Le blog de Flora

reflexions,

…

Comme un canard dans l'eau

2 Décembre 2024, 20:23pm

| 

Publié par Flora bis

   J'ai vu un mini reportage (partagé sur Facebook) sur une dame de presque 104 ans qui passe la majeure partie de son temps dans son atelier de peintre, devant ses grandes toiles multicolores. Initiée à la peinture enfant, elle dit avoir vécu de la vente de ses toiles. En effet, elles sont superbes! La peinture a prolongé sa vie, donnant à celle-ci un sens et un bonheur quotidien. Son beau visage conserve cette jeunesse et cette sérénité. Elle espère s'endormir un jour, pour toujours, heureuse, parmi ses tableaux. Elle me donne envie.

   Le dynamisme, la jeunesse de la centenaire m'a donné un coup de pêche et m'a poussée devant mon clavier toute affaire cessante! Je ne savais même pas de quoi j'allais parler, je ressentais seulement le désir irrépressible des mots... En faisant confiance à l'ouverture de l'écluse qui, la plupart du temps, déclenche leur déferlement. La réflexion. L'envie de communiquer. L'envie de partage...

à 2 ans...

  

Aussi loin que je me souvienne, je connais ce sentiment. Le besoin de comprendre le monde autour de moi. Au fur et à mesure que je découvre ses émerveillements multiples, j'essaie d'en formuler le sens pour moi. Les mots me viennent relativement tôt, et d'après ma mère, je parle avant de marcher. Le monde m'enchante, je m'ébroue dans la parole comme un canard dans l'eau.

   La découverte de la lecture et de l'écriture ouvre une autre porte, où les mots déferleront en silence. J'avoue que cela rend bien des services aux solitaires...

Cependant, qui sait? Je finirai peut-être par discuter avec moi-même, à haute voix, en toute intimité...

 

Voir les commentaires

…

Cela ne s'arrange pas avec l'âge...

24 Novembre 2024, 21:30pm

| 

Publié par Flora bis

     En une nuit, la température a augmenté de près de 20°! Une personne normalement constituée  -  du moins selon le modèle ancien  -  passe difficilement de la tempête de neige aux bourrasques printanières. Les nouveaux modèles humains en formation, ceux qui survivront aux changements climatiques en accordant la température de leur corps aux circonstances capricieuses, à l'instar des lézards, recevront avec un flegme royal, sourcillant à peine, ce genre de nouvelle.

   Cette courte mise au point relative à la plus fraîche météo est sans rapport avec le sujet initial de cet article. Il s'agit d'un phénomène récurrent qui me met mal à l'aise à chaque fois que je dois faire face à des compliments... Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu beaucoup de mal à  "encaisser" les éloges. Surtout, en direct, sans avoir la moindre possibilité de replis, ni le plus petit trou de souris pour me cacher. En vieillissant, cela ne s'arrange pas.

   J'essaie d'en déceler les causes. Bien sûr, l'éducation familiale y est pour quelque chose. Il ne faut pas s'enorgueillir de tel ou tel don : on n'y est pour rien, c'est un cadeau de la nature! En générale, il faut se méfier du péché d'orgueil, l'humilité étant érigée parmi les vertus cardinales. Et moi, j'étais un enfant plutôt obéissant.

   Est-ce un manque manifeste d'estime de soi? Si oui, d'où vient cette défaillance? Je n'arrive pas à en identifier la cause. Ma mère a rarement été avare en compliments, et elle en ramenait des brassées des réunions de parents / profs. Ces éloges, je les écoutais en silence, sans commentaires : tout en me faisant chaud au coeur, ils me gênaient aux entournures, ne serait-ce que vis à vis de mon frère qui n'en a pas eu autant...

   J'ai entendu quelque part que le regard fier de la mère donne confiance au fils pour se réaliser, tandis que la fille a besoin du regard du père qui reconnaît, qui encourage, pour avoir confiance en elle. Était-ce le regard positif du père qui faisait défaut? Pourtant, il devait bien éprouver de la fierté à mon égard, sans jamais l'exprimer. Comme si tout allait de soi pour moi... Ou alors, pensais-je parfois, tous les domaines où j'excellais étaient à mille lieux de son intérêt... Il n'était pas contre, sans s'y intéresser pour autant. Pourtant, si j'ai un don pour le dessin, c'est de lui que je le tiens.

