Le blog de Flora

reflexions,

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Un après-midi qui fait du bien

14 Février 2026, 13:22pm

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Publié par Flora bis

   Le couteau sous la gorge... Les délais négligés pendant des mois se resserrent, façon "noeud coulant, le stress monte et m'étouffe. C'est bien l'effet recherché, il indique que le niveau d'adrénaline est assez élevé pour me faire bouger du point mort.

   J'ai quand-même mis de côté les affaires urgentes, pour réserver mon après-midi à la visite de Sultan (prononcer : "Soultane"), une des anciennes élèves turques de Gilbert au lycée Galatasaray d'Istanbul, lieu de notre séjour entre 1984-90.

   La ville reste pour moi un point nostalgique toujours intact même si les larmes cessent de monter aux yeux comme pendant longtemps à la vue des lieux familiers ou aux sons lancinants des chansons de Zülfü Livaneli... Ville magique, éreintante, elle vous enchante, vous captive et ne vous lâche plus. A la fois par son immensité, la majesté de ses panoramas imposants et par les innombrables détails de la vie quotidienne qui deviennent familiers et font que vous vous sentez intégrés dans le paysage, dans le tissus même de la vie : elle vous adopte sans préjugé et sans distinction et vous vous sentez chez vous. Une fourmilière sans cesse en mouvement qui vous accueille, comme votre bakkal (épicier), votre kasap (boucher), votre baklavaci (pâtissier, marchand de baklavas) ou votre çiçekci (marchand de fleurs), qui vous offrent le thé pour vous faire patienter, voire un bouquet supplémentaire en signe d'amitié.

   La fidélité est pour moi une vertu cardinale, ai-je l'habitude de dire. Nous avons quitté Istanbul il y a plus de 35 ans. Nous y sommes revenus 6 ans plus tard, à l'occasion du mariage de Sultan, et avons revu bien d'autres élèves d'antan. Avec le regain de l'attachement intact.

   Et maintenant... 30 ans sont passés, Gilbert, leur professeur de français bien aimé n'est plus, depuis bientôt deux décennies. Je revois la jeune femme rayonnante d'antan en une professeure d'université de 55 ans, qui voulait me revoir à l'occasion de son passage à l'université de ma ville. Je suis très touchée car je ne connaissais les élèves de mon mari qu'indirectement, quand nous invitions ses classes de temps en temps à la maison pour un goûter. Des jeunes femmes brillantes, chaleureuses, avides d'apprendre. Nous regardons les photos de l'époque, et de plus récentes aussi qui racontent nos vies. Les décès, les naissances des enfants et petits-enfants, les espoirs et les préoccupations. Nous échangeons des petits cadeaux. Plus de deux heures s'envolent en un clin d'oeil.

(photo : j'ai accroché l'oeil bienveillant protecteur  -  cadeau de Sultan et de sa soeur Feyhan  -   au-dessus de mon bureau... J'en ai bien besoin!)

 

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Savourer un café brûlant

30 Janvier 2026, 13:59pm

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Publié par Flora bis

   J-2 avant la fin du mois... D'un côté, hâte d'en finir, de la grisaille de l'hiver, de l'autre, ne la pressons pas, elle arrivera bien trop vite, la fin de l'étape obligée!... Vivre chaque instant à fond, essayant de trouver du goût même dans la grisaille qui vous scie la jambe, la volonté et la gaieté... 

   Savourer la lenteur comme une tasse de café brûlant, avec le droit de ne pas se précipiter quelque part, à chaque instant, vers une obligation impérieuse... Suspendre le mouvement et se donner le droit de s'attarder sur un détail, une couleur, un reflet... Laisser germer une pensée, même pour un rapide retour dans le passé dont on s'escrime à ne garder que des bons souvenirs... Tâche éminemment ardue!

   Enfouir la culpabilité très ancienne de s'offrir des instants inutiles... Quand on n'a de compte à rendre à personne d'autre qu'à nous mêmes, ce moi intime s'avère un gendarme plus redoutable que les ombres du passé! Il faut se battre avec elles, une par une, faire tomber les anciennes tutelles et emprises, avec le sentiment jouissif des briseurs des idoles. Ainsi, on peut espérer vaincre à la fin ce gendarme intime tout puissant.

   Texte énigmatique? Pas sûr. Je pense que beaucoup se reconnaîtront.

