Le blog de Flora

reflexions,

Âme, où es-tu?...

22 Septembre 2025, 13:16pm

Publié par Flora bis

    Les masses d'air africaines laissent la place à la goutte froide. D'un jour à l'autre. Difficile de s'acclimater à ces montagnes russes : un jour 28°  -  le lendemain 15°. Cela fait une semaine que je peine sur cet article, je le reprends, je l'efface... Je n'ai ni la force, ni le goût à rien faire, même pas à écrire et c'est un signe.

   Encore quelques semaines et nous verrons peut-être la fin des travaux. La missive colorée dans ma boîte aux lettres  -  nous en recevons régulièrement depuis 3 ans pour nous tenir informés des stations de notre chemin de croix  -  annonce "la fin des travaux de requalification du quartier" pour le 15 novembre prochain! Le fignolage (arbres, mobilier urbain  -  parcmètres?!?) est prévu pour le début de l'année prochaine. Ainsi pour les élections municipales du mois de mars, les élus actuels pourront s'enorgueillir de ce nouveau trophée parmi les réalisations de leur mandat. Avec raison, je le reconnais; ils ont amélioré beaucoup de choses dans la ville.

   J'aimerais ressentir enfin de la paix dans l'âme, une paix généreuse et abondante, pour rendre douillette, accueillante, réconfortante cette pauvre âme si fragile, si impalpable que je ne saurais même pas la définir... Refuge, abri pour me réparer?... J'envie parfois les croyants qui ont leur définition gravée dans le marbre : l'âme insaisissable, immortelle et invisible (du latin "anima" : souffle, respiration), oui, comme un souffle puissant de notre part divine qui anime la matière inerte et lui survit. En opposition au corps, la matière honteuse et faible, parfois coupable, condamné à la décomposition. 

   Par affinité, je me suis élaboré une philosophie proche des matérialistes anciens qui prônent l'existence d'une seule substance : la matière. L'esprit, le psychisme n'est qu'un produit de cette matière. La preuve : avec la mort, les phénomènes de l'esprit cessent de se manifester. L'ultime leçon, la mort s'est déroulée sous mes yeux : la puissance de l'esprit créatif a aussitôt disparu, laissant la pauvre matière entrer immédiatement en décomposition.

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Hypothèses

8 Septembre 2025, 13:23pm

Publié par Flora bis

   Un grand MERCI à la personne unique qui revient sur mon blog avec fidélité, jour après jour, solitaire et inébranlable!... Soyez remercié(e), Madame ou Monsieur, Ami(e) anonyme qui suivez encore mes élucubrations devenues monomaniaques... Au vu de la fréquentation raréfiée de ce blog, je suis obligée de me poser la question : est-ce moi qui, cédant à la morosité persistante, suis devenue "plombante" (avec le mot d'une amie sans pitié), monomaniaque, oui, en un mot : à l'usage des masochistes?...

   Autre hypothèse : le monde est devenu si déprimant qu'on n'a plus d'appétit à rien et ce qui reste comme force vitale, on ne veut plus la gaspiller à lire des Cassandre... On veut de l'espoir, de l'énergie, du solaire! Danser au bord du précipice.

Troisième possibilité : c'est le blog comme genre qui est démodé. Il n'y a que les vieux, les"boomers" qui s'en servent encore, pour radoter sur un époque révolue où les gens étaient capables de déchiffrer des textes (de les écrire à la main et même  -  horribile dictu!  -  sans fautes d'orthographe!) et ne se contentaient pas d'images qui défilent sans interruption, anesthésiant la pensée, voire abêtissant son monde sur des plateformes qui deviennent leurs geôliers...

   Reste encore des îlots de résistance, bien heureusement. L'amitié sincère, des réunions avec des échanges où l'humour ne fait pas défaut, ni la vraie bienveillance (d'autres diraient en ricanant : en "bisounours" mais les intéressés savent que c'est faux...) Être bienveillant ne veut aucunement dire : flatter façon mièvre mais être dans la sincérité.

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Le chaos et l'Esprit des lois

2 Septembre 2025, 18:36pm

Publié par Flora bis

   Dites-moi, comment ignorer toutes les nouvelles anxiogènes qui pleuvent sur nous de partout?... Les déceptions, les incapacités et les malhonnêtetés dans le but de s'accaparer du pouvoir, les mensonges et les lâchetés devenus monnaie courante dans une vie politique sans envergure où tout est communication!... Si nous y ajoutons les soubresauts menaçants de la géopolitique, nous assistons aux convulsions de l'humanité en train de sombrer sur une planète qui suffoque...

