tout...

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Entre deux nuances de gris

4 Avril 2024, 14:05pm

Publié par Flora bis

   Il pleut, consciencieusement, sans interruption... Grisaille, lampe allumée à 11h du matin. 

   Je voudrais bien insuffler un peu de gaieté, à défaut, de sérénité à mon blog mais je me sens cernée... Allez, je viens de trouver une chose positive : la Rhônelle, notre ruisseau parfois invisible, n'a pas l'air de vouloir déborder pour le moment... J'ai une pensée compatissante pour les habitants des lieux qui luttent depuis des mois avec les inondations successives. Peut-être parce que je suis née au bord de la Tisza, un affluant important du Danube qu'il rejoint à Belgrad. Il part des Carpates et traverse la partie Est de la Hongrie. Au printemps, il quitte son lit jusqu'à la digue construite au 19e s. 

 

La terrasse, le jardin attendent patiemment les soins printaniers. Moi aussi. Je me replie sur l'intérieur de la maison, plus particulièrement sur ce coin de la salle à manger, devenu bureau, refuge où mon quotidien disparaît. Autour du rectangle bleu de mon ordinateur, les livres et cahiers, agendas et factures enfouis créent un joyeux chaos que j'essaie parfois de discipliner mollement, histoire de signifier que c'est moi qui le domine et pas inversement...

   Ici, le monde entier à portée de main m'accueille. Virtuellement. A la manière des fantômes diaphanes au pied de mon lit, venus en visite inattendue. Je voudrais les toucher, vers le matin, lorsque le sommeil me quitte lentement, péniblement, m'abandonnant sur le no man's land entre rêve et réalité...

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"Dum spiro..."

18 Mars 2024, 13:20pm

Publié par Flora bis

   J'ai décidé de m'occuper un peu de moi, le temps du weekend passé. Au lieu de courir à droite et à gauche, tout en me reprochant de ne jamais satisfaire entièrement à mes obligations, je resterais à la maison. Je me pencherais sur mon sentiment permanent de vivre quasi en apnée et de survoler ainsi ma vie à la hâte, sans avoir vraiment prise sur elle. Plongée sans répit dans une angoisse sourde.

   La décision est née d'un reportage entrevu sur le Net. Un médecin et un thérapeute discutaient  de notre respiration qui s'avèrerait incorrecte et serait source d'une multitude de problèmes de santé.

Cela fait longtemps que je crois aux bienfaits de la bonne respiration (sans l'appliquer pour autant : acrasie, si tu nous tiens!) : je n'avais pas 30 ans, quand une sage-femme de l'hôpital militaire français de Berlin-Ouest nous a initiées, quelques femmes qui attendions un enfant, à la relaxation par la respiration. Allongées sur un tapis de yoga, nous devions "balayer" mentalement chaque parcelle de notre corps, des orteils (un par un) au sommet du crâne, prenant conscience des noeuds de tension existants et les dénouant ainsi. Parallèlement, elle nous enseignait la respiration par le  ventre : inspirer par le nez, en gonflant d'abord le ventre, puis expirer par la bouche, commençant par le ventre, puis comprimant le thorax. Le tout au ralenti, pour approcher le rythme cardiaque pendant le sommeil profond. J'ai appris entre autres que je stimulais ainsi le nerf vague (le plus long du corps humain, du crâne au ventre, il dirige toutes les fonctions automatiques, de la respiration au rythme cardiaque, la digestion, la circulation du sang etc). En état de stress, la respiration est plus rapide et incomplète et cet état prolongé est très nocif à l'ensemble des fonctions de notre corps mal oxygéné car il libère le cortisol, l'hormone de stress.

   Lire tout cela d'un trait peut sembler intimidant mais n'ayez pas peur : j'ai moi-même une formation de scientifique très basique due au lycée et à mon intérêt d'amateur plus tard. Surtout, je vis le stress tous les jours avec ses effets néfastes (inflammations, douleurs articulaires, diabète, cancer, hypertension  -  n'en jetez plus!). Aux difficultés de m'endormir, je tente de remédier par la respiration lente, proche de celle du sommeil profonde libératrice. Si, en montant les dix-neuf marches menant à ma chambre, je me surprends de respirer à l'économie, je gonfle à fond les poumons et aussitôt, j'ai moins mal aux genoux... Dans la journée, il m'arrive de me mettre la pression inutilement  -  alors que je suis, normalement, "maître des horloges" de ma vie,  -  aussitôt, j'essaie de décompresser en appliquant quelques séances bienfaitrices de respiration, afin de me soulager de l'envahissement néfaste du stress! 