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Fidélité contre la fuite du temps

24 Janvier 2026, 14:08pm

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Publié par Flora bis

      J'ai enfin terminé le dessin qui devait servir de modèle pour mes cartes de voeux et je m'apprêtais à les imprimer, après avoir préparé, nettoyé, "aligné" mon imprimante  -  et patatras, le premier essai a donné un résultat catastrophique! Dans l'urgence, mon fils m'a fait penser à un imprimeur en ligne bien connu, j'ai aussitôt préparé la maquette et commandé le nombre d'exemplaires prévus. Le petit colis est arrivé hier matin et j'ai donc mon programme copieux pour le weekend! 

   Il fait maussade comme il sied à un mois de janvier finissant. Après la courte période du début du mois, enneigée, glaciale et glissante, je me réjouis du redoux, j'essaie de trouver beau et rassurant le ciel parfois couvert.

   Quelques coups de fil retentissent d'un passé désormais lointain... Un ami du siècle dernier (1976-82) quand - après 2 ans en Hongrie, puis autant en Algérie - Gilbert a reçu sa nomination au lycée franco-allemand de Berlin-Ouest et nous avons débarqué avec une bande de professeurs fraîchement nommés, la plupart célibataires, des quatre coins de la planète (surtout d'Afrique et  d'Amérique du Sud etc.) En attendant que nos appartements soient préparés dans une des cités militaires, nous étions logés dans l'hôtel Aiglon, à l'entrée du Quartier Napoléon, le QG de l'Armée Française occupant le nord de Berlin-Ouest... L'amitié avec beaucoup d'entre eux a traversé presque 50 ans, elle perdure, et à chaque fois, nous nous étonnons de nos cheveux blancs.

   Un autre coup de fil dans la matinée me rappelle nos années d'Istanbul où Gilbert a fait du théâtre pendant 5 ans. L'animateur culturel du Consulat français qui dirigeait la troupe ne manque jamais me faire signe plusieurs fois dans l'année, en particulier vers Noël...

  Cette semaine, je reçois un message d'une ancienne élève de Gilbert, du Lycée Galatasaray d'Istanbul : début février, elle sera de passage à l'université de ma ville et elle aimerait me revoir si j'y habite toujours...

   Ces messages ressuscitent un passé de plus en plus lointain - où nous étions jeunes et voyageurs... Ces relations ont gardé, pour la plupart, leur fraîcheur. Durant les années écoulées depuis, nous nous sommes souvent revus avec bon nombre d'entre eux : Raymond, Patrice, Alain, Michel, Maddy, René, Chantal, Jean-Paul, Judith, Anne, Özge, Soultane, Haydée, Jean-Marie, Philippe, Marlène et Claire... etc, etc... Chez nous ou chez eux, parfois chez nos parents, en France ou en Hongrie... Et les liens restent solides car on se lie plus vite et plus fort quand on est jeune.

    Le monde autour de nous a changé mais pour moi, la fidélité reste une vertu cardinale. Elle a la capacité de rafraîchir, de garder intacts les sentiments du passé, de la jeunesse immuable du coeur. 

 

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Le temps qui s'émiette... à moins qu'il ne s'égoutte...

14 Janvier 2026, 18:13pm

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Publié par Flora bis

   Nous profitons d'un redoux bienfaisant. La neige a disparu, les trottoirs sont larges et dégagés. En contrepartie, le ciel se cache sous une épaisse couverture grise, déversant de la pluie un jour sur deux. Ainsi, nous ne nous rendons pas vraiment compte que la lumière augmente, minute par minute, tous les jours. Mais intimement, nous le savons. Et c'est déjà réconfortant en soi.

   Le lendemain des séances de kiné (deux fois par semaine), je suis  courbaturée comme si je sortais d'une centrifugeuse... Alors, je me ménage une rémission en douceur : j'ai suffisamment à faire devant mon ordinateur ou avec mon livre à lire et à annoter le plus rapidement possible. Cependant le plus urgent : mes cartes de voeux qui doivent arriver à destination avant la fin du mois! Je fignole, puis je change de fond en comble le dessin du visage, destiné à devenir carte à imprimer. Il se modifie comme mon état d'esprit, voire mon état d'âme, encore plus chamboulé... Je mets en couleur le noir et blanc, je triture son expression, en lui donnant un air plus jeune, plus serein, histoire de tenter d'exercer ainsi un coup de force sur moi-même... Marre de cet état de vieille chose désappointée en permanence!... Comme en ce moment même, où mon petit monde balisé se fissure et tout se complique, me menaçant de s'effondrer. Essayant d'oublier les douleurs sournoises et diffuses, "je me secoue" comme on me le conseille si souvent, plus ou moins ouvertement, et avec plus ou moins de ménagement... Est-ce que je finirais vraiment par "m'affaisser" définitivement, sinon?...

