Le blog de Flora

reflexions,

Au seuil du Nouvel AN

2 Janvier 2023, 11:11am

Publié par Flora bis

   Il est difficile de se défaire de la perception, ancrée en nous depuis une éternité, d'un 1er janvier chargé de nos illusions! Nouvelle année, page blanche, début d'un nouveau cycle qui revient tous les ans, renforçant la certitude sinon l'espoir d'avoir une chance de corriger les ratages de l'année précédente. Les bonnes résolutions du janvier, essoufflées d'année en année au bout de quelques mois, voire de semaines, ne nous empêchent guère de récidiver.

   Arrivés en décembre, au terme d'une année fourbue, épuisés nous-mêmes à franchir les obstacles de la vie quotidienne qui demandent de plus en plus d'efforts, au fur et à mesure que notre énergie se consume, il nous reste l'épreuve ultime des festivités: à la fois 3000 m steeple et 110 m haies  -  et la récompense au bout. Notre médaille est le plaisir de réunir famille et amis, autour d'une table de fête, ressentir la chaleur de l'amour et de l'amitié, quitte à enfouir un temps l'angoisse tapie au fond de nous.

   Aussi loin que je me souvienne, le 31 décembre, j'attends minuit debout, et j'imagine vraiment la nouvelle année en train de franchir mon seuil. Cela fait du bien de sentir arriver le renouveau qui apporte avec lui le vent frais qui balayera ma maison, ma vie, qui est plein de promesses d'effacer l'harassement, la lassitude, l'usure du "vieil homme" du passé. C'est aussi l'occasion de fêter l'événement en compagnie amicale, Noël étant réservé à la famille.

    La soirée du 31 a tenu ses promesses: nous avons accueilli la nouvelle année avec deux amies proches, dans les réminiscences à la fois gaies et mélancoliques, les rires et les gourmandises. L'esprit grand ouvert l'un vers l'autre et vers le monde.

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Fin d'année

26 Décembre 2022, 19:21pm

Publié par Flora bis

   Dehors, l'hiver s'est attendri, il pleut doucement mais assidûment. Grisaille. Le jour s'est-il vraiment levé?... Je sais que la date exige la solennité voire la ferveur mais le coeur n'y est pas. Je sais aussi qu' "à chacun sa croix", que l'on peut toujours trouver plus malheureux que soi mais c'est une bien maigre consolation.   

   Mon blog est de plus en plus "intime": je pourrais probablement divulguer mes pensées les plus secrètes sans trop de conséquences car je ne suis pas persuadée que que quelqu'un s'en apercevrait... L'idée m'a plus d'une fois effleurée de "déménager" de cet hébergeur difficilement abordable (même si c'est probablement une sécurité) : à quoi sert un blog sans échos? A épaissir le silence autour de vous. Sans compter qu'on n'a même pas la possibilité de lire les autres blogs du même plateforme sans payer un supplément pour éviter les pubs intempestives!  Assistons-nous à l'agonie du genre?...

   Ambiance fatiguée, stressée, à l'image de cette année, mis à part quelques points de lumière par-ci, par-là. Bombardés sans cesse de mauvaises nouvelles, pour que les quelques îlots de bonheur ne soient pas longtemps épargnés. Les lucides et clairvoyants se font taxés de mauvais coucheurs qui plombent l'ambiance et qu'il convient de fuir. Pour préserver la liesse obligatoire, il faut mettre sous cloche sa détresse, ses angoisses et essayer de se débrouiller avec, en tête-à-tête avec les restes de son courage entre les deux mains.

 

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La tête hors de l'eau

16 Décembre 2022, 11:07am

Publié par Flora bis

   Puisque ce blog devient de plus en plus un journal de bord (presque) intime... J'aime le genre, moi-même, je lis volontiers les journaux, les correspondances d'écrivains, de peintres, bref, de grands artistes créateurs dans leurs domaines. J'ai envie de comprendre leurs univers créatifs, leurs "secrets d'atelier", le petit mystère qui les place au-dessus de nous, communs des mortels.

   "Nous avons l'art, pour ne pas mourir de la vérité", dixit Nietzsche.   

   Mon journal a des buts bien plus modestes : tirer au clair ma propre vie, les événements qui m'arrivent, les plaisirs ou les souffrances, les victoires minuscules et les angoisses rampantes qui souvent m'étreignent.

