Le blog de Flora

reflexions,

La Toile...

11 Novembre 2020, 11:34am

Publié par Flora bis

   Hier matin, à la suite d'un mystérieux cafouillage, ma page Facebook s'est mise à se dérégler (plus familièrement, je dirais "déconner" car ce mot exprime mieux le désarroi et la colère que j'ai éprouvés). Ai-je fait un geste rapide et erroné qui me plonge habituellement dans des affres imprévisibles et souvent insurmontables? Piratage? Avec le danger d'attirer d'autres dans le piège! Peu à peu, tout se bloque, puis d'autres propositions suspectes apparaissent pour m'enfoncer encore plus dans la panique!... Personne autour de moi pour me tirer du mauvais pas. J'hésite à solliciter mon fils très pris par son travail. Je passe des heures à essayer de m'en dépêtrer... 

   La solution m'effleure: et si c'était un signe pour quitter définitivement les réseaux sociaux? On en dit tant de mal, de ce monstre qui enfle de jour en jour, non maîtrisable, contradictoire, soufflant tour à tour la haine dévastatrice et meurtrière et la chaleur amicale, vivifiante, les merveilles de la création humaine... Devenu totalement addictif, il tend à remplacer la vraie vie: pas besoin de se déplacer (interdit même!), le monde entier est à un clic! Les "j'aime" et "j'adore" agissent comme des bonbons de récompense, voire des "doudous" réconfortants pour notre ego malmené (selon les psychiatres, ils mobilisent les mêmes connexions neuronales du cerveau) qui mènent à l'addiction. 

famille hongroise, famille française...

   Vers 20 h, mon fils me rappelle enfin pour me sortir de l'ornière, en deux temps, trois mouvements.  Je replonge avec soulagement dans le bain anesthésiant... Ma solitude est de nouveau peuplée, les murmures incessants de la Toile qui ne dort jamais remplissent les sensations du vide, créé par l'absence de la "vraie vie", les caresses manquantes et les regards qui ne sauveront pas... 

Voir les commentaires

Besoin de légèreté

6 Novembre 2020, 16:57pm

Publié par Flora bis

   Une semaine de reconfinement. Notre vocabulaire n'arrête pas de s'enrichir, au gré du fameux virus qui lui-même ne ressemble pas aux autres, aux habituels. Il joue à cache-cache avec nous. Petit à petit, nous nous laissons ballotter par les circonstances, abandonnant les réactions de résistance, de protestation et nous entrons dans l'ère des automatismes sans repères. Résister, trépigner, protester par de vieux réflexes d'insoumission console sans doute certains: désobéir leur donne l'illusion d'exister, de préserver une plate-bande de liberté, hélas, imaginaire...

Ghardaïa, 1975

   Par bonheur, les élections présidentielles américaines nous distraient un peu des nouvelles anxiogènes et souvent contradictoires du front de la pandémie. Les agitations indignes et vulgaires du président sortant (espérons que ce sera une vraie sortie!) tour à tour nous lassent, nous inquiètent: nous avons tant besoin d'une bonne nouvelle! Notre vie est à nouveau privée des petits plaisirs du quotidien qui lui donnaient la saveur indispensable pour la rendre encore attrayante. Les chiffres psalmodiés quotidiennement nous flanquent une frousse toute simple, toute nue pour notre petite vie en déclin. Cela fait un bon moment que nous avons oublié la légèreté de l'existence où la nuit s'achevait sur une journée ensoleillée et insouciante. Oui, le soleil était permanent... du moins, dans ce coin bien caché, protégé de la mémoire où l'on stocke les souvenirs les plus précieux que l'on ne ressort que rarement, avec précaution pour ne pas les galvauder, chiffonner, à force de les revivre pour tenter de nous réparer...

Voir les commentaires

Résonance rare

30 Octobre 2020, 20:06pm

Publié par Flora bis

   Re-confinement, premier jour. Un petit goût du "déjà vu", sans l'excitation  -  ni la panique!  -  de la nouveauté. J'ai imprimé quelques attestations pour les jours à venir, ayant perdu l'habitude de sortir "en laisse". Voilà. Fallait-il crier sur tous les toits que, devenue pantouflarde, je remettais volontiers à plus tard mes sorties comme des corvées indispensables? A présent, je suis servie; du coup, je me sens frustrée de liberté! Je suis la contradiction personnifiée.

   

Ce qui manque surtout, ce sont des rencontres, sans masques, les échanges intéressants qui vous amènent en voyage... Sans masque, dans le sens propre et figuré. Le regard de l'autre vous incite à creuser plus loin dans les mystères de l'âme humaine, la vôtre et celle des autres. J'utilise le mot "âme" sans la connotation philosophico-religieuse, opposée au corps physique, matériel et destinée à lui survivre. Pour moi  -  mais c'est personnel et on n'est nullement obligé de me suivre!  -  elle est plutôt une "fonction", un "produit" du corps vivant et qui meurt avec lui... Son fonctionnement est insaisissable et c'est la raison de toute spéculation concernant sa survie après la mort. Cela console les mortels de savoir que leur disparition n'est pas définitive, qu'une parcelle même insaisissable de leur existence reste éternelle... Et bien, pour moi, quelques rencontres rares et précieuses, où les masques tombent, font ressentir l'essence de cette onde mystérieuse qui vous relie à un autre humain tel un fil invisible. Les échanges d'idées, d'émotions vous font toucher soudain un point essentiel pour votre existence, vous font découvrir quelque chose de fondamental que vous ignoriez jusqu'alors et la résonance des âmes se produit. Moment rare, fécond et indispensable.