   Que faire? S'enfermer chez soi, faisant l'autruche, sans ouvrir radio, télé, journaux, Internet?... Débrancher son téléphone et la sonnette sur la porte?... Je crains que ce ne soit pas tenable. Et puis, les événements vous rattrapent, de toute façon.

   Certains préparent d'arrache-pied le 10 septembre. Ce matin, je lis avec stupéfaction dans le journal le portrait d'un homme de 43 ans (marié, deux enfants) qui passe, selon ses dires, 90% de son temps (!) à mobiliser les gens autour de lui et cela, depuis des mois... (Je me demande au passage quand il travaille ou s'occupe de sa famille...) Il prépare le 10 septembre, la grande révolte venue d'en bas qui balayera ceux d'en haut qui nous oppriment. Remplacer par quoi ? Il ne le sait pas. Le peuple décidera coup sur coup, par la base. Le plus urgent : quitter l'Europe et l'euro avec, supprimer les partis politiques. (Tiens, ça me rappelle les discours d'un certain homme politique frustré que l'envie du pouvoir démange depuis si longtemps...)

   Il est évident que l'élite rejetée à ce point est pour quelque chose dans ce ras-le-bol violent. L'ennui c'est que l'homme interviewée dans mon journal a quitté l'école à 10 ans! Après un parcours chaotique, sa réflexion s'arrête à l'idée de la destruction. Sans comprendre que la direction d'un pays ne peut pas se faire à coup de slogans basiques et de table rase. Tout comme "l'élite" si décriée ne doit pas gouverner sans tenir compte de "la base".

   Et si on relisait notre bon vieux Montesquieu qui n'a pas perdu son actualité:

* C'est dans le gouvernement républicain que l'on a besoin de toute la puissance de l'éducation.

* La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent.

* (Le véritable esprit d'égalité) ne cherche pas à n'avoir point de maître, mais à n'avoir que ses égaux pour maîtres.

* L'esprit d'égalité extrêmeconduit au despotisme d'un seul.

Le chaos et l'Esprit des lois

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Je ne peux pas faire autrement!...

14 Août 2025, 12:14pm

Publié par Flora bis

   Je viens de boire un espresso, destiné à donner le petit coup de fouet à mon cerveau embrumé par la chaleur. Même si mes jambes deviennent défaillantes, j'aimerais bien qu'à l'étage supérieur, les rouages résistent encore à la canicule et aux ravages du temps...

   Depuis peu, je découvre en moi des gestes, des habitudes de ma mère qui, venant d'elle, m'exaspéraient... Souvent, je lui reprochais de "traîner les pieds" et d'accrocher ainsi les tapis qui couvraient le sol de toutes les pièces de la maison de mon enfance. Tout comme la mienne, maintenant. Ma mère avait des problèmes d'hypertension et je vivais dans l'angoisse permanente qu'elle ne tombe. Régulièrement, elle me donnait des nouvelles de ces chutes dont elle arrivait à se relever seule pendant longtemps, avec des bleus certes mais sans fracture. Oui, ça tenait du miracle  -  ou de son squelette  solide...

   Depuis quelque temps, je m'aperçois que la cause de mes chutes assez fréquentes est le fait que je traîne les pieds... Non pas par paresse ou nonchalance mais parce que je ne peux pas faire autrement... Et si en plus je me dépêche, la chute n'est pas loin, violente, traumatisante, avec des conséquences imprévisibles... Ayant pris conscience de la chose,  je lutte pour m'en défaire tout en rendant hommage à ma mère pour ces petites leçons de l'au-delà, du temps qui s'écoule, de l'âge qui tente de prendre le pouvoir.

  

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Histoire de tapis...

5 Août 2025, 13:03pm

Publié par Flora bis

   C'est l'été, le plein été!... Par la fenêtre entrouverte de la cuisine, j'entends les oiseaux du jardin. J'aimerais retenir le temps mais un temps plus dynamique, plus alerte où je n'aurais pas à surveiller tous les obstacles potentiels sur mon chemin qui risqueraient de me faire tomber... Cet état de veille permanente est nécessaire et non moins épuisante. Si je l'oublie un instant, la chute arrive immanquablement. La chute, lourde, brûlante, angoissante comme la perdition.