   Pourquoi les rendre publiques? Pas tout, n'ayez pas peur. Peut-être parce que c'est une façon de "réfléchir à voix haute", de formuler les émotions et les mettre à distance, les communiquer de façon spontanée et instantanée, quasi impatiente. Me priver presque de la possibilité de peser longuement mes mots, leur effet éventuel sur le lecteur... et de me prendre tout à fait au sérieux. Essayer de préserver un soupçon de légèreté comme pour tenter le contrepoint à la lourdeur du propos. Le fameux "collier d'air" autour du cou, censé maintenir la tête hors de l'eau.

(image: R.T. "Le chemin initiatique" encre aquarelle 2006)

 

La tête hors de l'eau

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"Ce qui ne me tue pas, me rend plus fort" (Nietzsche) Est-ce si sûr?...

11 Décembre 2022, 14:56pm

Publié par Flora bis

    Mon premier article en décembre! Si le précédent faisait allusion aux lendemains qui chantaient ou qui déchantaient, au quotidien monotone et sans reliefs, j'ai été servie en secousses! Mais pas au sens positif.

   Je m'y attendais, en quelque sorte: au fond de mes pressentiments, il existe toujours une appréhension pour l'atterrissage après le vol au-dessus des nuages. Est-ce à cause de mes bons vieux "complexes d'illégitimité" bien ancrés dans l'inconscient, et dont j'aimerais bien comprendre un jour les origines ?... Ou plutôt laisser tomber, se résigner et faire avec. Pour le restant du chemin qui, après tout, n'est plus si long par rapport à celui déjà parcouru. Avec ce même poids familier dans mon sac à dos.

   (Pourquoi ce goût pour les digressions  -  comme reculer pour mieux sauter  -  avant d'entamer l'essentiel? Gagner du temps, rassembler ses forces physiques et intellectuelles pour le grand saut? Que l'on espère, dans l'idéal, sans atterrissage?...)

   J'ai aussi ce défaut de vouloir tout tirer au clair, avec obsession.

   Venons-en aux faits. Sept heures passées aux urgences nocturnes de l'hôpital: de minuit à 7 heures du matin. A l'origine de l'appel quelque peu paniqué: un saignement du nez abondant, pour la première fois de ma vie. Non pas des gouttes, ni un mince filet mais un robinet que l'on ouvre, inarrêtable, abondant. Un gros rouleau de Sopalin y est passé, en attendant l'ambulance, arrivée 20 minutes plus tard. 

   Les urgences, la nuit: "cour des miracles" de la déchéance humaine... Essentiellement des vieux  -  dont moi  -  sur des civières longeant les couloirs, remplissant les "boxes" sommairement équipés, parmi le personnel qui court dans tous les sens, avance les civières au fur et à mesure aux places devenues disponibles comme les caddies dans la queue devant les caisses d'un supermarché... Et surtout, l'attente... Interminable, vide, dans l'ignorance de son but et de sa durée. Les vieux sont, dans leur majorité, patients, silencieux, résignés. On attend son sort.

  

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Rêve oppressant

21 Novembre 2022, 12:07pm

Publié par Flora bis

   Une nouvelle semaine débute. Je ressens, avec une acuité grandissante, l'ambiance qui monte à l'approche des fêtes de fin d'année. Une excitation plutôt joyeuse d'autrefois à laquelle se mêle l'anxiété de l'époque actuelle, plutôt rabat-joie. Des sentiments latents de menaces venues de toute part, de n'importe où... J'essaie d'y résister, avec plus ou moins de succès.

Ma nuit, pourtant brève, n'a pas été de tout repos. Comme il m'arrive parfois, couchée sur mon côté gauche, de me réveiller péniblement, cherchant ma respiration coupée... Cela peut être relativement long... Je sors d'un rêve oppressant, je supplie la force implacable de lâcher sa pression sur mon cou, sur mon coeur qui peine à repartir... J'essaie de me libérer de l'étreinte mortifère en cherchant désespérément quelques arguments : donne-moi un peu de temps, je n'ai pas encore fini ce que j'ai à faire!...

   Une fois mes esprits retrouvés, je change de côté. Le sommeil tarde à revenir : les efforts ont été épuisants. Quel est cette chose que je dois parachever avant de tirer ma révérence? Une dette à solder ou une vraie chose qui ne serait qu'à moi, qui me représenterait  -  ou plutôt m'incarnerait  -  véritablement, sans obéir à n'importe quel autre oukase venu d'on ne sait où...