 

Voir les commentaires

…

Cadeau

14 Novembre 2024, 12:36pm

| 

Publié par Flora bis

   La tête sous l'eau, comme d'habitude quand j'attends un événement censé me rendre heureuse, avec  l'angoisse de tous les ratages qui pourraient gâcher l'ambiance... A présent, cela me demande une organisation serrée des préparatifs, des courses aux rangements, de la préparation des lits aux confections des repas, de l'achat des cadeaux à leur emballage... J'ai une pensée nostalgique pour la personne dynamique d'antan que j'étais, capable d'improvisation joyeuse et détendue  -  et pourtant sans ratage, la plupart du temps!

   J'ai atteint le palier où l'on dit : vieillir, c'est un cadeau! Chaque jour, il faut se réveiller avec la satisfaction de pouvoir encore jouir de la vie... En dépit des oiseaux de malheur et des criminels égoïstes et tout puissants qui s'emploient à gâcher l'avenir qui nous attend... Alors, pour pouvoir respirer encore à pleins poumons en regardant le jardin au coucher de soleil soyeux, j'essaie de prendre conscience du moment présent et des délices qu'il m'offre encore...

 

 

Voir les commentaires

…

Pianiste, danseur ou potier...

10 Novembre 2024, 12:27pm

| 

Publié par Flora bis

      Il était grand temps de revenir son mon blog, le mois de novembre est bien entamé! Il n'y a même pas un chat qui m'y attend, me direz-vous, c'est plutôt moi qui ressens l'envie de l'intimité avec l'écriture du blog. Oui, bizarrement, cette écriture est à la fois personnelle, pour ne pas dire confidentielle  -  et publique, même si ce public reste "confidentiel", je devine à peine ses contours... J'éprouve parfois la sensation qui ressemble à ce que je ressentais en dessinant dans les rues ou les coins secrets, familiers d'Istanbul : être à la fois dans ma bulle - invisible? - et dehors, parmi les gens.

   Peu importe, mon but premier est que ce geste demeure aussi régulier que possible, nécessaire comme les gammes du pianiste ou les exercices à la barre du danseur. Parfois, je me sens même dans la peau du potier qui entre dans son atelier sans but précis, éprouvant seulement le fourmillement du désir de créer dans ses doigts... L'envie de toucher la glaise, la malaxer, la pétrir jusqu'à ce qu'elle devienne vivante, palpitante dans sa main, qu'elle lui suggère l'oeuvre à extirper de la masse difforme. Il conviendra ensuite de la lisser, de l'élaguer, de la soupeser du regard à distance afin que ses éventuels défauts sautent aux yeux. Mais tout cela n'intéresse probablement que moi, ma petite cuisine intime. Petite mise au point vitale avec moi-même, grâce à la liberté que le genre du blog offre à son auteur, un hébergement à tous ses délires... Presque tous...

pêcheur à la ligne

pêcheur à la ligne

Voir les commentaires

…

Clint, le jeune homme de 94 ans

8 Octobre 2024, 12:52pm

| 

Publié par Flora bis

   Finie la semaine belle et clémente mais je suis contente d'en avoir profité. Les dernières roses rouges flamboient dans le jardin, contrairement au petit érable du Japon qui a mauvaise mine : je soupçonne les dégâts de la canicule... Je lui fais confiance, je l'encourage à résister, à se requinquer pendant le sommeil hivernal.

   Le soleil fait encore des tentatives anémiques pour briller jusqu'à 16-18 h, ensuite, il se couvre peu à peu. J'ai tout de même réussi à sécher deux lessives dimanche et lundi dehors, sur le fil, afin que les draps puissent absorber une dernière fois le parfum inimitable de l'été : un cocktail de verdure, de chaleur et de vent. Les radiateurs se mettent en route tout doucement...

   En cachette, je voudrais tant que cette douceur survive jusqu'à mon anniversaire comme un cadeau réconfortant, réparateur des angoisses sourdes, des douleurs persistantes, compagnons de route désormais.

   Je viens de lire une page attribuée à Clint Eastwood qui témoigne d'une inusable énergie créative à 94 ans. Son secret : ne pas laisser "le vieil homme" franchir le seuil de sa maison... En décrivant dans le détail les symptômes de la vieillesse résignée et geignarde (que je connais assez bien), il donne un coup de fouet salutaire au moral pâlissant.

   Au fait, dans mon entourage, j'en connais, des Clint Eastwood au féminin!...