   Pour le résultat espéré, on verra bien, plus tard...  

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Un jeudi mémorable

9 Mars 2024, 12:40pm

Publié par Flora bis

   Il est temps de revenir sur mon blog, non seulement pour moi mais pour la fidélité des lecteurs qui me suivent depuis, pour certains, plusieurs années, et d'autres dont j'ignore l'identité. Cette fidélité m'étonne et me touche énormément. Il est vrai que je ne fais pas de publicité pour mon blog, je ne suis pas les conseils infaillibles en choisissant les sujets payants (recettes de cuisine, potins mondains, titres accrocheurs, voyages, broderie ou tricot, animaux de compagnie etc...), les "référencements" à tout va, plutôt la petite musique en sourdine de ma vie. Méthode éminemment discordante avec notre époque où les places sont chères sous le soleil et la bousculade est grande. Tant pis... Le manque d'ambition criant  -  dont je ne suis pas particulièrement fière  -  qui me caractérise a beaucoup agacé mon mari, mais j'ai beau essayé, fait semblant, avant tout pour lui faire plaisir, je n'y arrivais pas... A l'heure qu'il est, en plus de mon aversion de "me vendre", je soupçonne aussi ma peur de souffrir des éventuels refus et échecs sur le chemin des prises de risque... Mes quelques essais timides dans ce domaine ont été dûs à ses encouragements énergiques. Suis-je une incorrigible hédoniste dans l'âme?... 

   Le jeudi de cette semaine qui touche à sa fin a été le jour des 18 ans de l'aînée de mes petites-filles. 18 ans! Je n'arrive pas à me faire à la rapidité du temps qui passe, même si cela devient le plus gros lieu commun pour les gens de mon âge! Aussitôt, la sensation de son poids plume de bébé remonte dans ma mémoire, à la première fois où ses parents l'ont posée dans mes bras et son regard toujours pénétrant a croisé le mien. Tout comme à la naissance de son père, 28 ans plus tôt, l'amour vous submerge à jamais, comme une coulée de lave, brûlante mais en même temps, infiniment vivifiante.

   Ce même jeudi, les quatre comédiennes amies ont présenté la lecture de mon texte "Nos étés indiens" devant le public des pensionnaires d'une maison de retraite. La doyenne avait 101 ans et une fraîcheur intellectuelle saisissante! Et lorsque le spectacle a pris fin, les applaudissements ont été suivis par les questions : "Vous en avez d'autres comme ça?" "Quand est-ce que vous revenez la prochaine fois?"

Un jeudi mémorable
Un jeudi mémorableUn jeudi mémorable
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Année bissextile

29 Février 2024, 19:29pm

Publié par Flora bis

   Nous sommes le 29 février : une fin de mois qui n'arrive que tous les quatre ans! Tiens, je constate que je suis un peu accro à des dates significatives. Je ne vais pas négliger celle-ci  sans m'arrêter à son passage, tout en ayant une pensée pour les personnes qui auront eu moins de jours d'anniversaires, qui seront donc potentiellement plus jeunes que les autres, mais aussi auront reçu moins de cadeaux!...

 

 

Je ne suis pas mécontente d'en finir avec ce mois de février. Le printemps est annoncé pour le 21 mars... Notre résistance est en miettes, le visage dans le miroir du matin lugubre de la salle de bains en témoigne... Qui est cette personne aux traits tirés, version vieille photo en noir et blanc, cheveux hirsutes, ni longs ni courts, ni blonds ni gris?... Où sont passés ses reflets ensoleillés, encadrant un visage à la peau lisse, sourire aux lèvres?... Oui, un visage qui souriait à son reflet dans le miroir. 

   

Dehors, petit crachin aux gouttes glaciales. Les miettes de notre résistance sont encore sollicitées pour un bon bout de temps. La maison est chaude. En Ukraine, les champs de bataille sont enneigés et, à 20 km de Moscou, la terre toujours gelée attend le cercueil de Navalny.