Voir les commentaires

Quel sursis?...

22 Octobre 2020, 12:24pm

Publié par Flora bis

   Ca y est, gros soupir de soulagement, comme quelqu'un qui sort enfin la tête de sous l'eau!... J'ai présenté mon exposé hier soir, travail prévu pour début avril et ajourné à cause des contraintes sanitaires, puis les vacances d'été. Et moi, incurable procrastineuse, tant que je n'ai pas le couteau sous la gorge, je trouve mille prétextes pour remettre la tâche à plus tard, même celle qui m'intéresse... Je me contente d'y penser souvent, la "brodant dans ma tête"... Enfin, le niveau d'adrénaline monte assez haut pour me faire basculer dans une activité intense et durable, jusqu'à la finition du travail, quasi en apnée...

   Aussi loin que je me souvienne, cela se passait ainsi. Gagner du temps, le but était là. Ce sentiment de soulagement était très relatif, car au fond de ma conscience, le pavé faisait son poids. Je n'étais pas vraiment tranquille, loin de là, mais repousser les délais m'anesthésiait quelque peu. Oui, au lieu de m'attaquer à la tâche pour en être quitte et soulagée pour de bon, je faisais traîner la souffrance... Par un raisonnement tordu et inconscient, voulais-je m'assurer d'avoir du boulot jusqu'à un horizon que je pouvais repousser plus loin? Ou alors, retardais-je la chute du couperet du délai pour un sursis factice? Tout est possible, même les deux à la fois. La question du fond est: quel sursisgagner du temps dans quel but?  Là, je cherche encore la réponse. 

(image: Net)

Voir les commentaires

Famille, amis, années...

16 Octobre 2020, 11:58am

Publié par Flora bis

   Une bonne dizaine de jours sans revenir sur mon blog... Il est vrai qu'entre-temps, j'ai pris une année sur le compteur! Je commence seulement à retrouver mes jambes après le week end si agréable en famille : malgré le virus qui s'envole, je n'ai pas pu résister au plaisir de la proximité de mes enfants et petits-enfants, de la compagnie des parents de ma belle-fille, à l'avalanche d'attentions et de gentillesses à cette occasion (partagée avec Alice). 

 D'une réunion de famille, je retiens surtout l'effet stimulant pour moi: le mélange des générations indispensable pour ne pas sombrer dans le tunnel d'un quotidien solitaire. J'aime aussi la compagnie  des gens de mon âge "au repos" mais encore sollicités. Ils me sont très proches car ayant souvent une vision semblable de la vie (elle-même semblable), nous nous comprenons à demi-mot et, à notre âge, la rivalité de toute nature a perdu son pouvoir de nuire à la sincérité des relations... Nous savons qu'il ne faut pas perdre du temps pour taire par pudeur les mots d'affection, d'amitié car nous pouvons, à tout moment, manquer à jamais cette précieuse occasion.

   Mes enfants dans la force de l'âge, c'est sur eux que pèse l'essentiel des responsabilités, aussi bien en famille que dans la société. J'essaie de ne pas trop y ajouter. C'est aussi ma satisfaction personnelle de tâcher de me débrouiller encore tant bien que mal. Je sais (je l'ai vécu) le poids de l'angoisse que certains parents (surtout les mères, reconnaissons-le) administrent à compte-gouttes à leurs enfants, rien que dans le but de garder une place privilégiée dans leur vie, dans leur conscience. J'ai envie de les secouer: chacun est responsable de sa vie, ratée ou pas. Ce n'est pas aux enfants de l'assumer, de la réparer.

 

Voir les commentaires

La fleur au fusil

15 Août 2020, 17:32pm

Publié par Flora bis

"Mimétisme" Rozsa T. encre, 1998

   Les tourterelles s'en donnent à coeur joie dans le prunier géant des voisins. Il fait très lourd, nuageux et tiède... La chaleur n'arrive pas à quitter la maison, les murs centenaires exhalent 27° dans la pièce la plus fraîche  -  que dire alors des autres, les plus chaudes?... Encore une nuit torride qui m'attend, me dis-je avec lassitude, avec un sourire évanescent pour mes jeunes années... J'en suis bien loin, soupirant uniquement après une brise nocturne qui me permettrait de dormir un peu....

   Faut-il remuer les dames fragiles et vieillissantes, afin de les empêcher de s'engourdir, de renoncer peu à peu à s'échapper de leur nid douillet?... A quoi aspirent-elles? "... traverser la solitude et la difficulté, l'isolement et le silence pour atteindre l'endroit où nous pouvons danser notre danse maladroite et chanter notre chanson douloureuse."  (Pablo Neruda) Les psychologues et les différents coachs sont en désaccord avec le poète chilien: bien vieillir devient un devoir impérieux, dans votre intérêt, mesdames et messieurs! Pour préserver une bonne santé, bougez, mangez léger, dormez beaucoup et à la bonne heure, riez au moins 1 heure par jour, intéressez-vous à vos proches et voisins, soyez créatifs en jardinant, tricotant ou vous initiant à l'aquarelle! Encore mieux ou en plus: faites de la danse country, du théâtre ou du taï chi, pour conserver ou atteindre un peu de souplesse de vos muscles ou de vos méninges, afin de rester jeunes le plus longtemps possible! Que l'on vous donne 10-15 ans de moins et surtout pas votre âge! Vous devez servir d'exemples aux générations plus jeunes: le chemin vers la disparition finale et sans appel n'est pas si effrayant, voyez-vous, jeunes gens, on y va en souriant et la fleur au fusil!...

   

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 14