 

  

Voir les commentaires

…

Tout passe... pensées de fin d'été

28 Septembre 2024, 11:41am

| 

Publié par Flora bis

   Le soleil à peine voilé, le drap bleu tendu du ciel me redonne le petit élan que j'aime tant et qui me manquait le long de la semaine maussade. L'envie de dessiner, d'écrire revient aussitôt. La machine à laver travaille discrètement en arrière-bruit, pour me rappeler qu'il n'y a pas que de l'art dans la vie! Que l'été est bien fini et que les jours ensoleillés deviennent rares : il faut donc se précipiter sur la lessive si on veut la sécher dehors! Ainsi les contraintes du quotidien prennent soin de vous descendre de votre "flow" si enivrant, si rare, pour vous enfoncer dans la prose la plus banale du monde : lessive, cuisine, courses... J'y pense : est-ce pareil pour un homme? Est-il ainsi rappelé à l'ordre, coupé dans son élan par une servitude incontournable, terre à terre mais impérieuse?...

   Sous notre ciel du Nord, pendant les rares moments ensoleillés, je me sens persécutée par un sentiment d'urgence : il faut en profiter, ça na va pas durer! Sentiment inconnu avant le départ de mon pays natal aux étés interminables qui me donnaient une certaine insouciance, celle de vivre dans le présent. L'urgence s'estompait sans pouvoir gâcher l'immersion quasi sans limite de ce qui me captivait l'attention... Je sais maintenant à quel point c'est rare et précieux.

   Dans le pastel ci-dessous  (2015), c'est ce sentiment alangui, nonchalant que je voulais sans doute ressusciter... Rien ne presse mais tout passe... Même ce dessin fragile.

Tout passe... pensées de fin d'été

Voir les commentaires

…

Noces d'or... + 1

25 Août 2024, 17:55pm

| 

Publié par Flora bis

   Un 25 août. Il y a des dates qui s'impriment dans notre esprit de façon si tenace que nous y revenons tous les ans. Façon pèlerinage. Anniversaires de toute sorte.

   Au départ des courses, je n'aurais jamais imaginé atteindre les noces d'or. 50 ans de mariage!... Cela semblait si loin... Surtout à notre époque où les mariages longs deviennent rares (les courts aussi)...

   Quand-même... Il faut croire que les contes de fée ont la peau dure. D'habitude, ils se terminent au point culminant de l'histoire, avec la promesse d'une longue vie ensemble, garnie de beaucoup d'enfants.

   C'était aussi mon souhait, mon idéal, en dépit des exemples nombreux de mariages ratés autour de moi. Des conseillers dégrisés me prévenaient, impitoyables, que la réalité ne correspondrait pas aux contes de fée. Peine perdue! On imagine toujours qu'on fera mieux que les oiseaux de malheur, qu'ensemble, on triomphera sur les obstacles et le mauvais sort.

   J'ai atteint les 50 ans de nos noces d'or toute seule. La mort a eu le dernier mot.

   Est-ce que cela compte dans le lot des cinquante, ces noces bancales où l'on danse seule depuis 18 ans?...

Noces d'or... + 1

Voir les commentaires

…

Dilemmes

6 Août 2024, 12:29pm

| 

Publié par Flora bis

 

 

J'ai décidé (pour la n-ième fois) que je cesserais de m'énerver contre la bêtise, cet héritage incommensurable que l'humanité trimballe avec elle depuis les commencements où elle a réussi à "tailler" son premier silex. Bien sûr, je n'ai pas l'orgueil de me soustraire à ce destin commun. On se révolte contre la bêtise des autres, la plupart du temps, sans voir la sienne propre. Et souvent, cette bêtise porte le nom de "conviction"...

On a pourtant besoin de quelques convictions solides, sans oublier qu'il est sain de les remettre sur la balance, de temps à autres. A moins que, pétrifié sur une échelle de sa propre évolution, on soit incapable de bouger.

   A partir de ce simple constat, il faut bien réfléchir, avant de choisir son cible. Vos amis se raréfieront, vos ennemis seront légion.

 

Voir les commentaires

…

Difficile de quitter les écrans!

31 Juillet 2024, 20:12pm

| 

Publié par Flora bis

   Au retour des courtes mais intenses vacances en Hongrie, après quelques retrouvailles avec des amies sous les parasols, lessives et rangements, courses alimentaires et RDV médicaux, les Jeux Olympiques pouvaient débuter, pour que les polémiques rances laissent enfin la place au vrai enthousiasme d'un public nombreux que même la pluie diluvienne de la soirée inaugurale n'a pu décourager. C'était un spectacle inventif, audacieux et généreux!