   Il y a des moments où l'on voudrait posséder une pédale capable d'accélérer le temps et à d'autres, la même pédale serait serait prête à le ralentir, voire l'arrêter complètement, afin d'en savourer chacune des miettes. (A ce propos : le temps en a-t-il, des miettes, ou plutôt des gouttes, dorées comme le miel?...)

 

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Rituels de fin d'année

3 Janvier 2026, 17:01pm

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Publié par Flora bis

   Nous avons la capacité de "visualiser" les jours, les semaines, nous donnons mentalement des couleurs aux unités du temps, inventées pour nous-mêmes, sans doute pour tenter de nous repérer dans son écoulement. Tiens, "écoulement'" : nous visualisons donc le temps comme un cours d'eau qui s'enfuit devant nous, obstiné, inarrêtable et pas forcément linéaire... Il contourne des obstacles, ralentit ou accélère mais ne coule jamais vers la montée : il suit une pente douce, devient parfois cascade ou déluge...

   Je m'égarais ainsi dans mes raisonnements qui se déclenchent immanquablement comme des cercles concentriques d'approche, tandis que je tourne autour du sujet qui n'a rien à voir("comme le chat autour du plat de gruau brûlant"  -  je traduis du hongrois cette expression qui me revient à chaque fois) pour me lancer, tout en visualisant le gros chat tigré méfiant... Alors que je voulais évoquer tout simplement le réveillon de Noël chez les enfants, le plaisir éprouvé à partager leur compagnie, cette ambiance gaie et un brin solennelle quand chacun revêt, de pied en cap, son habit de lumière ou son pull de Noël!... On s'affaire à la cuisine et à la cave, autour des cadeaux, sourire aux lèvres : c'est Noël, avec ou sans crèche, comme on veut.   

 

 

Une semaine plus tard, on se prépare à la rencontre de la nouvelle année, souvent avec des amis. Aussi loin que je me souvienne, j'ai attendu les 12 coups de minuit debout, un verre à la main. Ainsi, ce moment fulgurant, à peine saisissable devient un vrai seuil à franchir, si possible en amicale compagnie, car ce sera un présage pour l'année nouvelle. Embrassades, voeux de bonheur et de santé, les plus sincères! Ces rituels sont indispensables pour la cohésion familiale et sociétale, autrement dit : pour notre bien-être, notre santé mentale et émotionnelle. Pour notre bonheur si convoité et espéré...

 

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Avenir radieux

15 Décembre 2025, 12:32pm

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Publié par Flora bis

   Comme c'est stimulant d'ouvrir ses fenêtres sur le soleil! Même si sa lumière n'est qu'un pâle reflet car en hiver, il n'arrive pas à grimper au-dessus de la maison du dr Zoude, en face (il n'y habite plus mais pour moi, elle reste pour toujours, "la maison du dr Zoude", figure immuable du médecin à l'ancienne de nos premières années dans cette ville devenue la nôtre). Après la rangée des jours  gris, notre niveau de sérotonine est au plus bas... A propos de sérotonine, peut-on en trouver, des fois, en pilules ou en gélules, au pire, en piqûres, pour nous donner un peu d'optimisme et de dynamisme, pour accomplir les nombreux "devoirs" heureux qui nous attendent jusqu'à Noël?...

   Les cadeaux commencent à être au complet (il manque le mien "de la part de Gilbert"), le kiné a encore quelques séances pour me remettre en état et supporter le voyage. Je dois préparer quelques gâteaux pour festoyer, faire des courses pour les ingrédients. (D'après les prévisions des planètes, l'année 2026 sera gorgée d'activités passionnantes!... Si celle-ci ne l'était pas encore, j'ai quelques inquiétudes quant à mes capacités...)

   Hier, j'ai entendu un débat intéressant entre historiens, psychologues, écrivains et journalistes. Le sujet : l'Intelligence Artificielle qui a fait irruption dans notre vie. Non seulement en outil scientifique mais comme une compagne de tous les jours pour certains, une confidente qui est toujours sous la main pour intervenir sur demande. Quelques témoignages filmés m'ont sidérée, p. ex. un jeun homme lui demandant un conseil vestimentaire ou une jeune femme pour surmonter ses problèmes de solitude... Oui, l'isolement est réel et pour le surmonter, il est plus facile de s'adresser à l'I. A. sur son téléphone, discrète et toujours disponible qui NE VOUS JUGE PAS!... D'humeur égale, elle remplace parents et amis. Pire : petit à petit, elle efface certaines connections, fonctions du cerveau qui s'étaient crées pour chercher à résoudre soi-même les problèmes surgis. Poison lent qui est en train de créer une humanité écervelée. Et elle n'est encore qu'aux balbutiements.