   Pompiers, famille, amis  -  toutes les personnes qui passent chez moi   -  ne manquent jamais de prononcer ces phrases : " Attention aux tapis! Tu en as partout, il serait temps de les ranger!"

   Impossible!... Mon intérieur ressemblerait à une maison sans âme, froide, désertée de ses habitants. Notre enfance est déterminante, ses décors font partie des premières impressions qui formeront notre éveil visuel, pour ne pas dire esthétique, notre cocon, notre sentiment de sécurité. Avec le temps, il s'avère que les tapis, en guise de sécurité, c'est un peu raté... La maison de mon enfance en était remplie, pas très précieux, certes, achetés dans des magasins ordinaires et tissés à la machine, contrairement à ceux que nous avons acquis plus tard, dans des boutiques mystérieuses de Ghardaïa, d'El Goléa, d'Istanboul ou de Doğubayazıt, toute proche de la frontière iranienne...

   Ceci dit : ce n'est pas un tapis qui me fait tomber... C'est le corps moins alerte, moins aérien (le plus indulgent qu'on puisse dire!), celui qui traîne le pied et qui ne peut désormais se concentrer qu'à une chose à la fois  -  et non pas à trois, quatre comme il n'y a pas si longtemps...

...une petite partie des tapis auxquels je tiens tant...

...une petite partie des tapis auxquels je tiens tant...

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Escapade en Hongrie

30 Juillet 2025, 11:03am

Publié par Flora bis

   Un mois de juillet qui s'apparente au Sahara, caniculaire et dépourvu de présence humaine, hormis quelques visiteurs perdus, sur les pages de mon blog... Moi-même, je suis partie pour me reposer de la vue et des bruits déprimants de ma rue. Oui, elle sera plus belle  -  j'espère que je tiendrai jusque-là.

   Je reviens de Hongrie où j'ai passé une dizaine de jours agréables en compagnie de mon fils, par une chaleur généreuse de 36-39°. Ce qui a un peu compliqué l'escapade, c'était l'état de mes jambes, la droite en particulier, victimes de 2 chutes successives dans la maison, quelques jours avant notre départ. "Ce n'est plus un accident, c'est un signe d'avertissement", me disais-je car je n'avais aucune envie de partir... Être là-bas, oui, mais pas voyager!... J'étais épuisée, lasse et stressée, et en même temps, la perspective de passer une semaine avec mon fils et la famille hongroise ont vaincu mes réticences. 1700 km (+ 250 pour mon fils pour me cueillir au passage) en voiture et en une fois!... Avec quelques pauses cafés en claudiquant sur mes jambes enflées et bleuies par des hématomes des genoux aux orteils, nous sommes arrivés vers 2 h 30 du matin, après avoir traversé 5 pays de l'Europe! Un repas complet préparé par ma belle-soeur nous attendait au réfrigérateur mais nous ne pensions qu'à retrouver nos lits respectifs!

Dès le lendemain, nous avons entamé notre régime paresseux : grasse matinée, déjeuner et petites courses de démarrage chez l'épicier du coin, rencontres avec la famille de mon neveu avec dîners improvisés, lecture, jeux de cartes (où je perdais plus que de coutume, ce qui n'entame jamais mon envie de jouer). Des excursions dans les villes d'alentours, petits parcours habituels limités cette fois-ci par les conséquences de mes chutes. Je n'ai pas pu résister à l'acquisition de 6 nouveaux livres et d'une bonne bouteille d'alcool d'abricot à ramener ici. Au retour, nous avons fait une halte d'une soirée très agréable chez ma nièce.

   Une rencontre insolite m'a particulièrement marquée. J'ai revu la petite soeur de ma meilleure amie du lycée... Nous avons passé 4 ans assises côte-à-côte en classe mais les années de fac nous ont séparées. Elle est décédée il y a quelques années et sa soeur souhaitait me rencontrer pour m'offrir un beau livre, l'oeuvre de la vie de mon amie, sa thèse de doctorat. La famille a extirpé l'oeuvre importante de l'ordinateur et l'a éditée en un livre somptueux.. Un tome richement illustré de 400 pages, "Geoponika". Encyclopédie byzantine du 10ème siècle, traduit du grec ancien par mon amie. Je me sens extrêmement privilégiée.