   Il a été très long mais au moins, j'étais à l'abri de la pluie devant mon écran. Il m'a éblouie, avec quelques réserves... Et c'est normal, les goûts ont encore le droit de ne pas être uniformes! Mais il a révélé l'antagonisme existant entre les conservateurs et les générations plus jeunes  -  à moins que ce ne soit pas l'âge, plutôt une vision du monde radicalement différente qui les sépare! Je penche plutôt pour cette dernière hypothèse.

   "Il fallait la censurer!" réclament des voix sur certaines pages des différents réseaux (dont des hongrois, peu habituées à des époques où la liberté des opinions et leurs expressions remplace la censure qui dicte la voie.) "C'est révoltant!", voire "à vomir!", entonnent d'autres en coeur, de Poutine à Orbán et à Trump, éructant contre l'Occident décadent. Il me manque, certes, quelques références de jeux vidéos ou de musiques contemporaines pop, ou d'attirance pour certains phénomènes comme les drag-queens mais il ne me viendrait pas à l'idée de les interdire... Au lieu de jouer les Savonarole, j'essaie de comprendre mon époque.

   Si j'écoute mes propres goûts, ils me mèneraient plutôt vers la vision de Sofiane Pamart et Juliette Armanet sur leur barque en feu, de Guillaume Diop, danseur étoile sur le toit de l'Hôtel de Ville, de la Marseillaise sous la pluie par la magnifique mezzo soprano Axelle Saint-Cirel depuis le toit du Grand-Palais. J'ai admiré le cheval galopant sur les flots de la Seine pour apporter la flamme, la vasque majestueuse enflammée s'envolant en montgolfière, Céline Dion interprétant la si symbolique chanson de Piaf. Le tableau polémique pour certains de Bacchus peint en bleu, interprété par Philippe Catherine ne m'a pas choquée du tout, j'étais à mille lieux de penser à la caricature de la Cène de Leonardo. J'aime surtout son humour et la liberté de secouer les esprits sclérosés! "De toute façon, il n'y a pas plus pacifique qu'un nu : pas moyen de cacher une arme sur lui", résume-t-il la polémique inutile... Quelle tempête soulevée dans un verre d'eau! Souvent, par manque de culture de la part des uns et des autres... Contentons-nous de nous régaler des exploits sportifs, dans une communion enthousiaste.

 

Voir les commentaires

…

Gamberge inutile

25 Juillet 2024, 12:14pm

| 

Publié par Flora bis

   Pour écrire, ou au moins, nettoyer la jungle du jardin, bouger du point mort de l'impuissance fustigée voire niée par les champions de la volonté, par l'armée de petits procureurs gorgés de convictions  -  que faudrait-il faire?...

   Je suis la première à en souffrir, en déplorant amèrement le temps précieux enfui, gaspillé! Le choeur accusateur ne fait qu'augmenter le poids de ma culpabilité, m'intime avec l'autorité de ceux qui savent qu'au lieu de me lamenter, je n'ai qu'à me secouer les puces... Immanquablement, surgit dans ma mémoire l'image  -  d'il y a au moins 50 ans  -  de ma belle-mère qui n'a jamais manqué ni de volonté ni de courage et qui un jour, me voyant paralysée au fond de la détresse, m'a mis dans la main une éponge et et un flacon de Cif : "Tiens, va astiquer la baignoire, tu te sentiras mieux!" Et ça a marché, la méthode "sans ménagement" et l'activité qui ne demande pas de gamberge, m'a fait bouger du point mort... Pour un temps.

   Au fond, je sais que j'ai besoin de cela : de la nécessité incontournable ou de l'autorité qui m'imposent de bouger, de faire quelque chose qui me sort de la léthargie, parfois vers un acte totalement anodin... L'autorité que par ailleurs, j'ai du mal à supporter, contre laquelle je me révolte, tout en reconnaissant tacitement, plus tard, son utilité pour combattre ma pusillanimité.

   J'ai commencé cette note dans cet esprit-là : faire quelque chose, même insignifiant, pourvu qu'à mes yeux, je cesse d'être l'impuissante qui n'arrivera à rien, parce qu'au fond, elle ne croit pas que l'agitation sauvera l'homme... Pourtant, mes intentions, initialement étaient volontaires et optimistes.

Gamberge inutile

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>