Le blog de Flora

reflexions,

Pianiste, danseur ou potier...

10 Novembre 2024, 12:27pm

Publié par Flora bis

      Il était grand temps de revenir son mon blog, le mois de novembre est bien entamé! Il n'y a même pas un chat qui m'y attend, me direz-vous, c'est plutôt moi qui ressens l'envie de l'intimité avec l'écriture du blog. Oui, bizarrement, cette écriture est à la fois personnelle, pour ne pas dire confidentielle  -  et publique, même si ce public reste "confidentiel", je devine à peine ses contours... J'éprouve parfois la sensation qui ressemble à ce que je ressentais en dessinant dans les rues ou les coins secrets, familiers d'Istanbul : être à la fois dans ma bulle - invisible? - et dehors, parmi les gens.

   Peu importe, mon but premier est que ce geste demeure aussi régulier que possible, nécessaire comme les gammes du pianiste ou les exercices à la barre du danseur. Parfois, je me sens même dans la peau du potier qui entre dans son atelier sans but précis, éprouvant seulement le fourmillement du désir de créer dans ses doigts... L'envie de toucher la glaise, la malaxer, la pétrir jusqu'à ce qu'elle devienne vivante, palpitante dans sa main, qu'elle lui suggère l'oeuvre à extirper de la masse difforme. Il conviendra ensuite de la lisser, de l'élaguer, de la soupeser du regard à distance afin que ses éventuels défauts sautent aux yeux. Mais tout cela n'intéresse probablement que moi, ma petite cuisine intime. Petite mise au point vitale avec moi-même, grâce à la liberté que le genre du blog offre à son auteur, un hébergement à tous ses délires... Presque tous...

pêcheur à la ligne

pêcheur à la ligne

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Clint, le jeune homme de 94 ans

8 Octobre 2024, 12:52pm

Publié par Flora bis

   Finie la semaine belle et clémente mais je suis contente d'en avoir profité. Les dernières roses rouges flamboient dans le jardin, contrairement au petit érable du Japon qui a mauvaise mine : je soupçonne les dégâts de la canicule... Je lui fais confiance, je l'encourage à résister, à se requinquer pendant le sommeil hivernal.

   Le soleil fait encore des tentatives anémiques pour briller jusqu'à 16-18 h, ensuite, il se couvre peu à peu. J'ai tout de même réussi à sécher deux lessives dimanche et lundi dehors, sur le fil, afin que les draps puissent absorber une dernière fois le parfum inimitable de l'été : un cocktail de verdure, de chaleur et de vent. Les radiateurs se mettent en route tout doucement...

   En cachette, je voudrais tant que cette douceur survive jusqu'à mon anniversaire comme un cadeau réconfortant, réparateur des angoisses sourdes, des douleurs persistantes, compagnons de route désormais.

   Je viens de lire une page attribuée à Clint Eastwood qui témoigne d'une inusable énergie créative à 94 ans. Son secret : ne pas laisser "le vieil homme" franchir le seuil de sa maison... En décrivant dans le détail les symptômes de la vieillesse résignée et geignarde (que je connais assez bien), il donne un coup de fouet salutaire au moral pâlissant.

   Au fait, dans mon entourage, j'en connais, des Clint Eastwood au féminin!...

 

  

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Tout passe... pensées de fin d'été

28 Septembre 2024, 11:41am

Publié par Flora bis

   Le soleil à peine voilé, le drap bleu tendu du ciel me redonne le petit élan que j'aime tant et qui me manquait le long de la semaine maussade. L'envie de dessiner, d'écrire revient aussitôt. La machine à laver travaille discrètement en arrière-bruit, pour me rappeler qu'il n'y a pas que de l'art dans la vie! Que l'été est bien fini et que les jours ensoleillés deviennent rares : il faut donc se précipiter sur la lessive si on veut la sécher dehors! Ainsi les contraintes du quotidien prennent soin de vous descendre de votre "flow" si enivrant, si rare, pour vous enfoncer dans la prose la plus banale du monde : lessive, cuisine, courses... J'y pense : est-ce pareil pour un homme? Est-il ainsi rappelé à l'ordre, coupé dans son élan par une servitude incontournable, terre à terre mais impérieuse?...

   Sous notre ciel du Nord, pendant les rares moments ensoleillés, je me sens persécutée par un sentiment d'urgence : il faut en profiter, ça na va pas durer! Sentiment inconnu avant le départ de mon pays natal aux étés interminables qui me donnaient une certaine insouciance, celle de vivre dans le présent. L'urgence s'estompait sans pouvoir gâcher l'immersion quasi sans limite de ce qui me captivait l'attention... Je sais maintenant à quel point c'est rare et précieux.