   Nous avons passé deux heures à discuter passionnément, dans un café, avec Anne-Marie, la "petite soeur" que j'avais vue la dernière fois il y a 60 ans... La jeune adolescente est devenue une dame de 70 ans, cheveux blancs comme neige, pianiste concertiste et professeure de musique. Nous nous sommes reconnues dès le premier instant.

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Monde extérieur - monde intérieur

17 Juin 2025, 18:01pm

Publié par Flora bis

   Un lundi de Pentecôte paresseux, somnolent... Pas le moindre bruit filtré de la rue, ni de fumet âcre des barbecues bruyants des jardins environnants.

   Ce mois de mai et même le début du juin, des jours fériés multiples avec des ponts, bienvenus pour les "actifs" mais déroutants  -  pour ne pas dire déstabilisants, pour nous qui n'avons plus les repères du travail dans le monde extérieur. J'ajoute le "monde extérieur" car la distinction existe bel et bien désormais : un monde "intérieur", parfois solitaire et immobile, que l'on essaye d'expurger des dangers sournois... Et le monde extérieur qui en est plein.

J'ai passé un weekend court, à peine 24 heures, chez les enfants. J'ai pris le train avec les autres grands-parents pour assister au spectacle de la plus jeune de nos petites-filles, dans une troupe de théâtre amateur. On peut admirer le travail de l'animatrice avec le groupe d'ados, de l'écriture sur mesure de la pièce à la mise en scène : une formidable activité recréatrice et libératrice en dehors du travail scolaire!

   La canicule approche. Pour l'instant, elle touche à peine les 28-30° mais elle frappe de plus en plus tôt. La fraîcheur de la maison résiste encore...

    De l'extérieur, des bruits des guerres arrivent à nous, de partout. A l'intérieur, les faits divers sanglants, les craquements d'une société malade infusent en nous une sourde angoisse. On se dit : pourvu que la maison résiste encore!...

   Mon amie E. nous invite à un goûter. La maison bruit du passage de plusieurs de leurs petits-enfants en compagnie de leurs copains qui accourent des quatre coins de la planète. Ils sont jeunes, beaux, lumineux. A la fois audacieux et lucides. Nous leur laissons un travail énorme.

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Vive l'avenir radieux!...

1 Juin 2025, 14:18pm

Publié par Flora bis

   Ouf, ma déclaration d'impôts est envoyée! La préremplie, quel soulagement: je n'ai pas à déchiffrer le sens du langage administratif. D'ailleurs, le comprendrais-je davantage en ma langue maternelle?... Dans la Hongrie communiste, nos impôts étaient retenus à la source, non seulement il n'existait pas de déclaration  -  pas besoin car Big Brother en savait plus que nous, comme dans tant de domaines! Ainsi, nous pouvions nous bercer de l'illusion que les impôts n'existaient pas!  Plus tard, dans "le monde libre", G. s'en est occupé jusqu'à sa mort. Pendant longtemps, je n'ai même pas jeté un coup d'oeil vaguement intéressé sur la chose mais il a fallu que je fasse mon apprentissage dans ce domaine aussi. Comme dans tant d'autres.

   Nous voici en juin. Le ciel voilé me promet de la pluie fine. Mon jardin est envahi des "mauvaises herbes" dont il faudrait m'occuper d'urgence. Mais comment évacuer les déchets verts? Tout cela est à l'image de mon existence impuissante! Les travaux de la transformation profonde de la voirie, commencés en octobre 2023, sont loin d'être terminés. La rue est fermée à la circulation et encore plus au stationnement. Pour faire des courses, je rejoins ma voiture dans une autre rue où les travaux sont déjà terminés. Au retour, je trimballe mes sacs de provisions lourds comme un âne mort à travers le chantier jusqu'à la maison. Au fond de moi, je regrette amèrement de ne pas être la petite vieille dynamique qui, au lieu de se lamenter, court comme un lapin alerte en désavouant triomphalement son âge et son état de santé... Dans la vie, il faut produire des prouesses pour être crédible.

   Au diable les lamentations! Allez, je chausse mes lunettes roses. Le verre est à moitié plein puisque je le veux ainsi.

Vive l'avenir radieux!...

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N'est pas Gontcharov qui veut!

22 Mai 2025, 18:16pm

Publié par Flora bis

   La semaine de mon retour s'est vite envolée, sans laisser de traces notables dans mon existence. Chercher un jardinier sur internet, m'attaquer à ma déclaration d'impôts en ligne, répondre aux messages (parfois en rafales), quelques conversations au téléphone, courses alimentaires, pharmacie, cuisine... Rien d'enthousiasmant. Au lieu de s'envoler, la crispation s'installe, une fois de plus.