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Au rythme de la nature

15 Novembre 2022, 10:25am

Publié par Flora bis

   Nous entrons dans l'automne à un rythme clément... La clarté diminue de jour en jour, surtout depuis la fin d'octobre, au moment où nous avons reculé nos montres. Les rayons du soleil boudent mon jardinet qui, par conséquent, reste plongé dans l'ombre humide toute la journée. Des roses tardives, comme égarées s'accrochent, obstinées. Une blanche lumineuse et quelques rouges écarlates, en guise d'encouragement  -  ou de consolation... La terrasse  -  et surtout moi  -  attendrons plusieurs mois, avant de sortir le parasol vert.

Les jours raccourcis, le manque relatif de luminosité, l'humidité et la fraîcheur nous bercent vers l'endormissement presque total de la nature qui a besoin de ce temps de repos pour préparer sa renaissance, à la fin de l'hiver. Sans même le vouloir, nous ressentons ce rythme intime qui nous invite à le suivre. Comme une irrépressible somnolence, une torpeur envahissante. La sagesse nous conseille de ne pas résister, de nous abandonner à cet engourdissement universel. Pour nous régénérer, nous revivifier après les dégâts de la canicule. A mon âge, j'ai du mal à consentir à ce temps perdu, même s'il est sans doute nécessaire. J'ai envie de profiter de chaque instant.

  La solstice d'hiver sonne la fin de la sieste! Les festivités de la fin d'année annoncent la renaissance de la lumière qui va en augmentant, de quelques minutes par jour :  ce sera long, très long mais dans ce sens, c'est plus stimulant!

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Tourbillons vs ankyloses

8 Novembre 2022, 11:53am

Publié par Flora bis

   Que d'événements depuis mon dernier passage sur ce blog! J'ai eu le bonheur de recevoir les enfants, solliciter les urgences avec envoi d'une ambulance, faire une répétitions pleine de rires et de concentration inspirée avec des amis, essayer de soulager mes petites-filles dans les devoirs en quantité exorbitante et abusive pour des "vacances" et faire quelques parties de crapettes quand-même (en guise de détente), chercher fiévreusement un vétérinaire disponible puis un médecin pour humains non moins introuvable, un "baccalauréat" à trois dont un par téléphone, des conversations près du coeur et perlées de rires... Bref, mon rythme train-train et poussif habituel a été singulièrement secoué!

   A présent, j'essaie d'installer quelques plages de repos, interrompues par des réunions et des travaux sur mon ordinateur (j'ai encore fait brûler mon repas ce midi!...) Je ne sais même pas quand cet article, écrit par intermittence, arrivera à son terme... Des réunions suivent d'autres réunions: on dirait que la "réunionnite" furieuse bat son plein et j'y participe! Le matin, il vaut mieux que je me lève dans la solitude et la discrétion, afin de ne pas offrir en spectacle mon pauvre corps ankylosé qui essaie de se mettre debout pour affronter le jour et ses activités multiples. J'ai plein de compassion pour lui. Des douleurs aigües partout me rappellent la phrase qui me faisait rire dans le temps  -  un temps révolu, encore jeune et dynamique : " Si tu ne ressens aucune douleur au réveil, c'est que tu es mort". Je n'en ris plus, mais je la cite souvent, de l'air entendu de quelqu'un qui sait de quoi il parle.

 

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Questions d'urgence et d'organisation

26 Octobre 2022, 10:25am

Publié par Flora bis

   Ça y est, je vis le retour du sentiment d'urgence à plein régime! Autrement dit en apnée, ressassant les tâches à accomplir car les délais se resserrent de façon impitoyable. Finis les lambinages délicieux où l'on peut tromper le temps  -  et surtout soi-même  -  en pensant que le couperet ne tombera pas tout de suite, que l'on peut encore en gagner, de ce temps précieux qui repousse les limites fatidiques... Tout en fixant l'horizon qui s'approche à une vitesse folle. Et cela vaut aussi bien pour des événements pénibles (ex. RDV médicaux) que des très agréables (ex. visites familiales ou amicales)

 

 