 

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Tourments et résolutions fragiles

10 Décembre 2025, 12:25pm

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Publié par Flora bis

      Bientôt, je dois retourner chez mon kiné pour la 2e séance de la semaine. Cette fois-ci, j'ai décidé de prendre les choses en main, en cédant aux nombreuses pressions venues de partout... J'ai eu du mal a trouver son cabinet dans un quartier conçu par un architecte fantaisiste qui, manifestement, voulait bouleverser les traditions : au lieu de s'aligner, les immeubles "serpentent, ondulent", avec les noms des rues, les numéros introuvables à l'avenant... Bref, mon sentiment d'incapacité notoire, d'échecs successifs s'est emparée de moi : comment supporter cette vie au ralenti où tu n'arrives même plus à voir clair pour conduire le soir tombé, où chaque sortie relève de l'aventure aléatoire?... Demander de l'aide aux ami(e)s très généreu(ses)x n'enlève pas le sentiment d'humiliation, doublé par l'angoisse d'usurper leur gentillesse. Éternel obstacle quasi insurmontable.

   Le kinézithérapeute m'a gardée une bonne heure pour une première séance. Il en a fallu du temps pour faire le tour de mon état physique et moral à l'abandon que je lui ai expliqué par un ras-le-bol généré par les années de RDV fréquents chez les médecins. La mort de G. y a mis fin, en grande partie, puis j'ai pris le relais pendant un temps. Jusqu'à jeter l'éponge, quitte à négliger ma santé. Je n'arrivais pas à me résigner au projet que le reste de ma vie soit ces stations de plus en plus rapprochées de "raccommodages"... J'aime trop la vie pour cela. Pas n'importe quelle vie, pas à n'importe quel prix.

   Tout cela me demande un effort décuplé. On verra s'il résiste à l'envie d'évasion... Du moins dans la tête.

   

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Vague à l'âme de novembre

23 Novembre 2025, 14:39pm

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Publié par Flora bis

   Je voudrais, avant tout, saluer le Visiteur (la Visiteuse) de mon blog qui, bravant la neige, le froid glacial et la déception, frappe à ma porte quasi tous les jours, pour vérifier si je suis encore vivante... Il paraît que oui.

   Ce n'est que mon troisième article en novembre; cela peut passer inaperçu à d'autres que moi. Dehors, il fait -2° et je rentre de chez le coiffeur. Cela fait plusieurs jours, voire semaines que je piétine devant l'obstacle et que je recule au dernier moment, saisissant tous les prétextes bons ou mauvais pour rester cloîtrée dans ma tanière. Cet après-midi, un soleil timoré m'a fait bouger du point mort. La coiffeuse a bien-bien allégé ma tête, du moins extérieurement.

   On dit que novembre est moche, que le froid nous donne envie de nous calfeutrer : la chaleur de l'abri fait prendre conscience de la chance d'en posséder un. Noël est encore loin, mais on a inventé le black friday pour nous distraire en dépensant nos sous, avec l'illusion de faire des affaires très malignes! Et la certitude d'être plus malin que les autres est un composant indispensable pour l'estime de soi d'un Français. Syndrome d'Astérix...

   Je réprime l'envie de déverser sur le lecteur des seaux entiers de mon spleen, mot que je croyais emprunté chez les romantiques anglais dont le pays brumeux et les habitudes culinaires offrent de véritables raisons d'être mélancoliques... J'apprends que le mot anglais "spleen" qui signifie "rate," provient du latin et du grec ancien "splen" désignant le même organe que la médecine ancienne supposait produire de la bile noire... Cette dernière, il est bien connu, ne donne vraiment ni bonne mine, ni bonne humeur!...

   Sans pouvoir à tous les coups engendrer des chefs-d'oeuvre à la Byron, Lamartine ou Baudelaire, Pouchkine ou Lermontov, la mélancolie ou vague à l'âme s'est répandue au 19ème siècle, teintée d'un certain romantisme noble. Par la suite, elle a donné naissance à un véritable mal des temps modernes : la dépression. Alors que le niveau de vie a augmenté dans des proportions extraordinaires, "la dépression est devenue un des fléaux du monde moderne d'autant plus tragique que nos sociétés hédonistes, qui exaltent la recherche du bonheur et les vertus de l'optimisme, marginalisent les dépressifs et excluent les perdants." (Georges Minois, historien) 

(illustration dessin R. T. 2006)

 

 

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Déblaiement saisonnier derrière les barricades

13 Novembre 2025, 18:56pm

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Publié par Flora bis

   Je viens de rendre un travail exigeant pour lequel j'ai eu un délai extrêmement court  -  juste ce qu'il faut pour le petit coup de fouet d'adrénaline capable de me bouger des états de tergiversation, de procrastination qui me paralysent habituellement.