   Ce serait bien de croire que tout vient des mouvements incessants des planètes!... Qu'il suffirait de patienter pour que les noeuds des oppositions et d'autres trigones, voire des carrés ou des sextiles se dénouent au dessus de nos têtes! Que le calme plat soit revivifié par des rencontres dynamisantes, des projets effervescents qui feraient oublier l'eau croupie du piétinement sur place.

   Régulièrement, je reviens sur ma procrastination, sur mes blocages dont l'origine reste assez énigmatique pour moi. J'essaie de faire, dans ma mémoire, ce travail archéologique dont on espère la remontée à la surface des débris d'explications. Parfois, j'ai l'impression d'effleurer quelques entailles, des meurtrissures fugaces mais pas de révélations capables de me délivrer de cette entrave.

   Des gens volontaires, énergiques m'assènent des sentences : "Les phrases commençant par demain... pas maintenant... plus tard... on verra... me donnent des boutons! Un devoir  -  une solution! Et que ça ne traîne pas!" Ils espèrent me guérir avec ce raisonnement, prétendant me vouloir du bien. Me faire croire que ce n'est qu'une question de volonté! Qu'il faut absolument "secouer" la faiblesse humaine (puisque la cause ne peut être qu'une simple faiblesse : la volonté n'est autre qu'un muscle avachi qu'il faut bousculé pour le renforcer...).

   N'est pas Oblomov qui veut! N'est pas Gontcharov non plus, encore moins. Je l'ai trouvé, moi aussi, méprisable, ce personnage du roman de Gontcharov, en l'étudiant en littérature russe, il y a plus de 50 ans. L'auteur n'est pas très clément avec son personnage mais son analyse est incomparablement plus fine que celle de mes interlocuteurs...

  

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Ma maison et moi... un vieux couple qui se rode...

6 Mai 2025, 11:20am

Publié par Flora bis

   Quand on quitte ne serait-ce que provisoirement, sa maison  -  son refuge, sa tanière, ses habitudes qui protègent et qui emprisonnent  -  on prend des risques. Inconsciemment, certes, mais au fond, c'est le but. Pour éviter la sclérose totale de ses neurones, on les secoue, rafraîchit, aère, on leur lance des défis sous forme de quelques prises de risque minuscule, histoire de prouver qu'on est encore vivant... Réveillé. Surtout quand on vit seul(e) et qu'on n'a même pas l'occasion de radoter à sa guise!... Personne ne l'entendrait.

   Avec le temps, je me rends compte que je commence à aimer ma maison. Nous sommes comme un vieux couple pour qui, au départ, le choix s'est fait sur un compromis et non pas sur un coup de foudre. En rentrant d'Istanbul, nous avions très peu de temps pour trouver une maison dans la ville inconnue du Nord, à proximité du futur lieu de travail de G. Il a fallu décider très vite, la rentrée des classes approchait pour notre fils aussi, sans oublier le camion du déménagement.

   Peu à peu, nous l'avons aménagée à notre goût, parfois au prix des pourparlers longs et diplomatiques pour accorder nos violons. Nous étions à l'aise sur trois niveaux, avec le jardin pour le plaisir des yeux et le bol d'air au milieu de la ville. Le jardinet était pour moi; à la nature, G. préférait l'univers de ses livres enfin réunis, perché au dernier étage et baigné dans l'imaginaire qui, comme on sait, ne connaît pas les murs...

   Depuis bientôt 19 ans, j'occupe la maison seule... Petit à petit, je lui fais subir des changements, du moins, dans la partie où je vis. J'essaie de gommer les traces invisibles pour d'autres des souffrances et de savourer la douce métamorphose du décor... Pour pouvoir continuer à vivre. Pour apprendre à être moi. C'est peut-être l'aspect le plus difficile de la tache. Avec les années qui s'écoulent paresseusement, le vieux couple que nous formons, la maison et moi, change d'allure, se rode et s'érode, se renouvelle parfois. A force de se frotter l'une contre l'autre, on se rassemble, on s'épargne, on se rapproche et on se rejoint dans la gratitude. Cela peut ressembler à l'amour, qui sait?...

Ma maison et moi... un vieux couple qui se rode...

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