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Entre lumière et obscurité

14 Février 2024, 12:47pm

Publié par Flora bis

   Le flottement entre le haut et le bas continue... Un jour, je me réveille avec un léger mieux mais il suffit du passage d'une nouvelle angoissante pour que l'édifice s'effondre sur lui-même, aspiré vers son intérieur en un immense trou noir.

 Le lundi après-midi, ensoleillé, joyeux  -  si rare par les temps qui courent  -  a été un îlot rafraîchissant dans les semaines maussades qui règnent depuis le début de la nouvelle année. Un repas d'anniversaire, vive les Verseau! Et parmi eux, mon amie Martine qui nous recevait. 

   (J'ai une pensée pour mon père, pour ma tante (sa soeur) et pour ma cousine germaine (la fille de ma tante) qui sont tous nés en février! J'aimais leur gaieté, leur rire contagieux, leur infatigable créativité leur grande curiosité optimiste!) 

   Le soir même, avec mon fils, nous avons regardé un film russe assez récent à la télévision (tourné en 2021 et sorti en France en 2023  -  ses auteurs sont en exil...) "Le capitaine Volkonogov s'est échappé". L'événement est suffisamment rare pour être noté. Plus forte encore, l'impression qu'il nous a laissée après les 2 heures extrêmement oppressantes passées devant les images d'une apocalypse totale. L'histoire se passe pendant une des grandes purges staliniennes (en 1937-38) qui a emprisonné près de deux millions de personnes et exterminé la moitié, après des aveux extorqués par la torture d'une cruauté hallucinante. Les bourreaux peuvent devenir à leur tour des proies, et le capitaine Volkonogov ("patte de loup") s'enfuit avec le dossier de quelques personnes exécutées. Il se donne comme mission de retrouver les familles survivantes pour leur révéler la vérité et demander leur pardon, afin de sauver son âme (quête "dostoievskienne" de rédemption)... Le film, sur fond de faits historiquement authentiques crée une atmosphère de dimension symbolique, dans des décors jadis somptueux de palais aristocratiques en ruine de Leningrad. Dans sa folie meurtrière, le pouvoir tout-puissant, paranoïaque crée sa propre damnation. La peur, la décomposition morale réduit les gens à l'état de cloportes terrorisés, tassés sous terre et paralysés sous l'impuissance fatale de leur sort. 

   Pendant tout le temps du film, je n'ai pas pu me détacher de la pensée de l'époque actuelle car, si la Russie de Poutine est bien plus lisse en apparence que celle Staline, il conserve l'essence du totalitarisme dans ses gênes où la démocratie n'est que pâle apparence et la vie humaine est à géométrie variable au service des intérêts du pouvoir.

"Le capitaine Volkonogov s'est échappé" ("Капитан Волконогов бежал")

 

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Episode qui en rappelle d'autres...

6 Février 2024, 16:34pm

Publié par Flora bis

   J'ai passé le week end dernier au bout de ma vie. Cela sonne grandiloquent, exagéré mais en vérité, ça ne devait pas en être très loin... Si ma mémoire est bonne, cela m'est arrivé pour la deuxième (ou troisième) fois ces 10-15 dernières années. Et la plupart du temps, au bout d'une période de stress intense. Quand cela retombe enfin, je me vide, je m'effondre littéralement, pour remonter doucement, avec trois kg en moins (une poussière au regard de mes ambitions dans le domaine...), une ou deux nuits blanches en plus! Puis, mes jambes retrouvent peu à peu des forces, la tête tourne moins  -  et je monte les 18 marches vers ma chambre les pas et le coeur un peu plus assurés.

   Oui, j'ai présenté mon travail sur le doute le vendredi soir et le public semblait intéressé par l'éclairage du sujet.

Vieux pêcheur à la ligne, 1967, stylo bille

   D'emblée, j'ai souligné l'importance du doute comme une méthode de réflexion qui permet d'avancer le questionnement pour éclairer le sujet de tout côté, pour analyser les opinions, le pour et le contre, avec le respect dû à la diversité des points de vue. Car, qui a droit de  revendiquer détenir la vérité? Nos certitudes peuvent être remises en question au fur et à mesure que notre réflexion avance. Cependant, le but n'est pas d'être englué dans un état d'esprit instable, finalement stérile qui ferait définitivement table rase de toute prise de position mais d'élaborer quelques solides convictions, quelques points de repère qui aident à vivre, tout en laissant la porte ouverte. Car la réflexion ne doit pas restée figée, le doute est son élément dynamique qui la fait avancer.