Ah, si je pouvais être prudente et raisonnable comme certaines de mes amies qui m'en montrent l'exemple culpabilisant et inatteignable ! Elles font des listes, dosées pour chaque tâche et elles  arrivent au jour J bien plus organisées, bien moins épuisées que moi. Aussi loin que je me souvienne, je plongeais dans le délice jouissif et éphémère de gagner quelques jours, quelques heures ou même quelques minutes parfois, avant d'être avalée par l'inéluctable... Que ce soit le moment de sortir du lit et devoir courir ainsi jusqu'à la gare pour attraper mon train quotidien, le temps des révisions pour les examens, laissées pour la dernière nuit... Et je me vois jeune professeur, traverser le square en courant pour arriver au lycée au moment de la sonnerie, sous le regard mi-amusé, mi-réprobateur du proviseur qui accueillait les élèves devant la porte...

   J'ai tout de même fait quelques menus progrès. D'habitude, je ne suis pas en retard mais en avance non plus... Si quelqu'un me dit qu'il arrivera chez moi à 9 h 30, inutile de sonner à ma porte à 9 h 15, je serai encore sous la douche, dans l'impossibilité d'ouvrir.

    

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Délicieux bricolage

20 Septembre 2022, 10:57am

Publié par Flora bis

   Alerte rouge sur mon blog: bientôt la fin du mois et je n'ai publié jusqu'à présent que deux notes! Et voilà mon sage et éternel sens du devoir, de la promesse tenue: au moins quatre articles à publier sur mon blog jusqu'à la fin du mois... Cela ne devrait pas poser problème car l'envie d'écrire est présente à chaque instant, comme une envie de jouer avec les mots, de dialoguer. Au cas échéant et faute de mieux parfois, avec moi-même... Pour voir plus clair dans l'écheveau qu'est ma vie.

   Je n'aime pas ce temps incertain, mi-figue, mi-raisin qui vous colle au moral comme un chewing-gum à la semelle... Il vous coupe l'envie de sortir, sans pour autant vous offrir le sentiment de réconfort de vous pelotonner à l'intérieur de l'abri. Le sentiment d'urgence, absent pendant l'été, ne me quitte pas: je jongle avec les rendez-vous de toute sorte, fixés sur des post it jaunes, collés sous mes yeux sur mon ordinateur  - et j'arrive quand-même à en oublier, en notant mal l'heure par exemple... Probablement, par actes manqués éloquents.

   C'est le contrecoup d'une vie solitaire où personne ne peut vous servir de béquille pour gérer le quotidien. De pense-bête  -  qui peut se révéler casse-pieds... Oui, j'essaie de faire l'inventaire de la vie solitaire. Son principal avantage: sans la liberté qu'elle vous assure, comment pourriez-vous, sans vergogne, gaspiller des heures précieuses  -  et souvent délicieuses  -  pour bricoler des petits textes parfaitement inutiles sur votre ordinateur?...

     

 

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Fin d'été, rentrée pour tous

1 Septembre 2022, 10:41am

Publié par Flora bis

  Aussitôt que l'on se place dans la respiration de l'écriture, l'addiction se réveille avec une sensation de faim. S'agît-il de la fiction ou d'un petit exposé pour inciter à la réflexion, aux échanges, c'est le bouillonnement agréable dans la tête, le plaisir de construire des idées, de semer des mots que l'on a attrapés au vol et soigneusement triés ensuite.

   La canicule s'éloigne, emportant avec elle le sentiment trompeur d'être en vacances. Drôle de sensation pour les gens de mon âge qui sont toujours en vacances  -  où jamais, si l'on veut... Les vacances, c'est une rupture dans nos préoccupations ordinaires, un dépaysement si possible, afin de nous recharger de nouvelles émotions. Oui, même pour les retraités... 

   Je n'ai pas beaucoup bougé pendant les mois d'été. Pourquoi ai-je quand-même la sensation d'avoir été en vacances? En cherchant un peu, je trouve un début de raison: la disparition du stress avec son cortège d'effets sur ma santé... Presque deux mois sans les éprouver! En été, même les média respirent la détente, le bombardement incessant des nouvelles angoissantes lèvent le pied. Les RDV médicaux, les démarches administratifs, les obligations de toute sorte sont au repos et remplacés par les rencontres familiales et amicales, agrémentées de petites sorties resto - ciné, avec leur légèreté au rythme langoureux de l'improvisation estivale  -  voici le remède le plus efficace contre le stress dévastateur!

 

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