   Dans le pastel ci-dessous  (2015), c'est ce sentiment alangui, nonchalant que je voulais sans doute ressusciter... Rien ne presse mais tout passe... Même ce dessin fragile.

Tout passe... pensées de fin d'été

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Noces d'or... + 1

25 Août 2024, 17:55pm

Publié par Flora bis

   Un 25 août. Il y a des dates qui s'impriment dans notre esprit de façon si tenace que nous y revenons tous les ans. Façon pèlerinage. Anniversaires de toute sorte.

   Au départ des courses, je n'aurais jamais imaginé atteindre les noces d'or. 50 ans de mariage!... Cela semblait si loin... Surtout à notre époque où les mariages longs deviennent rares (les courts aussi)...

   Quand-même... Il faut croire que les contes de fée ont la peau dure. D'habitude, ils se terminent au point culminant de l'histoire, avec la promesse d'une longue vie ensemble, garnie de beaucoup d'enfants.

   C'était aussi mon souhait, mon idéal, en dépit des exemples nombreux de mariages ratés autour de moi. Des conseillers dégrisés me prévenaient, impitoyables, que la réalité ne correspondrait pas aux contes de fée. Peine perdue! On imagine toujours qu'on fera mieux que les oiseaux de malheur, qu'ensemble, on triomphera sur les obstacles et le mauvais sort.

   J'ai atteint les 50 ans de nos noces d'or toute seule. La mort a eu le dernier mot.

   Est-ce que cela compte dans le lot des cinquante, ces noces bancales où l'on danse seule depuis 18 ans?...

Noces d'or... + 1

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Dilemmes

6 Août 2024, 12:29pm

Publié par Flora bis

 

 

J'ai décidé (pour la n-ième fois) que je cesserais de m'énerver contre la bêtise, cet héritage incommensurable que l'humanité trimballe avec elle depuis les commencements où elle a réussi à "tailler" son premier silex. Bien sûr, je n'ai pas l'orgueil de me soustraire à ce destin commun. On se révolte contre la bêtise des autres, la plupart du temps, sans voir la sienne propre. Et souvent, cette bêtise porte le nom de "conviction"...

On a pourtant besoin de quelques convictions solides, sans oublier qu'il est sain de les remettre sur la balance, de temps à autres. A moins que, pétrifié sur une échelle de sa propre évolution, on soit incapable de bouger.

   A partir de ce simple constat, il faut bien réfléchir, avant de choisir son cible. Vos amis se raréfieront, vos ennemis seront légion.

 

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Difficile de quitter les écrans!

31 Juillet 2024, 20:12pm

Publié par Flora bis

   Au retour des courtes mais intenses vacances en Hongrie, après quelques retrouvailles avec des amies sous les parasols, lessives et rangements, courses alimentaires et RDV médicaux, les Jeux Olympiques pouvaient débuter, pour que les polémiques rances laissent enfin la place au vrai enthousiasme d'un public nombreux que même la pluie diluvienne de la soirée inaugurale n'a pu décourager. C'était un spectacle inventif, audacieux et généreux!

   Il a été très long mais au moins, j'étais à l'abri de la pluie devant mon écran. Il m'a éblouie, avec quelques réserves... Et c'est normal, les goûts ont encore le droit de ne pas être uniformes! Mais il a révélé l'antagonisme existant entre les conservateurs et les générations plus jeunes  -  à moins que ce ne soit pas l'âge, plutôt une vision du monde radicalement différente qui les sépare! Je penche plutôt pour cette dernière hypothèse.

   "Il fallait la censurer!" réclament des voix sur certaines pages des différents réseaux (dont des hongrois, peu habituées à des époques où la liberté des opinions et leurs expressions remplace la censure qui dicte la voie.) "C'est révoltant!", voire "à vomir!", entonnent d'autres en coeur, de Poutine à Orbán et à Trump, éructant contre l'Occident décadent. Il me manque, certes, quelques références de jeux vidéos ou de musiques contemporaines pop, ou d'attirance pour certains phénomènes comme les drag-queens mais il ne me viendrait pas à l'idée de les interdire... Au lieu de jouer les Savonarole, j'essaie de comprendre mon époque.