   Je fouille un compartiment bourré de mon bureau, histoire d'opérer un petit déblaiement saisonnier : enlever les documents devenus sans intérêt et ne garder que les rares et précieux, des lambeaux de ma vie... De toute façon, je les sais condamnés dans un délai plus ou moins long, à une benne anonyme ou plus modestement à une poubelle domestique, déchiquetés avec charité ou jeté par un geste indolent et blasé. Quelle importance? On quittera ce monde nu comme on y était entré. 

   Je me barricade derrière les remparts des objets imprégnés des émotions qui s'attachent à leur arrivée dans ma vie. Leur simple vue éveille l'instant de leur apparition et la personne, par qui ils y ont fait irruption. Des lettres, des photos, un bout de dentelle faite par l'expéditeur me replongent dans l'émoi d'antan et je m'attarde avec une délectation mélancolique dans ces états d'âme qui refusent de vieillir et de se lasser. Difficile d'y renoncer pour un futur qui ressemble à une pente savonneuse et un présent somme toute peu exaltant...

 

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Un vieux cahier en témoin

1 Novembre 2025, 03:56am

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Publié par Flora bis

   Saisir le dernier jour du mois pour tenter de rattraper mon retard, c'est bien moi... En sachant, de plus, que c'est impossible. Ce constat mènerait bien plus loin, mais je ne récolterais que des regrets inutiles. 

   Derrière moi, des jours chargés des préparatifs pour fêter quatre anniversaires automnaux, des courses et des coups de fil innombrables. Depuis samedi, c'est l'arrivée des enfants, le bonheur, les rires et le sommeil rassuré, profond comme à chaque fois que je ne dors pas seule dans la maison. Mon fils et ma plus jeune petite-fille ont pu rester quatre jours de plus, un petit supplément de cadeau. 

   Restée seule de nouveau, mes pensées se réfugient dans le passé... Avec une amie, nous en avons parlé hier : faut-il fuir les tentations de la nostalgie? Nous empêche-t-elle de vivre notre présent? Oui, je l'avoue, le passé se fait souvent refuge, à condition d'éviter certains souvenirs, dangereux comme des sables mouvants. L'avenir, de toute façon, est désormais derrière moi et il rétrécit de jour en jour comme peau de chagrin. Quant au présent, j'essaie de le vivre aussi riche que possible  -  même si ce "possible" est trop mince à mon goût pour en nourrir mon (blog) quotidien...

  La mémoire est une matière vivante, mouvante, changeante; elle transforme parfois le vécu que nous croyions immuable, fixé une fois pour toutes. Je viens d'en avoir la preuve éclatante et vaguement douloureuse comme un bleu à l'âme... Je referme le vieux cahier de la marque "Общая тетрадь" que je garde près de moi depuis 1969-70... Oui, depuis ces années-là, il a traversé beaucoup de déménagements et de bouleversements alors totalement imprévisibles. Nous l'avons entamé avec Marie à Moscou (pour fixer nos souvenirs que nous pressentions mémorables!) au moment où nous y sommes arrivées à la fin du mois d'août 1969, pour l'année universitaire, en stage de langue et civilisation russe et soviétique... Logées avec des étudiants russes et étrangers dans une bâtisse ancienne non loin du stade Loujniki, nous étions quatre par chambre : dans la nôtre, Marie et moi, nous étions deux Hongroises en compagnie d'une Russe, Natacha et une énigmatique Bulgare, Angelina.   

Voyage en Ouzbekistan; au premier plan, moi avec une fleur dans les cheveux

   Quelle plongée dans le cahier, survolant presque toute l'année avec les événements au rythme échevelé de nos vingt ans! J'ai l'impression que nous n'étions jamais fatiguées! Les cours, les voyages aux pays baltes, en Asie Centrale, en Géorgie et en Arménie, les soirées d'étudiants, les études en bibliothèque et les nombreuses soirées de théâtre!... Sans compter la vie de tous les jours dont les événements nous réservaient souvent des rebondissements insolites! Tout cela pour enrichir sans cesse notre vocabulaire jusque là plutôt livresque... 

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