   Normalement, j'avais plusieurs mois pour rassembler mes idées et les rédiger. Mon penchant inné pour la procrastination m'en a empêchée : j'attendais le dernier mois, tout en préparant le sujet dans ma tête. On a dû avancer la date d'une quinzaine jours, me mettant ainsi le couteau sous la gorge et déclenchant la décharge d'adrénaline qui pouvait me faire bouger du point mort d'une inanité pesante.

   J'ai passé deux semaines sous un stress intense. Même si parfois j'ai dû arrêter le travail effectif pour prendre un peu de distance, dans ma tête, elle ne cessait de tourbillonner, avec le délai qui s'approchait, fatidique... On connaît la fin de l'épisode. Ca va déjà mieux. Au suivant!...

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Ecrire - remède miracle contre le spleen...

30 Janvier 2024, 18:25pm

Publié par Flora bis

   Matin paresseux, soleil pâle et incertain, impuissant à faire fondre le givre sur les par-brise des voitures. Tout m'incite à rester calfeutrée dans la maison chaude, céder au farniente bien mérité. Mérité, vraiment?... Surgissent les éternels délais serrés (façon "couteau sous la gorge"), seuls capables de me donner l'impulsion décisive de bouger du point mort... Je fais des recherches, je formule des réflexions, histoire de me donner un semblant de satisfaction de ne pas avoir perdu lamentablement mon temps. J'essaye de m'accrocher une fois de plus à ma branche pour éviter de me dissoudre dans le néant.

   Ecrire... remède miracle contre le spleen, ce chewing-gum collé à la semelle, impossible à détacher, qui me répugne et m'emprisonne dans une sensation d'impuissance. Ecrire, c'est s'engouffrer dans un fourré impénétrable, l'éclaircissant peu à peu, à force d'idées qui s'enchaînent, qui en appellent, suscitent d'autres, pour constituer une toile d'araignée légère mais résistante. Installée en son milieu, j'oscille doucement entre rêves incertains et réalités aux apparences tangibles... Au fur et à mesure, j'affine les contours, les nuances des détails, à la manière des tailleurs de pierres, précieuses ou ordinaires. 

Ecrire  -  remède miracle contre le spleen...

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Entre ombre et lumière

17 Décembre 2023, 19:08pm

Publié par Flora bis

   L'infirmière vient de passer pour mettre les trois sortes de gouttes qui restent des cinq du départ, dans mon oeil gauche au cristallin opacifié, puis remplacé par un flambant neuf. L'infirmière vient 3 fois par jour, et cela rythme mon temps : il faut que je sois là au moment de sa tournée. Les 5 heures d'intervalle s'enfuient très vite, à peine j'ai le temps de m'en rendre compte et la sonnette retentit à nouveau.

   Décembre gris, maussade mais tiède... La première neige a résisté très peu de temps. Tous les jours, je me lève vers 7 h 30, que je m'endorme avant minuit (quasi impossible) ou à 4 h du matin... A ce régime, cela va de soi que je tombe de fatigue. Ce n'est pas très commode par les temps de chasse aux cadeaux de Noël, moment joyeux et épuisant à la fois!

   Nous allons vers la fin d'une période bien ancrée dans notre perception du temps qui se mesure aussi en années. Leur nombre nous fait prendre conscience du chemin parcouru et du poids des expériences vécues. J'aime ce côté saisonnier de notre façonnement d'homme de l'hémisphère nord, du moins quand les quatre saisons étaient encore bien distinctes. Je suis de moins en moins taraudée par des désirs de vivre sous les cieux où il fait toujours chaud et beau, avec une toile azur tendue au-dessus de nos têtes, sans nuages et sans orages... De ce fait, je serais privée d'un moment de souffrance, de contrariété, suivi d'un bonheur intense, mérité et perçu comme une récompense... Toujours le contraste entre l'ombre et la lumière qui rendent visible l'une l'autre et qui se mettent réciproquement en valeur... 

   

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