   Si j'écoute mes propres goûts, ils me mèneraient plutôt vers la vision de Sofiane Pamart et Juliette Armanet sur leur barque en feu, de Guillaume Diop, danseur étoile sur le toit de l'Hôtel de Ville, de la Marseillaise sous la pluie par la magnifique mezzo soprano Axelle Saint-Cirel depuis le toit du Grand-Palais. J'ai admiré le cheval galopant sur les flots de la Seine pour apporter la flamme, la vasque majestueuse enflammée s'envolant en montgolfière, Céline Dion interprétant la si symbolique chanson de Piaf. Le tableau polémique pour certains de Bacchus peint en bleu, interprété par Philippe Catherine ne m'a pas choquée du tout, j'étais à mille lieux de penser à la caricature de la Cène de Leonardo. J'aime surtout son humour et la liberté de secouer les esprits sclérosés! "De toute façon, il n'y a pas plus pacifique qu'un nu : pas moyen de cacher une arme sur lui", résume-t-il la polémique inutile... Quelle tempête soulevée dans un verre d'eau! Souvent, par manque de culture de la part des uns et des autres... Contentons-nous de nous régaler des exploits sportifs, dans une communion enthousiaste.

 

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Gamberge inutile

25 Juillet 2024, 12:14pm

Publié par Flora bis

   Pour écrire, ou au moins, nettoyer la jungle du jardin, bouger du point mort de l'impuissance fustigée voire niée par les champions de la volonté, par l'armée de petits procureurs gorgés de convictions  -  que faudrait-il faire?...

   Je suis la première à en souffrir, en déplorant amèrement le temps précieux enfui, gaspillé! Le choeur accusateur ne fait qu'augmenter le poids de ma culpabilité, m'intime avec l'autorité de ceux qui savent qu'au lieu de me lamenter, je n'ai qu'à me secouer les puces... Immanquablement, surgit dans ma mémoire l'image  -  d'il y a au moins 50 ans  -  de ma belle-mère qui n'a jamais manqué ni de volonté ni de courage et qui un jour, me voyant paralysée au fond de la détresse, m'a mis dans la main une éponge et et un flacon de Cif : "Tiens, va astiquer la baignoire, tu te sentiras mieux!" Et ça a marché, la méthode "sans ménagement" et l'activité qui ne demande pas de gamberge, m'a fait bouger du point mort... Pour un temps.

   Au fond, je sais que j'ai besoin de cela : de la nécessité incontournable ou de l'autorité qui m'imposent de bouger, de faire quelque chose qui me sort de la léthargie, parfois vers un acte totalement anodin... L'autorité que par ailleurs, j'ai du mal à supporter, contre laquelle je me révolte, tout en reconnaissant tacitement, plus tard, son utilité pour combattre ma pusillanimité.

   J'ai commencé cette note dans cet esprit-là : faire quelque chose, même insignifiant, pourvu qu'à mes yeux, je cesse d'être l'impuissante qui n'arrivera à rien, parce qu'au fond, elle ne croit pas que l'agitation sauvera l'homme... Pourtant, mes intentions, initialement étaient volontaires et optimistes.

Gamberge inutile

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Retour au bercail

16 Juillet 2024, 18:18pm

Publié par Flora bis

   Je devrais dire : du bercail d'ici vers le bercail initial... et je retombe aussitôt dans le piège des identités. Celles que j'essaie de concilier, d'enrichir mutuellement l'une par l'autre, depuis bientôt 51 ans. Et ce voyage  -  pour ne pas dire "pèlerinage"  -  annuel me plonge invariablement dans les mêmes joies et les mêmes peines. Soulagements et écorchures du coeur.

   Les personnes si importantes de ma vie d'autrefois  -  celle de "là-bas"  -  se pressent autour de moi en fantômes bienveillants, parents et grands-parents, frère, oncles et tantes, même les voisins, figurants si indispensables pour compléter le décor. Ce décor qui, d'année en année, ne cesse de se métamorphoser.. Tout comme moi-même qui ferai partie de leur nombre à mon tour. Une photographie pâlissante dans un album que les générations futures essaieront de deviner : "Qui était-ce déjà, cette inconnue sur l'image délavée?..."

   Tout cela n'est pas triste... Il convient de regarder les choses de la vie en face; la nécessité de bien vivre, aussi bien que possible, la parcelle qui nous est impartie... Comme un cadeau, un miracle, une grâce ou une chance, chacun selon ses convictions ou son imaginaire.

   On dirait que le périple que je viens d'accomplir vers mon pays natal me transforme en philosophe de comptoir! A chaque fois, une confrontation entre passé et présent devient nécessaire. Pendant la petite semaine, deux rencontres avec le passé m'attendaient. Avec deux étapes décisives de ma vie : la première, avec six anciens camarades du lycée (le bac en 1966!) et la deuxième avec mes anciennes élèves que j'ai quittées en 1974, après seulement deux ans passées avec elles, pour suivre Gilbert vers l'inconnu : son nouveau poste en Algérie.

   Les deux rencontres ont été riches en émotions. Le temps me semblait à chaque fois trop courte! Tant de choses importantes restaient à évoquer! Des anecdotes nous ramenant dans une jeunesse encore pleine d'espoirs, des récits de nos vies face aux espoirs d'antan... Et surtout : une pause en silence, les yeux dans les yeux, pour communiquer l'indicible.

  

photos 1-2. avec mes camarades du lycée, à 41° à l'ombre 3. avec mes anciennes élèves
photos 1-2. avec mes camarades du lycée, à 41° à l'ombre 3. avec mes anciennes élèves
photos 1-2. avec mes camarades du lycée, à 41° à l'ombre 3. avec mes anciennes élèves

photos 1-2. avec mes camarades du lycée, à 41° à l'ombre 3. avec mes anciennes élèves

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Note d'humeur

27 Juin 2024, 13:55pm

Publié par Flora bis

   Petite canicule, comme un signal que l'été se décide enfin d'arriver. La maison est encore supportable, elle reste calfeutrée dans la journée.

   Dans le pays, les militants sont sonnés ou en surchauffe : c'est le K.O. debout après la dissolution énigmatique de l'Assemblée que beaucoup essaient encore de déchiffrer. L'annonce des législatives express que personne n'a vraiment le temps de préparer. Les média sont en ébullition : plusieurs rebondissements par jour, quelle aubaine inattendue au lieu de la douce somnolence de l'été à laquelle on se préparait, une fois les élections européennes bouclées... A sa place, un malaise incertain, des hésitations, des procurations en masse et une grande incertitude. Coup de poker du Président qui se croit maître des horloges... S'il voulait muscler sa majorité au Parlement avec cet électrochoc, il se retrouve non pas en majorité absolue mais en minorité certaine... Ses actions positives passées disparaissent derrière les effets irritants de sa personnalité qui, pourtant, dès sa première investiture (2017) sautaient aux yeux : personnalité narcissique que l'on a habitué dès son enfance à la certitude de son charme irrésistible, pas loin du génie devant lequel tout le monde s'incline, y compris les plus puissants de la terre. Dès le début, visite éclair de Trump au défilé du 14 juillet (que ce dernier a manifestement trouvé trop long ainsi que la première dame "relativement bien conservée pour son âge", lui a-t-il dit en guise de compliment). Un peu plus tard, il s'offre Poutine à Versailles pour lui en mettre plein les yeux, l'éblouir du faste occidental et le mettre ainsi dans sa poche, par son charme juvénile et irrésistible. Du moins le croit-il. Enfin un président jeune et dynamique qui sait ce qu'il veut et qui va vite! A la place d'habituels vieux barbons qui trainent les pieds...

   Audace, rapidité, posture jupitérienne, puisque du haut de l'Olympe, on a une meilleure vision du monde!... Dernièrement encore, visite éclair d'à peine 24 h en Nouvelle-Calédonie pour régler la crise en deux temps trois mouvements!... La déception de ses partisans n'a d'égal que l'espoir qu'il avait suscité il y a sept ans.

(image du Net)

 

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Revivre au soleil

23 Juin 2024, 21:49pm

Publié par Flora bis

   Nous sommes aux alentours du solstice d'été, au point culminant de la lumière : les jours les plus longs de l'année, les plus propices aux veillées, aux dîners qui se rallongent sur les terrasses dans le parfum des chèvrefeuilles et la tiédeur de l'été naissant. Je garde en mémoire ces moments magiques de plénitude où l'on s'autorise de humer l'éternité de l'instant... (tout en essayant d'oublier le chant discret des moustiques lorsqu'ils paraissent)

   Ce mois-ci, j'aurai du mal à tenir les 4-5 notes sur mon blog. Pourtant, les sujets ne manquent pas! C'est plutôt le temps de se poser dans le calme qui devient rare pour saisir l'inspiration. Je cours après les préparatifs des vacances, une procuration pour les élections surprises concoctées par le Président (qui pourraient bien lui péter à la figure...), les cadeaux à dénicher, des RDV médicaux et les dernières lessives ajournées à cause des pluies incessantes etc... Juste après une ultime réunion associative de fin de saison, avec deux amies, nous avons quand-même pris le temps d'une petite soirée resto très gaie, pleine de rire et d'autodérision, mais aussi de projets pour l'avenir plus ou moins proche. Cela fait du bien.

   Je guette avec quelques suspicions le ciel pour l'instant bleu immaculé : pendant combien de temps va-t-il nous accorder ce plaisir rare? Il m'a habituée, depuis les 34 ans que j'habite ici, à prendre ses rares cadeaux  avec retenue comme des enfants sages dressés par des parents intraitables et austères : sans montrer de joie excessive, en n'y croyant qu'à moitié.

   Cet après-midi, j'ai quand-même sorti mon parasol vert, pour prendre sous son ombre, café et thé avec une amie. Pour parler de vie, de mémoire et de littérature...

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